NON
discours doux et coulant, elle est choquée quand le nombre est trop court, mal soutenu, (piand la chute est trop rapide. L'orateur doit éviter et le style haché, (pii n'offre (pie des idées décousues, et le style trainant et languissant, (]ui lasse l'oreille et la dégoûte. C'est en gardant un juste milieu entre ces deux défauts, (jû'on donnera au discours cette harmonie toujouis nécessaire |x>ur plaire, et quchpiefois pour persuader.
Notre langue a son haruKmie propre et particulière qui r(>sulte des cadences tantôt graves et lentes, tantôt légères et rapiili^s, tantôt fortes et impétueuses, tantôt douces et coulantes, que nos bons orateurs savent distribuer dans leurs (liscours, et varier selon la dilTerencc des sujets (lu'ils traitent; c'est dans leurs ouvrages qu'il faut la chercher et l'étudier. Voyez Harmonie.
Nombreux, Nombreuse. Âdj. On peut le mettre avant son subsl., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un peuple nombreux, une année nombreuse, une nombreuse armée ; une nombreuse assemblée , une assemblée nombreuse. Voyez Adjectif.
Nombril. Subst. m. On ne prononce point le l final.
Nominatif. Subst. m. On prononce le f. On appelle ainsi, dans les langues qui ont des cas, celui (]ui dfîsignele sujet d'une proposition. La langue française, n'ayant point de déclinaisons, n'a point de cas, et par consé(iuent point de nominatif; nous disons qu'un nom est le sujet du verbe , lorsque l'on dit qu'il est au nominatif dans les langues où il y a une terminaison particulière pour cet accident; et nous reconnaissons (pi'un nom est le sujet d'un verbe, non à sa terminaison, qui est invariable, mais a la place qu'il occupe dans la phrase. Dans le ciel est juste, le ciel est ce qu'on apjielait autrefois le nominatif. 11 en est de môme des autres cas. Voyez Cas.
NoMMÉME^T. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : O/i en accuse plusieurs personnes, et nommément tel ou tel.
Non. Mol négatif, qui est directement opposé au mot allirmafif orn. Il s'emploie seul et isolément pour rc'pondre négativement : f^iendrezvous^ Non. Dans le style familier, il est remplacé ([uelquefois |iar neuni, et par point du tout : Ne l'ave z-vous pas vu hier? Nenni. f^ous l'avez donc vu aujourd'hui'.' Point du tout.
Non se met quelquefois à la tcle de la phrase, et on le répèle pour donner plus de force à la négation : Non, le vice ne peut rendre heureux V homme qui s'y livre. Ne croyez pas, 6 Cretois, que je méprise les hommes; non, non, /e sais combien il est grand de travailler à les rendre lions et heureux. (Féncl., Télém., liv. VI, t. i, p. 210.)
Dans le cours de la phrase, non s'emploie quelquefois seul, quelquefois avec pas, jamais avec poifil : Ils ont soutenu cette diatribe, non par de doctes écrits, mais par de sanglantes batailles. (Bossuet.) Avec. \cs adjectifs et les adverbes, il faut employer non pas, (piand il y a comparaison : Il écrit, non pas supérieurement, mais agréablement. Il a un style, non pas br-illant, mais pur et correct. Dans les autres cas, on met seulement iion devant les adjectifs ; C'est un témoin non recevahle.
Non, suivi de que, signifiées n'est pas, et régit le subjonctif: Non que je veuille. Non ou'il voulût.