MEC
Me. Pronom de la promièrc personne, qui sVinploic au singulier pour le masculin ot le féininin; il ne s'cniploic (|uc comme régime des verbes, et sert également pour le régime direct «1 le régime indirect : // me reucimtic, régime 'lirect; il. me plaît, Tv'Swwc indirert, il plait a moi. Il se place toujours avant le verbe, dont il est le régime, et IV qui le termine s'elidc lorsque ce verbe connnence (i.'ir une voyelle : // m'aime, il vi'einbrasse. Cet e s'élide aussi avant y cl en : Il veut m'y entraîner. Ne m'en parlez pax
Quand vie, régime d'un verbe, est aceoiniiagné d'un autre pionom cpii est régime du même verbe, i/ie doit cire placé avant co pronom : f^ovs me le direz, nnis ne me le refuserez pas.
Dans les |llIra^:cs où il y a deux verbes, on place ordinairemenl le i)rononi me avant celui dont il est le régime : On 7ie peut me reprucher ce défunt, et non pas on ne ma peut reprocher ce défaut. Plusieurs auteurs ne suivent pas celle règle; mais il est toujours mieux de s'y confurmer, à moins qu'on ne puisse le faire sans blesser l'oreille par des sons désagréables. Cependant on ne peut jamais mcllre me avanl le premier verbe, (piand ce verbe est à un temps comp(>sé. On ne peut dire, ians aucun cas, je m'aurais voulu procurer ce plaisir. 11 faut dire, en suivant la règlc,y'a!/?-a(5 voulu me procurer ce plaisir.
Quand le pronom me est, dans la même phrase, régime dirccl d'un verbe, et régime indirect d'un autre verbe, il doit se réi)éler avant chacun de ces verbes: Il m'estime et me donne chaque jour des preuves de sa hienveUlaiice. Dans le premier exemple, me csl régime direct; dans le second, il est régime indirect.
Quand y est uni au pronom me, il se mcl avanl le verbe. On dit bien vous m'y attendez, je iwus prie de m'y mener ; maison ne dit pas, uttcndcz- Vt'y, menez-m'y ; il faul dire^ attendez-y-moi, menez-y-moi. \ oyez Aloi.
xMéoh Mes. C'est la même particule prépositive, donl l'euphonie sujjprime snuvpnl la liuale 5. Elle se met au commencement de certains mots, et est privative, mais dans un sens moral, et marque (pielque chose de mauvais, le mal n'étant que l'alLScnce ou la privation du bien. L'abbé Régnier a donné la liste de tous les mots composés de celte parlicule, el usités de son temps, el il écrit mes partout, soit qu'on prononce ou qu'on ne prononce pas le s. En voici une autre un peu difrérenle, où l'on n'a écrit s que dans les mots où celle lelire se prononce, cl c'est lorsque le mol sinq^^e commence par une voyelle, dont on a relraiiché qucltpics mots qui ne sont plus usités, et où l'on en a ajouté ([uelques-uns qui sont d'usage : Mécompte, mécompter , méioniiaissuhtc , uiéconiiaissance, méconnaître ;m,écontent, inécoiitentemcnt, mécontenter; mécréant; médire , médisance , médisant; méfaire, méfait; mégarde ; méprendre, viéprise, mépris, méprisable, méprisant, mépriser ; mtsaisc, mésalliance, mésallier, mésestimer, mésintelliyence, mésiiffrir; mésséance, niésséant; mèsuser ; mévendre, mévente. ï.es Italiens em()loienl mis dans le sens de notre mes ; les Allemands ont miss, qui parait être la racine de iii-lre particule.
MÉcMsiQUE. Adj. des deux genres. Il ne se met (pi'après son subsl. : Les arts 7nécaniques. — Un métier mécanique.
Mécamquf.me.nt. Adv. Il ne se met qu'ajjrès le verbe : // a tracé cette figure mécaniquement.
Méchamment. Adv. On peut le moUre entre
ilEC
l'auxiliaire cl le verbe : H a fait cela méchamment ; tous ces faits ont été méchampient inventés.
Méchanceté. Subsl. f. Il n'a pas toute l'étendue de la significaliuii de l'adjectif méchant. Il signilic ini(iuilé, malignité, malice: La méchanceté d'une action ; une aclinn pleine de méchanceté. On ne dit point In méchanceté d'uiipnëte, ou d'un poème, d'un discours, ou d'un orateur.
