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stance de cinq vers. — Les stances de treize vers ne sont plus en usaçe.
STArlo^^Ali•.E. Ailj. des deux genres. Cet adjectif est originairement un terme d'astronomie. Depuis <iuel<nie temps on l'emploie dans le lanjjaïc ordinaire : Les arls furent stalionnaires. Il ne se met qu'après son substantif.
Stentor. Subst. m. C'est te nom d'un homme dont parle Homère. Sa voix était plus éclatante que l'airain; seul, il se faisait entendre de plus loin que cin(|uante hommes des plus robustes, et il servait de trompette à l'armée. C'est par allusion a ce porsnnnaije fabuleux qu'on dit qu'«/t homme a vue voix de stentor, pour dire qu'il a une voix trés-forte.
Stérile. Adj. des deux genres. On peut le naettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le iicrmcltenl : Champ stérile, terre stérile, arbre stérile. — Femme stérile. — Année stérile. — Esprit stérile, sujet stérile, gltiire stérile, admiration stérile. — U/t stérile sujet, une stérile gloire^ une stérile admiration.
Par de stériles vœux pensei-vous m'honorer?
(RiC, Âth., act^, se. I, se.)
Voyez Adjectif. Cet adjectif, suivi d'un régime, prend la préposition en : Le temps est stérile en nouvelles. Ce siècle est stérile cn orateurs.
Stigmate. Subst. m. On appelait stigmates^ chez les anciens, une marque qu'on imprimait sur l'épaule gauche des soldats qu'on enrôlait. Chez nous, on entend ordinairement parce mot les marques des plaies de Jésus-Christ, (ju'on i)rétend avoir été imprimées, par faveur du ciel, sur le corps de saint François.
On l'emploie par extension en histoire naturelle. Buffon a dit que les chumeanx portent toutes les empreintes d,: la servitude, cl les stigmates de la douleur. [Du chameau, t. XV, p. 346.) H a dit aussi, cette bosse du bison, comme celle du chameau, est moins un produit Je la nature qu'un effet du travail, un stigmate d'esclavage. {Du buffle, etc., l.X\,\Ki\0.)
On appelle aussi stigmates, en histoire naturelle, certains points qu'on aperçoit aux côtés du ventre de plusieurs insectes, et qui sont les organes extérieurs de la respiration. En botanique, on appelle stigmate la partie qui termine le style, dans les pistils des fleurs.
Stimulant, Stimulante. Adj. verbal tiré du v. stimtiler. Il ne se met qu'après son subst. : Bcmède -stimulant.
Stoïcien, Stoïcienne. Adj. qui se met toujours après son subst. : Philosophe stoïcien, doctrine stoïcienne, opinion stoïcienne. On l'emploie aussi substantivement : Un stoïcien. \ oyez Stoiguc.
Stoïque. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'aiialosie : f^ertu stoïque, cette stoïque vertu; indifférence stoïque, cette stoïijtte indifférence ; un courage stoïque, ce stoïque courage.
Mais il ne permet pas à ses etoïques mains De se souiller du sang des malheureux liumains.
^VOLT., Ilenr., VIII, 199.)
De mes etoïques yeux des larmes ont coulé.
(Volt., ilort de César, act. III, se. ii, SI.)
On confond assez souvent les adjectifs stoïque et stoïcien, qui ne signifient pas exactement la même chose. Stoïcien se dit de la doctrine, des maximes, des opinions àes stoïciens ; stoïque se dit de la vertu, du caractère de ces philosophes.
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Le premier va à l'esprit, le second à l'humeui et à la conduite : Une vertu stoïque est une vertu courageuse et inébranlable ; une vertu stoïcienne pourrait bien irélre qu'un masque de pure représentation. Panétius, disciple de Zenon, pluattaché à la [iraliquc (lu'uux dogmes de la philosophie, était plus stoïque cjue stoïcien.
Stoïquement. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe : // a supporté stoïquement ce malheur.
Stomacal, Stomacale. Adj. qui ne se metcju'après son subst. : Le vin est stomacal, alimeni stomacal. Voyez Stomachique.
Stomachique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : P'eines stomachiques.
Stomachique ci st(,macalsc prennent tous deux substantivement. 11 semblequela différence qu'il y a entre ces deux expressions, c'est (jue stomacal se dit des choses naturelles, et stomachique des compositions artificielles. ( Féraiid. ) — L'Académie ne dit pas (jue stomacal [misse se prendre substantivement, et la Grammaire des Grammaires (p. 1272) dit positivement qu'il n'y a que stomachique qui s'emploie ainsi.
Strict, Stricte. Adj. On fait sentir le c et le t. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une obligation stricte, une stricte obligation ; un devoir strict — On dit d'un terme qu'il faut le prendre dans un sens strict.
Strictement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a rempli strictement ses obligations, ou il a strictement rempli ses ohligations.
Strophe. Subst. f. Terme de poésie. On appelle ainsi les stances dont les odes sont composées. La strophe est dans les odes ce que le couplet est dans les chansons. Une strophe doit avoir au moins quatre vers, dix au plus. La première strophe sert toujours de règle aux autres strophes de la même ode pour le nombre, la mesure des vers, et [mur l'arrangement des riines.
Studieusement. Adv. H se met ordinairement entre l'auxiliaire et le participe : Cela est studieusemen t travaillé.
Studieux, Studieuse. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme studieux.
Stopéfait,Stupéfaite. Adj. Il nesemet qu'après son subst. : Il est stupéfait.
Stupide. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille e l'analogie : Un homme stupide, une femme stu~ pide. — Un silence stupide, un stupide silence ; une insensibilité stupide, une stupide insensibilité. Voyez Adjectif, Idiot.
Stupidement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est conduit stupideuient, ou il s'est stupidement conduit dans cette affaire.
Style. Subst. m. Terme de grammaire et de littérature. C'est la manière d'exprimer ses pensées de vive voix ou par écrit.
Les mots étant choisis et arrangés selon les lois de l'harmonie et du nombre, relativement a l'élévation ou a la simplicité du sujet qu'on traite, il en résulte ce qu'on appelle */y/e.
Il y a trois sortes de style :\e simple, le moyen, et le sublime, ou plutôt le style élevé. —Le style .simple s'emploie dans lesentretiens familiers, d.ms les lettres, dans les fables. Il doit être pur, clair, .sans ornement apparent. Nous en parlerons plus bas. — Le style sublime, et ce qu'on appelle le subliinc, ne sont pas la même chose. Celui-ci est I tout ce qui enlève notre àme, qui la saisit qui la
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trouble tout <i coup ; cVst un éclat d'un moment. Le style sublime peut se soutenir loncrtomps ; c'est un ton élcvé,uncmarchcnobleet majestueuse.
Xai TU l'impie adoré sur la terre :
Pareil au cèdre, il porlail dans les cieui Son fronl audacieux; Il semblait à son pé gouTerner le tonnerro, Foulait aux pieds ses ennemis v;iinciis; Je n'ai fait que passer, il n'était déjà plus.
(Rlc, Etth.,3LCl.\, se. VI, 9.1
Les cinq premiers vers sont du style sublime, sans être sublimes; le dernier c^t sublime, sans être (lu stylo sublime. Voyez SuhUme. — Le stijlc vwyeii,o\\ 7neJ/oc»-e,tipnt'le milieu entreles deux ; il a i.iuie la netteté du style simple, et reçoit tous les ornemontset tout le colorisde l'cloculion.
Ces trois sortes de styles se trouvent souvent dans le même ouvrage, parce que la matière s'élevant et s'abaissant, le style, qui est comme {)ortc sur la matière, doit s'élever aussi et s'abaisser avec elle. Et comme dans les matières lout se tient, se lie par des nœuds secrets, il faut aussi que lout se tienne et se lie dans les stvles. Par conséciuent, il faut y ménaner les passâiies, les liaisons, affaiblir ou forlilier insensiblement les teintes, à moins que la matière ne se brisant tout d'un coup, et devenant comme escarpée, le style ne soit obligé de changer aussi brusquement.
