‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 397 sur 453 · SER · texte numérisé non relu

SER

signe sous le nom des Septante. — u J'insisterais pour que ces expressions si heureuses de septante, d'uctanld el de no/uiiite, rempluçassent eii(ia la Irainanlc alliance de nombres (lu'oii y subsliiuc. Six vingts, (piinze vingts ne se disent plus; pourquoi conserver quatre-vingts qui n'est |)as moins ridicule? » (Ch. Nodier, Examen crit. des dict.)

Septenthional, Septentrionale. Adj. Le p se prononce. 11 lait septcnti-ionaux au pluriel masculin, et ne se met qu'après son subsl. : L'océan septontrlunal, lespays scptentH'naux.

Septiîcme. Adj. des deux genres. Nombre ordinal. On ne jirononce jwint le ;;. Il ne se met qu'avant son subst. : Le septième jour, la septième année, la septième génération.

Septièmement. Adv. On le met au commencement de la phrase : Septièmement, je vais vous expliquer; ou bien après le verbe : Je rows dirai septièmement que... Le p ne se prononce point.

Septuagénaire, Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Un homme septuagénaire, une femme septuagénaire. On prononce le p.

Skptdagésime, Septuple, Septupler. Dans ces trois mots, on prononce le p de sep.

Sépdlcral, Sépulcrale. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le pernietteiil : Urne sépulcrale, cérémonies sépulcrales ; organe sépulcral, un sépulcral organe; voix sépulcrale. Il fait au pluriel masculin sépulcraux : Des vases sépulcraux, {.-icad.)

Sépulcre. Subst. m. L'Académie prétend qu'il ne se dit plus dans le style ordinaire que pour signifier les tombeaux des anciens. Cela suppose qu'il se dit dans le style noble, pour signifier un lieu destiné à la sépulture d'un mort.

Vous me forcez, seigneur, à la reconnaissance; Et tout près du eépulcre où l'on va m'enfermer. Mon dernier senliment est Je vous estimer.

(Volt., Tanor., act. II, se. ti, 45.)

Du sein de ce sépulcre inaccessible au monde.

(Volt., Sémir., act. 1, se. m, 50.)

Sépulture. Subst. f. Delille a dit (Enéide, IV, 874) :

. . . .Lorsque l'ingrat s'échappait de ces lieux, Ne pouvais-je saisir, déchirer le parjure, Donner à ses lambeaux la mer pour sépulture ?

Seeein, Sereine. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. : Un temps snrein, un jour serein, une nuit sereine. — Un visage serein, un front serein.

Séreux, Séreuse. Adj. Il suit toujours son subst. : Humeur séreuse, sang séreux.

Serf, Serve. Adj. qui ne so met qu'après son subst. On prononce le f: Un homme serf, un homme de condition serve.

SÉRIEUSE.MEM. Adv. Ou pcut Ic mctlrc entre .'auxiliaire cl le parlicijie : Il a travaillé sérieusement à sa fortune, ou il a sérieusement traraillé à sa fortune.

Sérieux, SÉRIEUSE. Adj. On peut le mettreavanl son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le ])ernieltenl : f^isage sérieux; air sérieux, mine sérieuse. — Faire des réflexùr/is sérieuses, faire de séi-ieuses réflexions. Voyez Adjectif

Serpent. Subsl. m. ^■(lllaire a d't les serpents de la calomnie [EpUreX^ll, 33) ;

SEU

En vain contre Henri la Fmnca a vu longtemps La calomnie affreuse exciter sus serpents.

Serre-Papiers. Subst. m. On écrit ce mot ainsi même au singulier, parce qu'un serre-papiers est un meuble destiné à serrer plusieurs papiers. Voyez Ciimposé.

Serrer. V. a. de la l'" conj. On dit, avoir le cœur serré; cette expression est souvent suivie de la jirèposition de : Avoir le cœur serré de douleur, de tristesse. Il s\Uait retiré dans sa maison, le cœur -serré de tristesse (Montesquieu, Xlf^' lettre persane).

