SOL
aouterrains, feux souterrains. Cette souterraine retraite. Voyez Adjectif.
SouvENin (se). V. pronom, de la 2* conj. I! régit la prt'iiositioii de devant les noms el les verbes : Je me souviens de ce que j'ai dit, je me souviens de tous vos bienfaits :
Tu t^ souviens du joar qu'en Aiilide assemblés.... (Rac, Iphig., act. I, se. 1,43.)
On dit je me snvriens, el il me souvient. Il me semble que le premier marque mieux une chose qu'on rappelle à dessein dans sa mémoire, cl le second, une chose qui s'y présente d'elle-mêmo. Je me souviens que vous m'avez dit cela; il me souvient 71/e vous m'écrivîtes il y a quelque temps qve L'cke était le premier qui eût hasardé de dire que Dieu pouvait communiquer la pensée à lu viutière. (Voltaire. Correspondance.)
Vaugelas el Thomas Corneille sont d'avis qu'on doit employer se souvenir en parlant de choses qu'on peut encore appeler présentes, et qu'il faut dire se ressouvenir en parlant des choses qui sont éloignées et que le lemps semble avoir effacées de notre esprit. Cependant, observe Thomas Corneille , la plupart emploient indifféremment l'un et l'autre verbe, el même plulùl se ressouvenir que se souvenir. Ils disent, par exemple : Lorsqu'il fut à trente pas de chez lui, il se ressouvint quil avait oublié un papier dans son cabinet. Féraud trouve qu'il est beaucoup mieux de dire il se snuinnt. Je pense <iue ces observations ne sont pas exactes.
Se sourenir, c'esl garder le souvenir d'une chose, éloignée ou non. On dit également bien, je me souviens de ce que j'ai dit ce matin, eije me souviens du te/ups passé, je me sauriens de fort loin. — Se ressouvenir, c'est se rappeler le souvenir d'uiic chose que l'on avait oubliée, soii qu'elle soit éloignée, ou qu'elle ne le soit pas: J'avais oublié cette circonstance, vous m'en faites ressouvenir. // m'a dit que dans ma jeunesse, il fréquentait la maison de mon père, j'ai eu beaucnup de peina à m'en ressouvenir, à m'en rappeler /e souvenir. Ressouvenir SU])[)o?:C un affaiblissement ou une inierrupiion dans le souvenir. D'après cela, il est clair qu il faut dire, malgré l'opinion de Féraud : Lorsqu'il fut à trente pas de chez lui, il se ressouvint qu'il avait oublié un papier dans sni cabinet. Il s'était souvenu auparavant qu'il devait prendre ce papier sur lui; mais ce souvenir élail ïuspendu ;ui moment où il sortit de chez lui, il se le rappel;) lorsqu'il fut à trente pas, il se ressouvint. On dit, si vous l'oubliez, je vous en ferai ressouvenir.
Souvent. Adv. On peut le mettre au commencement di> la phrase, devant ou après le verbe, ou entre l'auxiliaire et le participe : Souvent il a nié ce qu'il avait dit, il a souvent nié ce qu'il avait dit, il a nié souvent ce qu'il avait dit.
Sot:vERAix, Souveraine. .\d'. On peut le mettre avant le subst., lorsque l'analogie el l'harmonie le permettent : Prince souverain, viaison souveraine, pouvoir souverain. — Le souverain bien, le souverain bonheur, la souveraine félicité. ^'oyez Adjectif. On l'emploie aussi substantivement. Corneille a dit(Ci/i72a, act. III, se. iv, SI) :
II ncus fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes.
Voltaire dit, au sujet f c ce vers : On est souverain de, ou n'est pa? souverain sur une grandeur. {Remarques sur Corneille.)
SPL
Souverainement. Adv. 11 se met après le verbe et avant l'adjectif qu'il modifie : // a jugé souvaraineviciit , il commande souverainement. — Souverainement bon, souverainement juste.
Soyeux, Soyeuse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Laine soyeuse, fil soyeux, taffetas soyeux.
SPACIELSE.MENT. Adv. On pcut Ic mellic entre l'auxiliaire et le participe : Il est logé spacieusement, ou il est spacieusement logé.
Spacieux, Spacieuse. Adj. On peut le mettre avant son suhst., en consulianl l'oreille el l'analogie : Un lieu spacieux, un jardin spacieux, une cour spacieuse, une contrée spacieuse, ces spacieuses contrées. Voyez Adjectif.
Spécial, Spéciale. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Une grâce spéciale, v ne procuration spéciale, un pouvoir spécial. Il lait spéciaux au pluriel masculin : Des pouvoirs spéciaux.
Spécialemem. Adv. On i>cut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il lui a donné tou.i ses meubles, et spécialement tous ses livres. Il lui a donné spécialement ses livres.
Si'ÉciEESE.ME\T. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parlii'ipe : // a e,vposé spécieusement le fait, o\ï il a spécieusement exposé le fait.
Spécieux, Spécieuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permeltcnl : Un prétexte spécieux, un spécieux prétexte; des raisons spécieuses. Voyez Adjectif.
Spécifique. Adj. des deux genres. Il ne se met guère qu'après son subst. : Différence spécifique, qualité spi'cifique, remède spécifiqtie.
Spectateur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit spectatrice. On l'emploie aussi adjectivement : Les peuples spectateurs , les nations spectatrices. Alors il suit toujours son subst.
Spéculateur. Subst. m. L'Académie ne dit pas s'il a un féminin. Nous pensons qu'on peut dire ."péculatrice.
Spéculatif, Spéculative. Adj. qui suit toujours son subst. : Esprit .<^péculatif, les philosophes spéculatifs. —Science .spéculative.
Spiral, Spikalk. Adj. On le met toujoursaprés son subst. : Forme spirale, ressorts spiraux.
Spirituel, Spirituelle. .\dj. Il ne se met guère qu'après son subst. : Substance spirituelle. — Un homme spirituel, une fem-ine spirituelle . — Une réponse .spirituelle . — Un air spirituel, vue physionoviie spirituelle . — La vie spiritutile , un livre spirituel.
Spirituellement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a observé spirituellement, ou il a spirituellement observé qjte...
Spiritueux, Spuîitueuse. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : f^i?i spiritueux, liqueur spirilueuse .
Spleen. Subst. m. On prononce spline.
Splendeuk. Subst. f.
De ses chagrins mortels son esprit dc;;a;é Souvent reprend sa force et sa splendeur première. (Volt., Scmir., act. I, se. i. 52.)
Splendeur ne se dit proprement que des objets extérieurs: La splendeur d'un renne, d'une fête, d'une cérémonie, du trône, elc. Il ne peut se dire de l'esprit. (La Harpe, Cours de Littérature.)
Splendide. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une cour splendide