‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 311 sur 453 · ORA · texte numérisé non relu

ORA

oraison est lire immédiatement du latm oratio, formé i!i'nratum, supin A'orure ; et orare ^ U'iC première origine dans le génitif oris, du nom os, bouche, (|ui est le nom d(> l'iiisliument organique du matériel de la parole. Orure, faire usage de la bo'jcbe pour énoncer sa pensée; oratio, la maliéro physique do l'énoncinlion.

J'ajouterai ici ce qu'a écrit M. l'abbé Girard sur la différence des trois mots harangue, discours, oraison. Quoiciu'il prenne ces mots relativement à l'éloquence, on verra néanmoins qu'il mot entre les deux derniers une distinction de même nature que celle que j'y ai mise moimême.

« La harangue, dit-il, en veut proprement au cœur; elle a pour but de persuader cl d'émouvoir; sa beauté consiste à être vive, forte et touchante. Le discours s'adresse directement à l'esprit; il se propose d'expliquer et d'instruire; sa beauté est d'être clair, juste et élégant. Voraison travaille à prévenir l'imagination ; son plan roule ordinairement sur la louange ou sur la critique ; sa beauté consiste à être noble, délicate et brillante. Lc capitaine fait à ses soldats une harangue pour les animer au combat. L'académicien prononce un discours pour développer ou pour soutenir un système. L'orateur prononce une oraison funèbre pour doimci ., l'assemblée une grande idée de son héros.

« La longueur de la haran'iun ralentit queliiuefoisle feu de l'action. Les fleurs du discours g^ diminuent souvent les grâces. La recherche du merveilleux dans Voraison, fait perdre davantage du vrai.«

Ainsi il en est du discours ciàcV oraison dans le langage des rhéteurs, comme dans celui des grammairiens; de part et d'autre le discours est l)our l'esprit, parce qu'il en représente les pensées; Voraison est pour l'imagination, parce qu'elle représente d'une manière inalériellc et sensible. (Beauzée.)

Or,Ai., Orale. Adj. qui ne se met qu'après son s\ihst. : Loi orale, tradition orale.

Ce mot, dans l'usage ordinaire, signifie qui s'expose de bouche ou de vive voix ; et on l'emploie principalement pour marquer quelque chose de différent de ce cpii est t'crit : La tradition orale, la tradition écrite.

En grammaire, c'est un adjectif qui sert à distinguer certains sons ou certaines articulations des autres éléments semblables.

Un son est oral, lorsque l'air qui en est la matière sort entièrement par l'ouverture de la bouche, sans qu'il en refiuc rien par le nez. Une articulation est orale., quand elle ne fait refluer par le nez aucune partie de l'air dont elle modifie le son; tout son qui n'est puni oral est nasal; il en est de même des articulations.

On appelle aussi voyelle ou consonne orale, toute lettre qui représente ou un son oral, ou une articulation orale.

Orangé, Orangkk. Adj. qui ne se met qu'aprés son subst. : Du taffetas orangé, des rubans orangés, salin orangé. ■

Orateur. Sui)St. m. Je i>ense que si l'on parlait d'une femme, il faudrait dire une femme orateur, comme on dil«;je funuue auteur. Delille a dit orateur du crime {Enéide, Yl, 688) :

Ulysse les suivait, cet orateur du crime.

Oratoire. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : L'art orqtoire, discours

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