‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 303 sur 453 · NOU · texte numérisé non relu

NOU

Non plus, expression proverbiale. 11 se dit ou seul : f^'oiis ne l'aimes pas, ni moi non plus ; ou comme adverbe de comparaison : // ne bouge non [)Ius qu'une statue.

Ao.NciiALAjiMENT. Adv. Oo pcut Ic mettre entre lauxiliairc cl le parlici[ie: Il itail nonchalamment couché, ou il était couché nonchalamment sur un canapé.

No:«PARF.iL, NoNrAREiLLE. Adj. quï ne se met qu'après son subst. : Un mérile niupareil, une vertu nonparcille. Uesl vieux el iiors d'usage.

Notable. Adj. des deux genres. On peut quelquefois le mettre avant sun subst. : Dits notables, faits notables, un dnniviage notable, un notable dommage; un notable bourgeois.

NoTADLEJiENT. Adv. Od Ic mct entre l'auxiliaire et le participe : Il a été notablement lésé dans cette affaire.

Notoire. Adj. des deux genres. 11 ne se mot qu'après son subsl. : Un fait notoire, une vérité notoire.

Notoirement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire cl le participe : Il est notoirement coupable, il s'est notoirement rendu, coupable.

Notre. Adj. possessif des deux genres, qi:i répond au pronom pcrs(jnnel nous. — Quand il modifie un substantif exprime, il se met toujours avant ce substantif, exclut l'arlicle, et fait au pluriel 7ios : Notre maison, notre frère, nos sœurs. — truand il mudilie un substantif sousentendu , iï prend l'accent circonflexe sur Va, est toujours précédé de l'article, cl fuit au pluriel noires : Votre frère et le nôtre, celte maison et la notre, vos sœurs et les nôtres. Voyez Adjectifs possessifs.

Notre et votre, ainsi que les autres pronoms possessifs, signifient (luelquefois, non ce qui nous appartient, mais ce (lui nous intéresse : Jstarbé vous défend de découvrir au roi quel est voire étranger. (Fénel., Télém., liv. 111, t. i, 146). Notre France. Notre grande ville. Les bourgeois disent notre quartier ; les gens du bon Ton , mon quartier. Les domestiques disent notre maître. — Serez-vous des nôtres'^ c'est-àdire de notre partie. Les nôtres ont bien combattu, c'est-à-dire ceux de notre nation , de notre parti.

NouEDx, NocEDSE. Adj. Il ne se met qu'après »on subst. : Du bois noueux, un bâton noueux.

Nourrir. V. a. delà 2'' conj. Ce verbe s'emploie fréquemment au figuré dans le style noble :

Ce cœur nourri de sang et de guerre affamé.

(Rac, ilithrid., act. II, se. m, 24.)

Jloi, nourrii dans la guerre, aux liorreurs du carnage. llUc, Àth., act. II, se. V, 113.)

Vous, nourri dans la fourbe et dans la trahison.

{Idem, acl. III, se. iv, 55.)

Un cœur toujours nourri d'amertume et de pleurs. (Rac, Phéd., act. II, se. i, 53.)

Ni que du fol amour qui trouble ma raison. Ma lâche complaisance ait nourri le poison.

(/dcm, acl. II, se. y, 95.)

Et puisse ton supplice à jamais effraver Tous ceux qui comme toi, par de lâches adresses. Des princes malheureux nourrissent les faiblesses. (Idem, act. lY, se. VI, 107.)

Pir sa mère élevé, nourri dans ses maximes.

(Volt., Uenr.. III, 15.)

NOO

J'ai nourri mes chagrins sans les manifester.

(Volt., Sémir., acl. I, se. v, 94.)

Ses périls nourrissaient ma tendresse inquiète.

(Volt., lltr., acl. I, se. l, *8.)

La rapide clincelle en pétillant s'échappe;

Des feuilles l'ont reçue. Alors dans son bercean,

Achate d'un bois sec nourrit ce feu nouveau.

(Dklil., Énéid.. I, 246.)

Se nourrir s'emploie aussi au figuré : Ils ne se nourrissent que d'idées tristes. — Il se dit au propre avec la préposition de: Il ne se nourrissait que d'herbes el de racines; ou sans régime : Cet homme se nourrit bien.

Nourrissant, Nocrrissaxte. Adj. verbal tirédu v. nourrir. 11 ne se met qu'après son subst. : friande nourrissante.

NocRRiTDRE. Subst. f. Cc mot se disait autrefois pour éducation. Riclielel ijit, il n'a point de novrriture, f)Our, il n'a point d'éducation. Corneille parlant d'Altale, qui avait été élevé à Rome, dit [Nicomède, act. II, se. m, 9) :

Si vous faites état de celle nourriture, Donnez ordre qu'il règne, elle tous en conjure.

Il ne s'est conservé que dans le proverbe, nour riiure passe nature; pour dire, la bonne éducation peut corriger un mauvais naturel. — En parlant d'un enfant mal élevé, on dit, en plaisantant, en parlant de celui qui en a pris soin : f^ous avez fait là une belle nourriture.

