APR
parler de l;i ilurôo entière de cette pnrlie du jour. Selon M. Domergue, on iMl j'irai vous voir cet après-midi, comme on dit J'irai vous voir ce soir, cet après dincr, cet après souper.
Si quelques personnes s'expriment ainsi, je pense que c'e>t jinrabus. Une uprcs-midi est le temps qui dure depuis midi jusqu'au soir. Dans j'irai vous voir celte après-midi, ou j'irai passer cette après-midi avec vous, il n'ya rien qui ii:dique une dilïèrcnce d'idt-e ou de genre. La proluière de ces piirases signifie J'irai vous voir dans l'espace de temps qui s'écoulera aujourd'hui depuis midi jusqu'au soir; et l;i seconde, Je passerai avec vous Tcspiice do temps qui s'écoulera aujourd'hui depuis midi jusqu'au soir : c'est toujours l'espace de temps, et l'espace de temps considéré comme durée. Toute la différence, c'est que, dans le second exemple, l'espace de temps est déterminé, et qu'il ne l'est pas dans le premier. Mais cette indétermination ne peut pas être indiquée par le masculin au lieu du féminin. Pourquoi donc inlruduire des innuvatiuns qui ne signifient rien, et vouloir trouver des différences su il n'en existe point? Ne vaut-il pas mieux laisser les choses comme elles sont ?
D'ailleurs, il n'est pas vrai que dans firai vous voir cet après-midi, on considère un seul des moments qui composent l'après-midi ; au contraire, on les considère tous, et chacun comme pouvant être celui où l'on ira voir.
Dans la langue latine, le mot dies est quelquefois masculin lorsqu'il indique une époque, et féminin lorsqu'il signifie une durée : Hic dies, hœc dies ; dies longa videtur opvs dehentHus. (Horace.) Mais cette manière de s'exprimer était peu usitée, et Cicéron disait ordinairement, dies secundus, dies iertius, etc. Nous n'avons point adopté cet usage, et nous exprimons celte différence par des mots différents : jour, journée ; an, année: soir, so-irée ; matin, matinée. De sorte que, si par le substantif après-midi on eût voulu exprimer tantôt une époque, tantôt une durée, on aurait marqué cette distinction par des termes différents; mais celte distinction n'était pas nécessaire. Nous avons un moyen d'exprimer comme époque l'espace de temps qui suit l'heure île midi. On dit avec la préposition, j'irai vous voir après midi, aujourd'hui après midi, demain après midi. Cette distinction est donc inutile et contraire au génie de la langue.
Apropos. Subst. m. Vapropos est comme l'avenir, l'atour, fados, et plusieurs autres termes pareils, qui ne composent plus aujourd'luii qu'un mot, et qui en faisaient deux autrefois. Si vous dites : ^ propos , j'oubliais de vous parler de cette affaire , alors ce sont deux mots, et à devient une préposition; mais si vous dites : F'uilù vil apnpos heureux, un apropos bien adroit, apropos n'est plus qu'un seul mot.
La iSIolhe a dit dans son ode intitulée V Aveuglement (v. 37) :
Le père du commerce aimable, Dieu qu'à torl oublia la Fable, Le sage, le prompt apropo$.
L'.\cadémie en fait deux mots dans son édition de 1835.
Apte. .\dj. des deux genres. Il ne se met qu'après son sulist.
Aquatique. Adj. des deux genres. On prononce akouatique. En prose, cet adj. suit toujours son
.\RC
suhsl. : Des terres ar/uuti'iirs, des plantes aquutirjucs, des animaux w/uaHijucs.
.Aqdeduo. Subst. m. Dans l'édition de 1762, on lisait aqueduc sans accent sur \'e, et c'c^t ainsi qu'on était convenu assez généralement 'le f. crire. L'Académie de 179S a renouvelé l'ancienne orthographe en écrivant n7i/t'(/«c. — (.'.'était là évidemment une inadvertance; IWcadémic reconnaît aujouid'liuio7H<'f/t.'r,. "[ elle toli'ie aq,t,'duc. '.\. Lemaire, Grammaire des Gramm., p. 125.)
Aqueux, Aqueuse. Adj. On prononce a/«>uj- ; il suit toujours son subst. : Humeur aqtiense, des fruits aqueux.
Aquilin. Adj. m. rrononccz aJdlin. 11 ne se met qu'après son subst. : Nez aquilin.
Aquilon. Subst. m. On prononce aA-('/o/j.
Arabe. Adj. des deux genres. La langue arabe. Caractères arabes. Chiffres arabes. Chcvau.v arabes. Il ne se met (ju'après son subst.
Arabesque. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Genre arabesque. Ornoluents arabesques. Peintures arabesques. On l'emploie aussi substantivement : Uts arabesques.
Ar.vbique. Adj. des deux genres (pii suit toujours son subst., et ne se met qu'avec gommeci golfe: Gomme arabique. Golfe Arabique.
Arable. Adj. des deux genres. Labourable. Ce mot, recueilli par l'Académie, est inutile, puisque labourable signifie la même chose; aussi n'est-il pas usité.
Aragne ou .\r.AiGNE. La Fontaine a employé ce mot dans deux de ses fables, sans le faire passer dans fusage. (Liv . III, fable viii, il, 3J, 35; liv. X, fabFe vu, 21) On ne l'a revu dès lors que dans les poésies de BonnevUle. (Ch. Nodier, Exa- 7nen critique des Dictionnaires.)
Aratoire. Adj. des deux genres qui ne se met qu'aprèsson subst. : Des instruments aratoires.
Arbitraire. Adj. des deux genres. En prose, il se met après son subst. : Un pouvoir arbitraire.
Arbitrairement. Adv. Il se met après le verbe : Agir arbitrairement.
Arbitral, Arbitrale. Adj. qui suit toujours son subst., et qui n'a point de masculin au pluriel.
Arbitre. Subst. "N'oltaire a dit sur ce vers de Corneille [Sertor., act. II, se. ii,57) :
Mais si de leur puissance ils vous laissent l'arbitre.
Être arbitre des rois se dit trcs-bicn, parce qu'en eH'ct des rois i^uvcnl choisir ou recevoir un arbitre. On est l'arbitre des lois, parce que souvent les lois sont oppiisécs l'une à l'autre; Varbitrc des Etats qui ont des prétentions ; mais non [)as Varbitrc de la puissance.
Arboris.itios. Subst. f. L'Ac'adémie, qui me; f adjectif «riOT-î^J, ne met point le subst. arborisalion. On donne ce nom à des dessins nature!.^ imitant des arbres ou des buissons, qu'on observe dans différentes pierres, surtout dans les agates et dans une variété de pierres de l'iorciiCG.
■ Arborisé, Arborisée. Adj. qui suit toujours son subst. : Pierre arboriséc.
Arc. Subst. m. Le c se prononce.
\rc-boutant, Arc-dolcleau. Substant. masculins Le c ne se prononce point dans ces raiols. Ils font au iduricl urcs-boiitants, arcs-doublcuux, parce qu'ils sont composés d'un subst. et d'un adj qui doivent s'accorder eu nombre.