‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 29 sur 453 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

font mal a propos masculin. Il doit avoir le même genre que cliambro. (l)umarsais.)

Amii'hrase. Subsl. f. Conire-vérilé. Expression ou manière de parler par laquelle, en disant une chose, on entend tout le conliairc. C'est ainsi «ju'on dit d'un fripon ; 07t.' l'honnête homme!

Antiquaille. Subst. f. On mouille les l.

Antique. Adj. des deux geines. 11 peut précéder son subsl., cl il le précède souvent: C'est tin antique xtsuge, c'est ttn usage antique.

Gardez donc de donner, ainsi que d.ins Clélio, L'air ni l'esprit français h l'antique llatic.

(BoiL., .1. /■., III, IIIJ.)

L'Académie dit f\\\'antique se dit, par raillerie, des personnes avancées en âge. Je ne crois pas qu'on ait jamais dit d'un homme âgé ou d'une femme âgée, c'est vn homme antique, c'est une femme antique, iiuur exjirimer l'âge, à moins que ce ne soit dans (|ucl(]ucs coteries de jeunes gens mal élevés. Quand on dit (]u'mh homme, qu'une femme a l'air antique, on ne veut ])as dire qu'ils ont l'air vieux, mais (lu'ils ont des manières, des habillements dont la mode est passée depuis bien longtemps. Une l'cmme peut ne pas être très-vieille, et avoir l'air anli(iue.

ANTnHi;sE. Subsl. f. C'est une figure qui consiste à opposer des pensées les unes aux autres pour Icm- donner plus de jour. Ainsi saint Paul a dit : On nous maudit et nous bénissons. Les vers suivants sont des exemples d'antithèses :

Je sentis tout mon corps ut transir et brdUr.

(lUc, Phèd., act. I, se. III, 124.)

Et, monte sur le faite, il aspire à descendre.

(Corn., C'tnn., act. II, sc.i, 16.)

Triste amante des morts, elle hait les vivants.

(Volt., Het^r., VII, 148.)

L'antithèse, lorsqu'elle se présente nalurellement, et qu'elle est avouée par le goût, donne au style de la grâce el delà beauté; mais, lorsqu'elle es't répétée sans cesse, et qu'elle parait cire dégénérée en habitude chez l'écrivain qui l'emploie, elle donne au stylo un air maniéré, et produit ce tju'on appelle des faux brillants. C'est ce (}u'on remarque souvent dans le stylo de FIôchier, qui avait fait de l'antithèse sa figure favorite.

A^TO^OMASE. Subst. f. Trope ou figure de rhétorique par laquelle on met un nom commun ou une périphrase à la place d'un nom propre, ou bien un nom propre à la place d'un nom commun. Philosophe , orateur, poëte, roi, ville, sont des noms communs; cependant l'antonomase en fait des noms particuliers qui équivalent à des noms proi'ics. Ainsi les anciens disaient \c pldlosophe, piiur dire Arislote ; les Latins, l'orateur, pour dire Cicéron ; le poète, pour dire Virgile; et nous disons le père de la tragédie française, pour dire Corneille.

Dans chaque royaume, quand on dit simplement le roi, on entend le roi du pays où l'on est; quand on dil la ville, on entend la capitale du royaume, de la province ou du pays dans lequel on est.

Les adjectifs ou épithètes sont des noms communs que l'on peut appliquer aux différents objets auxquels ils conviennent ; l'antonomase en fait des noms particuliers. L'inrincille, le con-

Page 1