— Quand méchanceté désigne le vjcc, il n'a point de pluriel : Lu méchanceté de ces detue hommes, el non pas les méchancetés. Mais quand on parle des actions produites i)ar le vice, on peut le rnetlre au pluriel : Il m'a fuit mille méchancetés.
Méchant, MÉcuANTE. Adj. Il se met le plus souvent avant son subsl. : Méchante terre, méchant pays, méchant cheval, méchant livre, méchant vers, méchant oi'ateur. — Méchant homme, méchante femme, méchant esprit, méchante action.
— Méchante physionomie, mécltante viinc.
Yoyez Adjectif
Quoicjue méchant Cl mauvais soient presque synonymes pour le sens, ils ne le sont pas pour l'emploi, el ne se mènent pas iniliffcremmenl. Méchant dil quelque chose de plus fort que ynauvais. — On dil trouver viauvais, sentir mauvais, on ne dil point trouver méchant, etc.; on dit prendre en mauvaise part, el non pas en méchante part. — Méchant s'emploie quelquefois sulislantivemenl : Les méchants, c'est im méchant. Mauvais est toujours adjectif. — En parlant des ouvrages d'e^itril, m<iuvais et méchant ont des sens différents; l'un a rapport au défaut de talent, l'autre a la malignité. L'ne épigramme peut élre tout à la fois mauvaise el méchante. Cependant méchant a (juclquefois le sens de mauvais, quand il |)rccéde le subslantif. Une méchante épigramme est une épigramme sans sel et sans esprit, une épigramme méchante csl une éjiigrainuie jilcine de traits malins et |)lquanls. Dans d'autres occasions aus.si, méchant a divers sens, suivant qu'il suit ou qu'il i)récèdc S(jn substantif; méchant homme a rapport aux actions; homme mécltant, aux pensées et aux discours. L'un fait des méchancciés, l'autre en pense el 2n dit. — Mécliant, dans le premier sens, se met avant son subslantif quand i! est seul ; mais quand il est joint aux adverbes de quantité, on peut le mettre avant ou après : C'est le plus mécliant homme, ou l'homme le plus méchant que je connaisse ; c'est vu fort méchant hum me , ou un homme fort méchant. Avee le moins, extrèmeiiient, infiniment, et autres adverbes semblables, il se met toujours après; C'est bien l'homme le moins méchant, cl non pas le vioins méchant homme. C'est un homme extrêmement méchant.
Mécompte. Subsl. m. Yauvcnargues a employé ce mot dans un sens juste qui ne se trouve pas dans les dictionnaires : Ce qui fait souvent le mécomj)lc d'un écrivain, c'est qu'il croit retidre les choses telles qu'il les aperçoit ou qu'il les sent. [Maxime Vil, p. 515.)
MÉl;o^^AlssABLE. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Un humme méconnaissable. — Cet adjectif ne signifie pas simplement, comme le dit l'Académie, (ju'on ne peut reconnaître qu'aveo peine, mais il emporte avec lui l'idée d'un changement dans la personne même, soil en bien, soit en mal. On ne dil pas d'un homme déguiàé en femme, (ju'ii est méconnaissable, mais qu'ii ncst pas reconnaissa-
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ôfe; on le dit d'une personne dont la maladie, les chagrins, la croissance, la vieillesse, les grands travaux, ont cliango les traits, la ligure, la taille, etc. : Lu petite rérule l'a rendu incconiuiissnble. Il il tellement grandi en deux ans, qu'il est ■mécdinnissahle pour ceux qui ne l'ont pas vu depuis ce temps-là.
NitcoNNAissANCii. Subsl. 1". C'cst, dit l'Acadéniic, un manque de reconnaissance, de gratiluilo; et elle dclinit l'ingratitude, un mani|ue de reconnaissance pour un bienfait reçu. Suivant l'Acadéuiic , Méconnaissance et ingratitude signifieraient donc la mémo chose. Si cela était, pounjuoi deux mots'.' Il est vrai que le mot niéconnaissu7icc ii vieilli; maison le regrette, et plusieurs i>crsonnes s'en servent encore. Il inditjue une nuance de moins que l'ingratitude. La méconnaissance peut être un effet de r indifférence, de l'oubli ; l'ingratitude est toujours la maniue d'un mauvais cœur.
