‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 409 sur 453 · SOT · texte numérisé non relu

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il ne détermine pas l'accord du verbe; cel accord est déterminé par le subst. qui suit : Toute sorte de livres ne sont pas également bons. Il n'y a sorte de soins qit'il nuit pris, cl non pas prise.

La raison pour laquelle on fait accorder le verbe avec le substantif qui suit sorte plutôt qu'avec sorte même, c'est que le sujet n'est pas seulement formé par le mot sm-tc, mais par les mots sorte de livres. Ainsi, selon la synlaxe ordinaire, le verbe doil être régi par l'idée que présente la collection de ces mots, el non par l'un d'eux séparénicnl. Lorsiju'après le substantif i]ui suit le mot sorte il y a un adjectif relalil", il ne faut pas faire accorder cet adjectif avec le mot sorte, mais avec le substantif qui suit. On dira donc, une sorte de fruit qui est nmr en hiver, et non i)as mûre; une esj)èce de bois qui est f ri dur, et non pas dure.

Corneille a dit (Horaces, act. III, se. vi, Gl) :

Dieux ! rcrrons-nous toujours des mallieurs de la tortc ?

Ce de la sorte, dit Voltaire, est une expression, du peuple qui n'est pas convenable; elle n'est pasinéme française. Il faudrait àive, de cette sorte, ou d'une telle sorte.

De sorte que, expression conjonctive qui régit l'indicatif : De sorte que je n'aifu réussir.

En sorte que, expression conjonctive qui régit le subjonctif : Faites en sorte qu'il soit content.

SoRTin. V. a. et n. de la 2' conj. Dans le sens de passer du dedans au dehors, il esl irrègulier, et se conjugue comme sentir : Il sort de sa chambre. Ce verbe prend, en ce sens, l'auxiliaire ai^oir ou l'auxiliaire être. Le premier s'emploie lorsqu'on veut exprimer une action qui a un objet : On a sorti ces marchandises. On a sorti cet homuie de cette mauvaise affaire. On emploie l'auxiliaire être lorsqu'on veut expriuicr un état : Ces marchandises sont sorties. Mon frère est sorti. A veine étiez-vous sorti, qu'il est entré.

On dit aussi qu'««e personne a sorti, pour dire qu'elle a fait l'aclion de sortir, et ijneileesi reiUrée : lia sorti ce matin; et l'on dit qu'e/Ze est sortie, pour dire qu'elle est dehors, et qu'elle n'est pas rentrée : Mon frère est sorti, et ne rentrera que ce soir.

Il ne faut pas confondre il ne fait que de sortir a\ecil7ie fait que sortir. Le premier veut dire, il n'yapas longtemps qu^ il est sorti; et le second, il sort sans cesse.

Sortir, en terme de jurisprudence, signifie avoir, tenir ou produire. En ce sens, sortir est un verbe défectueux. Il ne se dit qu'à quelques lemps, et seulement à la troisième personne. .\u présent de l'indicatif, il sortit, ils sortissent; a l'imparfait, il sortissuit, ils sertissaient ; au i'ulur, il sortira : Cette clause sortira son plein et entier effet ; ce jugement sortira effet. Au subjonctif, qu'il sortisse, quelle sortisse, etc.

Sot, SoTTi:. Adj. et subsl. 11 se met ordinairement avant son subst. : Un A-ot homme, ui.c sotte fetnme, un sot enfar.t. — Une sotte entreprise, un sol dessein, un sot livre, un sot discours. — On dit : f^oilà un homme bien sot, voilà une fetnme bien sotte, un discours bien sot, une réponse bien S'itte. Voyez Adjectif.

Voltaire dit, dans ses Rcmurqucs sur Corneille, que ce mol doit cire évité dans le style noble.

Féraud dit que le t final se prononce dans soc, d'aulres disent le contraire. Il est certain qu'on prononce souvent sot sans faire sonner le t, «t

SOU

que d autres fois on le failsonncr; mais il semble qu'il y aquelijue «liffércmc li'idcc cnlrc ces deux prononcialions. On dit d'un homme, vest vn sut, sans prononcer le t, lorsiiu'on porte de lui un jugemcni sans aigreur, sans passion, sans indignation. On prononce de môme dans ce vers (Boil. A. P., I, 232) :

Un sol trouve toujours un plus sol qui l'admire.

