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prfipre. Qu'un pocme soil en vers ou en iirose poétique, le caractère de rexi)ression doit toujours s'y trouver.
Mais pour que le poëme ait quelque prix, il faut que l'enthousiasme du puëlc S(jit excité par un objet important. Cet enthousiasme est ridicule si le sujet est commun et sans intérêt.
On (lislingue eu général tpiatrc surtes de [)oëmes : le poëme lyriipic, qui comi)rend toutes les poésies qui ne sont destinées qu'a ex'iH'imer les mouvements passioniK's ([u'éprouvc l'àme du poète, en considérant l'objet dont il s'occupe; le poëme dnnnatiquc, ipii comprend tout ce (lui peint comme itrésente une action unique et passagère, dont les acteurs eux-mêmes paraissent, parlent, agissent, et se font connaître, sans (îu'on ait besoin dos récits du jioëte; le poëme épiipie, dans le(]uel le poëte raconte lui-même un événement présenté comme passé; enlin, le pucme didactique, où le poëie expose une vérité spéculative ou pratique. (Extrait de VEncijclopédie.) Voyez Poésie, Si/jet.
Poésie. Subst. f. On appelle poésie du style, une hardiesse, une liberté, une richesse de style particulières à la poésie. La poésie du style comprend les pensées, les mots, les tours et l'harmonie. Toutes ces parties se trouvent dans la prose même ; mais comme dans les arts tels que la poésie, il s'agit non-seulement de rendre la nature, mais de la rendre avec tous ses agréments et ses charmes possibles, la poésie, pour arriver à sa lin, a été en droit d'y ajouter un degré de perfection qui les élevât, pour ainsi dire, au-dessus de leur condition naturelle. C'est pour cette raison que les pensées, les mots, les tours, ont dans la poésie une hardiesse, une liberté, une richesse qui paraîtrait excessive dans le langage ordinaire. Ce sont des comparaisons toutes nues, des métaphores éclatantes, des répétitions vives, des apostrophes singulières. La poésie du style consiste encore à prêter des sentiments intéressants à tout ce qu'on fait parler, comme à exprimer par des figures, et à présenter sous des images capables de nous émouvoir, ce qui ne nous toucherait pas s'il était simplement en style prosaïque. — Mais chaque genre de poëme a quelque chose de particulier dans la poésie de son style. La plupart des images dont il convient que le style de la tragédie soit nourri, pour ainsi dire, sont trop graves pour le style de la comédie ; du moins le style comique ne doitd en faire qu'un usage très-sobre. Les églogues empruntent leurs peintures et leurs images des objets qui parent la campagne, et des événements de la vie rustique. La poésie du style de la satire doit être nourrie des images les plus propres à exciter notre bile. L'ode monte aux cieux pour y emprunter ses images et ses comparaisons du tonnerre, désastres eïdes dieux mémos. — C'est par la poésie du style que los vers différent le plus de la prose. Bien di's métaphores (pii passeraient pour des figures trop hardies dans le style oratoire le plus élevé, sont reçues en poésie; les images et les figures doivent être encore plus fréquentes dans la plupart des genres de la poésie, que dans les discours oratoires; la rhétori(iue, qui veut persuader notre raison, doit toujours conserver un air de modération et de sincérité. 11 n'en est pas de même de la poésie, qui songe a nous émouvoir préférablement à toute chose. — Cette partie de la poésie la plus importante est en ruême temps la plus difficile. Il n'y a qu'un hnmme do génie qui puisse soutenir ses vers par
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des fictions et par des images sans cesse renaissantes. (^Extrait de V Encyclopédie.) ^'oyez Style, Fers.
Poète. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit aussi poè/e .- Cette femme est puète. Mais en ne dirait pas avec l'article, la poëte Saph». Ce serait le cas de dire la poétesse. L'Acail-rnie admet ce mot, mais elle remarque qu'il est |)cu usité, et elle a raison.
Poétique. Adj. des deux genres. Il ne se dit que des choses, et on peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille cl l'analogie : Ouvrage puéuique, style poétique, expression poétique, invention poétiqve ; cette poétique intention; enthousiasme poétique, ce poétique enihoiisias»ie. Voyez Adjectif.
PoÉTiQUEMKNT. Adv, Il sc met après le verbe : Il s'est exprimé poétiquement.
Poids. Subst. m. Le d ne se prononce point.
Poignant, Poignante. Adj. verbal tiré du v. poindre. Il ne se met (pi'aprés son subst. : Uiie douleur poignante. Féraud prétend tpi'il vieillit, et que c'est un mot à demi gaulois. Nous pensons qu'il y a des cas où il ne peut être remplacé.
Poindre. V. n. de la 4*' conj. Paraître. Il ne s«> dit qu'à l'infinitif et au futur : Le jour ne fait que poindre ; le jour coimnence à poindre; j'e partirai dès que le j'our poindra.
Point. Adv. de négation, qui est ordinairement précédé de 7ie, et qui lui sert connue de complément : Je ne veux point. Quand on l'emploie seul, c'est (ju'il y a eUipse, comme dans ces vers de Crébillon [Catilina, act. I, se. iv, 37) :
Souvenez-vous enfin qu'un généreux courage Pardonne à qui le hait, mais point à qui l'outrage.
C'est-à-dire, ne pardonne point à qui Voutrage. Point de bonheur sans ver/M, c'est-à-dire, il n'y a point de bonheur, etc. 11 eu est de même (|uand point sert de réponse à une (question : En voulezvous? -Point, c'est-à-dire je n'enveux point. On le met aussi quelquefois seul devant un adjectif; alors l'ellipse a encore lieu '.Il est bienfaisant, indulgent, point soupçonneux , c'est-à-dire il n est point soupçonneux. Voyez Ne, Négation, Pas.
Point. Subst. m. Corneille a employé ce mot dans .e sens de question, difficulté [Cinna, act. IV, sc. IV, 67) :
Je ne vocs quitte point, Seigneur, que mon amour n'ait obtenu ce point.
Ce mot point est trivial et didactique ; premier point, second point, point principal. (Voltaire, Remarques sur Corneille.)
Point. Subst. m. Terme de grammaire. Petite marque qui se fait avec la pointe de la plcmc posée sur le papier comme [lour le piquer. On se sert de cette marque à bien des usages.
[0 On termine par un point toute proposition dont le sens est entièrement absolu et indépeodant de la proposition suivante; et il y a pour cela trois sortes de points : le point simple, qui termine une proposition purement cxjiositive; le point inlerrogaitfou d'inloiTogation, (pii termine une proposition inlerrogiiiivc, et qui se marque ainsi (■?) voyez Interroganli ; enlin le point admiraiif^'n d'admiration, que l'on nomme aussi point d'exclamation, et dont voici la figure (!) Vovez Admiratif.
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2' On se sert aussi de deux points posés verlicjieuicni, ou d'un point sur une virgule, ;i la lin d'un(! proposiiion cxposilive dont le sens graniniaiical est complet et liai, mais <]ui a avec la projiosition suivante une liaison logique et nécessaire.
o"^ On met deux points horizontalcMiont andessus d'une voyelle pour indiquer iju'il faut la prononcer séparément d'une autre voyelle (lui la précède, avec laquelle on pourrait croire qu'elle ferait une diithlhungue, si l'on n'en ét.iil averti par cette i;iar(iue, que l'on nomme diérèse, comme dans Suiil, qui, sans la diérèse, pourrait se prononcer Satil, comme nous prononçons Paul. Voyez l'réinu.