Comme on écrit en vers et en jjrose, il faut d'abord marcjuer quelle est la différence de ces deux genres (le style. La prose, toujours limidc, n'ose se permellre les inversions qui font le sel du style poétique. Tandis que la prose met le régissant avant le régime, la poésie ne manque pas de filtre le contraire. Si l'actif est plus ordinaire dans la prose, la porsie le dédaigne et adopte le passif. Elle entasse les épitliètes, dont la prose ne se parc qu'avec relcnue. Elle n'apiieile point les hommes par leurs noms; c'est le fils de Pelée, le beriror de Sicil', le cygne de Dircée. L'aimée est chez elle le grand cercle qui s'achève parla rév(jluliùn des mois. Elle donne un corps à tout ce qui est spirituel, et la vie â tout ce qui no l'a point. — Ce n'est pas tout; cha(iun genre de poésie a son ton et ses couleurs. Les qualités principales du style épique sont la force, rélégancc, l'harmonie et le coloris. Le style dramalique doit toujours être conforme » l'état de celui qui parle. Un roi, un simple piutictilier, un commerçant, un laboureur, ne doivent point parler du même ton. Mais ce n'est pas assez; ces mêmes hommes sont dans la joie ou dans la douleur, dans l'espérance ou dans la crainte: cet état actuel doitdonner encore . une seconde conformation à leur stvie, laquelle sera fondée sur la première, comme cet élataclueï est fonde sur l'habituel. — Le style de la comédie d'.it être simple, clair, familier; mais jamais bas ni rampant. Il est vrai que la comédie doit élever quelquefois son ton ; mais dans ses plus grandes hardiesses elle ne s'oublie point, elle est toujours ce qu'elle doit être. Si elle allait jusqu'au tragique, elle serait hors de ses limites. Son style demande encore d'être assaisonné de pensées fines, d(ilicates, et d'expressions plus vives qu'éclatantes. — /.e style lyrique s'élève comme un liait de flamme, et tient par. sa chaleur au sentiment et au goût : il est lout rempli de l'enthousiasme que lui inspire l'objet présent à sa lyre; ses images sont sublimes, ses sentiments pleins de feu. De là les termes riches, forts, hardis, les sons harmonieux, les figures brillantes, hyper- Doliques, et les tours singuliers de ce genre de
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poésie. — Le style bucoli'/iietloii être sansapprêt, sans faste, doux, simple, na'if et gracieux dans ses descri[)(ions. — Le style Je Vapohigue doit être simple, familier, riant, gracieux, naturel et na'i'f. La simplicité de ce style consiste à dire en peu de mois, et avec les termes ordinaires, tout ce qu'on veut dire. 11 y a cependant des fables où La Fontaine prend l'essor, maisct-la ne lui arrive que quand les personnages ont de la grandeur et de la noblesse. D'ailleurs celle élévation ne détruit point la simplicité, qui s'accorde, on ne peut mieux, avec la dignité. Le familier de l'apologue est un choix de ce qu'il y a de plus noble et de plus délicat dans le langage des conversations; le riant est caractérisé par son opposition au sérieux, le gracieux par son opposition au désagréable. Sa majesté fturrt'.i-, une Hélène nu beau plumaffe[\iv. \\l, fabl.xiii, 9), sont du Style riant. Le style gracieux peint les choses agréables avec lout l'agrément qu'elles peuvent recevoir :
Des lapins qui, sur la bruyère, L'œil éveillé, l'oreille au guet, S'éirayaienl, et de thym parfumaient leur banijuet. —, (Liv. X, fabl. xv, 19.
Le naturel est opposé en général au force; le naïf l'est au réfléchi, et semble n'appartenir ([u'au sentiment, comme la fable de la Laitière. Le style de la prose peut être périodique ou coupé, dans tout genre d'ouvrage. — Le style périodique est celui où les propositions ou les phrases sont liées les unes aux autres, soit par le sens même, soit par des conjonctions. Le style c lupé est celui dont toutes les parties sont indépendantes et sans liaison réciproque. Un exemple suffira pour les deux espèces: Si M. de Turenne ii'arait su que combattre et vaincre, s'il ne s'était élevé au-dessus des vertus htnnaines, si sa valeur et sa prudence, n'avaient été uniuiérs d'u?i esprit de foi et de charité, je le mettrais au rang des Fabius ci des Scipimis. (Fléchicr, Oraison fun. de Turenne, p. 'J27.) Voilà une période qui a quatre membres, dont le sens est suspendu : Si M. de Turenne n'avait su que combultrc et vaincre, etc. Ce sens n'est pas achevé, parce fjue la conjonction si promet au moins un second membre; ainsi le style est là périodique. Le veut-on coupé, il suffit d'ôter la con unclioii. AI. de Turenne a su autre chose que combattre et vaincre ; il s'est élevé au-dessus des vertus hu7naines; sa valeur et sa prudence étaient ani- 7aies d'un esprit de foi et de charité ; il est bien au-dessus des Fabius et des Scipions. — Le style périiidique a deux avantages sur le style coupé, le premier, qu'il est plus harmonieux ; le second, qu'il tient l'esprit c'i suspens. La période commencée, l'esprit de l'auditeur s'engage, et est obligé de suivre l'orateur jusqu'au point, sans (juoi il perdrait le fruit de l'attention qu'il a donn('e aux iireiniers mois. Cette suspension est trésajréable à l'auditeur ; elle le tient toujours éveillé et en haleine. — Le style coupé a plus de vivacité et plus d'éclat. On emploie tour à tour le stylo périodique et le style coupé, suivant que la matière l'exige.
Mais cela ne suffit pas pour la perfection uu style. La même remarque que nous avons faite au sujet de la poésie s'applique égaleincnt à la prose; je veux dire (jue chaque genre d'ouvrage en prose demande le style qui lui est propre. Le slyle oratoire, le style historique et le style épisUilaire, ont chacun leurs règles, leur ton, et leurs lois particulières.
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Le style oratoire veul un arrangement choisi, des pensées et des expressions conformes au s«|nl qu'on doit traiter, (et arrangement des mois et des pensées comprend toutes les espèces de ligures de rhétoriijue, et toutes les comlîinaisonsqiii peuvent produire l'harmonie et le nombre. — l.e caractère principal du style historique est la clarté. Les images brillantes figurent avec éclat dans l'histoire; elle peint les faits : c'est le combat des Iloraccs et des Curiaccs, c'est la peste de Rome, l'arrivée d'Âgripitine avec les cendres de Gcrmanicus, ou Germanicus lui-mcme au lit de la mort. Elle peint les traits du corps, le caractère d'esprit, les mœurs : c'est Caton, Catilina, Pison. — l.a simplicité sied bien au style de l'histoire; c'est en ce pointqueCésar s'est montré ic premier homme de son siècle. Son style, dit Cicéron, n'est ni frisé, ni paré, ni ajusté; mais il est plus beau que s'il l'élail. — Une des principales (lualités du style historique, c'est d'être rapide. — Enfm il doit être proportionné au sujet. Une histoire générale ne s'écrit pas du même ton qu'une histoire particulière; c'est presque un discours soutenu ; elle est plus périodique et ])lus nombreuse. Cicércn demande pour le style de l'histoire des périodes nombreuses, semblables, dit-il, à celles d'Isocralc; mais il ajoute que ces nombres fatigueraient bientôt i'oreille s'ils n'étaient pas interrompus par des incises. Ce mélange a de plus l'avantage de donner au récit plus d'aisance et de naturel : or, quand on est obligé, comme l'historien, dédire h vérité, et de ne direqne la vérité, on doit éviter avec soin tout ce qui ressemble à l'artifice. — Le style épislohnre doit se conformer à la nature des lettres (pi'on écrit. On peut distinguer deux sortes de lettres; les unes philosophiques, où l'on traite d'une m.nnière libre quelque sujet littéraire; les autres familières, qui sont une espèce de conversation cntic les absents. Le stylo de celles-ci doit ressembler à celui d'un entrelion, tel qu'on l'aurait avec la personne même si elle élait présente. Dans les lettres philosophiques, il convient Je s'élever quelquefois avec la matière, suivant les circonstances. On écrit d'un style simple aux personnes les plus qualifiées au-dessus de soi; on écrit à ses amis d'un style familier. — Leslyle épislolairc n'est point assujetti aux lois du discours oratoire. Sa marche est sans conlrainte. Il est une sorte de négligence qui plait, de même qu'il y a des femmes à qui il sied bien de n'être point parées. — Le style épistolaire admet toutes les figures de mots et de pensées, mais il les admet à sa manière. Il y a des métaphores pour tous les états; les suspensions, les interrogations, sont ici [)ei-mises, parce que ces tours sont les expressions mêmes de la nature.
