RON
ne le rompt pns. Souvent le ooniposé est en usage quand le simple n'est pas admis. Il y en a mille exemples. [Remarqves svr Corneille.)
La ciel rompt le succès i^e je m'étais promis.
(Corn., Cin., ad. V, se. n, 19.)
Oti fie rompi point un succès, dit Voltaire, encore moins un succès qu'on s'était promis. On rompt mie ii/iinn, on dctruit des espérances, on fait avorter des desseins, <in prévient des projets. [Heiuarouss sur Corneille.)
Rond, Ronhe.* Adj. Il ne se met qu'après son subsl. : Corps rond, figure ronde, tahle ronde. — Un homme rond. — U/i compte rond.
RoNREAC. Subst. m Terme do poésie française. C'est un petit poëmed'un caractère ingciiu, badin et naïf. Il est compose de treize vers partagés en trois strophes inégales sur deux rimes, huit masculines et cinq fèmiiu'nes, ou sept masculines et six féminines. — Les deux ou trois premiers mois du premier vers de la première strophe scrvenl de refrain, et doivent se trouver au bout des deux stiophes suivantes, c'est-à-dire que lo refrain doit se trouver après le huiliènie vers et après le treizième. Outre cela, il y a un repos nécessaire après le cinquième vers. — L'art consiste à donner aux vers decliaiiue strophe lui air original et naturel (jui iMupéche qu'ils ne paraissentfails exprès pour le refrain, auquel ils doivent se rapp irter comme par hasard.
La troisième strophe doit être égale à la première, et pour le nombre des vers, et pour la disposition des rimes. — La seconde strophe, inégale aux deux autres, ne contient jamais que trois vers et le refiain, qui n'est point compté pour un vers.
Ce petit pucine a peut-être bien autant deflifficultés que le sonnet; on y est plus borné pour les rimes, et on est de plus assujetti au joug du refrain. D'ailleurs, cette naïveté qu'exige le rondeau n'est pas plus aisée à attraper que le style noble et délicat du sonnet.
Les vers de huit et de dix syllabes sont presque les seuls qui conviennent au rondeau. Les uns préfèrent ceux de huit, les autres ceux de dix ; mais c'est le mérite du rondeau qui seul en faille prix. La Fontaine et madame Deslioulières sont les derniers qui se soient e.Kercès dans ce genre de poésie. Voici un rondeau de madame Deshou- Uéres qui pourra donner une idée du genre :
Enire deux draps de toile belle et bonne, Oue Irès-souTenl on recliange, on savonne, La jeune Iris, au cœur sincère et liaut, Aux yeux brillants, à l'esprit sans défaut. Jusqu'à midi volontiers se luitouue.
Je ne combats de goût contre personne ; Mais, franchement, sa paresse m'étonne : C'est demeurer seule plus qu'il ne faut Entre deux draps.
Quand à rêver ainsi l'on s'abandonne.
Le traître .\mour rarement le pardonne ; A soupirer on s'exerce bientôt.
Et la vertu soutient un grand assaut Quand une fille avec son cœur raisonne Hntre deux draps.
Le refrain doit être toujours lié avec la pensée qui précède, et en terminer le sens d'une manière naturelle; et il plait surtout quand, représentant les mêmes mots, il présente des idées un peu différentes.
Il y a aussi le rondeau redouble, qui est composd d'uuc certaine quantité de strophes égales