4» On disp.ise quelquefois (jualre points horizontalement dans le corps de la lii:ne,pour indiquer l;i suppression, soit du reste d'un discours commemé, et qu'on n'achève jias par i)udeur, par modération, ou par quelque autre motif; soit d'une partie d'un texte que l'on cile, ou d'un discours que l'on rapporte : Il a dit.... mais épaigiioiis-lui la hnnle de ce reproche.
5""Enlin, la cranite que l'on ne confondit Vi écrit avec un jamliaue d'w, a introduit l'usage de mettre un point au-dessus, '\oyez Ponciuiition.
l'oiME. Subst. f. Terme de littérature. Jeu d'esprit qui roule sur les mots, ou sur les pensées.
"\oici ce qu'en dit Boileau, dans son Art poétique (11, 105) :
Jadis de nos auteurs les pointes i:;norées Furent de l'Italie en nos vers attirées.
La raison outragée enlin ouvrit les yeux, La chassa pour jamais des discours sérieux, El dans tous ces écrits la déclarant infâme. Par grâce lui laissa l'entrée en répigramme, PourTu que sa finesse, éclatant à propos. Roulât sur la ptnsée et non pas sur les mots.
Ce n'était pas seulement dans les ouvrages d'esprit (ju'on imaginait devoir donner place aux pointes, elles faisaient les jilus riches ornements de nos sermonnaires.Le pèreCaussin, dans sa Cour Saijile, dit que les Jwimnes ont bâti la tour de Bubel, et les femmes la tuvrde Babil. Dans les ouvrages sérieux, cet abus des termes est de mauvais goùl ; mais dans un oi;\ragc badin, ou dans la conversation familière, il peut trouver sa place. ^I. Orri , contrôleur général des financos, disait à quelqu'un : Suves-vous bien que. j'ui quatrc-ciiigl mille hommes sous mes ordres! — Ah ! monsieur, lui répondit-on, vous avez là un beau, camp volant. A'oilà comme il faut faire des pointes, (jn ne pas s'en mêler.
On nomme pointe de l'épigraunne, la pensée «fui pique le lecteur et qui" l'intéresse. Toute épigrainmo a deux parties : l'exiwsitiou du sujet, et la pointe tiui eu résulte ;
Ci-5il ma fem-me :
V oilà l'exposition du sujet :
.\h! qu'elle est bien, Pour son repos et pour le mien !
Voilà la pointe. Cette pointe doU être présentée heureusement et en peu de mots ; elle doit être intéressante, soit pour le fond, soit pour le tour. Elle intéresse encore par la finesse de l'idée,
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comme dans l'épigramine de l'Anthologie, renfermée dans un seul vers :
Je cbanlais, Homère écrifail.
Queliiuefois la plaisanterie fait la pointe de l'éiiigramme, comme dans celle-ci, du chevalier de (JaiUy :
Dis-jc quelque chose asseï belle?
L'antiquité toule en cervelle Me dit : Je l'ai dit avant toi. C'est une plaisante donzelle ; Que no venait-elle après moi?
J'aurais dit la cbosc avant elle.
tjuelquefois c'est le jeu de mots :
Huissiers, qu'on fasse silence, Dit en tenant l'audience Un président de Baiigéf C'est un bruit à tête fendre; Kous avons déjà jugé Dix causes sans les entendre.
D'autres fois c'est la malignité, ou une absurdité qui n'était pas altenJue. Mais de toutes les espèces de pointes épigrammatiques, il n'y en a guère qui frappent plus tiuc les retours inattendus :
L'n gros serpent mordit Aurèle, Que croyez-vous qu'il arriva?
Qu'Aurèle en mourut? Bagatelle ; Ce fut le serpeul qui creva.
[Encyclopédie.]
Pointilleux, Pointilleuse:. Adj. : Un homme pointilleux, pointilleux sur le cérémonial. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie :
Or, votre sagesse n'est pas Cette pointilleuse harpie Qui raisonne sur tous les cas.
(Volt., Épttre, XXXI, 15.)
Pointu, Pointue. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Une t'pce pointue, vn couteau pointu. — Nez pointu, menton pointu. — Esprit pointu.
Poison. Subst. m. L'usage île ce mot au figure est très-fréiiuenl et très- varié. L'Académie ne l'a indiqué <iue fort imparfaitement. Nous allons y su[)pléer i)ar quel(|ucs exem|)los : Tout le reste na servi qu'à augmenter le poison qui brûle déjà dans vton cœur. (Fénel., Télévi., liv. IV, t. I, p. 153.) f^otis avez dans Vâme un poison phis mortel que celui dont vous voulez guérir. (Montesquieu, W lettre persane.)
D'un regard enclianti;ur connait-il le poison ?
(Ràc, Britan., act. II, se. ii, 57.)
Quel funeste poiSon L'amour a répandu sur toute ma maison !
(Uac, Phéd., act. m, se. VI, 4)
Un funeste poison Se répand en secret sur toute ma maison.
(Volt., Brut., act. II, se. ir, 2.)
Ce mot était autrefois féminin, et le peuple le fait aujourd'hui de ce genre.
PoissAHD, PoissAiiDE. Adj. Qui ne se met qu'après son subst. : Le genre poissard, chanson poissarde, expression poissarde.
Poissonneux, Poissonneuse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Rivière poissonutue*'
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Polaire. Adj. des deux genres. Il ne semé qu'uprés sou subsl. : Cercle polaire, étoile polaire.
Polémique. Adj. des deux genres qui ne se met uuèrc qu'nprès son subst. : Ouvrage polémique, style polémique, genre polémique, écrivain polémique.
Poliment. Adv. On peut le inellre cnlrc l'auxiliaire et le païUcipe : // a reçu poliment tout le inonde, ou il a poliment reçu tout le monde.
Polisseur. Adj. ciiiplovc subslantivemenl. Il fait au féminin polisseuse.
Politique. Adj. des deux genres qui ne se met ordinairement (Hi'aprt'.s son subsl. : Maxime politique, discours politique, réflexions polirtiques, conduite politique.
Politiquement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe: Il a agi pditiquement dans cette circonstance, ou il a politiquement agi.
Polysyllabe. Adj. des deux genres. On prononce ce mot comme si les deux mots dont il est composé étaient séparés, et qu'on écrivit poly-sylUthe. En conséiiuencc, le « de syllabe est considéré comme une lettre initiale, et consnrve sa prononciation primitive. Terme de çramniaire. il signifie, qui est de plusieurs syllabes. 11 ne se met qu'après son subst. : Un mctpulysyllahe.
PoLYSYNODiE. Subst. f. On prononce ce mol comme si les deux mots dont il est composé étaient séparés, poly-synodie. En conséquence, le 8 est considéré comme une lettre initiale, et conserve sa prononciation primitive.
Pompecsf.me.nt. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a commencé pompeusement sa harangue, OU il a pompeusement couimencé sa harangue.