Mais soit (pie l'on écrive une lettre, une histoire, une oraison, ou tout autre ouvrage, il ne faut jamais oublier d'être clair. La clarté de l'arrangement des paroles et des pensées est la première qi;;iliU' dû style.
A la clarté du style, joignez, s'il se peut, la noblesse et l'éclat, mais un éclat qui soit soutenu. Un éclair qui nous éblouit passe légèrement devant les yeux, et nous laisse dans la tranquillité où nous étions auparavant; un faux brillant nous surprend d'abord et nous agite ; mais bientôt après nous rentrons dans le calme, et nous avons honte d'avoir pris du clinquant pour de l'or.
Quoique la beauté du style dépende des ornements dont on se sert pour l'embellir, il faut les Stténager avec adresse; car un style trop orne
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devient insipide. — Tâchez surtout d'avoir un style qui revêle la couleur du sentiment; cette couleur consiste dans certains tovirs de phrase, dans certaines figures qui rendent les expressions touchantes. Si l'extérieur est triste, le stylejdoil y répondre. 11 doit toujours être conforme à la situation de celui ([ui parle.
Enfin il est une autre qualité du style qui enchante tout le monde; c'est la naïveté. Le style naïf ne prend que ce qui est né du sujet et des circonstances; le travail n'y paniit pas plus que s'il n'y en avait point. La naïveté du style consiste dans le choix de certainesexpressions simples qui paraissent nées d'elles-mêmes plutôt que choisies ; dans des constructions laites comme par hasard; dans certains tours rajeunis, et qui conservent encore un air de vieille mode. 11 est donné à peu de gens d'avoir en partage la naïveté du style; elle demande un goût naturel perfectionné par la lecture de nos vieux auteurs français, d'Amyot, par exemple, dont la naïveté du style est charmante.
Les plus glands défauts du style sont d'être obscur, affecté, bas, ampoulé, froid, ou toujours uniforme. L'obscurité du style est le ])lus grand vice de l'élocution, soit qu'elle vienne d'un mauvais arrangement de paroles, d'une consiruction louche et équivoque, ou d'une trop grande brièveté.— L'affectation dans le langage et dans la conversation est un vice assez ordinaire aux gens qu'on appelle èeaî/x /)a?7c!o-s. Il consiste à dire en termes bien recherchés, et quelquefois ridiculement choisis, des choses triviales ou communes. C'est [lour celte raison que les beaux parleurs sont ordinairement si insupportables aux gens d'esprit, qui cherchent beaucoup plus à bien penser qu'à bien dire, ou plutôt qui croient que, pour bien dire, il suffit de bien penser; qu'une pensée neuve, forte, juste, lumineuse, porte avec elle son expression, et qu'une pensée commune ne doit jamais être présentée que pour ce qu'elle est, c'est-à-dire avec une exi)ression simple. — L'affectation dans le style est à peu près la même chose que l'affectation dans le langage, avec cette différence que ce qui est écrit doit être naturellement un peu plus soigné que ce que l'on dit, parce qu'on est supposé 'y penser mûrement en l'écrivant ; d'où il suit que ce qui est affectation dans le langage ne l'est pas quelquefois dans le style. — La bassesse du style consiste principalement dans une diction vulgaire, grossière, sèche, qui rebute et dégoûte le lecteur. — Le style ampovlé n'est (pi'une élévation vicieuse; il ressemble à la bouffissure des malades. — Le style froid vient tantôt de la stérilité, tantôt de l'intempérance des idées; celui-là parle froidement qui n'échauffe point notre àme, et qui ne sait point l'élever par la vigueur de ses idées et de ses expressions. — Le style trop uniforme nous assoupit et nous endort. — La variété, nécessaire en tout, l'est dans le discours plusqu'ailleurs. Il faut se défier de la 7noiioto7ne du style. et savoir passer du grave au doux, du plaisant au sévère. — Pour se former le style, il faut lire beaucoup les meilleurs écrivains, écrire soimême, et soumettre ce qu'on écrit à un censeur judicieux; imiter d'excellents modèles, et se proposer de leur ressembler. Il faut aussi étudier les hommes, et prendre, d'après nature, des expressions qui soient non-seulement vraies, comme dans un portrait qui ressemble, mais vivantes et animées comme le modèle même du portrait. (Le chevalier de Jaucourt.) Voyez Âm-
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poule, Nombre, Harmoitie, Pocsie, Prose, Coupe, Rlocxtiion, Empèse, Figuré.
Suant, Siame. Adj. verbal tiré du v. suer. Il ne se met ([u'aprés son subsl. : Le visage suant, fes mains suantes.
Suave. Adj. des deux genres. On peut le mettre yjircs son subst., lorsque l'iinalogie et l'iiarmonie le perdiettent : Une ndeur suave , celte suave odeur. — Une mélodie suave, cette suave mélodie. \ oyez Adjectif.
Subalterne. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'après son subst. : Un juge subalterne, vn officier subalterne
Subdiviser. V. a. de la !'« conj. A'oyez Subdivisii'n.
ScBDivisioN. Subst. f.Féraud blâme les auteurs qui écrivent sous-diviser, et sous-division. IJ noue semble que c'est mal à propos. Pourquoi ne p;is franciser les mots qui viennent du latin, afin de les mettre autant qu'il est possililc à la portée de l'intelligence du commun des lecteurs? Puisque l'on dit souscription et non subscription, souscrire et non subscrire, soustraire et non substraire, soustraction et non substraction, etc., etc., [jourquoine dirait-on pas sous-diviser et sous-division, au lieu de subdiviser et subdivision ?
Subir. V. a. de la 2' conj. Racine a dit subir la mort, subir Vignominie.
Plutôt que dans mes mains par Joad soit livré In cnfaulqu'i son dieu Jouda consacré, Tu lui verras iulir laraorllaplus terrible.
(Rac, Àth., act. III, se. m, 46.)
Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie.
(Rac, mihr., act. V, se. v, iO.)
L'Académie ne fait pas connaître celte dernière expression.
Subit, Subite. Adj. On peut quelquefois le mettre avant son subst. : Mouvement subit, mort subite, changement subit, cette apparition subite, cette subite apparition.
ScBITEME^T. Adv. Il ne se met qu'après le verlje : Cela est arrivé subitement .
Subjonctif. Subst. m. Le subjonctif est un mode qui sert à marquer la subordination du verbe d'une prop(jsition subordonnée, au verbe de la proposition principale, avec un rapport indéterminé au temps. Cette subordination est telle, (]ue la proposition dont le verbe est au subjonctif ne l'orme plus un sens complet dés qu'elle est séparée de la proposition principale. Ainsi dans cette phrase, /e veux îi/eraus partiez, gue vous partiez est tellement subordonné à je veux, (pi'il n'a aucun sens déterminé s'il est séparé de ce verbe, ^oycz f^crbc.
Résumé des temps du subjonctif.
Subjonctif. — Présent ou futur. Que je fasse. Ce temps peut être un présent ou un futur, suivant les circonstances.
Imparfait. Ôuc je fisse.
Ce temps peut être passe ou futur, suivant les circonstances.
Passx. Que j'aie fait.
Ce temps peut être passé ou futur, suivant les circonstances.
Plus-que-parfait. Que j'eusse fait.
Ce temps peut être un passé ou un futur, suivant les circonstances.
