‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 287 sur 453 · HIL · texte numérisé non relu

HIL

Ion, mais Fénelon a mieux tcrit que l'abbé Prévôt /Vi/.y,dans la preiriiére piirase, tombe sur le nombre des volumes; et mieux, dans la seconde, a pour objet la perfection du style.

Lorsque mieux fait partie du premier membre d'une iilirase, et que ce premier membre est aflirinatif, le second membre doil être négatif et I)rendre ne : f^ous écrives mieux que vous ne parlez. Dans celte phrase, il faut supprimer po* ou point.

Dans les temps simples, mieux se met après le verbe : Il est mieux, il se porte mieux ; mais dans les temps composés, il vaut mieux le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a mieux chanté aujourd'huiqu hier, CX non pas,77a chanté mieux. J'ai mieux aimé, et non pas, fui aimé mieux.

* MiEcx-FAisANT. Adj. Il cst à conserver, dit Mercier , car il dit plus que bienfaisant. J.-J. Rousseau l'a employé : Je revis le chirurgien Parisid, le meilleur et le mieux-faisant des hommes. [Confess., 2' part., liv. VII, t. xv, p. 8.)

MiGNARD, MiGNAi'.DE. Ailj. Il uc sc dit quc dcs choses, ne se met (pi'après son subst., et n'est point admis dans le style noble. Un sourire mignard, un parler miynard, des manière.-i migvardcs.

MiGNAr.DnjiEST. Adv. Il ne se met qu'après le verbe. Cet enfant a été élevé mignardcment.

jMignon, Mignonne. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : yisage mignon, bouche mignonne, beauté mignonne, des souliers mignons. — Argent mignon, péché mignon.

MiGNONEMENT. Adv. Il pcut Se mettre entre l'auxiliaire et le participe : Cela est fait mignonement, ou cela est mignonement fait.

Mil. Subst. m. Millet. On mouille Ici.

Mil. Adj. numéral. Voyez il/tV^e.

Militaire. Adj. des deux genres. Corneille a dit dans liodogune (act. I, se. i, (13) :

Ayant régné sept ans, son ardeur jnt/i"tair«.

Voltaire dit au sujet de ce \ ers: Ce lûol milita ire psi technique, c'est- à-dire un terme d'art : Zepa« militaire, la dise ipli ne militaire , l'ordre militaire de Saint- Louis. Il faut en poésie employer les mots guerrière , belliqueuse. (Remarques sur Corneille.) Ce mot ne se met qu'après son subst. Mille. On prononce les deux / sans les mouiller. Ce mol, employé comme adjectif numéral, est des deux genres, et, de même que les autres nombres cardinaux, il ne prend point la marque du i)luriel : Les Mille et une Nuits. — Il en est de même de mille employé pour signifier un nombre considérable, maisinccrlain : Nous tenons au monde par mille chaînes. (Nicole.)

Mille bras sont Ictcs pour punir l'assassin.

(Volt., Henr., V. 319.)

Dans la supi)utation ordinaire des années, quand mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on retranche la dernière syllabe. Ainsi on écrit, l'an mil huit cent vingt-deux, Cl non pas riiille. — Donierirue prétend (ju'on n'écrit ainsi mil que lorsqu'il s'agit du millésime où l'on se trouve, cl t|ne partout ailleurs, il faut écrire mille. Ainsi l'on écrira, l'an cinq mille huit cent vingt de la création du monde; Pan deux \n\\\c quatre cent quarante. Nous pensons (pi(^ «Clic oi)servalion est juste.

Mille, employé subslantiveiuent pour signifier un espace de chemin, prend un s au pluriel:

Page 1