Pompeo:', Pompeuse. Adj. On peut souvent le mettre avant son subsl., en consultant l'oreille et l'analogie : Appareil pompeux, pompeux appareil ; entrée pompeuse , pompeuse entrée; équipage pompeux, pompeux équipage.
Calchas, dit-on, prépare un pompeux sacrifice.
(TIac, Iphig., act. II, se. Il, 43.)
Ponctuation. Subst. f. Terme de grammaire. La ponctuation esl l'art d'indiquer dans l'écriture, par les signes reçus, la proportion des pauses que l'on doit laire en parlant; de distinguer les sens partiels qui conslituenl un discours ; et de mariiuer la dilférence des degrés de subordination i]ui conviennent à chacun de ces sens. Nous croyons ne pouvoir rien donner de meilleur sur celte matière, qu'un extrait de l'article Ponctuation que Beauzée a fait insérer dans V Encyclopédie.
Les caractères usuels de la i)onclualion sont la virgule, qui marque la moindre de toutes les pauses, une jjause presque insensible; un point et une virgule, (]ui désigne une pause un peu plus grande; les deux points, qui annoncent un repos encore un peu plus considérable; et le point, qui niariiue la plus grande de toutes les pauses.
Le choix de ces caractères devant dépendre de la proportion qu'il convient d'établir dans les pauses, l'art de ponctuer se réduit à bien connaître les principes de celle proportion. Or, il est évident qu'elle doit se régler sur les besoins de la respiration, combinés néanmoins avec les sens partiels qui conslituenl les propositions
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totales. Si l'on n'avait égard qu'aux besoins de la respiration, le discours devrait se jiarlager en parties à peu prés égales; et souvent on suspendrait maladroilement nn sens tpii pourrait même par là devenir ininlcUigible ; d'autres fois on unirait ensemble des sens tout à fait dissemblables et sans liaison, ou la lin de l'expression d'un sens avec le cumniencemcul d'un autre. Si, au contraire, on ne se propusait que la dis'inclion des sens partiels, sans égard aux besoins de la respiration, chacun placerait ces caractères distinctifs selon qu'il jugerait convenable d'anatoiniser plus ou moins les parties du discours : l'un le couperait par masses énormes qui mettraient hors d'haleine ceux qui voudraient les prononcer de suite; l'autre le réduirait en particules qui feraient de la parole une espèce de bégaiement dans la bouche de ceux qui voudraient marquer toutes les pauses écrites.
Outre qu'il faut combiner les besoins des poumons avec les sens partiels, il e>t encore indispensable de piendrc garde aux difféienls degrés de subordination qui conviennent à chacun de ces sens partiels, dans l'ensemble dune proposition ou d'une période, et d'en tenir compte dans la ponctuation par une gradation proportionnée dans le choix des signes. Sans celte attention, les parties subalternes du troisième ordre, par exemple, seraient séparées entre elles par des intervalles égaux à ceux qui distinguent les parties du second ordre et du premier; et cette égalité des intervalles amènerait dans la prononciation une sorte d'équivoque, puisqu'elle présenterait comme parties également dépendantes d'un même tout, des sens réellement subordonnés les uns aux autres, et distingués par différents degrés d'affinité.
Passons au détail du système qui doit naître naturellement de ces principes. J'en réduis toutes les règles à quatre chefs principaux, relativement aux quatre espèces de caractères usités dans notre ponctuation.
I. De la virgule. La virgule doit être le seul caractère dont on fasse usage parlout où l'on ue fait qu'une seule division des sens partiels, sans aucune subdivision subalterne. La raison de celle première règle générale est que la division donl il s'agit se faisant pour ménager la faiblesse ou de l'organe, ou de rinlelligence, mais toujours un peu aux dépens de l'unité de la pensée totale, qui est réellement indivisible, il ne faut accorder aux besoins de l'humanité que ce tiui leur est indispensablement nécessaire, et conserver le plus scrupuleusement qu'il esl possible la vérité et l'unité de la pensée, dont la parole doit présenter une image fidèle. C'est donc le cas d'employer la virgule, qui est suffisante pour marquer un repos ou une distinction, mais qui, indiquant le moindre de tous les repos, désigne aussi une division (jui altère peu l'unité de l'expression et de la pensée. Applicjuons cette règle générale aux cas particuliers:
1» Les parties similaires d'une même proposition composée doivent être séparées par des virgules, pourvu ijuil y en ait pins de deux, et qu'aucune de ces parties ne soit subdivisée en d'autres parties suballernes.
Exem|)les pour plusieurs sujets : La riche.vse, le plaisir, la santé, deviennent des vi aux pour qui ne .lait pas en user. [Tliéor. des sent., cb. XIV.) — Le regret du passé, le chagrin du présent, l'inquiétude sur l'avenir, sont les fléaux qui affligent le plus le genre humain. (Idem.)
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Exemple de plusieurs attributs réunis sur un même sujet : Un prince d'une naicsance incertaine, ndirri pur une femme prostilui'e , clevé par des bergers, et depuis devenu chef de brigands, jeta les premiers fondements de la capitale du monde. (Verlol., Béi-ol. rom., liv. I.)
Exemple de plusieurs verbes rapportés au même sujet : // alla dans cette caverne, trouva des instruments, abattit des peupliers, et viit en un seul jour un vaisseau en état de voguer. ^Fénel., Tclém., liv. vu, t. I, p. 241.) Exemples de plusieurs compléiiiPiUs d'un même verbe ; Ainsi que d'autres encore plus anciens qui enseignèrent à se nourrir du blé, ii se vêtir, à se faire des habitations, à se procurer les besoins de lu rie, ii se précautionner contre les bêtes férrces. (D'Olivet, traduction d'une phrase des Tusculanes, liv. I, ch. 25) Je connais quelqu'un qui loue sa7is estime, qui décide sans connaître, qui contredit sans avoir d'opinion, qui parle sa/is penser, et qui s'occupe sans rien faire. (Girard, t. II, p. 456.)
2° I.i.rsqu'il n'y a (juc deux parties similaires, si elles ne sont que rapprochées sans conjonction, le besoin d'indiquer la diversité de ces parties exige entre denx une virgule dans l'orthographe, et une pause dans la prononciation. Exemple : Des anciennes mœurs, un certain usage de la pauvreté, rendaient éi Rome les fortunes à peu près égales. (Montesquieu, Grandeur et décad. des Rom., eh. IV.)
Si les deux parties similaires sont liées par i:ne conjonction, et que les deux ensemble n'excèdent pas la portée commune de la respiration, la conjonction sufGt pour marquer la diversité des parties, et la virgule romprait mal à propos l'uniti; du tout qu'elles constituent, puisque l'organe n'exige point de repos. Exemples : L'imagination et le jugement ne so7it pas toujours d'accord. {Gramm. de Buffier, n» 980) Il parle decequ'ilne saitpointou decequil sait mal. (La Bruyère, cli. XI. De l'homme, p. SS'i.)
