ARR
des vases. "Voltaire, dans la tragédie d'Agathode, représentée après sa mort, al'ail argde masculin :
Vargtle par mes mainî autrefois façonné
A produit sur mon front l'or qui m'a couronné.
(Act. V, »c. m, 15.)
C'est un solécisme.
Argileux, Argileuse. Adj. qui suit toujours son subst. : Terre argileuse.
Argot, Ergot. On confond quelquefois ces deux mots.
Argotrsc dit d'un jargon dont se servent entre eux les gueux et les filous de jjrofession, pour n'être pas compris des autres persoimes. 11 se dit aussi (le rextrémité d'une branche qu'un jardinier négligent a laissée en taillant un arbre.
Ergot se dit d'inie sorte de i)elit ongle pointu qui vient au derrière du pied de certains aniluaux, comme le coq, le chien, etc.
Argoter. Voyez £"(V7r)/e?-.
Arguer. V. a. de la 'l'"" conj. L'w et Ye se prononcent séparément, i'arguë.
Ar.Gus. Subsl. m. On [irononce le s.
Ar.iDE. Adj. des deux genres. Au figuré, on pourrait le mettre avant son subsl. : lia fortbien traité cet aride sujet. Rousseau a dit en vers l'aride vertu, dans le sens de stérile.
Aristocratique. Adj. des deux genres qui suit ordinairement son sw.\)i,\.. : Etat aristocratique , gouvernement aristocratique,
Aristocratiocement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe. : Cet Etatestgouverné aristocratiquement, et non pas est aristocratiquement gouverné.
Arithmétique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Calcul arithmétique.
Abithmétiqitement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe: Il a procédé arithmétiqucment, et non pas il a arithmétiquemenl procédé.
Akmillaire. Adj. f On prononce les deux l sans les mouiller. 1! ne se met qu'après son subst., et n'est usité que dans cette locution : sphère armillaire.
Armistice. Subst. m. Suspension d'armes.
En 1762, l'Académie faisait ce mol féminin, et les écrivains suivaient l'Académie. Voltaire a dit : Le comte de Steinboch demanda une armistice ( Hist. de Bussie, part. II, chap. iv ), mais en 1798, l'Académie a fait ce mol masculin avec raison, selon nous; car il est tire du mot latin ormistitium, (jui est neutre, et ces sortes de mots sont ordinairement masculins en français.
Aromatique. Adj. des deux genres. II suit toujours son subst. : Herbe aromatique, odeur aromatique.
Arracher. Y. a. de la l"^* conj. On dit arracher de, et arracher à; mais dans quel cas faut-il se servir de l'un ou de l'autre? C'est ce que l'Académie ne dit point. Essayons de découvrir la différence de ces deux manières de s'exprima*.
On dit arracher un clou d'une muraille, arracher une pierre d'un mur, arracher itne branche d'un arbre.
Voltaire a dit :
Une femme avait vu par ces cœurs inhumains. Un reste d'aliments arraché de ses mains.
[Henr., X, 2S3.)
On l'arrache des bras du malheureux Argirc.
(runcr., ad. III, se. ni, 6i.)
ÂRR
A ce nom, ds mes bras on arracha ta fille.
(.AJï.,act. Il, se. 17, 23.J
Vous l'aTez arraché d'une terre étrangère.
(Mérope, act. IV, se. ui, 5.)
Jj m'arrachai dts bras d'une mère éplorée.
[OEd., act IV, se. i, 153.)
A peine ai-je arraché ce secret do son cœur,
(Brut., acl. I, se. iv, 75.)
Racine :
N'attends pas qu'un père furieux Te fasse avec opprobre arracher de ces lieux.
{Phéd., act. IV, se. Il, 121.)
Que des mains de Roiane ils viennent m'arraeher. {Bajaz., act. II, se. m, 56.)
Ah ! de nos bras, sans doute, elle vient l'arracher. (Ath., acl. II, se. II, 43.)
Si votre haine Persévère à vouloir l'arraclier de mes mains.
( Iphig., act. IV, se. ix, 1.)
De mes bras (ont sanglants il faudra l'arracher.
(^Idem, acl. IV, se. IV, 145.)
Delille :
Arrache de son tlanc D'affreux lambeaux suivis de longs ruisseaux de sang. CÉnéid., II, 279. J
Dans tous ces exomiiles on voit indiciués le lieu ou la chose d'où l'on arrache. C'est l'action simple de tirer avec eflbit une chose d'un lieu, ou de la séparer d'une autre chose à hniuelle elle tenait, ou qui la relenail ; et dans ce cas, c'est a la préposition de à mnrtiuer le rapport, parce qu'il ne s'agit que d'extraciion.
Mais lorsqu'il est question d'une personne à laquelle on veut «nlcver ce qui lui est cher, ou ce qui fait partie d'elle-inénie, le rapport n'est plus un simple rapport d'extraction, mais la personne que l'on veut priver de la chose qu'on arrache est le vrai but de l'action. Ainsi on dit arracher un œil, un Iras à vue personne, arracher un enfant à sa mère, une épouse a son époux, arracher de Vargent à tin avare-
Ainsi Racine a dit :
Ce n'est donc pas assez que ce funeste jour A tout ce que j'aimais m'arrache sans retour.
{Uithrid., acl. II, se. VI, 7.)
Delille :
Plusieurs veillent assis à côté du bûcher; Rien à ces chers ubjcls ne peut les arracher.
(iineïd., XI, 201.)
11 en est de même lorscju'il s'agit de soustraire quelqu'un à un danger, à un crime, à quelipie cause qui tend à nuire, etc. On arrache quelqu'un à la mort, à la vengeance de ses ennemis.
Du jour que j'arrachai cet enfanta la mort.
(Rac, A«h., act. I, se. II, 25.)
La nature, étcnnéeàce danger funeste,
En vous rendant un fils, vous arrache à l'inceste.
^YoLT., Sém., act. V, se. I, 3.)
Ton roi, jeune Biron, t'arrache à ces soldats, Dont les coups redoublés achevaient ton trépas. (Volt., Ilenr.)
lU les ont arrachés à la mer en furie.
(Volt., Orfsi., act. IV, se. Tiii, 13.)