‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 321 sur 453 · OUV · texte numérisé non relu

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aes regfes qui constituent la logique, la rhétorique, la poétique, sont de beaux ouvrages de l'espril; le Lutrin, la Ilenriude, Jthalie , le Tartufe , sont d'excellents ouvrages d'esprit. (Beauzée, Synonymes.)

On appelle ouvrage d'esprit une composition d'un homme de lettres faite in'ur communiquer au public et à la postérité iinrliiuo chose d'instructif ou d'amusant. L'histoire d'un ouvrage renferme ce (jue l'ouvrage contient , et c'est ce qu'on ap[)clle ordinairement extrait ou analyse. Le corps d'un ouvrage consiste dans les matières qui y sonl traitées; entre ces matières il y a un sujet principal, à l'égard duquel tout !<• reste est seulement accessoire. Le plan d'un ouvrage consiste dans l'ordre et la division de toutes ses parties. La beauté d'un owrra^f? dépend l)eaucoup du plan que l'auleiir s'est formé. L'intérêt d'un ouvrage consiste dans le choix, l'ordre et la représentation de la. pensée. Le choix décide le sujet, l'ordre élablif le plan, la représentation donne l style. Si l'ouvrage affecte par le sujet, s'il saliS' faU par le plan, s'il attache par le slyle, c'est un ouvrage inlérossant. — L'n ouvrage est complet, lor,s(pi"il contient tout ce qui regarde le sujet traité. On dit q\i'uii ouvrage est' relativement co///7)Ze^, lorsqu'il renferme tout ce qui était connu sur le sujet traité pendant un cerLiin temps ; ou si l'ouvrage est écrit dans une vue particulière, on peut dire qu'il est simplement com|ilel, s'il contient tout ce qui esl nécessaire pour atteindre son but. Au contraire, on appelle incomplets les ouvrages qui mamiuent de cet arrangement, ou dans lesquels o:i trouve des lacunes causées par la perte de certains morceaux de ces ouvrages.

On peut encore donner une division des ouvrages d'après la manière dont ils sonl écrits, et les distinguer en ouvrages obscurs, c'est-à-dire dont tous Tes mots sont irop génériques, et qui ne portent aucune idée claire et précise à l'esiirit; on ouvrages prolixes, qui conlionneni des choses étrangères et inutiles au iiut (lue l'auteirr paraît s être proposé ; en ouvrages utiles, qui traitent de choses nécessaires aux connaissances ou à la conduite de l'homme; en ouvrages amusants, qui ne sont écrits que pour divertir les lecteurs, tels que les nouvelles, les contes, les romans et les recueils d'anecdotos. ll/t bon ouvrage esl un ouviage instructif et bien écrit.

Ouvrant, Ouvrante Adj. verbal tiré du v. ouvrir. Il n'est d'usage que dans ces phrases, c porte ouvrante, à portes ouvrantes.

Ouvrer. V. a. de la i^' conj. 11 esl vieux et ne se dit plus que de la monnaie : Ouvrer la monnaie, fabriquer des esi)éces. — On dit adjectivement du linge ouvré, pour dire du linge de table façonné, travaillé : Nappes, serviettes ouvrées. — Du fer ouvré, du cuivre ouvré, travaillé, pour le distinguer du fer en barres, du cuivre en lames.

Ouvrier, Ouvrière. Adj. qui ne se met qu'a- I)rès son subst. : Jour ouvrier , cheville ouvrière.

Il s'emploie aussi substantivement • U/i ouvrier, une ouvrière.

Ce mot est de trois syllabes en vers :

Soyez plutôt maçon, si c'est rolre talent, OuiTier estime dans un art nécessaire.

Qu'écrivain du commun et poète vulgaire.

(BoiL., .\.r.,IV, 26.>

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