11 n'est pas toujours aiso de distinguer las cas
SUB
où l'on doit employer le subjonctif. Voici des règles qui peuvent servir de guide :
1» Il faut mettre au subjonctif le verbe d'une proposition subordonnée, quand le verbe de la proposition principale exprime surprise, admiration, volonté, souhait, consentemenl, défense, doute, crainte, dénégation, commandement : 7« suis (tonné, je suis surpris qu'il en ait agi ainsi. Je ne veux pas qu'il le fasse; je doute qu'il le fasse. Je cherche quelqu'un a qui je puisse me confier. Je craignais qu'ils jje vinssent. J'ai peur que cela -ne vous fasse de la peine. Il vie tarde bien que je sois hors d'affaire. Je suis charmé que cela se soit passéainsi. Je veux aue vous 77('obéissiez.
2° Il faut mettre à l'indicatif le verbe de la proposition subordonnée, lorsque le verbe de lu proposition principale affirme directement, positivement, et sans idée accessoire de doute, de crainte, d'incertitude, etc. : Je crois qu'i\ y a un Dieu. Je pense que deux et deux font quatre. Je cherche un homme que j'ai vu hier. Je suis que vous avez étudié les mathématiques. Je soutiens que c'est mon frère que j'ai vu. Je gage qu'il a dit cela.
3" Les i)ropositions interrogatives exigent le subjonctif, s'il s'agit d'une chose vague, douteuse, incertaine, ou que l'on regarde comme telle Croyez-vous qu'il veuille y consentir'^ Pensezvous que ce soit luif Elles exigent l'indicatif, quand il s'agit d'une vériié incontestable, ou regardée comme telle par celui qui interroge. Ainsi on dira, croyez-vous que deux et deux font quatre ? Une personne (jui croirait fermement à la création dirait, croyez-vous que Dieu a créé le ciel et la terre? ou ite croyez-vous pas que Dieu a créé le ciel et la terre9Si elle en doutait, elle dirait, croyez-vous gue Dieu ail créé le ciel et la terre?
Comparons quelques-unes de ces pro[)ositions, afin de faire mieux sentir leurs différences.
Je crois qu'il y a U7i Dieu ; mit croyance est affirmée d'une manière positive, sans accessoire de doute, d'incertitude. Je ne suis pas sûr qu'il y ait tin Dieu; doute, incertitude.
Je cherche un homme que j'ai vu hier. Point de doute, point d'incertitude sur l'objet que je cherche, c'est celui que j'ai vu hier. Je cherche quelqu'un qui veuille m'obliger. Il y a doute, incertituilc sur l'objet que je cherche; je ne sais si je le trouverai.
Je sais que vous avez étudié les inathématiques. J'en ai la connaissance positive, certaine. Je ne savais pas que vous eussiez étudié les mathématiques. Je n'en avais pas la connaissance positive, certaine, je l'ignorais.
Je suis surpris qu'iï ait changé. L'objet de l'alfirmation n'est pas ])0silil', certain; quoiqu'il ait changé, je témoigne par ma surprise que jo croyais qu'il ne changerait pas. Il a épousé une femme qui a de la vertu; objet réel, positif. Je veux épouser une femme qui ait de la vertu; objet incertain.
Je pense çu't'Z arrivera; l'arrivée est déterminée. Je ne pense pas qu'il arrive; l'arrivé;. n'est pas exprimée positivement; au contraire clic est niée.
Je gage qu'il a dit cela; affirmation positive. Je ne gage pas qu'il ait dit cela; incertitude, négation. Je crois qu'il y a mie révélation; je ne crois pas, je doute qu'A y ait une révélation.
Je prétcndsqu'il a raison. 11 s'agit d'une chose présentée comme existant réellement. Je prétends
Sun
fveroMswi'ohéissie/. Il s'agit d'uno chose conlingentc, qui peut arriver ou ne pas arriver; car on peut vous obéir ou ne pas vous obéir.
// prétend que tout dépend de lui, que tout est actuellement, réellement sous sa dépendance. Il ptéteiid que tout dépende de lui, c'esi-à-dire que tout soit i)our l'avenir sous sa dépendance, ce <]ui peut étie ou ne pas être.
f^oxis ordonnes que je me taisc, vous roules que je fuie, rovs aimes mieux que je m'en aille. L'afiirmaliun ne porte pas sur des choses réelles et positives; je puis parler ou me taire, fuir ou rester, m'en aller r>u rester.
4" Les expressions conjonctives suivaiilcs sont ordinairement suivies du subjonctif: jdfin que, afin que roi/.; /e sachiez. ^ moi/is que, à moins qu'il ne veuille pas. Avant que, arajit que Je fusse venu. En cas que, en cas qu'il fit difJlcuUé. Bien que, bien que cela dépendit de lui. Encore que . encore qu'il Soit fort jeune. Quoique, quoiqu'il y ait consenti. De' peur que, de peur qu'il 7ie s'en aille. De crainte que, de crainte qu'il ne ss dédise. Jusqu'à ce que, jusqu'à ce que tout soit fini. Posé que, posé que cela fût. Pour'vuque, pourvu qu'il fasse ce qu'on lui a dit, etc.
5" Les temps du subjonctif sont aussi employés dans certaines phrases ellipliiiues, comme, puissiez-vous 7"ews*'<r, c'est-à-dire je désire que vous réussissies. Eusse le ciel que 7foi/5 ayons bientôt la paix, c'est-à-dire je désire que le ciel fasse en sorte, etc. Qu'il fasse, qu'il s'amuse, etc., que les grammairiens npiMilIent des troisièmes personnes du prosent de l'impératif, sont réellement des phrases elliptiques avec la forme du subjonctif. Qu'il fasse, c'est-à-dire il faut qu'il fasse; qu'il s'amuse, c'est-à-dire j'ordonne, je coiisens qu'il s'amuse. Qu'il médite beaucoup avant que d'écrire, c'est-à-dire il faut, il est nécessaire, il est convenable, je lui conseille, etc., qu'il médite beaucoupavantque d'écrire. Qu'elles aient tout préparé quand ?ious arriverons, c'eslà-dire, par exemple, je désire ou je veux qu'elles aient tout préparé quand nous arriverons.
Voici quelle est la correspondance des temps du subjonclif avec ceux de l'indicatif, c'esl-àilire quels temps du subjonctif régissent les divers temps de l'indicatif :
Subjonctif.
SUB
que tu viennes.
Indicatif.
Je veux
Je voudrai
Quand j'aurai voulu
■Je voulais ^
Je voulus, j'ai voulu i
J'avais voulu / que Vu vinsses.
Je voudrais \
l'aurais voulu ;
Je veux
J'ai voulu
Je voudrai
Quand j'aurai voulu
Je voulais Je voulus, j'ai voulu Quand j'eus voulu J'avais voulu Je voudrais J'aurais voulu
On voit par là que, comme nous l'avons fait remaïquer au commencement de cet article, les temps du subjonctif correspondent à plusieurs temps de l'indicatif, et qu'ils peuvent exprimer
que tu aies écrit.
que tu eusses écrit, que tu fusses venu.
tantôt un présent, tantôt un passé, tantôt un futur, selon les cin-onstances et les différentes vues de Lesprit.
SiBLiME. Adj. des deux genres qui se prend substantivement. On peut le meitre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un mérite sublime, un génie sublime; un esprit sublime, U7ie âme sublime ; une pensée sublime, une sublime pensée ; des cannaissances sublimes, ces sublimes connaissances. Voyez Adjectif.
Le sublime est, dit Boileau, une certaine force de discours propre a élever et à ravir l'âme, et (lui provient ou de la grandeur de la pensée et de la noblesse (lu sentiment, ou de la magnificence des paroles, ou du tour harmonieux, vif et animé de l'expression, c'est-à-dire d'une de ces choses regardée séparément, ou, ce qui fait le parfait sublime, de ces trois choses jointes ensemble. (XIP Réflcx. crit. sur Longin.) — Le sublime, en général, est toutce qui nous élève audessus decequenousélions, etqui nousfait sentir en même temps celte élévation. Le sublime peint la vérité, mais en un sujet noble ; il la peint tout entière dans sa cause cl dans son effet; il est l'expression ou l'image la i)lus digne de cette vérité. C'est un extraordinaire merveilleux dans le discours, qui frappe, ravit, transporte l'àme, et lui donne une haute opinion d'elle-même.
