SAI
tous les genres d'oî)jels ou de choses auxquels vous renoncez voloiitiireiiient, dont vous vous dé|iouillcz, ([ue vous abandonnez pour quelcjuc autre intéiéi, ou pour l'inlérét d'un aulre. ^ ous immolez pour voire salisfaclion, ou pour la satisfaclion d'aulrui, des objels animés que vous railez comme des victimes, que vous d(>|ioL>iilez de ce (ju'ils ont de jikis précieux, (jue vous vouez à la mort, à raiialliome.
Sacrilégk. Ailj. (jue l'on prend aussi substantivement. Quand on emploie ce mot adjectivement, on peut le meure a\ant son subst., lorsque l'analogie et rii;irmonio le |)crmettcnt: Un homme sacrilège, celte sucvilége pensée; action sacrilège, celte sacriltge action.
Sacrum. Subst. m. On prononce le m comme en latin.
Sag.ace. Adj des deux genres. En 179S, IWcadémie 1« donne comme un mot nouveau et utile, et il est eu effet l'un et l'autre. Je pense qu'on peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Cette critique sagace, ou cette sagacc critique.
Sage. Adj. des deux gcnics. On peut le placer avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme sage, une femme sage, vn îeune homme sage. — Une conduite sage, une sage conduite; vne rèp nse sage, une sage réponse; un conseil sage, un sage conseil ; un air sage, un esprit sage, un style sage. — En pariant des personnes, on met sage avant le subst., lorsqu'on veut exprimer la sagesse, la prudence, l'habileté avec lesquelles elles exercent les fonctions qui leur sont confiées : Un sage magistrat, un sage général, un sage ministre, un sage directeur. — C'est à i)eu près en ce sens qu'on appelle sage-femme celle qui fait profession d'accoucher les femmes. Voyez Adjectif.
Sagement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le partiel [)C : Fous avez fait sagement, vous avez sagement fait; il s'est conduit sagement, il s'est sagement conduit; il a sagement conduit sa barque.
Sagesse. Subst. f. Aucune des définitions que donnent les dictionnaires ne peut s'pppliquer à l'espèce de sagesse que A'oltairc décrit dans les vers suivants (Épître XXXI, v. 16J :
Or, votre sagesse n'est pas Celte pointilleuse harpie Qui raisonne 5ur tous les cas.
Et qui, lrist« iueur de l'Envie, Oacrant un gosier cdenté.
Contre la tendre Volupté Toujours prêche, argumente et crie; Mais celle qui si doucement, Sans eflort et sans industrie, Se bornant toute au sentiment, Saitjusques an dernier moment Répandre un charme sur la vis.
Saignant, Saignante. Adj. verbal tiré du v. saigner. On mouille le nn. Cet adj. ne se met qu'après son subst. : Avoir le nez saignant, la bouche saignante; plaie saignante. — Bœuf saignant.
Saignée, Saignement. Dans ces deux mots, on mouille gn.
Saigner. V. a. et n. de la 1" conj. On mouille le gn : Saigner quelqu'un au Iras, à la gorge, etc. La pluie saigne. — On dit au propre saigner du nez, pour dire répandre du sang par le nez; et au figuré, saigner du nez, pour dire manquer, dans l'occasion, de courage, de résolution. Quel-
6Sfi
qucs personnes, jwur distinguer ces deux sens, prétendent qu'on doit dire au propre, saigner an nez; c'est une cireur. Saigner au nez ne voudrait dire autre chose ipie tirer du sang du nez, comme on en tire du bras, ilu pied, etc.
Saigneux, Saigneuse. Adj. On mouille le gn. Gît adj. ne se met qu'après son subst. L'Académie dit, avoir le fiez soigneux; je pense qu'il est mieux de dire, avoir du sang au nez. friande saigneuse.
Saillant, Saillante. A<lj. verbal tiré du v. saillir, pris d.ins le sens d'avancer en dehors. Au liguié, onpeut le mettre avant Sun subst., lorsque l'analogie et l'harmonie lu permettent : Angle saillant, corniche saillante. — Pensées saillantes, ces saillantes pensées. Voyez Adjectif.