Serre-Tête, subst. m. Ruban ou coiffe dont on se serre la tête. On écrit au pluriel des serretête. Voyez Casse-Cou, Composé.

Servi AELE. Adj. des deux genres qui se met toujours après son subst. : Unhomme serviable, une femme svrviahle.

Servile. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Emploi servile, condition servile, âme servile, esprit servile. — Une crainte servile, une servile crainte; un adulateur servile, un servile adulateur ; une complaisance servile, une servile cnmplaisancc. ^'oyez .-idjectif.

Servilement. Adv. Ou peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il lui a fait servilement la cour, ou il lui a servilement fait la cour. Il a traduit servilement ce passage, ou il a servilement traduit ce passage.

Servir. V. a. et n. de la 2'' conj. Il est irrégulier, et se conjugue comme sentir. A' oyez Irrégxdier.

Servir de, tenir lieu de; tenir la place, faire l'office de : Il m'a. servi A&père, cela lui a servi de médecine. Il a servi de père à ses neveux.

Servir ci, être ulile. Cet instrument sert au labourage. Un cheval qui sert à tirer et à porter.

A quoi sert-il'^ De quoi sert-il? il ne sert à rien, il ne sert de rien, exigent le subjonctif dans les propositions subordonnées : A quoi a-t-4l servi que vous soyez ve?iu si matin 9 II ne servirait de rien que tvws vinssiez avant midi. \. Rien.

Voltaire a dit servir simple cavalier, simple soldat. Ilvijit d'abord servir simple cavalier.

Avec honneur je servirai soldat.

(Volt., Enf. prod,. acl. IV, se. i::, 93.'

Ces sortes d'expressions sont peu usitées. On dit ordinairement servir comme s-ddat, servir en qualité de soldat. Il a mieux employé ce mot dans les deux exemples suivants:

Servez h genoux L'idole dont le poids va vous écraser tous.

(Èlahom., &ct. I, se. I, 35.)

Par cent mille assassins son courroux fut servi,

{Henr., II, 356.)

Ses. Voyez ^on.

Sf.uil. Subst. m. On mouille le l final. Ce mot s'emploie dans le style noble :

...Dès que cette reine, ivre d'un fol or;.ieil, De la porte du teaiple aura passé le seuil.

(Rac, Àth., act. V, se. m, \S.)

Seul, Seule. Adj. Il se dit i" d'un homme qui n'a personne avec lui, auprès de lui, autour de

SEU

lui, ou qui na avec lui que les personnes avec lesquelles il vii ordinairement et fainiliércmeiu : Cet homme itait seul dans su chambre ; il ihiit seul arec sa femme et ses enfants. Il était seul avec son domi stiqvc. — Il se dit aussi de l)lusieurs personnes. Lu mari et la femme étaient seuls. En parlant des choses, il signifie, qui n'est point accompagné de choses de la même espèce ; un fait seul est un fait qui n'est point accompagné d'autres faits; un mot seul est un mot qui n'est point accompagné d'autres mots. En ce sens, il suit toujours son subst. — 2° Il signifie unique: Il n'y a qu'un seul Dieu. Il n'a qu'un seul domestique ; c'est le seul bien qui me reste ; c'est le seul mot qui exprime ma pensée. En ce sens, il précède toujours son suhst.

3" Il me semble que quand on dit, un seul homme a changé la face du monde, seul, dans cette phrase, ne veut pas dire unique. Je pense qu'il ajoute au substantif qu'il modifie l'idée d'individu, et que c'est comme si l'on disait, un seul individu de la vtème espèce. Dans ce sens aussi, l'adjectif doit précéder son suIjsU

Un mot seul vous fera comprendre ce que je veux dire ; c'est-à-dire un mot considéré numériquement : Un seul mot a suffi pour le convaincre, c'est-à-dire un mot considéré relativement à sa signification, à son énergie.

