‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 280 sur 453 · MEM · texte numérisé non relu

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le besoin, Tari, l'inrinçinnlion, les occasions, le hasarJ, ont jntn/duilcs chez eux. C'est ainsi que <lo sepi niilos. les musiciens ont coini)osé nonsouleuienl dilTcreiiis airs. m;iisdi(Tcrcnlcs espèces, diffcrcnis genres de nuisique.

« Ceux qui ont tiailé de la niclodie nous disent que les lelircs doivent se joindre entre clle^ d'une manière ai>éo , qu'il l'aut éviter le con- I ours imp frciiuent des voyelles, [larce qu'elles ;endent le discours mou et llollant; celui des consonnes, parce (lu'cllcs le rendent dur et scabreux ; Ii; grand nomlire des inonosylldbcs, i)arce qu'ils lui oient la consistance; celui des mots longs, parce (ju'ils le rendent lâche et trainant. 11 faut varier les chutes, éviter les rimes, niellro d'abord les plus peliles phrases, ensuite les ijrandes. Enlin, il faut, dit-on, que les consonnes et les voyclle> soient tellement mêlées et assorties, qu'elles se donnent par retour les unes aux autres la consistance ri la douceur; que les consonnes appuient, soutiennent les voyelles; et ijue les voyelles, à leur tour, lient et polissent les consomies. Mais tous ces i>réceples demandent une oreille l'aile à l'harmonie. Us ne doivent pas être toujours observés avec bien du scrupule; c'est au goût a en décider. 11 suffit presque (lue le goùl soit averti (ju'il y a lànlessus des lois générales , alin ([u'il soit' plus attentif sur luimême. «

.MÉLODiEcsEMENT. Ailv. 11 sc mct aprcs le verbe: Le rossigiml chante iimhidieuscment.

Mélodieux , INIélodielse. Adj. On peut le mettre avanl son sul)St., en consultant l'analogie et l'harmonie : Chant mélodieux , voix mélodieuse; des accents mélodieux, de viélodieux accents. ^ oyez Adjectif.

Mesibiie. Subsl. ni. \oycz Phiase cl Périnde.

MÊME. Ce mot peut être considéré ou comme pronom, ou cnmiuo adjectif. Quand même est pronom, il est ucs deux genres, et prend un s au pluriel; il signilie identité , c'est-à-dire que la personne ou la chose dont on parle n'est autre que celle dont il a déjà été question, comme quand ou dit en parlant des personnes le même m'est venu voir, les mêmes m'ont parlé ; et en jtarlani d'une affaire, je travaille toujours à la même.

Considéré comme adjectif, 7nême exprime identité ou parité. On le recomiait lorsqu'on peut le l'aire précéder de l'un des [ironoms personnels lui, elle, eux, elles, nous, vous. Il s'accorde toujours en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se iai>porle, et il a trois usages din'érenis:

l" Même se met souveul immédiatement après lessubstanlifselapresla i)lu|iart des pronoms, pour leur doimcr jilus de force et d'énergie, comme dans les exemples su i van Is : Les bienfaits mêmes veulent être ussuisannés par des manières obligeantes. Les rochers mêmes sont sensibles à de touchants accords (Grcssel, Z)wc. sur Churmonie, \'^ pari.) Les criminels condamnés aux peines du l'artare n'ont pus besoin d'autres châtiments de leurs fuutesquelcurs fautes mêmes, (l'éncloii.) Les grands ne seoibleiit nés que pour ev.r-Uli''mcs. (Massillon. Petit Carême. Sur les obstacles que la vérité trouve dans le cœur des grands, 2' pan , t. I, p. 6J4.) Ceux qui se plaignent de la fortune n'ont souvent à se plaindre qvcd'euxmcmes. (Volt., Siècle de Louis XIV, au mol Cassa ndre.)

2° Même a quelquefois la signification d'identité, comme dans ces exemples : C'est le

MÊM

même soleil qui éclaire touter les nattons de la terre. (Reslaut.) Les mémos manières qui siéent bien quand elles sont naturelles, rendent ridicule quand elles sont affectées. (De Wailly.) Dans ce sens, il se place avant le subslanlif.

3" Même signilie encore parité, c'est-à-dire que la iiersonne ou la chose dont on parle est égale ou semblable à une autre. Dans ce cas, même peut se tourner par l'adjectif <^f(/ ou semblable, comme dans la phrase sui\anle: Chose digne d'udmiratinn, dans l'immense quantité d hommes qui peuplent lu terre, on n'en trouve pas deux ayant même visitqe, mêmes traits. (Reslaut.)

On a pu remarq\ier dans les exemples précédents que même, dans chacune de ces significations, prend le genre et le nombre; mais quand même est précédé du pronom vous, et (pie ce pronom se rapporte à un seul individu, même ne prend point de pluriel, comme dans :

Vous-mrfmo où seriei-vous, vous qui la combattez, Si toujours Antiope, à ses lois o|iposée. D'une pudique ardeur n'eût lirûlc pour Tliésco?

(lUc, Phed., ad. 1, se. I, 124.)

Vou.'! seul pouvez parler di'^nemenl de Tous-m^m» (Volt., iienr., l, 374.)

Même est adverbe quand il est employé dans la signification à'aussi, plus, encore, et qu'il peul, sans que le sens de la phrase soit alléré, se transposer, c'est-à-dire être mis indilïércmment avant ou après le substantif ou le pronom, en y joignant la conjonction et. On dira donc :

J'enlèverais ma femme à ce temple, \ vos bras; Aux dieux même, à nos dieux, s'ils ne m'exauçaient pas. (Volt., Olympie, ad. lit, se. ui, 9G.)

Les animaux, les plantes même étaient au nombre dei) diri^ntés egupiLûunes. fDe Waillv.^ Sans altérer le sens de la phrase, ou [wurrau di-'e f enlèverais ma femme à ce temple, à vos bras, et même aux dieux. Les animaux et même les plantes, etc. Dans, les libertins, les impies même tremblent à lu vue de la mort, il faut écrire inêute sans s, parce (ju'on peut dire, sans altérer le sens de la phrase, les libertins et même les impies tremblent à lu vue de la mort. Mais dans, les impies mêmes tremblent à lu vue de lu mort, il faut écrire mêmes avec un s, parce (pion peut dire les impies e«.r-mèmes tremblent à la vue de la mort. Racine a dit:

Ces murs mémca, seit'neur, peuvent avoir des yeux... [Urilann., ad. II, se. VI, 21.

Lsi Grecs mêmes sont las de servir sa colère.

C'est Hippocrate qui voulut que .tes erreurs mêmes fussent des leçons. (Bailliéloiny.) Les dieux eux-méme^ devinrent jalnu.v des bergers. (l'énel., Télém., liv. Il, t. i, ]>. dU7.)

Quant au mot même mis à la suite d'un verbe, il n'y a aucun doute qu'on ne doive le regarder comme adverbe, et par consécpieni l'écrire sans s, puisqu'on peut sans difliculie le transposer et le faire précéder de la conjonction et. On écrira donc, nous ne devons pas fréquenter les impies, nous devons les éviter même comme des pestes publiques. (De Wailly.)

71/(?'//c s'emploie souvent à la suite, non-seulement des pronoms personnels, mais aussi des adjectifs démonstralils: Cela, cela même; celui-ci, celui-là même. les [>^r.'n^vf?s [HT'-.v^/jels qui prennent îiiême à leur suite sont, toi, moi, lui, elle,

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