SuLLiii. V. n. et irrégulier de la 2' conj. Dans le sens de jaillir, sortir avec impétuosité et par secousses, il ne se dit ijuc des choses li(iuides, et alors on dit au présent de l'indicatif, je saillis, etc. ; à l'imparfait, je saillissais, etc. ; au passé simple, je saillis, etc.; aa futur, Je saillirai, etc. ; au présent du conditionnel, je saillirais, etc.; au présent du subjonctif, que je saiUisse, etc. ; au participe présent, saillissant; au partici|>c passé, suilli, saiilic. — On ne remploie guère qu'a l'infinitif et à la troisième personne de quelques temps. (Acad.)
Dans le sens de s'avancer en dehors, il n'est d'usage qu'aux troisièmes personnes des temps simples, il saille. Us saillent, il saillait, il saillera, qu'il saille, q>/'il saillît; et au participe présent, saillant. Ce balcon saille trop.
Sain, Saine. Adj. On jicul le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme sain, un corps sain. — Un jugement sain, un e.-iprit sain, — La saine raison, la saine critique, la saine philosophie. Voyez Adjectif.
Sainement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parlicipc : // est logé sainement, ou il n'est pas sainement logé; cela est sainement pensé.
Saint, Sainte. Adj. 11 se met très-souvent avant son subst., et commence par une lettre majuscule lorsqu'il est joint à un nom propre : La suinte Trinité, le Saint-Esprit, saint Pierre, saint Paul, sainte Madeleine, sainte Geneviève. — Les saints anges, les saints apôtres, les saints docteurs. — Un saint homme, une sainte femme, un saint personnage, une âme sainte. — Une sainte pensée, de saintes œuvres, un saint mouvement; mener une vie suinte. — V Kcrilure sainte, les livres suints, la suinte bible, ta sainte Église, le suint concile, les saints canons. — Le temple saint, le saint temple; un zèle saint, un saint zèle; une sainte volonté, vn» sainte audace. — Féraud trouve ridicule qu'on dise sainte liberté, sainte humanité, sainte nature ; et il trouve tout naturel (ju'ondisc la sainte inquisition.
Saintement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a toujours vécn saintement, ou il a toujours saintement vécu.
Saisissement. Subbt. m. Ce mot ne s'emploie qu'au ligmé, et dans un sens passif. C'est l'clal de celui qui est saisi : Ce discours lui causa vn saisissement qui ne lui permit pas de répondre.
Ses regards ont changé mon ime en un moaier.\, Je n'ai pu lui parler qu'avec êaitistement.
(Gressut, 3féchant, aci. III, EC. ZIl, 3.)
SAN
Salarier. \. a. do la i" conj. Fcraiid prélond qu'il csl vieux, et qu'il ne se dit |)lus. C'est une erreur. Il faut salarier va grand nombre de commis.
Salk. Adj. des deux genres. On peut, au fi^'uré, le luellre avant sonsubst., en consulianl l'ureilic et l'uiialo^ie : Un homme sale, une cluimOrcsalc, du linge sale. — Des paroles sales, des actions sait s. — Un sale intérêt, de sales discours, les sales voluptés.
Salement Adv. On peut le lucttrc entre l'auxiliaire el le partiiipc : Il est couché salement, ou il est salement couché.
Salin, Sali>e. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Esprits salins, concrétions salines.
Salique. Adj. f. qui ne se met qu'après son subst. : La loi salique.
Svlissa>t, Salissame. Adj. Tcrbal tiré du v. salir. 11 ne se met qu'après son subst. : Un drap salissant, une étoffe salissante.
Salopement. Adv. que l'on trouve dans le Dictionnaire de l'Académie, et dans quelques autres.Onlui failsignifier, d'une manière salope. — Il n'est point usité. On ne dit pas, cunane le prétend l'Académie, manger salopement, être couché salopement. On dit, manger malproprement, être couché vialproprement.
Saluade. Subst. f. \ ieux mot inusité. Féraud dit qu'on peut l'employer dans le style plaisant etmoqueur : // fait des saluades extraordinaires, ridicules. Tout le monde se moque de «ei saluades. Je pense que Féraud se trompe. On dirait mieux, ce me semble, en ce sens, salutations.
Saldbre. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie el l'barmonie le i)ermettent : Des eaux salubres, vn régime saluhre, une nourriture, sal ubre , une salubre nourriture. Voyez Adjectif.