On distingue le sublime des hnages et le sublime des sentiments. Ce n'est pas que les sentiments ne présentent aussi en un sens de nobles images, puisqu'ils ne sont sublimes que parce qu'ils exposent aux yeux l'àme et le cœur ; mais conmie le sublime des images peint seulement un objet sans mouvement, et que l'autre sublime marque un mouvement du cœur, il a fallu distinguer ces deux espèces par ce (jui domine en chacune.
Le sublime des images se trouve souvent dans les bons poètes. Homère et Virgile en sont remplis.
Les peintures que Bacine a faites de la grandcurdeDieu sont sublimes; en voici un exemple [Esther, act. V, se. i, 37) :
L'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage; 11 entend les soupirs de l'humble qu'on outrage. Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois.
Les sentiments S(jnt sublimes quand, fondés sur une vraie vertu, ils paraissent être au-dessus de la condition humaine, et qu'ils font voir, comme Ta dit Sénéque, dans la faiblesse de l'humanité la constance d'un dieu. L'univers tomberait sur la tête du jusle, son âme serait tranquille dans le temps même de sa chute. L'idée (le cette tranquillité, comparée avec le fracas du monde entier qui se brise, est une imaqe sublime, et la tranquillité du juste esl un sentiment sublime.
Il faut distinguer entre le sublime du senti- 7nent ct la vivacité du sentiment. Le sentiment [leul être d'une extrême vivacité sans être sublime. La colère qui va jusqu'à la fureur est dans le plus haut degré de vivacité, et cependant elle n'es; pas sublime. Une grande âme est plutôt celle (pii voit ce qui affecte les âmes ordinaires et qi]i le sent sans en être trop émue, que celle qui suit aisément l'impression des objets. Régulus s en retourne paisiblement à Carthage pour y souffrir les plus cruels supplices qu'il sait qu'on lui apprête ; ce sentiment est sublime sans être vif. — Le sublime des sentiments est ordi-
SUB
nairemeni iranquille. Une raison affermie sur elle-mênio les guide dans tous leurs mouvemcnis. L'àmc sublime n'est altérée ni des triomphes de Tibère, ni des disgrâces de Varus. Aria se donne iranquillemcnt un coup de poignard, pour donner ù son mari l'exemple d'une murt héroïque : elle retire le poignard el le lui présente en disant ce mot sublime : Pœtus, cela ne fait point de mal. On représentait à Horace fils, allant combattre les Curiaces, que peut-être il faudrait le pleurer; il répond :
Quoi! vous me pleurcriei. mourant po(jr mon pays? (Corn., Wor., aci. II, se. i, 5î.)
Voilà des sentiments sublimes ; voilà des hommes au-dessus des passions et des vertus communes. Il y a de la différence entre le style sublime et le sublime. Le premier consiste dans une suite d'idées nobles exprimées noblement ; le second est un trait extraordinaire, mers-eilleux, qui enlève, ravit, transporte. Le style sublime veut toutes les figures de l'éloquence, le sublime peut se trouver dans un seul mot. Une chose peut être décrite dans le style sublime et n'être pourtant pas sublime, c'est-à-dire n'avuir rien (jui élève nos âmes. Ce sont de grands objets et des sentiments extraordinaires qui caractérisent le sublime. La description d'un pays peut être écrite en style sublime. Mais Neptune, calmant d'un mot iës flots irrités; Jupiter, faisant trembler les dieux d'un clin d'œil ; voilà des images qui étonnent, qui élèvent l'imaginnlion. — Il ne faut pas non plus confondre le sublime avec le grand. L'expression d'une grandeur extraordinaire fait le sublime, et l'expression d'une grandeur ordinaire fait le grand. H est bien vrai que la grandeur ordinaire du discours donne beaucoup de plaisir, mais le sublime ne plaît pas simplement, il ravit. Ce qui fait le grand dans le discours a plusieurs degrés; mais ce qui fait le sublime n'en a qu'un. (Extrait de l'article Snhlime, du chevalier de Jaucourt, dans YEncyclopédie. )\o\ez Style.
StJBSTANTIEL, SUBSTANTIELLE. Adj. Il DB SC mCt
guère qu'après son subst. : Nourriture substantielle.
Slbstantif. Adj. m., qui se prend aussi substantivement. Connue adj. il ne se met qu'après son S\ibst. : Un nom substantif, rerbe svbsluntif. — Nous avons dit à l'article Nom tout ce (}ue nous voulions dire sur le substantiL Voyez Nom, formation, Participe.
StBSTANTIVF.ME^T. Adv. Il nc se met qu'après le verbe : Cet adjectif est pris svh.iia ntivement . Si, quand un adjectif est employé seul dans une phrase, on le rapporte à quelque nom sous-entendu qu'on a dans l'esprit, il est évident qu'alors il est employé comme tous les autres adjectifs, et qu'il n'est pas pris substantivement. Ainsi, quand on dit Dieu vengera les failles, l'adjectif /àzi/e* demevire un pur et véritable adjectif, et il n'est au pluriel et au masculin que par concordance avec le nom sous-entendu les hommes, que l'on a dans l'esprit. Cependant, dans le langage ordinaire des grammairiens, on dit que ces sortes d'adjectifs sont pris substantivement. — H y a cependant des cas où les adjectifs deviennent véritablement des noms, c'est lorsqu'on s'en sert comme de mots propres à marquer d'une manière déterminée la nature des êtres dont on veut parler, et que l'on n'envisage que relativement à cette idée. Que je dise, par exemple, ce. discours est vrai , une vraie di*finition, l'adjectif vrai de-
suc
meure adjectif, parce qu'il énonce une idée que l'on n'envisage, dans ces cvemplcs, que comme devant faire partie de la nature totale de ce qu'on appelle discours et définition, et qu'il demeure applicable à toute autre chose, selon l'occurrence, à une nouvelle, a un récit, à un système. Aussi, vrai, dans le premier exemple, s'accorde-l-il en genre et en nombre avec le nom discours ; et vraie, dans le second exenq)le, avec le nom définition. Mais quand on dit le vrai persuade, le mol vrai est alors un véritable nom, parce qu'il sert à présenter à l'esprit un être déterminé par l'idée de sa nature. Voyez Accord, Nom, Complément.
Substitution. Subst. f. Le premier ti garde sa prononciation naturelle, le second se prononce comme ci.
Subtil, Subtile. Adj. On peut le mettre avanT son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Matière suhtile, air subtil, sang subtil, esprit subtil, pensée subtile, cette subtile peusée, un argument subtil, ce subtil argument. Voyez Adjectif.
Subtilement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : lia entré subtilement dans ma chambre, OU il a subtilement entré dans ma chambre.
Subvenir. V. n. de la 2" conj. Il se conjugue comme venir, si ce n'est que, dans les tcnips composés, il prend l'auxiliaire avoir, au lieu de l'auxiliaire être. 11 régit la préposition à : Subvenir aux malheureux , subvenir aux besoins de quelqu'un.
Suc. Subst. m. On prononce le c.
Succéder. V. n. de la 1^^ conj. Le premier c se prononce comme un k; le second, comme un s. 11 régit la préposition à : La nuit succède au jour.
Un farouche silence, enfant de la fureur, A ces bruyants éclats succède avec horreur.
(TOLT., Henr., VI, 249.)
Tout $uccéde, madame, à mon empressement-
(RiC, Iphig., act. III, se. m, t.)
Successif, Successive. Adj. On ne le met qu'après son subst. : Mouvement successif, ordre successif.
Successivement. Adv. On ne le met guère qu'après le verbe : Toutes ces choses sont arrivées successivement.
Succinct, Succincte. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un discours succiîict, une relation succincte, cette succincte relation. — So^'ez succinct. Voyez Adjectif.
Succinctement. Aav. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe ; // a exposé succinctement ses raisons, ou il a succinctement exposé ses raisons.
Succombeb. V. n. de la l^e conj. L'Académie dit, succomber sous le poids, sous le faix ; et succomber à la douleur, à la tentation, à la fatigue, pour dire, se laisser vaincre à la douleur, se laisser aller à la douleur, se laisser aller à la tentation, être accablé de fatigue.