Nois. Pronom de la première personne du pluriel. Il est des deux genres, et se dit des personnes el des choses personnifiées.

Il s'emploie comme sujet du verbe, nous voulons, et alors il est le pluriel Aaje. Il s'emploie aussi comme régime direct, il nous blâme ; comme régime indirect, il 7icus a donné de l'urgent ; et, dans ces deux cas, il est le pluriel de me. 11 s'emploie aussi c<iininc cuinplcmcnt des prépositions, et alors il est le pluriel de moi: Il se moque de nous, venez avec nous, faites cela pour nous. Pour la construction, il suit les règles des pronoms dont il est le pluriel. Voyez ces pronoms.

Lorsque nous, employé comme sujet ou comme régime, est joint à un autre nom qui concourt avec ce pronom à former le sujet ou le régime, il faut d'abord mettre nous avant le verbe, puis le répéter après ce vcibc, sans préposition, s'il est sujet ou i égime direct ; avec une préposition, s'il est régime indirect, afin de le lier avec le nom qui concourt à former le sujet ou le régime : Nous partirons demain, nous et nos domestiques ; il nous a bien reçus, nous et nos amis; il nous a donné de Vargi nt, à nous et à nos amis.

Quelquefois un auteur dit nous, au lieu de moi et je ; el celte façon de parler est plus modeste que la dernière. — Quand le pronom nous est employé au lieu du pronom je, on doit écrire avec le nombre singulier le parlicipe mis en rapport avec le pronom «ou*, el alors dire: persuadé covnne nous le sommes, parce que le discours répond i)lulôt à la i)cnsée qu'aux règles de la grammaire.

[Grammaire des Grammaires, p. 323 )

i Et le ciel nous ordonne

' Que sans peser ses dmits, nous respections son trAne.

1 (Volt., Qreste, act. III, se. iv, 20.)

Le premier vnus, dit La Harpe, est ici de trop. On d\{,jc rnvs ordoinie défaire, OV\j"'ordonnc que vous fassiez. On ne dit pas/e vous ordonne que vous fassiez. On en voit la raison; c'est ([ue l'un des deux vous est inutile. Celle faute rcvien; plusieurs fois dans les pièces de Voltaire :

Ah çà, Nanine, Permellcz-moi qu'ici l'on tous destine...

(Nanine, act. I, se. VII, 44.)

{Cours dt liitérature .)

NouvEAD, ou NocvEL, NocvF.LiE. Adj. On met toujours nouvel avant le subst. : Le nouvel un, ■nouvel accident, nouvel hommage; noiivcuu Cl nouvelle peuvent se placer avant ou après, selon les cas : Du vin nouveau, une chanso7i nouvelle, la 7iouvelle lune, la ntnivelle année, une nouvelle manière. — (Quelquefois nouveau, avant le substantif, a un sens différent de celui qu'il présente quand il est après. On entend par nouveaux livres, d'aulres livres que ceux qu'on a c- qu'on a lus; et par livres nouveaux, des livres qui ont paru depuis peu. Un nouvel habit est un habit différent de celui qu'on vient de quitter; unhahit nouveau est un habit de nouvelle mode. — Bossuet dit, une chose si nouvelle au. v chrétiens. On dit aujourd'hui pour : Cette chose est nouvelle pour moi. — Nouveau s'emploie (luelquefois adverbialement et signiûe nouvellement. Du leurre nouveau battu. On ne l'emploie pas en ce sens avec un substantif féminin, excepté dans la locution une file nouveau-née. Il s'emploie encore dans le sens de nouvellement, avec quelques autres participes qui deviennent des substantifs; et alors il est adjectif variable : Un nouveau marié, de nouveaux mariés, une nouvelle mariée. (Acad. 1835.)

NouvixLEMENT. Adv. Ou pcut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a consenti nouvellevient, ou il a nouvellement consenti à cet arrangement.

NovATECR. Subst. m. L'Académie ne dit point comment il faudrait dire en parlant d'une femme. Il nous semble (jne rien n'empêcherait de dire novatrice.

NovissiMÉ. Adv. Mot emprunté du latin. On ne peut le mettre qu'après le verbe : Cela est arrive novissimé.

Noyer. V. a. de la 1" conj. Il se conjugue comme Employer. Ménage prétend que de son temps le bon usage était de prononcer néier. Richelet est du même avis. Il soutient qu'il n'y a que les poètes qui disent noyer. Aujourd'hui on ne dit plus que noyer. Ce verbe s'emploie dans le style noble, au ligure :

Tandis que dans les pleurs moi seule je me noie. (Rac, Bérén,, act. V, se. y, 14.)

Longtemps dans notre sang Sylla s'était noyé.

(Volt., Mort de César, ad. III, se. iv, 27.)

Delille a dit [Énéid. 1, 111) :

Dispersez sur les mers ou noyca leurs vaisseaui.

No, Nue. Adj. Il se met ordinairement après son subst. : Un homme -nu, une femme nue, les pieds nus, la tête nue ; une épéc nue,

.... Je t'expose ici mon âme toulo nue.

(Rac, Britan., act. II, se. II. 127.)

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