L'Académie doime pour exemples ♦ Cest la seM\t loi qu'il faut suivre; voilà les seules raisons que vous puissiez alléguer. Dans le premier exemple, on voit le verbe à l'indicatif, il faut; dans le second il est au subjonctif, vous puissiez. On pourrait induire de la que lorsque seul est précédé de l'article, et suivi des adjectifs relatifs, qui, que, dont, etc., on peut mettre indifféremment le verbe qui suit à l'indicatif ou au subjonctif. Cette induction serait erronée, et si l'on se sert de l'un ou de l'autre, c'est sans doute par des raisons différentes.

Seul doit être suivi du subjonctif quand l'idée n'est i)as positive, quand elle tient lieu de doute. Mais cette difficulté n'a été encore clairement expliquée dans aucune grammaire. Essayons de la résoudre ici.

L'indicatif est un mode qui exprime directement, absolument, l'existence d'un sujet sous un attribut déterminé. Le subjonctif au contraire exprime d'une manière dépendante, vague, subordonnée.

Or, l'adjectif seul peut être pris, ou dans un sens absolu, ou dans un sens relatif. Il est pris dans un sens absolu lorsqu'il n'ajoute au subst. que l'idée d'unité numérique, abstraction faite de tout rapport avec d'autres individus. Comme dans, c'est mon frère seul qui est coupable. C'est lui seul qui m'a frappé. C'est à lui seul que je confierai inon secret. L'adjectif seul est pris dans un sens relatif lorsiju'à l'idée principale (lu'il ex|)riiiie se joint une idée accessoire qui indique un rapport, une comparaison avec d'autres individus ou d'autres choses, une dépendance de ces individus ou de ces choses. Quand je dis, de tous les spectateurs, mon frère est le seul qui ail applaudi, le mot seul, outre sa signification principale, indique un rapport, une comparaison avec les autres spectateurs.

Dans le premier sens, le verbe de la proposition doit être mis à l'indicatif. Ce n'est point une proposition incidente, subordonnée, c'est une proposition absolue, et qui, par conséquent, exige l'indicatif. C'est lui seul qui m'a. frappé, veut

SEU

dire, un seul homme m'a frappé, et cet homme c'est lui. C'est mon frère seul qui est coupable, signifie, il y a un seul coupable, et ce coupable c'est mon frci-e.

Dans le second sens, le verbe de la proposition doit être mis au subjonctif, parce qu il n'affirme pas d'une manière absolue, indépendante, mais avec im rapport à d'autres individus, à d'autres choses.

Buffon a dit : On peut dire que le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve. Il fallait le subjonctif, parce que la fidélité du chien est exprimée ici comparativement avec la fidélité des autres animaux.

Racine a dit {Alexandre, act. II, se. ii, 139) :

La gloire est le seul bien qui nous puisse tenter.

En employant le subjonctif, il a fait sentir que le seul bien est dit comparativement aux autres biens. jMais si l'on disait, c'est le seul bien qui peut 710US tenter, on parlerait d'un bien qui contiendrait absolument et positivement en soi la seule chose qui peut nous tenter. De tous ces biens- là, la gloire est le seul bien qui puisse nous tenter. La gloire peut seule nous tenter, parce qu'elle seule contient en elle des attraits auxquels nous sommes sensibles.

Je dirai, c'est la seule chose que ?ious désirons, si je veux exprimer notre désir comme existant réellement, absolument, sans rapport à d'autres désirs; et je dirai, c'est la seule c/jose qtte nous désirions, si je veux présenter noire désir relativement aux autres désirs que nous pourrions avoir et que nous n'avons pas.

On dit également bien, c'est le seul homme de la famille qui a de V esprit, ci c'est le seul homme de la famille qui ail de l'esprit. Dans la première phrase, j'exprime l'existence directe, absolue d'un seul homme d'esprit dans la fainiWe. Il n'existe réellement, positivement dans l;i fiTmille qu'un seul homme d'esprit. Dans la Si^conde, j'exprime l'existence d'un seul homme d'esprit dans la famille, comparativement aux autres hommes qui existent dans celte famille : c'est de toutes les personnes de la famille la seule qui ait de l'espril ; et c'est ce rapport, celte comparaison, cette dépendance de l'idée, qui exige le subjonctif.