Mais lorsqu'à l'idée de ce mol se joint un sentiment de iiiécontenlemcnl, d'immeur, de colère, d'indignaiion. on prononce le /. Ainsi un i)ére en courroux dira ii son fds, voks êtes un sot, en

t)rononçanl le t; ainsi on dira, en prononçant e /, mus êtes un sot, c'est un sot, en parlanl de quelqu'un qui nous a donné (luelque sujet de mécontentement, qui nous a offensé, qui a blessé notre amour-propre.

Le / final de sot adjectif se fait sentir lorsqu'il est suivi d'un substantif qui commence par une voyelle ou par un h non aspiré : Un sot amour, un sot attachement, etc. ; prononcez un sot-tamour, un sot-iattachement. On ne le prononce pas lorsque le substantif commence par une consonne : Un sot discours, un sot livre.

Sottement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a répondu sottement, il a sottement répondu.

Soucier (se). V. pronom, de la 1" conj. Il s emploie ordinairement avec une négative : Il ne se soucie pas de cet homme-là, il se soucie fort peu de conserver ses amis. Ici peu est une sorte de négative. Se soucier peu, c'est ne se soucier guère. Se soucier régit de avec l'inlinitif, quand cet infinitif se rapporte au sujet: Je ne me soucie pas de l'entendre. 11 régit que avec le subjonctif quand le second verbe ne se rapporte pas au sujet ; Je ne me soucie pas qu'il vienne.

Soucieux, Soucieuse. Adj. On le met ordinairement après son subsl. : Un air soucieux, une mine soucieuse, un visage soucieux.

Soudain, Soudaine. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Départ soudain, mort soudaine , irruption soudaine, bruit soudain, une horreur soudaine, taie soudaine horreur. Voyez Adjectif.

Soudain. Adv. Il n'est guère employé qu'en poésie. On le met au commencement de la plirase, ou après le verbe : Soudain il rappelle toutes ses forces.

Il ouvre un œil mourant qu'il rcfurmc soudain.

(RiC, Phèd., ad. V, se. vi, 73.)

Soudainement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il part soudainement.

Soudaineté. Subst. f. Cbamfort nous apprend que I.a Fontaine aimait ce mol. Comment, dit-il, veindre itn poète (La Fontaine) qui souvent temble s'abandonner covime dans une conversation facile; qui, citant Ulysse à propos des voyages d'une tortue , s'étonne lui-même de le trouver là ; dont les beautés paraissent quelquefois une heureuse rencontre, et possèdent, pour me servir d'un mut qu'il aimait, la grâce de la soudaineté [Élor/e de La F(intaine,2' pari.). Mirabeau a dit : // faut assortir toutes ces choses à la révolutinn, et sauver la soudaineté du passage.

SouuRE. V. a. de la 4" conj. dont l'infinitif est seul employé. DoiTner la solution. Il est vieux. (.■Vcad. 1S33.)

SOU

1 Souffrant, Souffrante. Adj. verbal tiré du v I souffrir. Il suit toujours son subsl. : Un homme I souffrant. — L'humanité souffrante, la vertu souffrante.

Souffreteux, Souffeeteuse. Adj. Vieux mot inusité que J.-J. Rousseau a employé : Quand ma personne fut affichée par mesécrits,je devins dès lors le bureau d'adresses de tous les souffreteux ou Soi-disant tels, et de tous les aventuriers qui cherchaient des dupes. Mercier voudrau que l'on rajeunit ce mot. Il donne pour exemple : Il était non-seulement pauvre et indigent, mais encore souffreteux. — Ce mot est maintenant forl employé.