Mais si les deux parties similaires réunies par la conjonction, ont une certaine étendue qui empêche (ju'on ne puisse aisément les prononcer tout de suite sans respirer, alors, nonobstant la conjonction qui marque la diversité, il faut faire usage de la virgule pour indiquer la pause : c'est le besoin seuf de l'organe qui fait ici la loi. Exemples: Il formait ces foudres dont le bruit a retenti par tout le moîide, et ceux qui grondent encore sur le point d'éclater. (Pelisson.) Elle (l'Eglise) n'a jamais regardé comme purement inspiré de Dieu, que. ce que les apôtres ont écrit, iiu ce qu'ils ont confirmé par leur auù.rité. Boss.. Disc, sur l'hist. univers., II« part., ch. 27, p. 366 )
Restant (ch. XVI) veut qu'on écrive sans virgule, l'exercice et la frugalité farmeyit le tempérament. Je neveux plus vous voir nirous parler ; et il fait bien. Mais on met la virgule, dit-il, avant ces conjontions, si les termes qu'ils assemblent sont accompagnés de circonstances ou de phrases inciden!cs, comme quand on dit : L'exercice que Von prend à la citasse, et la frugalité que l'on observe dans les repas, fortifient le tempérament. Je ne veus plus vous voir dans l'état oit vous êtes, ni votis parler des i-isqurs que vous courez. — Cette remarque indique une raison fausse. L'addition d'une circonstance ou d'une phrase incidente ne rompt jamais l'unité del'exprossion totale, etconséquemment n'amène jamais le besoin d'en séparer les parties par des pauses;
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ce n'est que quand les parties s'allongent asso/: pour fatiguer l'organe de la prononcialiun, qu'il faut indiipicr un repos entre deux par la virgule; si l'addition n'est |)as assez considérable pour c«la, il ne faudrait point de virgule, et l'on dira très-bien sans pause : Un exercice ynodéré et une frugalité honnête fortifient le teuipérament. Je ?ie veux plus vous voir ici ni vous parler sans témoins. Dans ce cas, la règle de Reslaut est fausse, pour être trop générale.
3o Ce qui vient d'être dit des deux parties similaires d'une proposition composée, doit encore se dire des membres d'une période qui-n'en a que deux, lorsque ni l'un ni l'autre n'est subdivisé en parties subalternes dont la distinction exige la virgule; il faut alors en séparer les deux membres par une simple virgule. Exemples : La certitude de nos connaissances ne suffit pas pour les rendre précieuses , c'est leur importance gui en fait le prix. On croit quelquefuis haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter. (La Rochefoucauld, ?>2ii" maxime, p. 1<S4.) Si nous n'avions point de défauts, nous neprendr ions pas tant de plaisir à en trouver dans les autres. (Idem, 31"^ maxiuie, '164.)
4" Dans le style coupé, ou un sens total est énoncé par plusieurs propositions qui se succèdent rapidement, et dont chacune a un sens fini et qui semble comjjlet, la simple virgule suffit encore pour sé|)arcr ces pro|iositions', si aucune d'elles n'est divisée en d'autres parties subalternes qui exigent la virgule. Exemple : Les voilà comme des bêtes cruelles qui cherchent (i se déchirer ; le feu brille dans leurs yeux, ils se raccourcissent, ils s'allongent, ils se baissent, ils se relèvent, ils s'élancent, ils sont altérés de sa7ig. (Fénel., Télém., liv. xvi, t. H, p. d35.)On débute par une proposition générale: Les voilà comme deux bêtes cruelles qt/i cherchent à se déchirer ; et elle est séparée du reste par une ponctuation plus forte; les autres propositions sont comme différents aspects et divers développements de la pi'eniicrc.
5» Si une proposition est simple et sanshyperbate, et que l'étendue n'en excède pas la portée commune de la respiration, elle doit s'écrire de suite sans aucun signe de ponctuation. Exemples : L'homme injuste ne voit la mort que comme un fantôme affreux. Il est plus honteux de se défief de ses ai lis que d'en être trompé. (La Rochefoucauld, Si" maxime, p. \H&)Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les discours qu'on peut tenir de moi. (D'Olivet, traduction d'un passage des lettres de Cicéron àAtlicus, liv. XIL lettre 28.)
Mais si l'étendue d'une proposition excède la portée ordinaire de la respiration, dont la mesure est à peu près dans le dernier exemple que je viens de citer, il faut y marquer des repos par des virgules placées de' manière qu'elles servent à y distinguer quelques-unes des parties constitutives, comme le sujet logique, la totalité d'un complément objectif, d'un conr.plément accessoire ou circonstantiel du verbe, un attribut total, etc.
Exemple où la virgule distingue le sujet logique : La venue des faux Christs et des faux prophètes, semblait être un plus prochain acheminement à sa dernière ruine. (Boss., Disc, sur l'hist. univers., Ile |)arl., ch. 22, p. 3t>4.)
];xemple où la virgule sépare un complément circonstanciel : Chaque connaissance ne se développe, qu'après qu'un certain nombre de cou-
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■naissaHcex précédentes se sont développées. (Fonlenelle, Préface des élémenisde la géométrie de l'infini.}
Exemple où la virgule scrl à distinguer un complénionl accessoire : L'homme impatient est entraîne par ses désirs indomptés et farouches, dtim un abîme de malheurs. (Féncl., Tclém., liv. XXIV, l. II, p 3S6.)
Lorsque l'ordre naturel d'une proposition simple est troublé ])ar quehjuc hyperbale, la partie transposée doit être terminée par une virgule, si elle coinnience la proposition; elle doit être entre deux viii-'ulcs, si elle est enclavée dans d'autres parties de la proposition.
Exemple de la première espèce : l^ouies les vérités produites seulement par le calcul, on les pourrait traiter de vérités d'expérience. (Fonlenelle, Préface des éléments de la géométrie de l'infini.) C est le complément objectif qui se trouve iri a lu tète de la phrase entière.
Exemple de la seconde espèce : La versification des Grecs et des Latins, par un ordre réglé de syllabes bières et longues, donnait d la mémoire une prise suffisante. (Thcor. des sent., ch. .3.) Ici c"c^t un complément modificatif qui se trouve jeté entre le sujet logique et le verbe.
11 n'en est pas de même du complément déterminatif d'un nom; quoique l'hyjierbateen dispose, comme cela arrive l'réiiuemmcnt dans la poésie, on n'y emploie pas la virgule, à moins que trop d'étendue de la phrase ne l'exige pour le soulagement de la poitrine. Le grand prêtre Joad parle ainsi à Abner dans Alhalie (act. I, se. i, 61):
Celui qui met un frein à b fureur des flots Sait aussi des mécliants arrêter les complots.
Le juste est invulnératle ; De «on bonheur immuable Les anges sont les garants.
(J.-B.RouSS., liv. L Ode tirée du ps. IC, v. 55.)
Remarquez encore que je n'indique l'usage de la virgule que pour les cas oit l'ordre naturel de la proposition e.^t trouble par rhyperbat£ ; car s'il n'y avait :^u'inversion, la virgule n'y serait nécessaire qu'autant qu'elle pourrait l'être dans le cas même oij la construction serait directe.
De tant d'objet;: dirers le bizarre assemblage.
(Rac, Ath., act. n, se. T, 56.)