C'est le seul homme qui a pu me plaire, exprime l'existence positive des moyens par lesquels la personne a réussi à me plaire: C'est le seul homme qui ait pu vie plaire, a rapport aux autres moyens que d'autres ont employés inutilement pourme ]ilaire.

On dit, c'est le seul parti que vous pouvez prendre, s'il n'existe réellement, positivement, absolument, qu'un seul parti à prendre; et eest le seul parti que vous puissiez prendre, si je veux faire entendre qu'enlre plusieurs partis, celui qu'on propose est le seul convenable. Dans, c'est la ?,m\e personne que je cAer/*, l'existence de la personne dans mon aftection est présentée d'une manière positive, déterminée, absolue, je veux appeler l'attention sur un individu que je chéris réellement, absolument; au contraire, dansc'cçi la seule personîie que je chérisse, l'attention n'es plus appelée d'une manière positive sur la personne que je chéris, mais sur plusieurs personnes que je pourrais chérir et que je ne chéris pas. C'est le seul homme que je chéris, signifie, je le chéris lui seul ; c'est le seul homme que je chérisse, veut dire, je ne chéris aucun autre

SI

homme quo lui. C'est lu seule loi quil ftmt suitfe, suppose l'existence positive et absolue de la nécessité de suivre celle loi; c'est la seule lui qu'il fiiille suivre, suppose ipie l'on pourryil faire un clvdx entre plusieurs lois.

Voici d'autres exemples auxquels on peut appliquer CCS principes.

C'est le seul conseil que jc peux vous donner ; c'est le seul conseil que je puisse vous donner. C'est la seule place qui peut vnvs conreiiir; c'est la seule place qui puisse %-oiis convenir. De tous les reproches qu'il m'a faits, celui-là est leSCAÛ qui m'ait affecté. On ne peut pas dire qui m'a, le rapport aux autres reproches est trop marqué. — Il y arait eu du délire à penser qu'on eût pu faire périr par vn crime tajit dp personnes royales, en laissant vivre le seul qui pouvait les venger (Voltaire), qui avait seul les moyens de fcs vonffcr. Le seul qui pût les venger, voudrait dire, le seul dont les moyens de les ven^'er pussent être plus efficaces que les autres. — Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement, et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coxite tant A notre orgueil. (Rossuet.) — Locke est le seul que /c crois dGvo\v excepter (Condillac.) Que je croie, supposerait du doute. — La religion est le seul mors que les rois puissent encore blanchir (Marmonlcl.) — La tendre Jeunesse est le seul âge où l'homme peut encore tout sur lui-même pour se corriger. (Fénelon.)

Sedlemem. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il lui a demandé seulement une grâce, ou il lui a seulement demandé une grâce.

Seulet, Seulette. .\dj. qui ne s'emploie ([ue dans le style pastoral, et ne se met qu'après son subst. : Unfi fille seulette.

SévèIie. Adj. des deux genres. Il précède souvent son subst. : Un prince sévère, vnjuge sévère, un censeur sévère, vn sévère censeur. — Une vertu sévère, une punition sévère, une sévère punition. — Une beauté sévère, cette sévère beauté.

iSeVère régit les prépositions a, po???-, envers, à l'égard : Il est sévère aux autres comme à luimême :

Que faul-il que Bérénice espère?

Rome lui sera-t-elle indulgente ou sévère ?

(Rac, Bcrén., acl. II, se. il, 29.)

Il est plus sévère pour lui-même que pour les autres. Un père sévère pour ses enfants, envers ses enfants, à l'égard do ses enfants. Toutes ces expressions ont des différences fondées sur la nature des prépositions qui y sont employées.

Sexagénaire. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst. : Un homme sexagénaire, une femme sexagénaire.

Sexlei,, Sexuelle. Adj. Il suit toujours son subst. : Les organes sexuels, les qualités sexuelles.

