‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 322 sur 453 · PAG · texte numérisé non relu

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La Fontaine, on citant ce proverbe, dit artisan (liv. 1, fable xxi, i) :

A. l'œuvre 011 connail l'artisan.

Il fallait dire l'ouvrier. Il n'est pas permis de chanijcr les mois d'un proverbe. On dit d'un ouvrage <pi'un veut louer qu'il csl do main de viaîtrc; La Hruyère a dit, en ce sens, de main d'otirrier. C'est une faute. Tout ouvrage est fait de main d'ouvrier; cl quand on dit de main de maître, ou entend dislinguer les maîtres, que l'on supjjuse plus habiles que de simples ouvriers. — On ne dirait pas aujourd'liui ouvrier d'un

Eocle, comme Vaugelas l'a dit autrefois de Malerbe. Ouvrier et artisan se disent au propre seuls et sans régime; mais au figure, ils s'unissent éléi;;unment a des noms avec la préposition de. On "ne dit jwint d'un cordonnier qu'il csl l'artisan d'un soulier, ni d'un menuisier cpi'il est l'ouvrier d'une porte; mais on dit d'un homme, pour le louer, qu'il est l'artisan de sa fortune, qu'il a été l'ouvrier d'une révolution. Ocviun. \. a. de la 1' conj. A'oyez Irrégnlier. Voici (juclques exemples où ce verl)eest erniiloyé dans des acceptions qui ne sont point indiquées par l'Académie :

Uii antre loiiobrcux

Ouvre une houohe immcnit

(UuLit,., Èmid., VI, 305.)

K des tounnonts nouveaiiic tous mes sens sont ouvert». (Volt., Oreste, acl. I, se. v, 9.)

Turnus ouvre à pas Icnls sa marclie solennelle.

(Delil., Éneid.,Xll, 259.)

Quelque accès m'est ouvert en ce séjour sacré.

(Volt., Somir., act. I, se. i, 108.)

J'espère que du moins un heureux avenir A vos faits immortels joindra mon souvenir; Et qu'un jour mon trépas, source de votre gloire, Ouvrira le récit d'une si belle histoire.

(RàC, Jphig., act. V, se. H, 43.)

Ovale. Adj. des deux génies qui ne se met qu'après son subst. : Une table ovale, une figure ovale, un trou ovale.

Il est aussi substantif masculin.

Autrefois le substantif était féminin, et l'on écrivait comme aujourd'liui ovalo ; mai-- depuis qu'on le fait masculin, on lui a conservé la terminaison féminine. Voilà sans doulc |);)unpioi on a conservé à l'adjeclif masculin la mèuie terminaison. On devrait écrire ovul au substantif et à l'adjectif masculin : Un aval, un fruit aval.

P. Subst. m. On prononce pe. C'est la seizième lettre de l'aliihabet, et la douzième des consonnes.

Le son propre de celte lettre est pe, comme da7is péril, pigeon, pninmude.

Le p iuiiial conserve toujours le son qui lui est propre , ïoit devant une voyelle, soit devant une consonne, comme &ax\?, peuple, psaume. Cependant devant /;, le p initial a, comme nous allons le voir ci-après, une prononciation qui lui est particulière.

Dans le corps du mot, p conserve également le son qui lui est prupre. On le fait sentir dans ineptie, inepte, adaptinn , captieux, reptile, exrmptiiin, (pioiiiu'on ne le prononce pas dans exempter; à'iW'^réde mpteur , rédemptiun, septante, septuntième, septembre, septennaire, septennal, septentriiin, septentrional, septuagénaire, septuagésime, i\im% accepter, excepterai leurs dérivés; mais il est muet A;m% Baptiste , compte, et ses dérivés; Avin^ dompter, compter pnmpt et ses dérivés, et en général dans presque tous les mots où il se trouve entre deux consonnes.

Le p final se prononce dans Alep, Gap, jalap, julep, cap; il ne se prononce point d-iuscamp, champ, drap, sirop, quoique suivi d'autres mois qui comnienccnl par une voyelle. — Il ne se prononce point à la fin de certains mots où il n'est conservé que pour l'ètymologic, comme dans loup , corps, sept, temps, ([u'on prononce lou, cor, set, tan. — Le p final ne se prononce que dans coup, beaucoup, trop, et seulement devant les mots qui commencent par une voyelle: // a beaucoup étudié, il est trop entêté. Daiiij le discours soutenu, coup inattendu, coup extraordinaire, se prononcent cou-pinuttenda, coupextranrdinaire.

P, suivi de h, se prononce comme fe : Phare, philtre, phosphore, philosophe, phrase, physioliùiJiie, phalange, philanthrope , se prononcent fare, filtre, filosofe, etc. — Quand le lo est redou-

blé, on n'en prononce qu'un : Apprendre, frapper, opposer, etc., prononcez aprendre, fraper, oposer.

P en musique signifie piano ou doux. — P dans le commerce signifie /j/vvie^/e. — C'est l'ex pression abrégée du mot père. — P. II. signifie Port-Iioyal. Sur les gravures, p/?i.r., pour ^/:«j:iï, accompagne le nom du peintre,

Pacifii-.atel'r. Subsl. m. L'Académie n'indi(iue point comment il faudrait dire en parlant d'une femme. Il nous semble que l'analogie indi([ue pacificatrice , et quelques écrivains l'ont employé. Voltaire écrit à Callicrine II : f^os ennemis ne seront parvenus qu'à faire graver sur vos médailles : 'l'riouiphulrice de l'empire Ottoman, et pacificatrice de laPologne. {XX" lettre, 27 mai 1769.)

Pacifique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Prince pacifique, esprit pacifique, humeur pacifiqtie. — Règne pacifique, vie pacifique. Voyez Paisible.

Pacifique.me^t. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : IL a répondu pacifiquement à tout ce qu'on lui a demandé, ou il a pacifiquement répondu à tout ce qu'on lui a demandé.

Pactiser. Y. n. de la 4" conj. Ce mot, qui est un terme de pratique, a été employé par J.-J. Ilousseau dans le langage commun : Il [t'-enfint] sait toujours vous faire payer une heure d'application par huit jours de complaisance A chaque instant il faut pactiser avec lui. [Roiile, liv. IL)

Pagination. Subst. L Série de Munn-ros dans un livre on dans un manuscrit. Ce m..l n'est guère usité que dans les imprimeries et dans les librairies : La pagination de ce voUiuie est fausse.

Pagnoterie. Sulist. L Ce mot est défini dans les dictionnaires, aclioii de pagnote, làdietc, poliroimerie. Voltaire l'a employé dans le sens de bévue, de balourdise : Le Suisse, dilril, jfu»

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