Mécon.naissant, Méconnaissante. Adj. qui ne se met qu'après son subt. : Il est méconnaissant.
Méconnaître. Y. a. de la 4° conj. Ce verbe s'emploie très-bien dans le style noble :
Fier de son noiivean rang, ra'ose-t-il méconnattre ? (Rac, Iphig., acl. m, se. il, 2.)
Mécontf.nt, Mécontente. Adj. (jui ne se met qu'après son subst. : Un homme mécontent. Elle est mécontente. — H y a de la différence entre mécontent et malcnntent.
Ces deux mots ont rapport au déplaisir que nous C[)rouvons lorsque quelque chose ne réussit pas au gré de nos espérances ou de nos désirs; mais mécontent ajoute au premier un accessoire d'humeur, de dépif, de ressentiment contre la caus" de ce déplaisir. — On est content de quelqu'un lorsiiu'il fait ou qu'il a fait tout ce qu'on désirait qu'il fit. On est malcontent lorsqu'il le fait d'une manière peu conforme à nos vues, à nos désirs, par maladresse, par incapacité, sans aucune mauvaise inlenlion. Un maître est malcontent d'un domestique qui le sert maladmitement; un m''ître est mécontent d'un domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, (|ui fait \\y?.\ son service par né-'ligc:ice ou par paresse. Nous sommes maîcontents lorsque après avoir conçu un dessein, formé un plan, le succès ne répond par a nos espérances, sans qu'il j ait de la faute cie personne. Nous sommes mécontents des autres ou de nous-mêmes , si c'est par la faute des autres ou i>ar la nôtre. — On est malcontent lorsqu'on n'a pas tout ce qu'on désire; on est mécontent lorsqu'on n'éprouve pas , qu'on ne reçoit pas ce qu'on croit dû, ce à quoi l'on croi'. avoir quelque droit. T'n domestique est malcontent d'un maître qui ne lui donne pas les gratifications qu'il avait espérées; il en es', mécontent s'il ne lui paie pas ses gages. —Mécontent s'emploie subslaniivcmenl, mais seulement au pluriel : Les mécontents. Ce mot s'emploie en parlant de ceux (]ui croient qu'on n'a pas tenu à leur égard la conduite qu'on était obligé de tenir. [Dict. synonymique de Laveaux.)
Mécontentkmf.nt. Subst. m. L'Académie le définit, déplaisir, manque de satisfaction. Ainsi, d'après cette définition, on jtourrait dire qu'î/zic personne a éprouvé vn grand mécontentement de la maladie de son père, de la perte de son procès. Méconienteinent aloupurs rapport à quelque personne qui en est ou qu'on croit en être la
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cause. C'est un sentiment pénible produit parla conduite que les autres ont tenue a noire égard, ou par l'idée que nous nous sommes faite de celle conduite Un enfant donne du inéconteti' tement à ses parents ; j'ai bien du mécontentement de rotre conduite, ^'oyez Mécontent.
Médaille, Médailler, INIédailliste, Médaillon. Dans ces quatre mots, on mouille les deux /.
MÉDixiK. Subst. m. En parlant d'une femme qui exerce la médecine, oi; ne dit ni une médecine, ni une femme médecine, mais une femme médecin, de même qu'on dit une femme auteur.
MÉDECINE. Subst. f. L'art de conserver la santé et de guérir les maladies. En ce ^ens, il ne se dit qu'au singulier. Dans le sens de potion, breuvage, ou aiure remède qu'on prend par la bouche" pour se purger, ce mot a un [iluricl : l'rcndn; plusieurs médecines. L'Académie, ne donnant pas plus d'exemples du pluriel dans celle signifieatittn que dans la première, semble indiquer que ce mol ne se dit jamais qu'au singulier.
Médiat, Médiate. Adj. qui se met toujours après son subst. Ou ne prononce jias le t au masculin: Cause médiate , autorité médiate, pouvoir médiat.
Média tement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Cette cause a agi viédiatement, et non pas a médiatement agi.
Médiateur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit médiatrice.
Médical, Médicale. Adj. qui ne se met qu'après son subst. — L'Académie n'indique point le pluriel masculin de cet adjectif; mais M. N. landais et .M. Lemaire sont d'avis que, puis- ([u'elle dit un ouvrage viédical, on peut dire aussi des ouvrages médicaux.
