POE
pose le parfait susceptible de plus ou de moins, quoiqud n'y ait rien de mieux que ce qui est |)arfait; 3° elle emporte encore une autre supi>osition également fausse, savoir, tiu'il y a <iuel»iue perfection dans l'anicriorûé, quoi(iu'clle n'en admette ni plus ni moins que la simultanéité ou la postériorité. Voyez Teuips.
Plutôt. Adv. Voyez Plus, à la fin.
Pluviale. Adj. f. (]ui ne se dil que des eaux, et ne se mel iiu'aprés son subst. : Des eaujt pluviales.
Pluvifux, Pluvieuse. Adj. qui ne se met (ju'après son subst. : Jour pluvieux, saison pluvieuse, hiver pluvieux. — Vent pluvieux.
Pou-ME. Subst. m. L'usage de tous les bons écrivains est d'écrire poème et poète, malgré l'Académie, qui écrit poëme et poète. En effet, dit Domcrgue, lorsqu'une des deux voyelles peut être accentuée, le irema est inutile, et l'accent est de rigueur. Au lieu d'écrire Brisëis, Robinson Crusoë, Israélites, on écrit Briséis, Robinson Crusoé, /irae'/z'/M; il faut donc écrire aussi poète et poème, au lieu de puéte et poëme. — L'Académie conserve, en 183o, le iréma dans ces deux mots, sans doute, comme le fait observer M. Lemaire, pour inarquer l'accentuation plus forte de la syllabe suivie d'un e muet finaL Comme il existe en effet une légère différence, nous écrirons, avec l'.Académie, poëme, poète, et par un e tous les autres mois de la même racine: poésie, poétereau, poétique, etc.
Terme de littérature. C'est une imitation delà belle nature, exprimée par le discours mesuré.
Le discours ordinaire est un simple récit des choses, pour les présenter telles que nous les pensons. Il n'y est question que d'exprimer clairement et sans détour ce qui est présent à notre esprit; et nous sommes contents des expressions, pourvu qu'elles soient déterminées et intelligibles. L'éloquence veut plus de circonspection et d'apparat. Son Lut n'est pas seulement de se faire comprendre, mais de procurer la réussite de quelque dessein qu'elle a en vue ; et, pour cet effet, elle pèse attentivement tout ce qui peut concourir à celle réussite. La poésie, au contraire, s'applique plutôt à exprimer vivement les objets qu'elle se représente, qu'à produire certains el'fels particuliers sur les autres. Le poète &>( vivement touché; son objet lui inspire de la passion, ou du moins le mel en verve; il ne saurait résister au désir fiu'il a de manifester ce qui se passe au dedans de lui; il est entraîné; ce qui l'occupe principalement, c'est de peindre avec é:iergie l'objet qui l'affecte, cl de manifester en mêiiie temps l'impression qu'il fail sur lui. Il parle quand même personne ne devrait l'écouler, |)arce qu'il ne dépend pas <le lui de se taire dans l'émoiiou qu'il éprouve. Cela donne à ce qu'il dit un air extraordinaire , un ton enthousiaste.
Il semble que ce soit précisément le ton enthousiaste, plus ou moins sensible dans le langage du poëte, qui fasse le caractère propre de. tout poëme, et qu'il faille aller chercher la source de la poésie dans ce désordre de l'âme (pi'on nomme enthousiasme, où la présence de certains objets jette les imaginations vives, les génies ardents. Le silence des passinis, le calme de l'àine, n'enfanleront jamais rien de poétique.
La versification n'est jias la seule chose qui donne le ton au poème. Le langage puéliiiue a une certaine vivacité d'expression qui lui est