Voltaire a dit {Zaïre, act. III, se. vi, 40) :
Un vieillard qui succomhe au poids de ses années, etc.
Il semble qu'il faudrait dire ici, snus le poids. Mais on peut se figurer les années, ou comme un poids qui accable un vieillard, en pesant sur lui;
SUF
ou comme un poids qui l'entraîne vers le tombeau. Dans le premier cas, il faut dire sous le poids; dans le second, on pourrait justifier si/ceoviber au poids.
Le même Voltaire a dit plus régulièrement (Sémiramis, act. I, se. i, 57) :
Mais lorsque succombant au m il qui la docliirc
Ici le mal n'est pas représenté comme un poids.
Succulent, Succulente. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsijuc l'analogie et l'hannonie le permettent : friande succulente, bouillon svcctilenl, nourriture succulente ; cette succulente novrritiin'. ^'oyez Adjectif.
SuctR. V. a. de la !'« conj. Dans ce verbe, le c a la prononciation de se ; et, pour la lui conserver à tous les temps et à toutes les personnes, il faut mettre une cédille dessous, toutes les fois qu'il est suivi d'un a ou d'un o. Ainsi on écrit, nous suçons, je suçais, je suçai, et non pas nous suçons, etc.
Sucré , Sucrée. Part, passé du v. sucrer, et adj. Il ne se met qu'après son subst. : Melon sucré. — Un air sucré.
Et TOUS semblei vous bouclier les oreilles, Vous, infidèle, avec votre air sucre, Qui m'avez fait ce tour prématuré! etc.
(Volt., Enf. Prod., act. IV, se. iv, 25.)
Sud. Subst. m. On prononce le d.
ScDORiFiQuE. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'aiircs son subst. : Poudre sudorifique, breuvage sudorifique.
SuEii. y. n. de la l"conj. Les verbes dont le participe pruscnt est icrininc en uaiit exigent, à la première et a la seconde personne plurielle de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif, un tréma sur Vi placé après la lettre u : Nous suions, vous suiez, que 7iotis suïons, que vous sûtes; alin qu'on ne prononce pas ui , comme dans je suis. {Grammaire des Gravimaires, p. 5uy.)
Suffire. V. n. et défectueux de la 4" coït'. Il se conjugue ainsi qu'il suit :
Indicatif. — Présent. Je suffis, tu suffis, il suffit ; nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent.
— Imparfait. Je suffisais, tu suffisais, il suffisait; noussuffisions, vous suffisiez, ils suffisaient.
— Passé simple. Je suffis, tu suffis, il suffit ; nous suffîmes, vous suffîtes, ils suffirent. — Futur. Je suffirai, tu suffiras, il suffira; nous suffirons, vous suffirez, ils suffiront.
Conditionnel. — Présent. Je suffirais, lu suffirais, il suffirait; nous suffirions, vous suffiriez, ils suffiraient.
Impératif. — Présent. Suffis, qu'il suffise ; suffisons, suffisez, qu'ils suffisent.
Subjonctif. Pré.icnt. Que je suffise, que lu suffises, qu'il suffise; que nous suffisions, que vous suffisiez, qu'ils suffisent.
L'iiiip;irl'aîl n'est pas usité.
Participe. — Présent. Suffisant. — Passé. Suffi. Point de féminin.
Ce verbe régit à ou pour, devant les noms et les verbes : Peu de bien suffit au sage. Cette somme suffit a ses besoins, je ne puis suffire à toutes ces affaires. La vie, qui est courte et qui ne suffit presque pour aucun art, suffit pour être bon chrétien. i,Nîcole.) Cette rente ne lui suffit pas pourr/v)c.
l-orsipic ce verbe est employé impersonnellement, il régit de devant un nom et devant un
SUl
inlinitif : Il suffit ù'ètre malheureux pour être injuste. Pour réprimer at abus, il suffit de Votre fermeté. Il ne suffit pas d'un grand homme pour faire ces changements. — // suffit que vous le disiez pour que je le croie. — Se suffire à soi-même, n'avoir pas besoin du secours d'aulrui.
Suffisamment. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il y a suffisamment de monde. Il est suffisamment informé de celte affaire.
Suffisant, Suffisante. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'hiirmunie le permettent : Une somme suffisante , une troupe suffisante. — Un homme suffisant. Le suffisant personnage! Un air suffisant, une mine suffisante. Voyez Adjectif.
Suffocant, Suffocante. Adj verbal tiré du v. suffoquer. On ne le met qu'après son subst. : Catarrlie suffocant, vapeur suffocante, chaleur suffocante.
SuGGÉuEii. \. a. de lal't^ conj. On prononce les deux/7, le premier comme gue, le second comme j : Suggérer quelque chose à quelqu'un.
Quels timides conseils m'osei-vous suggérer ?
(RaC, Ath., act. III, se. VI, 53.)
Suggestion. Subst. f. Les deux g se prononcent, le premier comme gue, le second comme j. Ti conserve sa prononciation naturelle.
Suif. Subst. m. On prononce le /"final.
Suite. Subst. f. On dit tout de suite, et de suite. Ce sont deux expressions adverbiales qu'il ne faut pas confondre. De suite signifie l'un après l'autre, sans interruption: Il a marché deux jours de suite, il ne saurait dire deux mots de suile. — Il se dit aussi de l'ordre dans lequel les choses doivent être rangées : Ces livres, ces médailles ne sont pas de suite.
De suite, précédé de l'adverbe tout, signi..c incontineiit, sur Vhcure: Il faut que les enfaiityobéissent tout de suite. IL faut envoyer chercher tout de suile le médecin. Allez-y tout de suite. — Toutefois l'Académie fait remarquer que tout de suite signifie, dans certains cas, sacs interruption : Il lut trois rasades tout de suite; il u cniiru vingt postes de suile.
Suivant, Suivante. Adj . verbal tiré du v. suivre. Il ne se dit que des choses, et se met toujours a[)rés son subst. : Le livre suivant, l'article suivant.
Suivant. Préposition. Il signifie, en suivant, pour suivre, si l'un suit : Suivant la doctrine d'Aristote, ou suivant Aristote. — Selon exprime quelque chose de plus fort, de plus positif, de plus absolu : Sel in l'Évangile.
Suivre. \ . a. et irrégulier de la 4' conj. Il se conjugue ainsi qu'il suit :
Indicatif — Présent. Je suis, tu suis, il suit; nous suivons, vous suivez, ils suivent. — Imparfait. Je suivais, tu suivais, il suivait; nous suivions, vous suiviez, ils suivaient. — Passé simple. Je suivis, tu suivis, il suivit; nous suivîmes, vous suivîtes, ils suivirent. — Futur. Je suiviai, tu suivras, il suivra; nous suivrons, vous suivrez, ils suivront.
Conditionnel. — Présent. Je suivrais, tu suivrais, il suivrait; nous suivrions, vous suivriez, ils suivraient.
Impératif. — Présent. Suis, qu'il suive; suivons, suivez, qu'ils suivent.
Subjonctif. — Présent. Que je suive, que tu
SUP
suives, qu'il suive; que nous suivions, que vous suiviez, qu'ils suivent. — Imparfait. Que je suivisse, que tu suivisses, qu'il suivit; que m)us suivissions, que vous suivissiez, qu'ils suivissent.
Particiiie. — Présent. Suivant. — Passé. Suivi, suivie.
Il forme ses temps composés avec l'auxiliaire avoir.
On dit suivre une affaire, suivre un projet.
Junon n'en >ui( pas moins set projets de Tengeancc. (Dblil., firi^id., YII,785.)
■Voltaire a dit : suivre le torrent, au figuré :
Il suivait le torrent de la rcbelliun.
(tfenr., V, 5G.1
Voyez Imiter.
ScjET, Sujette. Adj. Il ne se met qu'après son suhst.. et régit la préposition à : Nous sommes sujets à la mort. — Un homme sujet à la colère.