Souffrir. V. a., n. et irrégulier de la 2« conj., Il se conjugue comme ouvrir. Voyez Irrégulier.. Je souffre de vous voir dans cette situation,, c'est-à-dire, j'éprouve du déplaisir, du chagrin de vous voir, etc. En ce sens, souffrir régit la l)répositicn de avec l'inlinilif. Mais quand il s'agil d'une action qui cause de la douleur, souffrir régit la picposilion à •■ L'homme ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre. (La Bruyère, De l'hounne, ch xi.)

Ce verbe exige le subjonctif dans la phrase subordonnée : Je ne souffrirai pus qu'on lui fasse du mal.

Souffrez que Bajazet voie enfin la lumière.

(Rac, Baj., act. I, se. II, 25.)

Corneille a dit :

Mais quand j'aurai vengé Rome des maux soufferts. [Cinn., act. II, se. Ii, 48.)

L'esprit de notre langue, dit Voltaire, ne permet guère ces participes. Nous ne pouvons dire des maux soufferts, comme on dit des maux passés. Soufferts suppose par iiuelqu'un : les maux qu'elle a soufferts. Il sérail a souhaiter que cet exemple do Corneille eût fait une règle, la langue y gagnerait une marche plus rapide. {Remarques sur Corneille.)

Souhaitable. Adj. des deux genres. Il ne se dit que des choses et suit toujours son subst. : Unbonheur souhaitable. 11 est peu usité.

Souhaiter. V. a. de la J'^'^ ronj. On dit je souhaite de le voir, cl je soijudle qu'il vienne. On emploie do avec l'infinitif, quand le second verbe se rapporte au sujei du premier; et que avec le sui)jonctif quand il ne s'y rapporte pas.

Ce verbe ayant toujours rapport à quelque chose d'incertain, de contingent, je pense qu'il doit toujours être suivi de la préposition de Acvanl un infinilif : Je souhaite de le voir, et non lias, je souhaite le voir. Cependant l'Académie dit sans préposition, ^e souhaiterais pouvoir vous obliger. Mais Montesciuicu a dit : J'aurais souhaité d'adoucir les maux d'un homme tel que vous. (Lysimaque.)

Souiller. V. a. de la 1" conj. On mouille les l. Les poètes emploient très-souvent ce mot au figuré dans différentes acceptions.

San: que ta mort encor, honteuse à ma mémoiri*, De mes nobles Iravauj vienne souiller la gliire.

(Rac, Phéd., acl. IV, se. il, 23.)

Tendre ami de son mallro, el qui dans ce liaut ran^ Ne souilla point ses mains de rapine et de sang.

(Volt., llenr.. VII, «».)

sou

L« roi, le roi lui-même, au milieu des bourreaux Poursuivant des proscrits les troupes t^jiries. Du sinj; de ses sujets sou il/ait ses mains sacrées. [Idtm, U, 292.)

Il 110 peut croire Qne vous ayez d'uoe lâche si noire SouilU l'hocneur de tos jours innocents.

(Volt., Enf. prod., aci. V, se. ii, 45.)

SouL SouLE. Adj. On ne pr.moiico pas le / fanal. Ilncscmcttn-ai.rcsson subst. : Un homme seul, une femme side. — Quelquefois il ré-'il la préposition de: S.<ûl de musique, soûl de spectacle. — On dit substantivement, invt mon soûl tmii son soûl, elc. Ce mot est banni du style noble. ■*

SoDUGEMEMT. Subst. m. II s'empIolc Lien dans le style noble. (Rac., Iphigénie, acI. II, se. i,

Tu vois avec ctonnement Une ma douleur ne souffre aucun so»lagrmtnt.

Soulager. V. a. de la 1-conj. : Soulager quelqti un, soulager lu douleur de quelqu'un, soulager quelqu'un dans sa douleur. Racine a dit fi^urement, soulager le poids.

Ame de mes conseils, cl qui seul tant de fcij Du sceptre dans ma main a soulage le poidi.

(Ric, Esth., ad. III, se. y, 2.)