Je ne sentis point devant lui le désordre où novs jette ordinairement lu pré.seuce des grands hommes, (Montesquieu, Dialcguc de Sylla et d'Eucrate.) Il ne faut point dj virgule eu ces exemples, parce que l'on n'y en meltrail j'Oint si l'on dis:iit sans inversion : Le bizarre assemblage de tant d'objets divers. Je ne sentis point devant lui le desordre où. la présence des grands hommes jette ordinairement.
La raison de ceci est simple. Le renversement d'ordre, amené par l'inversion, ne rompt pas la liaison des idées consécutives, et la pontUuation serait en contradiction avec l'ordre actuel de la phrase, si l'on introduisait des pauses où la liaison des idées est continue.
6» 11 faut mettre entre deux virgules toute propositiofl incidente purement explicative, et écrire de suite sans virgule toute proposition incidente déterminative. Une proposition incidente explicative est une espèce de remarque iiiterjective qui n'a pas avec l'antécédent une
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liaison nécessaire, puisqu'on peut la retrancher sans altérer le sens de la |)roposilion principale; elle ne fait pas avec l'antécédent un tout indivisible ; c'est plutôt une répétition du même ;uuécédent sous une forme plus développée. Mais une proposition incidente liéterniinalivc est une partie essentielle du tout logique qu'elle cunslitue avec l'antécédent; l'aiilécédi'nt exprime une idée partielle, la proposition incidente déterminative en exprime une autre, et toutes deux Constituent une seule idée tol:1e indivisible, de manière que la suppression de la proposition incidente changerait le sens de la principale, quel- •luefois jusqu'à la rendre fausse. 11 y a donc un fondement juste et raisonnable à employer la virgule pour celle qui est explicative, et à ne pas s'en servir pour celle qui est déterminative. Dans le premier cas, la virgule indique la diversité des asjwcls sous lesquels est présentée la même idée, et le peu de liaison de l'incidente avec l'antécédent; dans le second cas, la supj)ression de la vi.''gule indique l'union intime et indissoluble des deux idées partielles, exprimées par l'antécédent cl par l'incidenlc.
11 faut diinc écrire avec la virgule: Les passiojts, qui sont les maladies de l'âme, ne viennent que de notre révolte contre la raison. (D'Olivet, Pensées de Cicéron.) 11 faut écrire sans virgule : La gloire des grands hommes se doit touj"ur.i mesurer aux moyens dont ils se sontservis pi ur l'acquérir. (La Rochefoucauld, 157" ?/taxiiiie, p. 172.)
Les propositions incidentes ne sont pas toujours amenées par qui, que, dont, lequel, duquel, auquel, laquelle, lesquels, desquels, auxquels, où, comment, etc. ; c'est quchiuefois un simple adjectif ou un participe suivi de quchpies compléments, mais il peut toujours être ramené au tour conjonctif. Ces additions sont explicatives, quand elles précédent l'antécédent, ou que l'antécédent précède le verbe, tandis que l'addition ne vient qu'après ; dans l'un et l'autre cas, il faut user de la virgule, pour la raison déjà alléguée. Exemples :
Soumis avec respect à sa volonté sainte, Je crains Dieu, clier Abner, et n'ai point d'autre crainte. {Rac, ilfh.,acl. I, se. i, 63.)
Avides de plaisirs, nous nous flattons d'en recevoir de tous les objets inconnus qui semblent nous en promettre.
Le fruit meurt en naissant, dans son ferme infecté. (YOLT, Henr., IV, 162. 1
Si ces additions suivent immédiatement l'antécédent, on peut conclure qu'elles sont explicatives, si on peut les retrancher sans • aliérci- !e sens de la proposition principale; et dans ce ca? on doit employer la virgule :
Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sar elle Répandre cet esprit d'imprudence et d'erreur. Do la chute des rois funeste avant-coureur.
(Rac, Ath., act. I, se. ii, 128.)
7° Toute addition mise à la tête ou dans le cours d'une phrase, et qui ne peut être regardée comme faisant partie de la constitution grammaticale, doit être distinguée du reste par une virgule mise après, si l'addition est à la tête; et si elle est enclavée dans le corps de la phrase, elle doit être entre deux virgules. Exemples:
SGA
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Contre une fille qui devient de jour en j'ivr plus indolente, qui me manque, à moi, qui vous manquera b.eii^ôl, à vous. (Didcrol, Père de faiinlle, act. 111, se. vu.) Cet à moi et rct à vnus sont di'ux véritables liors-d'œuvre, inlroduils |)ar rneru'ic dans l'enscinble de la phrase, rnais enlicreinciil inutiles à sa constitution grammaticale.
Non, non, bien loin d'être des demi-dieux, ce ne sont pus même des /lomme*. (Féncl., Téleui., liv. xMi, t. Il, p. IS'i.) Ces deux non, qui commencent la i)lirasc, n'ont avec elle aucun lien grainmaiical; c'est une addition emphatique dictée par la vive persuasion de la vérité qu'énonce ensuite Télcmaque. O iitui tels,l'espériince enivre. (Vauveiiari;wcs, Méditation sur lu foi.) Ces deux mots, 6 wz/p/i, sont entièrement indépendants de la syntaxe delà |)roposition suivante, cl doivent en être séparés par la virgule; c'est le sujet d'un YerLe sous entendu à la seconde jiersonne du pluriel, par cxomi)lc, du \(ivhe écoutez, ou prenez-y garde. Or, si l'auteur avait dit, mortels, prenez-y carde , l'espérance enivre, il aurait énoncé deux jirupositions distinctes qu'il aurait dû séparer par la virgule; cette distinction n'est pas moins nécessaire, parce i]ue la première proposition devient clliptii]ue, ou plutôt elle l'est encore plus, jiour empêcher qu'on ne cherche à rapporter à la seconde un mol qui ne peut lui convenir.
Il suit de cette remarque que, quand l'apostrophe est avant un verbe à la seconde personne, on ne doit pas l'en séparer par la virgule, parce que le sujet ne doit pas être séparé do son verbe ; il faut donc écrire sans virgule, tribuns cédez la place auxconsuls. (V'ertot, Révol. rom., liv. II.) Cependant l'usage universel est d'employer la virgule dans ce cas-là même; mais c'est un abus introduit par le besoin de ponctuer ainsi, dans les occasions où l'apostrophe n'est pas sujet du verbe, et ces occurrence» sont très-fréquentes.
f^ousavez vaincu, plébéiens. (VcrtOl, Révol. rom., liv. II.) 11 faut ici la virgule, quoique le mot plébéiens so\l sujet de vous avez vaincu; mais ce sujet estdabord ex|)rimé parroi/s, lequel est à sa place naturelle, et le mot plébéiens n'est plus ([u'uii hors-d'œuvre grauimaiical.
Peur mademoiselle, elle paraît trop instruite de sa beauté. (Girard.) Ces dcuxmo[s, pmr mademoiselle, doivent être distingués du reste par la virgule, parce (ju'iis ne peuvent se lier grammaticalement avec aucune partie de la proi)osition suivante, et i]u'ils doivent enconsécjucnce élre regardés comme tenant a une autre proposition cllif)liiiue, par exemple : Je parle pour mademoiselle.