Médicamenteux, Médica.mentecse. Adj. qui se met toujours après son subsl. : Aliment médicamentcux.
Médicinal , Médicinale. Il ne se met jamais qu'après son subst. : Herbe médicinale, plante médicinale, potion médicinale. Dans les anciens dictionnaires, on trouve médécinal. Médicinal est généralement adopté aujourd'hui. Il n'a point de masculin au pluriel.
Médiocre. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst.. et il y fait (juclquelois très-bien, (]Uoi (ju'en dise Féraud : Une fortune médiocre, une médiocre fortune ; un esprit médiocre , une heovlé médiocre; une médiocre beauté. Voyez .adjectif.
Médiocrement. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a travaillé médiocrement , il n médiocrement travaillé. Quelquefois il se construit avec la préposition de : Il a médiocrement d'esprit.
Médire. V. n. et irrég. de la 4' conj. Il se conjugue comme dire , si ce n'est à la seconde personne du présent de l'indicatif, où l'on dit vous médises, au lieu de vou.': médites. On dit aussi inédisez à l' impératif.
Médisant, Médis.ante. Adj. Il ne se met qu après son sui)St. : Un homme médisant, une femme médisante.
Méditatif, Méditative. Adj. On ne le met qu'après son subst. : Esprit méditatif
Médullaire. Adj. des deux genres. On prononce les deux l sans les mouiller. On ne le met qu'après son subsl.
INlÉFAiRE. \. n. et défectueux de la 4* cow-
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Il n'esl usité «]u'à l'infinilif wéfuire, et au participe passe iiiêfuit, cl proiul l'auxiliaire avoir. Ce nicil ii'ol plus aiimis clans le style iiublo, il l'est seulement ilans le style comique on f.iniilicr.
Mkfait. Siibst. ui. Ce mol n'esl plus aJmis dans le siylc noble ; il ne l'est que dans le style comique ou familier :
De ses méfaitt\e Tenx savoir le Til.
(Volt., Enf.prod,, ad. Y, se. Ill, 6.)
Méfiant, Méfiante. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme méfiant, un esprit méfiant.
Mkfikr (se). V. pronom, de la l" conj. On confond (lucliiucfois se imfier cl <c défier, (pioique ces deux verbes oflrcnl des sens assez différents.
On se méfie de quelqu'un par suite d'un caracti-rc nu'fuint, et (pioiqu'on n'ait aucune raison particulière qui puisse juslilicr la méfiance. On se défie de (pn'lqu'uii parce (pi'on a des raisons parliculièrcs de douierdcla probité, delà sincérité de (juclqu'un. — Se méfier de ([uelqu'un n'attaque jias aussi direclcmenl la perscnne <]ue se défier de quelqu'un. Le premier ne suppose que le caiacièrc méfiant de celui qui se méfie ; le second indique (iiicli]ue soupçon, quelque opi- Dion désavaniagcusc à lelui dont on se défie. (Lavcaux, Dict. synonymiquc.)
Mf.illedr, Meh.lf.cre. Adj. C'est le comparatif de bon : Ce vin-hi est hou, mais celui-ci est encore meilleur. Celle étoffe est meilleure que l'autre. — Le siipei latif de meilleur est le meilleur. 11 se met toujours avant son subst. : C'est le nieilleur fruit, ei nnii pas le fruit le meilleur. Suivi d'un verbe, il demande le subjonctif: C'est le 7rtcilleur homme qui soit au iiivnde.
Mélancolique. Adj. des deux genres : Un homme mélancolique, une femme mélancolique ; humeur mélancolique, affection mélancolique, tempérament viélancolique. — Entretien mélancolique. On peut le meure avant son subst., en consultant l'oreille cl l'analogie : Cette mélancolique humeur, ce inéluncolique entretien. Voyez Adjectif.
Mélancoliquement. Adv. 11 ne se met guère qu'après le verbe : Nous avons passé quelques jours lieu mélancoliquement.
Mélange. Subst. m. L'Académie le définit, ce qui résulte de plusieurs choses mêlées ensemble. -^ On ne sait trop comment appli(juer cette définition à ce terme, dans les vers suivants :
Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours cliange, Ne vous a point promis un bonheur sans mélange. Kac, Iphig., acl. I, se. i, 53.)