SocLER. V. a. de la 1" conj. Autrefois ce terme elait admis dans le style noble. Corneille a dit [Cid, acl. m, se. jv, 2« édit. de Volt.) :

Soll<cs-t-ous du plaisir de m'empècher de TÏTre;

et l'Académie, ijnns la critique du Cid, n'a point relevé celle expression. Aujourd'hui on ne la souffrirait pas.

SocLEVER. y. a. de la i" cunj. Les poètes l'emploient au propre et au figuré :

El quand la mer a «ouJc«« ses (loti. . . .

(Volt., Épttre III, 41.)

Non, non, il n'ira point, par un llche attentat, Souiet-er contre lui le peuple et le sénat.

;Rac., Britan., act. V, se. I, 49.)

Ce verbe se dit particulièrement au propre en parlant des sujets relativement a leur souverain : Le peuple se souleva. Toutes les provinces se sont soulevées, en parlant d'une émotion populaire générale. Les Gui.<:es firent soulever plusieurs villes contré Henri lll. Mais on ne dirait pas que la Grande-Bretagne s'est soulevée contre la France, en lui déclarant la cucrre.

Soulever se dit encore au llgiiré de tout ce qui révolte l'humanité ou (jui cause du scandale et de l'indignation, sans qu'il s'aaisse de souverains ni de sujets : L'apologiste de là Saint-Barthélémy a soulevé tout le monde contre lui.

SorLoin. V. u. de la 3^ conj. Ce verbe, qui signifie avoir coutume, a vieilli, et ne s'est guère dit qu'a l'imparfait. On l'emploie encore dans le style marolique :

Quip t à sor temps

Deni pjrls en Ct dont il toulait pas.-er L'une à dormir et l'autre à ne rien faire.

(Bpitaphe de La Fontaine.)

SOU

SoupçoNNARLE. Adj. dcs dcux t-'PnrCS. Oui iKîu: être sot.pçonné. On ne tmuve point ce mot d:.,H Ips «litltonnairos, probaLl.-mmt parce .iiio l'Academio ne f,, pas mis .lans le mc.i. Voltaire l'a

noU^t' **/'/"'"' '^"'"."^ qu'on iM^uiritmler et. cela . Les (huuns d.i-,|, s.ut Ir,.,, soupcnneux et t,op soupçuniiables pour qu'on emam, arr< eux un grand commerce, qui demande de lu qénerosite et delà franchise.

SoupçoN>Eit. V. a. et n. de la I" conj. : Soupçonner quelqu'un de quelque ch.se. Soupçonne lemal.—VA\ parlant <ies choses : On soupçonne ».. UtTotton d'hypocrisie.

Quelquej-uns «oupfonnoi.nt les pcrCdes préscnli. (Volt., Ihnr., 11. \:,i ,

Ma nile, qui s'approdie cl court ii ion t> Qui, loin de loupçonnrr on «rrél »i léuri.

(KlC, IpHig.. act. I, ic. I, Uî.}

Dans le sens neutre, il r.i:it y,;* avec l'indicalit. quand la phrase est aflirmaiive : f-'ou» soupçmnes que jo Ncur. v.us tromper; cl ave.- le subjonctif quand la phrase est négative ou iiiterrugalive: Il ne soupçonnait pas qu'on voulût te tromper; pouvait-il soupçonner qu'on vouliit le tromper?

Ce verbe se joint à un infinitif par la pn-posilion de : Soupçonné d'avoir, ct non pas. soupçonne avoir. Il ne faut donc pas imiter H.illiii, qui a dit : Il eut l'audace de drfrer Lus ceux qu'tl soupçonnait avoir eu du penchant Vi .srcounr Persee. Soupçonner, renfeniiaiil dans l'idée qu'il l'resenie .pieliiuc ehose de v:,:;ue. d'in-criain. il indetermm,-, exige nccessaiiciîieiit dans ce cas la prépusilion de.

SocpçonNEDX, SocpçosNECSE. Adj. : Un homme soupçonneux:, une femme soupçonneuse. Il ne se met (lu'aprés son subst.