Salueiî.Y. a. de h 1'^ conj.: Saluer quelqu'un, saluer l'autel, saluer le deuil, saluer de lu main, saluer de l'épée, saluer en étant son chapeau, saluer en tirant le canon, en baissant pavillon.
Salut. Suiist. m. Ce mol n'a de pluriel que lors(iu'il signifie l'action de saluer : Jprcs plusieurs saluts faits et rendus; ou les prières que l'on fait le soir dans les églises à cerlahis jours : Cette femme assiste à tous les saluts.
Salutaire. Adj. des deux genres. On peut le meure avant son subst, en consultant l'oreille el l'analogie : Un remède salutaire, un avis salutaire, un salutaire avis; une doctrine salutaire, cette salutaire doctrine.
D'un bonncl vert le salutaire affront.
(BoiL., .Sut., I, 15.)
"\'^oyez Adjectif.
Saldtairement. Adv. Il jjeul se mettre entre l'auxiliaire el le participe : Cet usage a été salutairemonl établi.
Sanctifiant, Sanctifiante. Adj. verbal tiré du V. sanctifier. Il ne se met qu'après son subst. : Esprit sanctifiant, la grâce sanctifiante.
Sang. Subst. m. Devant une consonne, ou ne fait point sentir le g ; devant une voyelle, on le prononce comme un k, ou un g dur. Ce mot n'a point de pluriel. On dit toujours le sang, el jamais les sangs. Voici qucliiucs exemples de la manière dont les poêles l'emploient :
Un oracle cruel Y«-l q'i'ici Tulrc tang coule sur un aiilel.
(Rac, IpUig., ad. IV, IC. IT, 56)
SAN
Vos mains n'ont point Irempé dans le tang ïcdocmiI. (RlC, Phèdre, act. I, se. m, C8.)
. . . .Vers mon caur tout mon tang se relire.
[Idem, act. II, ic. Y, 1.)
Depuis ce jour de sang.
(Volt., ilahom., ad. II, se l, 5.)
Dans le sens de race, de famille :
J'aime en elle le «angr dont elle est descendue.
(RiC, Bajaz., ad. I, se. i, 1S2.)
Quel mortel ennui.
Contre tout votre tang tous anime aujourd'liuiî
(Rac, Phèd., act. I, se. m, t03.)
Oui, vous êtes le sang d'AsIrée cl de Tliyesle.
(Rac, Jphig., act. IV, se. iv, 33.)
J'allais, en reprenant el mon nom et mon rang, Des plus grands rois en moi reconnaître le san^.
(Idem, act. II, se. I, 49.)
Comme ils gnl même sang avec pareil mérite.
(Corn., Rodog., act. I, se. vii, S".)
Acoir même sang, dit Voltaire, est un barbarisme. On dit, ils sont du même sang; ils Sont nés, formés du même sang. {Remarques sur Corneille.)
Nous ne sommes qu'un sang.
(CoBN., Nicom., ad. III, se. vin, 27.)
Je crois, dit V^ollaire, que celle expression peut s'admettre, quoiqu'on ne dise pas deux sangs.
Dans le sens des sentiments que la nature inspire aux pères pour leurs enfants :
Vous n'avez point du sang dédaigné les faiblesses. (Rac, Iphig., acl. IV, se. iv, 31.)
..... De ce soupir que faul-il que j'augure? Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure?
[Idem, acl. I, se. III, 5.)
De sang-froid, de sang rassis. Voyez Rassis.
Sanglant, Sanglante. Adj. Qui rend du sang, qui csl taché de sang, couvert de sanj. On le met souvent avant son subst. ; Une riMe sanglante, une épéc sanglante, cette sanglante épée. — Utic bataille sanglante, une sanglante bataille; un affront sanglant, un sanglant affront ; un outrage sanglant, un sanglant outrage; titie injure sanglante, une sanglante injure ; une satire sanglante, une sanglante satire ; une raillerie sanglante, une sanglante raillerie.
Les dicu.^, toutes les nuits, Dès qu'un léger sommeil suspendait mes ennuis. Vengeant de leurs autels le sanglant privilég;*
(Rac, Iphig., act. I, se. I, 83.)
Cet Aclulle
Dont la sanglante main m'enleva prisonnière.