11 serait apparemment très-lacile de multiplier davantagcles observations (jue l'un pourrait faire sur l'usage de la virgule, on entrant dans le détail de tous les cas particuliers. Mais je crois qu'il sullit d'avoir exposé les régies les plus générales, ■i[ (jui sont d'une nécessité plus commune ■ parce ijuc, quand on en aina conqiris le sens, la raison, i:t le fondement, on saura très-bien ponctuer iia;is les autres cas ([ui ne sont point ici détaillés, il >uHira de se rappeler (jue la ponctuation doit ujaniucr i/U repos ou distinrtion, ou l'un et l'autre a la l'ois, et (ju'elle doit être proportionnée à la bubùrduialion des sens.
Maisatant (jue de passer au second article, je tcimincrai eelui ci jiar une remarque de l'abbé Girard, dont j'adojjtc volontiers la doeirine sur ce point. « Quelques jMîrsonncs, dit-il {Disc. iG, t- il, p. 445), ne mellcnl jamais de virgule
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avant la conjonction et, même dans l'énuintraiion ; en (luo'i on ne doit pas les imiter, du moins dans la dernière circonstance; car tous les énuméraiifs ont droit de distinction, et l'un n'en a pas plus que l'autre. La virgule est alors d'autant plus nécessaire avant la conjonction, tiu'elle y sert à faire connaître que celle-ci emporte là une idée de clôture, par laquelle elle indiiiue la lin de l'éiiuniération; et celle virgule y sert de plus a montrer que ce dernier membre n'a lias, avec celui qui le précède immédiatement, une liaison plus étroite qu'avec les autres. Ainsi, la raison (jui fait distinguer le second du premier, fait également di-slinguer le troisième du second, et successivement tous ceux dont l'énumération est composée. Il faut donc que la virgulesc trouve entre chaque énumératif sans exception. » — J'ajouterai que, si les parties de l'énumération doivent être séparées par une ponctuation plus forte que la virgule, pour quelqu'une des causes que l'on verra par la suite, cette ponctuation forte doit rester la même avanl la conjonction qui amène la dernière partie.
II. Du point avec vne virgule. Lorsque les parties ])rincipalesdaiis lesquelles une [iroposilion est d'abord partagée sont subdivisées en parties subalternes, ces parties subalternes doivent être séparées entre elles par une simple virgule, et les parties principales par un point et une virgule.
On ne doit rompre l'unité de la proposition entière que le moins qu'il est possible ; mais on doiten'eore préférer la netteté de renonciation orale ou élrite, à la représentation trop scrupuleuse de l'unité du sens total, laqiielle, après tout, se fait assez connaître par l'ensemble de la phrase, et dont l'idée subsiste toujours tant qu'on ne la détruit pas par des repos trop considérables, ou par des ponctuations trop fortes. Ojv la netteté de renonciation exige (jue la subortîmation respective des sens partiels y soit rendue sensible, ce qui ne peut se faire (jue par la différence mar(}uée des repos et des caractères qui les représentent.
S'il n'y a donc dans un sens total que deux divisions subordonnées, il ne faut employer que deux espèces de ponctuai ions, parce qu'on na doit pas employer plus de signes tju'd n'y a de choses à signifier : il faut employer la virgule pour l'une des deux divisions, et un point avec une virgule |)our l'autre, parce que ce sont les deux ponctuations les moins fortes, et qu'il ne faut rompre que le moins (ju'il est possible l'unité du sens total. Le point avec une virgule doit distinguer entre elles les parties principales ou de la première division, ei la simple virgule doit distinguer les parties subalternes ou de la subdivision, parce que les parties subalternes ont un* affinité plus intime entre elles que les parties principales, et qu'elles doivent en cunséquenct être moins désunies.
Passons aux cas particuliers.
d" Lorsque les parties similaires d'une ppi>position composée, ou les membres d'une période, ont d'autres parties subalterne distinguées par U virgule, pour quelqu'une des raisons énoncées ci-devant, ces parties simdaires ou ces membres doivent être séparés les uns des autres par vd point et une virgule. Exemples ;
Quelle pensez-viius qu'ait été sa douleur de quitter Rome, sans l'avoir réduite en cendre; d'.V laisser encore des citoyens, sans les avoir
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passés (lu fil de Vèpée ; de voir que nous lui avons arraché le fer d'entre les viaiiis, avant qu'il l'ait teint de notre sang? (D'Olivol, Traduction de la 2'' Catilinaire .) L<'s [virlies similaires distingut'cs ici p;ir un point cl une virgule, sonl des ooniplemciits d''lei'iuin;ilifs du nom douleur.
Qu'un vieillard joue le rôle d'un Jeune homme, lorsqu'un jeune homme jouera le rôle d'unricillard ; que les drcnrations soient champêtres, quoique la scène soil dans un palais; que tes hal/illements ne repondent point à la dignité du personnage ; toutes ces discordances nous blesseront. (TiiL'or. des sent., ch. 3.) Ccst ici l'idée séiiérale de discordance jjicsenlce sous trois aspects difi'crcnts.et le tout forme le sujet logique de blesseront.
Quoique vous ayez de la naissance, que votre mérite soit connu, et que vous ne manquiez pas d'amis; vos projets ne réussiront pourtant point sans l'aide de Plutus. (Girard, t. II, p. 460.) C'est une période de deux membres dont le premier est sépare du second par un point et une virgule, parcc(]u'il est divisé en trois parties similaires subordonnées a la seule conjonction quoique.
Comme Vvndes caractères de la vraie religion a toujours éiéd'autoriserles princes de la terre ; aussi, par un retour de piété, que la reconnaissance même semblait exiger, Vitn des devoirs essentiels des princes de la terre, a toujours été de maintc7iir et de défendre lu vraie religion. (liourdaloue, Orais. f un. de Henri de Bourbon, prince de Condé, 2' part.) C'est une autre période de deux membres dont le premier est S(>paré du second par un point et une vir;-nile, parce que le second est sépare par des virgules en diverses parties pour difleientcs raisons ; par un retour de piété, que la rcconnuissance même semblait exiger, se trouve entre deux virgules, par la cinquième régie du premier article, parce qu'il y a livpcrbate. Cette même phrase est coupée en deux p,M' une autre virgule, par la sixième règle, parce que la proposition incidente est explicative. Il y a une virgule a[)rès l'un des devoirs essentiels des princes de la terre, par la cinquième règle, qui veut que l'on assigne des repos, dans les propositions trop longues pour être énoncées de suiie avec aisance.
2» Lorsque plusieurs propi^sitions incidentes sont accumulées sur le même antécédent, et que toutes ou que^iuc^-unes d'entre elles sont subdivisées par des virgules qui y maniueiit des repos ou des distinctions, il faut les séparer les unes des auJrcs par un point et une virgule. Si elles sont déterminatives, la première tiendra immédialenicni à l'antécédent, sans aucune punctuation; si elles sont explicatives, la première sera séparée de l'antécédent par une virgule, selon la sixième règle du premier article.