SouPECB. Subst. m. Le passage suivant de Voltaire fera bien comprendre ce qu'on eniendail quelquefois [tar ce iii'>t : « Je ne mus reproche point de soupir tous tes soirs avec M de lu Popelinière, /nais Je vous reproche de vivre cmme si l homme avait été créé uniquement p. ur super: vous n'aves d'existence que depuis dix heures du soir jusqu'à deux heures après minuit. Il n'y a soupeur qui se couche, ni bégueule qui se lève plus tard que vous. » On dirait aujourd'hui en ce sens, dîneur.

Soupir. Subst. m. le r final se fait sentir. .'^oDPinER. V. n. de la i" conj. Dans le sens d'aspirer, de prétendre a une chose, de la Jésirer, de la reohcreher avec ardeur, avec pa.ssion, ce verbe est ordinairement suivi de la préposition après, ou de la pr6[iosilion pour : Les avares soupirent sans cesse après les richesses, les ambitieux après les honneurs, les dignités. Il soupire pour cette femme. — On dit soupirer de douleur, (['amour, de regret.

Les poètes emploient souvent ce verbe dans un sens actif :

Tantôt TOUS «oupirïci mes peines.

Tantôt TOUS chiDtiei mci plaiiiri.

|MlLOIBB>, Ht. III, odt pour U rrirx m<r> du roi, pendant ta réjtnei, 23.

Toi qui. d'un même jou~ snulTranl l'oppreiiion, M'aidais 4 toupir^r le» raaihenri de Siou.

(RiC, Eith., act. I, le. i, 5.)

SOU

Ce n'était pa> jadis sur ce ton riiilcule Qu'amour dictait les vers que «oupiratt Tibulle. (BoiL., A. P., II, 55.)

Il (l'Amour) vole vers Yaucluse,

Asile encor plus doux, lieux où dans ses beaux jours Pétrarque soupira ses vers et sus amours.

(Volt., U(mr., IX, 122.)

SoDPLE. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son siibst. : Du cuir simple. L'osier est souple. — Un homme sovple, un caractère souple.

Source. Siil)St. f. Voyez Fotiiaine.

SocnciL. Sul)Si, m. On prononce Sourci.

SoonciLLEi^. V. n. de la d'* cônj. On mouille les /. Il s'emploie ordinairement avec la négative . Il n^a pas sourcillé, elle n'a pas sourcillé

SoDRciLLEUx, SocRciLLiîcsE. Adj. Autrcfois on le disait des personnes, dans le sens de hautain, d'orgueilleux; aujourd'hui il ne se dit plus (jue des choses, et seulement eu poésie : Montagnes sourcilleuses, rochers sourcilleux.

I<ur insensible pente

Vous conduit par degrés à ces monts sourcilleux

Qui pressent les enfers et qui fendent les cieux.

(Volt., ÉpHre LXXYI, 20.)

Il ne se met qu'après son subst.

Sourd, Sourde. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un hemriic sourd, une femme sourde. — Un bruit sourd. — U^ne douleur sourde. — Pratiques sourdes, sourdes pratiques ; menées sourdes, sourdes menées. — Figurément, il régit la préposition à .■ Etre sourd aux prières, aux menaces, etc.

Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds. (RaC, Iphig., acl. II, se. il, 42.)

Sourds aux cris douloureux des peuples opprimés. (Volt., Henr., III, 58.)

S'mrd et muet, sourd-muet. On peut employer ces deux expressions. La première désigne un individu muet en même temps qu'il est sourd, mais chez lequel le mutisme est indépendant de la surdité : hi seconde, un individu muet eu luéme temps qu'il est sourd, mais chez lequel le muli.sme n'est qu'une conséquence de la surdité. Voilà pourquoi on doit dire : L'Inslilufi- n des S"urds- Muets, cl non l'Institution des Sourds et Muet.f.

Sour.DEMENT. Adv. On peut le meltre entre l'auxiliaire et le pnrticipe : //, avait mené sourdement celle intrigue , ou il avait sourdement mené cette intrigue.

Sourdre. V. n. et défectueux de la 4' conj. Il n'est guère d'usage qu'a l'infinilif, sourdre, et aux troisièmes i)ersoimcs du présent de l'indicatif : L'eau sourd, les eaux snurdent.