[Idem, act. 11, se. I, 78.)
Féraud doute que ce mot se dise des personnes, mais il ne donne point de raisons de son doute ; je ne vois pas pourtiuoi on ne dirait pas d'un homme couvert du sang (lui coule de ses plaies, i\\x'il est tout sanglant. Féraud |icnsequ'fl faut (lire en ce cas, tout ensanglanté, ou tout couvert de sang. Mais ensanglaulé, ou couvert de sang, 80 dit d'un sang qui Vicul de dehors, et
SAN
sanglant, ci'un sang qui vient de l'objet même , ou ifui a été cause par l'objet; une blessure est sanglante, une epée est sanglante; la terre est eitsangl^ntce.
Sangsde. Subst. f. On ue prononce point le y.
Sanguin, S.incline. Ailj. qui ne se mctiiu'après son subsl. : Tenipévument sanguin. — Bouge sanguin, couleur sanguine.
Sangdinaire. Adj. des deux genres. On peut quelquefois le mettre avant son subst. : Un homme sanguinaire , une nation sanguinaire, une humeur sanguinaire, des exploits sanguinaires, Ue sanguinaires i'.rptoits.
Sanguinolent, Sanguinolente. Adj. Il ne se met qu'après son subsl. : flegmes sanguinolents, glaires sanguinolentes.
Sanitaiue Adj. des deux gem'es. Il se dit de ce qui a rai)porl à la conservalion de la santé, et ne ïo uiet qu'après son subst. : Lois sanitaires.
Sans. Préposition. Le .s final ne se prononce que devant une voyelle ou un h non aspiré. Celle prèposilion reçoit également après elle ni ou et entre deux régimes : Sans crainte ni pudeur, sans force ni vertu; et dans ce cas, sans ne se répèle point. Ou bien, sans crainte et sans pudeur, sans force et sans vertu; et alors sans se répèle. La raison de celte différence, c'est que sans est exclusif par lui-même, et que 7ii l'est aussi, ce qui fait (|ue ce dernier peut sup[)léer sans; au lieu que et, n'ayant pas le même caractère, ne dit pas ce que\$a«« doit dire, ce (jui oblige à le répéter. — Mais n'y a-t-il pas une différence entre ces deux expressions? Il me semble (jue sans crainte ni pudeur dil quelque chose de moins ([ue sans crainte et sans pudeur. La répétition desrt/is marque plus positivement le défaut (]ue ni. Je pense donc qu'on ménagerait tn quelque sorte une personne à qui l'on îerait (les reproches, en lui disant : Comment arezvouspu, sans crainte ni pudeur, tenir de tels propos? et qu'on ue la ménagerait point du toui en lui disant : Comment avez-vous pu, sans crainte et sans pudeur, tenir de tels propos? ^ous agissez sans crainte ni pudeur, voxis agissez sans crainte et sans pudeur. Le reproche est moins fort dans la première ijhrasii c^uû dans la seconde.
Cette proposition, étant entièrement exclusive, n'a pas besoin de;;a.j ou point pour la compléter. On dit sans urgent, et non pas sans point d'argent. On a donc critiqué avec raison cette phrase de Montesquieu : César avait tant de grandes qualités sans pw^ un défaut (Grand, et décud. des Boinains, ch. XI). Par la même raison, sans ne doit pas être suivi de la négative ne, même après le verbe craindre : f^ons pouvez traiter avec lui sans craindre quil vous trompe, et non pas qu'il ne vous trompe. — On dit également bien sans exciter de plaintes, avec de sans article, et sans exciter des plaintes avec l'arlicle. Ces expressions diffèreni en ce que la dernière présente le mol plaintes dans un sens défini.
Sans peut se [)lacer au commencement de la phrase, ou dans le corps de la |)hrase : Sans les injustices des hommes, à quoi servirait la Jurisprudence? Que ferions-nous des arts, sans le luxe qui les nourrit ?
Les verbes régis par sa7is régissent le subjonclif, comme dans les [ihrases négatives : Saîis nous jpcrcevoir que nous logions ensemble. — Sans ne doit pus être trop éloigne du verbe qu'il régit. Il peut tout au plus en être séparé par un pronom pasuiiivel et un adverbe : Il m'a 2r.irl: longtemps