Exemple : Politesse noble, qui sait approuver sans fadeur, hmer sans jalousie, railler sans aigreur; qui saisit les ridicules avec plus de gaieté que de malice; qui jette de l'agrément stir les choses les plus sérieuses, soit par le sel de l'ironie, soit par la finesse de l'expression ; qui passe légèrement du grave à l'enjoué, sait se faire entendre en se faisant deviner, montre de l'esprit sans en chercher, et donne à des sentiments vertueux le ton et les couleurs d'une joie douce. (Théor des sent., ch. V.) Ce sont ici des propositions incidentes explicatives, et c'est pour cela qu'il y a une virgule après rantéoétfent,po/j7eMe noble. Si au contraire on disait, par exemple : Eudoxe est un hotnme qui sait uvprourer, etc.;
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sn;
comme les mêmes proposititns incidentes deviendraient déterminatives de l'antécédent homme, on ne mettrait point de viigule entre cet antécédent et la première inciiienle; mais la ponctuation resterait la même partout ailleurs.
3' Dans le style coupé, si (]uelqu'une des prO' positions détacliées qui forment le sens total est divisée ]iar ipiclquecause «lue ce soil en parties suballeines distinguées par des virgules, il faut séparer par un point et une virgule les propositions partielles du sens total.
Exemple: Cette persuasion, sans l'évidence qui l'accompagne, n'aurait pas été si ferme et si durable; elle n'aurait pas acquis de nouvelles forces en vieillissant; elle n'aurait pu résister au torrent des années, et passer de siècle en siècle jusqu'à nous. (D'Olivet, 'J'raduclion d'une pensée de Cicéron, iNalure des Dieux, liv. II, ch.2.)
4" Dans l'énumération de plusieurs choses opposées, ou seulernenl différcnles, (pie l'on compare deux à deux, il faut sépaiei' les uns des autres par un point et une virgule les membres do l'énumération qui renferment une comparaison; et par une simple virgule les parties sulialiernes de ces membres comi)aratifs. Exemple : Elle n'est poi(il autre éi Borne, autre à /Athènes ; autre aujourd'hui^ et autre demain. (D'Olivet, Trai. d'une pensée de Cicéron, tirée du 3" liv. de la Républi(|ue.)
En général, dans toute énumération dont les princi|)aux articles sont subdivisés pour quelque raison que ce puisse cire, il faut distinguer les parties subalternes par la virgule, et les articles principaux par un point et une virgule.
Exemple : Là brillent d'un éclat immortelles vertus politiques, morales et chrétiennes des LetcUier, des Lamoignon et des J\Iontausier ; là les reines, les princesses, les héroïnes chrétiennes, reçoivent une couronne de louange qui ne périra jamais; là Turenne parait aussi grand qu'il l'était à la tête des armées cl dans le sein de la victoire. (Colin, préf. de la trud. de /'Orateur de Cicéron.)
III. Des deux points. — La même proportion qui règle l'emploi respectif de la virgule et du point avec la virgule, lorsiju'il y a division de sens partiels, doit encore décider de l'usage des deux points poiu' les cas où il y a trois divisions sul)ordormécsles unes aux autres. Ainsi,
d» Si l'un des deux membres d'une période renferme plusieurs propositions subdivisées en parties suballeines, il faudra diviser ces parties subalternes entre elles par une virgule, les propositions intégrantes du nieini)re de la période par un i)oinl et une virgule, et les deux parties principales de la période par les deux punis.
rxemple : Si mus ne trouvez aucune manière de gagner Iwnteuse, vous qui êtes d'un rang pour lequel il n'y en a point d'honnête; si tous les jours c'est quelque fourberie 7101/velie. quelque traité frauduleux, quelque tour de fripon, quelque vol; si vous pillez et les alliés et le trésor public; ni vous mendiez des testumenls qui vous soient facorables, ou si même vous en fabriquez : dites-moi, sont-ce là des signes d'opulence ou d'indigence? (D'Olivet, Pensées de Cicéron.)
2° Si, après une proposition (lui a par ell^ même un sens complet, et dont le tour ne donne pas lieu à atlendie autre chose, on ajoute une autre proposition qui serve d'explication ou d extension à la première, il faut séparer l'une de l'aulre par une ponctuation plus forte d'un
oGG
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decré q<ie celle qui aurait distingué les parties Je'l'une ou tic l'autre.
Si les deux i)rn|)osi'. ions sont simples et sans division, une vir^'ule est suflisanle cnlrc deux. Exemple : Lu plupart des hommes s'exposent asses dans la guerre pour sauver leurhouneur, uiais peu se, veulent exposer autant qu'il est nécessaire pnur faire réussir Je dessein pjur lequel ils s'exposent. (La lloclicfoucauld , 219' maxime, p. 17(v)
Si l'une des deux, ou si toutes deux sont divi- «<;es par deux virgules, soil pour les besoins de l'organe, soit pour la distinction des nicinlires dont elles sont composées comme période, il iaul les distinguer l'une de l'autre par un point et une virgule. Exemple : Unscius est vn si excellent acteur, quil paraît seul digne de monter sur le théâtre; mai-;, d'un autre coté, il est si homme de bien, qu'il parait seuldiyne de n'y monter jamais. (Uestaut, trad. dn dise, de Cicéron pour Boscius, ch. 2a.)
Enlin, si les divisions subalternes de l'une des deux propositions ou de toutes deux exigent un point et une virgule, il faut deux points entre les deux.
Exemple : Si les beautés de l'élocution uratoire OH portique étaient palpables, qu on put les toucher au dov/t et àVœil, comme on dit; rien ne serait -si commun que l'éloquence, un médiocre génie pourrait y atteindre : et quelquefois, faute deles cnnnaîtrc assez, uiihimme né pour l'éloquence reste en chemin, ou s'égare dans la route. (Le Batteux, Princ. de la littér., III* part., art.
3' Si une énumcralion est précédée d'une proposition détachée qui l'annonce, ou qui en montre l'objet sous un aspect général, cette proposition doit être distinguée du détail par deux jtoinls, et le détail doit être ponctué comme il a été dit dansh quatrième règle du second article.
Exemples : Il y a dcms la nature de l'homme deuxprincipes opposés :Va7nr!ur propre, quinnus rappelle à nous ; et la bienveillance, qui nous répand (D'iàcrol, £^pî Ire dédicatoire dul^èrc de famille )
Il y n diverses sortes de curiosités : l'une d'intérêt, qui nous porte ù désirer d'apprendre ce qui nous peut être utile; et l'autre d'orgueil, qui vient du désir de savoir ce que les autres ignorent. (La Rochefoucauld, 173' maxime, p. 173.)
4» Un détail de maximes relatives à \m point capital, des sentences adaptées à une même lin. Fi elles sont toutes construites à peu près de la même manière, pouvcnt et doivent être distinguées p:ir les deux points. Chacune étant luie pro|)osilion comi)ièle grammaticalement, ei même indépendante îles antres quant au sens, du iiK)ins jusqu'à un certain point, elles doivent être séparées autant (ju'il est possible; mais comme elles >ont iiourlant relatives à une même fin, à un même point capital, il font les rapprocher, en ne les distinguant pas par la plus forte des pono tuations. C'est donc les deux points qu'il faut employer.
Exemple : L'hexireuse conformation des organes s'annonce par un air de force : celle des fluides, par un air de viracit-é : un air fin est comme l'étinrrllc de l'esprit : un air doux promet des égards flatteurs : un air noble marque l'élévation des sentiments : un air tendre semble être le garant d'un retour d'amitié. (Théor. des sent., ch. Y.)