Sourire. V. n. de la 4« conj. Il se conjugue comme rire. Voyez ce mot. Sourire de dédain, de pitié. — Sourire à quelqu'un.

Je reçus et je vois le jour que je respire. Sans que mère ni père ait daigné me aoun'rs.

(lUc, /phij.,act. II, se. 1, 31.)

Sournois, Sournoise. Adj. On peut le mettre avant son subst.. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme sournois, un enfant sournois, une humeur sournoise, cette sournoise

SOU

humeur. — Ce mot est exclu du style noble. Voyez adjectif.

Sous. l'rcposilion. On ne prononce le s final que devant une voyelle.

SoU.'i-AMEJiDE.MEriT, SOUS-ARBRISSE VU, S0US-B.\1L,

Sous-puÉFET, etc., l'ont au pluriel des sous-amendements, des sous-arbrisseaiix, des sous-baux, des sous-préfets, etc. Voyez Composé.

Souscription. Subst. t. 7Ï se prononce comme ci. Il ne faut pas confondre souscription avec suscriplion. Souscription se dit de la signature qu'on met au bas d'un acte pour l'approuver, ou de celle (jue l'on met au bas d'une lettre que l'on a écrite ; suscription se dit de ce qui est écrit audessus d'une leiire, d'un acte^ ou de ce (jui se met au dos d'une missive ou u'un acte mis sous enveloppe.

Souscrire. V. a., n. et irrégulier de la 4» conj. Il se conjugue comme écrire. Voyez ce mot. Souscrire un contrat, le signer. Souscrire àquelque chose, y consentir. Souscrire pour un ouvrage de littérature.

Sous-DivisER et Socs-DivisiON. Voyez Subdiviser.

Soustraire. V. a. et irrégulier delà 4' conj. 11 se conjugue comme traire. Voyez ce mot: Sdustraire des papiers, des bijoux. — Se soustraire à. la fijrannic. se soustraire aii châtiment.

* Sous-TïR.\N. Subst. m. Mot nouveau dont personne ne peut contester rulilitè, si ce n'est ceux à qui on pourrait l'appliquer. Voltaire a dit : '< Les barbares qui , des bords de la mer Baltique, fondirent dans le reste de V Europe, appiirtùrent avec eux l'usage des états ou parlements... Les chefs de ces sauvages se firent monarques: leurs capitaines partagèrent entre eux les terres des vaincus. De là ces sous-lyrans qui disputaient avec des rois mal affermis les dépouilles du peuple. »

SouTE^ABLE. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. et s'emploie souvent avec la négative: Opinion soute nuble , proposition souienuble. — Un procédé qui n'est pas soutenubl-o, Un poste qui n'est pas soittenuble.

SooTEMR. V. a. et irrégulier de la 2« conj. Il se conjugue comme tenir. Voyez Irrégulier : — Snutcnir un mur, une charpente. — Soutenir sa réputation, soutenir la conversation. — Dans Ir sens d'affirmer, il régit ç-t^e avec l'indicatif, quriiid le second verbe ne se rapporte pas au sujet du verbe soutenir : il soutient que vous l'avez dit ; et il régit l'infinitif sans préposition, quand le second verbe se rapporte à ce sujet : il soutient l'avoir vu. — Dans le sens d'appuyer, protéger, il régit quelquefois dans la même j)hrase, pour complément indirect, de et contre : Il a soutenu mon frère de son crédit contre ses ennemis.

Les poètes emploient volontiers ce verbe au figuré :

A-t-il jusqu'à la fin soutenu ta fierté?

(Rac, Ândrom., act. V, se. Il, 19.)

Vos mains de mon empire ont soutenu le poids.

(Volt., Sémir., aol. II, se. vu, 6.)

Leurs bataillons serrés pressent de' toutes parts Ce roi dont ils n'osaient soutjnir les regards.

(Volt., Henr., VI, 241.)

Souterrain, Souterraine. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsiiue l'analogie et l'harmonie le permettent ; ChemiA souterrain, ventt

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