Selon l'Académie, cela voudrait dire, le sort ne vous a point promis un bonheur, sans ce qui résulte de plusieurs choses mêlées ensemble; mais cela n a aucun sens. — L'Académie aurait dû dire que mélange se dit aussi d'une chose accidentelle qui est ou peut cire iiiélec à une chose principale; et l'on aurait pu appliquer celte définition aux vers de Racine.
MÉLANGEn. V. a. de la V conj. Dans ce verbe, g doit toujours se prononcer coinmey,- et pour lui Conserver cette prononciation lorsqu'il est suivi dun a ou d'un o, on met un c muet avant cet a ou cet o: Je mélangeais, mélangeons, et Cion \):\s je mélungais, mélangons.
Mêleb. V. a. de la l" conj. Dans le sens pro-
MÊL
pre , il signifie, brouiller ensenoblc plusieurs choses, cl dans ce cas, il se construit avee la préj)OSition arec : Mêler de l'eau avec du tin, et non pas mêler de l'eau à du rin. — Dans le sens ligure, il sigiiilie joindre, unir une chose a une autre, et alors il régit la préposition à : Mêler la douceur à la sévérité, mêler l'agréable à l'utile.
Et mêle, en se vantant soi-mime à tout propos. Les louanges d'un fat d celles d'un héros.
(BuiL., D:te. au roi, 23.)
MÉLODIE. Subst. f. L'Académie dit que mélodie est opposé à harmonie, en cc (jue mélodie ne signifie que l'heureux arrangement des sons qu'on entend successivomenldans un même air chanté par une même personne, ou joué sur un même instnimeiil ; au lieu tiw' harmonie signifie l'accord de plusieurs iiarties que l'on entend en même teuips. — D'après celte distinction, F^iraud iiréleiid (lu'oii doit dire la mélodie, et non pas l'harmonie du langage, du discours.
Nous avons déjà remarqué au mol Harmonie que cc <iue nous ai)pcl(ins harmonie dans le discours, devrait s'appeler plus ])ropreiiient mélodie ; mais qu'ayant emprunté ce mot des anciens, qui entendaient par harmonie ce (juc nous entendons aujourd'hui par mélodie, nous avons conservé l'idée (pi'ils y attachaient en parlant du discours et du langage; et nous n'avons employé le nom de mélodie qu'en parlant de musique. Ce serait donc contre l'usage et la raison qu'on voudrait établir aujourd'hui qu'il faut toujours dire la mélodie du style, la mélodie du discours, au lieu de l'harmonie. Nous ne prétendons pas cependant qu'on ne puisse jias dire lu mélodie du style, (piaiid on veut signifier seulement par ce mol la partie de l'harmonie qui consiste uniquement dans l'accord successif des tons, et respcce de mélodie musicale qui en résulle, abstraction faite de l'harmonie du style avec le sujet, et avec l'objet de la pensée. On pourra dire en ce sens la mélodie d'une phrase , la mélodie du discours; mais on ne dira pas la mélodie imitative ; lu mélodie du style arec le sujet, etc. Voyez Harmonie.
C'est d'après celle distinction fondée sur l'étymologic, l'usage et l,i raison, (pie le mot inélodie oratitii' est expli(iué dans le Dictionnaire cncyclopédiq ue .
«La mélodie, y est-il dit, est l'accord successif des sons dont il n'existe a la lois ([u'une partie, mais une partie lice par ses rajjports avec les sons qui précèdent et qui suivent, comme dans le chant musical, où les sons sont placés à des intervalles aisés à saisir.
n La mélodie du discours consiste dans la manière dont les sons simples ou composés sont assortis et liés entre eux iiour former des syllabes, dans la manière dont les syllabes sont liées entre elles pour former un mot, les motj entre eux pour former un membre de période ainsi de suite.
« Toutes les langues sont formées de voyelles, de consonnes et de diphthnngues, qui sont des combinaisons de voyelles seuleiiicnt. On a fait ensuite les syllabes, qui sont des combinaisons de voyelles avec les consonnes. De ces combinaisons primordiales du langage, les i)euplesont formé leurs mots, qu'ils ont figure au gré de certaines lois que l'usage, l'habitude, l'exemple.