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a ' ^'esl un usage universel et fondé en raison de mettre les deux points après qu'on a annonce un discours dnccl ipie l'on va rap|jurter, soit qu'on le cite comme ayant été dit ou écrit, soil qu'on le propose connue pouvant être dit ou par un autre ou par soi-même. Ce iliscours tient, comme conq)lémcnt, à la proposition (pii l'a annoncé, et il y aurait une ^orte d'inconséquence à l'en séparer par un point sinqjle, (pii marque une indépendance entière; mais ilene-t ponrtanl très-distingué, puisqu'il n'a|)partieut jms a celui qui le rapporte, ou qu'il ne lui appariieut qu'liistoriqucmcnl, au lieu que l'annonce est actuelle ; il est donc raisonnable de séparer le discours direct de l'annonce par la ponctuation la plus forte au-dessous du point, c'est-a-dire pin- les deux points.
Exemples : Lorsque j'entendis les scènes du paysan dans le Faux Généreux, je dis : a Voilà gui plaira ci toute la terre et dans tous les temps, voilà qui fera fondre en larmes. « (Diderot, De la poésie dramatique.)
La Mollesse en pleurant sur un bras se relère, OuTre un œil languissanl, et il'une faible toit Laisse tomber ces mots, qu'elle inlcrrompl vingt fois : a 0 nuit, que m'as-lu dil? clc. >■
(BoiL., Lutr., II, 118.)
Il faut remar(|ucr que le discours direct que l'on rapporte doit commencer par une lettre capitale, (quoiqu'on ne mette pas un point à la fin de la phrase précédente. Si c'est un discours feint, comme ceux des exemples précèdent.:;, on a coutume de le distinguer par des guillemets : si c'est un discours écrit que l'on cite, il est assez ordinaire de le rapporter en un autre caractère d'imprimerie que le reste du discours.
IV. Du point. —Il y a trois sortes de points: le point sim[)le, le point interrogalil', et le point adiniratif ou cxclamatif.
1° Le point simple est sujet à l'influence de la |)roposition,quL jusqu'ici, a paru régler l'usage des autres signesde ponctuation. Ainsi, il doit être mis après une i>ériode ou une proposition composée, dans laquelle on a fait usage des deux points en vertu de quelqu'une des régies précédentes; mais on l'emploie encore après toutes les propositions qui ont un sens absolument terminé, telles, par exemple, que la conclusion d'un raisonnement, quand elle est précédée de ses prémisses.
On peut encore remarquer ([uc le besoin de prendre des repos un peu considérables, ctmbiné avec les différents degrés de relation qui se trouvent entre les sens partiels d'un ensemble, donneencore lieu d'employer le point. Par exemple, un récit peut se diviser par le secours du point, relaiiveincnl aux faits élémentaires qui en font la matière.
En un mot, on met le point à la fin de toutes les phrases qui ont un sens tout à fait indépendant de ce qui suit, ou dn moins (jui n'ont de liaison avec la suite que par la convenance de la matière et l'analogie gcnérale des pensées dirigées vers une môme lin.
Les princijjes de proportion que l'on a appliqués ci-devant a>ix autres ponctuations, peuvent aisément s'applii]uer à celle-ci, soit (ju'on veuille juger si elle est employée avec intelligence dans les' écrits qu'on a sous las yeux, soi! tju'il s'agisse d'en faire usage et de l'employer à propo<;; les phrases précédentes peuvent swvir d'exemolc.
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2° Le point inlerrogatif se met à la fin de loulc proposiliun qui interroge, soit qu'elle fasse partie du discours où elle se trouve, suit qu'elle y soit seulement rapportée comme prononcée directement par un autre.
Exemple où linlerrogalion fait partie du discours : En effet, s'ils sont i/ijitstcs et ambitieux (les voisins d'un roi juste), que ne doiventils pas craindre de cette u'putaiion universelle de probité qui lui utiire l'admiration de toute la terre, lu confiance Je ses (dliés, l'amour de ses peuples et k'afjhciion de ses troupes? De quoi n'est pas capable une armée prévenue de cette opinion, et disciplinée sous les ordres d'un tel joriHCP* (Colin, Disc, couronné à l'Acad. e/i'J705.) Ces interrogations font partie du discours total.
Exemple où l'inlerrogalion est rapportée comme prononcée directement par un autre : Le juge, îuî adressant la parole, lui demanda : Qui êtes vous?
S'il y a de suite plusieurs phrases inlerrogatlves tendantes à une môme lin, cl (jui soient d'une étendue médiocre, en sorte ([u'clles constituent ce qu'on appelle le style coupé, on ne commence que la première par une lettre capitale, et on les distingue par le point inlerrogatif, qui n'indique pas une pause plus grande que les deux points, que le point avec la virgule, que la virgule même, selon l'éicndue des phrases et le degré de liaison qu'elles ont entre elles.
Exemple : 3Iais pour qui sont ces app>-êts9 à qui ce magnifique séjour est-il destiné? pour gui sont tous ces dunestiques et ce grand héritage? (Pluche, Hist. du ciel, liv. III, § 2.)
Si la phrase interrogativc n'est pas directe, et que la forme en soit rendue dépendante de la conslitulion grammaticale de la proposition expositive où elle est rapportée, on ne doit pas mettre le point inlerrogatif. La ponctuation appartient à la proposition principale, dans laquelle celle-ci n'est qu'incidente : Alejitor demanda ensuite à Idnmcnée quelle était la conduite de Protésilas dans ce changement des affaires. (Fénel., Télém., liv. xiii, t. Il, p. 89)
3" La véritable place du pninl exclauuitif est après toules les phrases qui expriment In surprise, la terreur, ou tpielqucaiUrc sentiment affectueux, ccinme de tendresse, de pitié, etc. Exemples : Que les sages sont en petit nombre! Qu'il est rare d'en trouver! (Girard, t. II, p.4G7.) Oh! que les rois sont (i plaindre! Oh ! que ceux qui les servent sont dignes de compassion! S'ils sont méchants, combien font— ils souffrir les hommes, et quels tourments leur sont préparés dans le noir Tartare ! S'ils sont bons, quelles difficultés n'o?it-ils pas à vaincre! quels pièges « éviter! que de maux ii souffrir! (Fénel., Télém., liv. Kiv, t. Il, p. dU7.) Sentiments d'admirati«n, de pitié, d'horreur, etc.
J'ajouterai encore un exemple pris d'une lettre de mailame de Sévigné, dans lequel on verra l'usage des trois points tout à la fois : En effet, dès qu'elle parut : Ah! mademoiselle ! comment .^c porte mon frère? Su pensée n'osa aller plus loin. Madame, il se porte bien de sa ilessure : et mon fils? On ne lui répondit rien. Ah! mademoiselle ! mon fils! vion cher enfant! répondez-moi, est-il mort sur-le-chatnp? n'a-t-il pas eu un seul moment? Ah! mou Dieu! quel sacrifice !
Nous finirons cet article, qui est un extrait du Truite de ponctuation, par ce que dit Beauzéc, après avoir exposé les règles qu'on vient de lire :