Sujet. Subst. m. Terme de grammaire et de logique. En logique, le sujet d'un jugement est l'être dont l'esprit aperçoit l'existence sous telle ou telle relation à quelque modification ou manière d'être; en grammaire, c'est la partie de la proposition qui exprime le sujet logique. Voyez Construction, et surtout Proposition, Attribut, Complexe.
Sujet, en littérature, se dit de la matière qui sert ae fond à un ouvrage. Dans l'art dramatique, le sujet est le fond principal de l'action d'une pièce dramatique. Le sujet est réel ou d'imagination. Tous les sujets frappants dans l'histoire ne peuvent pas toujours paraître heureusement sur la scène. Leur beauté dépend souvent de quelque circonstance (juc le théâtre ne peut souffrir. Le poëte peut ajouter ou retrancher à son sujet, parce qu'il n'est pas d'une nécessité absolue que la scène donne les choses comme elles ont été, mais seulement comme elles ont pu être. — On i)eut distinguer plusieurs surles de sujets; les uns sont d'incidents, les autres de passions; et il y a des sujets qui admettent tout à la fois les incidents et les [tassions. Un sujet d'incidents est, lorsque d'acte en acte, et presque de scène en scène, il arrive quelque chose de nouveau dansl'action. Un sujet de passions est, quand d'un fond simple en apparence, le poëte a l'art de faire sortir des mouvements rapides et extraordinaires, qui portent l'épouvante ou l'admiration dans l'àme des spectateurs. — Enfin les sujets mixtes sont ceux qui produisent en même temps la surprise des incidents et le trouble des passions. Les sujets mixtes sont les plus avantageux, et ceux qui se soutiennent le mieux.
Sdlfureux, Sulfureuse. Adj. qui suit toujours son subst. : Matières sulfureuses, exhalaisons sulfureuses.
SoPEr.BE. Adj. On peut souvent le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme superbe, les esprits superbes. — Une superbe femme, iin cheval superbe, un superbe coursier. — Un discours superbe, un i upsrbe discours, une superbe pensée.
Je sais gu'ils se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assnjcUir leur foi.
(Rac, Baj., act. I, se. m, 34.)
Superbe. Subst. f. Orgueil.
AoattoDi «a superbe avec sa liberté.
(Cona., Pompés, acl. I, se. i, 195.)
SUP
La superbe, ait Voltaire, ne se dit jdus dans /a poésie noble. 11 est aisé d'y substituer orgueil [Remarques sur Corneille.) — L'Académie remarque qu'il n'est plus guère usité que dans les matières de dévdtion.
Sul>E'.iBESlr,^T. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il était vêtu superbement, ou il était superbement vêtu.
SopEFiCHEniE. Suhst. f. Jamais ce mot, dit Voltaire, ne doit entrer dans la tragédie. [Remarques sur Héraclius, act. V, S(". )ii, 81.)
Superficiel, Superficielle. Adj. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une pluie superficielle, connaissance superficielle, homme superficiel, une co7irersation superficielle, cette superficielle conversation. Voyez Adjectif.
ScpERFlClELLEME^T. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a traité la question superficiellement , ou il a superficiellement truite la question.
SuPERFiiM, SoPERFiNE. Adj. qui uc SB met qu'aprés son subst. : Papier superfin, liqueur superfine.
Superflu, Superflue. Adj. qui suit toujours Son subst. : Ornements ."superflus, meubles superflus. — Discours superflus, raisonnements superflus.
Superflu. Subst. m. Ce substantif n'a point de pluriel. On dit ?. plusieurs, votre superflu doit être employé â secourir les pauvres, et n»n pas, vos superflus.
Supérieur, Supérieure. Adj. 11 suit toujours son subst. : La lèvre supérieure, génie supérieur. — Parce supérieure.
Supérieurement. Adv. On le met quelquefois entre l'auxiliaire et le participe : Il a traité supérieurement ce sujet, ou il a supérieurement traité ce sujet. Ces deux auteurs ont écrit sur la même matière, mais l'un bien supérieurement à l'autre. (Acad.)
Superlatif, Superlative. Adj. qui se prend substantivement. Terme de grammaire. Le superlatif se dit de l'adjectif exprimant la qualité portée au suprême degré de plus ou de moins. On t]\i^{iD^{iele superlatif relatif, et le superlatif absolu. 'Le superlatif relatif c\\mmc une qualitéâ un degré plus élevé ou moins élevé d;ins un objet que dans un autre; mais il exprime cette qualité avec rapport à une autre chose. — Ce superlatif ne doit point être confondu avec le simple comparatif ou simpledegré de qualification : le superlatif relatif exprime une coin jiaraison, mais cette comparaison est générale; au lieu que le comparatif simple n'exprime qu'une comparaison particulière.
On forme lesuperlatif relatif en plaçant le, la, les, du, de la, des, mon, ton, soit, notre, votre, leur, devant les adjectifs et les adverbes comparatifs plus, pire, meilleur, innindre et moins. La plus douce consolation d'un homme de bien affli(ié, c'est la pensée de son innocence. (Bossuet. ) L'amour des peuples est l'éloge le moins suspect du souverain, etc.
Comme dans le superlatif relatif il y a excès et comparaison, ce superlatif appartient aux degrés deromparaison; aussi l'article (pii correspond a un substantif sous-entendu après lui, prend-il les inflexions du substantif qui est énoncé avant. On dira donc : Quoique cette femme montre plus de fermeté que les autres, elle n'est pas pour cela la moins affligée. De tant de criminels, il ne faut punir que les plus coupables. En effet, c'est comme si l'on disait : Quoique cette femme
SUP
montre plus de fcrmelc que les autres, elle n est pus pour cela la femme moins affligvc que les autres. De tant de criminels, il ne faut punir que les ci'iiniiiols plus caupables que les autres. Le superlatif absolu cxiii'iine, comme le superlatif relalif, une qualité à un degré plus uu moins élevé. Mais il exprime cette qualitcd'une manière absolue, sans aucune relation, sans aucun rapport a une autre chose, c'est-à-dire qu'il n'énonce aucune comparaison. On le l'orme en phicjant devant l'adjectif un de ces mots : fort, très, bien, infiniment, extrêmement. Cette femme est fort aimable ; cet homme est très-riche, cette maison st bien grande, son style est infiniment dur, Dieu est infiniment bon.
Les superlatifs absolus sont aussi queUiuefois exprimés par le plus; mais comme dans celte sorte de superlatifs il y a exclusion de comfiaraison, il n'appartient qu'au degré de qualification-, et alors, le plus qni exprime le superlatif est pris adverbialement , c'est-à-dire qu'il n'a point de genre ni de nombre, parce qu'il ne correspond pas au substantif, mais seulement à l'adjectif. On doit donc dire : Cette scène est une de celles qui furent le plus applaudies; ceux que j'ai toujours vus\c plus frappés de lalecture des icrils d'Homère, de Virgile, etc. Lu lune n'est pas aussi éloignée de la terre qxie le soleil, lors 7néme qu'elle en est le plus éloignée. — Dans chacune de ces phrases, il y a excès sans qu'il y ait comparaison ; c'est comme si on disait, cette scène est une de celles qui furent applaudies le plus, au degré le plus haut; le mot (pii exprime le superlatif tombe donc sur l'adjectif, et non sur le substantif; c'est un adverbe, il doit rester invariable.
Dira-t-on les opinions les plus ou leplussénéralement suivies? les mieux ou/e mir.ux établies? les sentiments 'es plus ou le plus approuvés? les opérations Us plus ou lé plus sagement com binées? ceux qui étaient les plus ou le plus favorables?