Si. Conjonction et adverbe. La lettre i de si 3'élide devant il, ils : S'il vient, s'ils viennent. Elle no s'élide devant aucun autre mot : Si elle vient, si on dit. — Dans la conversation , on dit et .si, pour dire cependant, néanmoins ; dans oette façon de parler, si ne perd pas sa voyelle, même devant le pronom il : Il est brave et vaillant, et si il est doux et facile ; je souffre plus que vous, et si je ne me plains pas.

6Ï, conjorclion, exprimant par lui-même le oute de l'esprit, n'a pas besoin d'un mode dou-

SI

teux au verbe qui le suit; ce verbe doit être à l'indicatif. Je serais venu si j'avais eu le temps, et n»n pas si j'eusse cm le temps.

On ne peut se servir de si au premier et au second membre d'une période; mais au second, on met 77/e au lieu de si, et alors on met au subjonctif le verbe (jui suit : Si vous parlez, et que vous vouliez me prendre avec vous. Ce tour, disent les grammairiens, vaut mieux que si vous .parties, et si vous vouliez vie prendre avec vous. — Cette règle n'est pas tout a fait exacte; on répète le .y», ou on met le que, suivant les cas. Lorsqu'il n'y a pas de liaison entre les deux (tropositiôns, il faut répéter si ; lorsqu'il y en a, il faut mettre la conjonction que, qui alors marque cette liaison. On dira donc foit bien, si vous ga-' gnez votre procès, et si vous allez dans votre pays, si l'on ne veut jias marquer une liaison de conséquence entre ces deux propositions. Mais on dira, si vous gagnez l'otre procès, et que vous voi/s trouviez dans une situation plus avantageuse, parce que l'on maniue par là la liaison (]u'ily a entre les deux propositions, et (jne l'on fait considérer l'une comme une suite de l'autre.

Quand si est répété devant deux substantifs, on peut mettre le verbe au' singulier, si les deux subslantifssont pris dans un sens disjonctif, c'està-dire, si l'un ou l'autre est le sujet du verbe, et non tous les deux ensemble. On dira donc, si votre père, si votre mère vient à mourir, ce tjui veut dire, si votre père vient à mourir, ou si votre mère vient à niottrir ; et c'est père ou mère qui est le sujet du verbe. Mais on dira, si Vaviour, si la reconnaissance m'attachent à vous, et non pas, m'attache, pour marquer que ces deux choses existent ensemble, et (jue les deux substantifs sont le sujet complexe de la proposition. D'après cela, il y a dans les vers suivants une négligence, ou un sacrifice fait à l'harmonie :

Voui n'avez plus, madame, à craindre pour ma vie. Et je serais ht-urcux si la foi, si l'honneur Ne me reprochait point mon injuste bonheur.

(Rac, Bajazct, act. III, se. IV, 2.)

Quelquefois on retranche pas du verbe pris négativement qui suit la conjonction si, quelquefois on ne le retranche pas. Dans le premier cas, on veut indiquer une liaison entre les deux membres de la phrase, et marquer que l'effet exprimé par le second est indéterminé. Si vous ne cliangez., vous éprouverez des malheurs, tel ou tel malheur. Dans le second cas, on marque imc liaison entre les deux membres, et im el'fcî: déterminé dans le second ; si vous ne changez pas, vous mourrez. Effet déterminé.

Fénelon a dit ilans Télémaque ( liv. III, t. i, p. 138 ) : Si Pygmalion ne change de conduite, notre gloire et notre puissance seront bientôt transportées à quelque autre peuple mieux gouverné que nous; à quelque autre peuple, effet indéterminé; avec un effet déterminé, Fénelon aurait dit : Si Pygmaliori ne change pas de conduite, il perdra sa couronne.

SI, adverbe, se met devant les adjectifs comme les adverbes de quantité : Il est si aimable, si Ion. S'il y a plusieurs adjectifs, il faut répéterai.' Il est si bo7i, si doux, si complaisant.

Il ne faut pas confondre si avec aussi; le second se dit quand il y a comparaison, le premier (piand il n'y en a pas. Il est si faible, qu'il ne peut pas marcher ; il <?i/ aussi faible que vous

Page 1