La réponse dépend de l'intention de celui qui parle, ou de ce qu'il veut faire entendre. — Des opinions considérées en elles-mêmes et sans comparaison, peuvent être mal établies, bien établies, mieux ou plus mal établies, plus ou. moins généralement suivies. Si c'est là ce que vous entendez, le, relatif à l'adverbe, sera invariable comme lui; et leplus, le mieux, signifiera le plus, le mieux quil est possible. — Si vous avez en vue d'autres opinions, moins bien établies, moins suivies que celles-là, et (jue vous vouliez indiquer cette comparaison, c'est au nom que doit se rapporter l'article, et vous direz, les plus, les mieux. — De même si vous n'avez égard qu'au degré d'approbation que tels sentiments ont pu obtenir, vous direz le plus approuvés. Alais si vous comparez cette estime a celle que d'autres sentiments obtiennent, vous direz les plus approuvés. — De même encore, vous direz les opérations le plus sagement combinées, s'il ne s'agit (jue de faire intendre qu'on a mis à les combiner toute la sagesse possible; et les plus sagement combinées, si l'on veut leur attribuer cet avantage sur d'autres opérations. Cela est si vrai, que, si un objet de comparaison est indiqué, et que l'on dise, par exemple, les opérations le mieux combinées de la campagne, on parlera mal; il faudra dire les. Tl en est de même de tout superlatif dont le rapport est déterminé : Les arbres les plu s hauts de la forêt; les arbres les plus hauts sont les plus exposés a la tempête. .Mais si le rapport
SUP
n'est pas déterminé, on dira les arbres le plus profondément enracinés, les arbres lo plus f.'jdurcis par le temps, les arbres le jiKis chargés de fruits. — On dira les parures les plus à la mode, les talents les plus en honneur, parce •lu'il y a concurrence; mais on dira les parures le plus recherchées, les talents le plus cultires.
En parlant d'une femme, on dit : Dans une fête, à un spectacle, elle est toi/jours la [Ausbrlle. .■Mais on devrait dirc,c'(?5/ da?is son négligé qu'elle était le plus belle, et cela répugne à l'oreille. Que faut il faire alors, un solécisme, en disant /a plus belle? Non, il faut prendre un autre tour, et dire, qu'elle avait le plus de beauté. — Si l'adjectif est le même pour les deux genres, le plus avec un féminin ne |)arait plus déplacé : C'est dans le tcte-à-tètcquelle est\Q \^\\l'n aimable . C'est quand son mari gronde qu'elle est le plus tranquille.
Celle expression adverbiale, le plus, ne parait point choquante non plus avant un adjectif féminin (jui est précédé ou suivi d'un complément, ou devant un adjectif verbal. On dira donc, cest une de ces faiblesses auxquelles les femmes les mieux nées so7it le plus sujettes, ou les femmes les mieux nées sont le plus sujettes « ces sortes de faiblesses. Ici le vlus ne choque point, parce qu'après avoir entendu l'adjectif sî/y'/^cs, l'esprit se porte vers son complémenl aux faiblesses; et comme on est plus ou moins sujet à des faiblesses, celle idée de l'adjectif joint à son complément ramène l'adverbe le plus à son véritable sens. — Il en est de même d'un adjectif verbal. On dira bien, ces deux faits sont ceux dont la vérité estic plus frappante. L'idée de frappante, qui rappelle une action susceptible de plus ou de moins, ramène le plus à son véritable sens, et empêche qu'il ne choque.
Au contraire, quand on dit, c'est dans son négligé qu'elle est le plus belle, l'adjectif belle qui termine le sens de la phrase, qui n'a point de rapport à un complément, qui n'exprime point d'action, ne peut êlre rapporté qu'à le plus directement, et en sa qualité d'adjectif féminin ; cl ce rapport paraît choquant, parce qu'il n'y a point d'idée accessoire qui rapproche ces deux mots du sens adverbial. Voyez Degré, Comparatif, Positif.
SlIPERSTlTlEDSEME^T. Adv. Lc premier ti conserve sa prononciation naturelle, le second se prononce comme ci. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est attaché superstitieusement, ou il s'est superstitieusement attaché à ces pratiques mimttictises.
Sdperstitieux, Scpekstitieuse. Adj. On peut mettre cctadj. avantsonsubst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent ; Un homme superstitieux, une femme superstitieuse. — Culte superstitieux, cérémonies .superstitieuses,^ ces superstitieuses cérémonies. Voyez Adjectif.
*ScpERSTRUCTnRE. Subsl. f. Siruclurc superflue et inutile à l'édifice. Mol nouveau. Voltaire a dit dans la préface du commentaire sur la Mort de Pompée par Corneille : La pièce est finie quand Ptoloméc est mort. Tout le reste n'est qu'une superstructure xnw<«/c à l'édifice. Nous n'avo;.., point de mot qui soit équivalent à celui-là.
SoppLÉER.V. a. et n.dela !'• conj. On dit suppléer une chose, et suppléer ii une rhose. Ces deux expressions ont des sens ircs-différenis. — Suppléer une chose, c'csl ajouter ce qui inancpie, fournir ce qu'il faut de surplus, pour que cette chose soit complète : Ce sac doit être de mille francs, et ce qu'il y a de moins je Ze sup[)léenii,
SUP
je suppléerai le reste. — Suppléer à une chose, signilieirparcrle maiHiuement, le iléfaul de quelque chose, meure à sa place une chose qui en lient lieu : Si voire troupe est inférieure u celle de l'ennemi, lu valeur suppléera au nombre. Dans les temps de disette, les pommes de terre suppiéenl au pain. On ne dirait pas bien suppléera le nombre, suppléera le pain. — Deux objets du même genre et égaux se suppléent l'u7i l'autre; deux ijl)jels d'un genre différent, mais d'une égale valeur, suppléent l'un a Vautre. A proprement parler, il faut cxaclcmcnt remplir la place de ce qu'on supplée; il sullit <le produire â peu près le même tflet que la chose à laquelle on supplée. — Remarquez qu'avec un nom ou un iMonum de personne qui lui sert de régime, suppléer ne prend jamais la préposition à; on dit suppléer quelqu'un. 5'î7«e vient pas, je le suppléerai, et ce verbe signifie, «laiis ce cas, représenter une personne absente, ou l^tire les fonctions.
SuppLKMENT. Subst. m. Terme de grammaire. On appelle siipplément, les mois que la construction analytique ajoute pour la plénitude du sens, à ceux «lui composentla phrase usuelle. — Quoique la pensée soit essentiellement une el indivisible, la parole ne peut en l'aire la peinture qu'au moyen de la distinction des parties que l'analyse y envisage dans un ordre successif. Mais celte décomposition même oppose a l'activité de l'esprit «jui pense des embarras qui se renouvellent sans cesse, et donnent à la curiosité agissante de ceux qui écoutent ou qui lisent un discours des entraves sans lin. De la la nécessité générale de ne mettre dans chaque phrase que les mots qui y sont les plus nécessaires, et de supprimer les autres, tant pour aider l'activité de l'esprit, (]ue pour se lapprocher le plus (ju'il est possible de l'unité iiidivibible de la pensée, dont la parole fait la peinture. "N'oyez Ellipse.
ScppLiANT, Suppliante. Adj. verbal tiré du v. supplier. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme suppliant, une femme suppliante, une voix suppliante, un visage suppliant
Supportable. Adj. des de x genres. Il ne se met qu'après son subst. : Une douleur supportable, une douleur qui n'est pas supportable.
L'Académie dit ([u'il s'emploie dans le sens d'excusable, qu'on peut tolérer, excuser, et elle donne pour exemple de cette acception : cela n'est pas supportable à un hom.me, dans un homme de son âge, de sa qualité, de saprofessinn. On ne dit pas supportable à, mais je pense qu'on peut dire .supportable dans : Cela n'est pas supportable dans un homme de votre profession. Cette expression n'tst pas supportable dans ■mo tragédie.
Sdppoi.tablement. Adv.On peut le mettre entre l'auxiliaire et le jKirticipe : Cela est écrit supportablement, ou cehi est supportablemeîit écrit. Il est peu usité.
SopposÊ. Sorte de préposition. Quand ce mot précède un substantif, il est toujours prépositif el invariable : Supposé le cas. Mais quand il suit un subst., il devient adj., et prend les formes du féminin cl du pluriel : La chose supposée, le cas supposé.
ScppRiMK.R. V. a. de lad." conj. II régit quelquefois de après son régime direct : Ou a sup- •nrimé cette <lause dw traité,supprimer une pièce
'in recueil.
iopRÊME. Adj. des deux genres. On peut le
jCltre avant son subst., lorsque r;m;dog=." cl
1 harmonie le permettent : Pouvoir suprême, le