TEI
en parlant de la justice divine (liv. 1, od. iv, 80):
Et n'en est pai moins redoutable Pour élre Urdive à punir.
Tardivement. Adv. 11 ne se met guère qu'après le verbe : Ce repentir est venu bien tardicement.
Targuer (se). V. pronom, de la d" conj. Vu csl muet ; il n'est mis là que pour donner au g un >on fort (|u'ii n'a pas devant \'«.
Tarir. V. a. et n. de la 2' conj. L'Acadéniio dit, tarir la source des maux; mais elle ne dit point, tarir la source des larmes.
De$ larmet d'OctaTie on peut tarir la tource,
(Rac, Britan., act. III, se. m, 20.)
Tarissable. Adj. des deux genres. Il ne se dit çuére qu'avec la négative," et se met toujours après son subsl. : Cette source n'est pas tarissable; la source de ses larmes n est pas tarissable.
Tater. V. a. et n. de lal^e conj. Dans le sens de goûter., ce verbe régit a ou de; on dit tâter a quelque chose, tâter de quelque chose. L'Académie ne met point de dilférence entre ces deux expressions; elle dit, sans explication, tâter aux sauces, tâter au vin,v\.tâtez de ce vin-là; tâter d'un pâté, tâter d'une perdrix.
11 me semble que tâter à une sauce, tâter à du vin, c'est en faire un léger essai, jwur connaître si la sauce, si le vin a un bon ou un mauvais goût; et pour cela, on ne fait pour ainsi dire qu'y toucher : Les cuisiniers tâtent aux sauces, les gourmets tâtent au vin avant d'en boire. Mais quand un dit tâter Aa quelque chose, la préposiliun de, qui indique un sens partitif, marque assez qu'on veut dire par la, manger ou boire d'une chose, non pour connaître ses qualités, mais pour en jouir. C'est ainsi (jue l'on dit, je n'ai point tâté de ce mets, pour dire, je n'eu ai point mangé. On ne dirait pas, dans ce cas, je 71'ai point tâté à ce mets.
Te. Pronom singulier de la seconde personne et des deux genres. 11 est toujours régime direct ou indirect d'un verbe, els'élide lorsque ce verbe commence par une voyelle : Je te promets, il tu donne des espérances, je t'abandonne. 11 se place toujours devant le verbe dont il est le régime : Il veut te faire penr, et non pas, il te veut faire peur.
Avant le pronom y, on ne peut se servir de te; cl, quoiqu'on dise bien transportez-vous-y, on ne peut pas dire transpnrte-t-y . 11 faut cinplijyer un autre tour. Xo^ci Pronom.
Te Deum. Subst. m. On dit au pluriel, des Te Deum.
Technique. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après sun subsl. : Terme technique, expression technique , langage technique.
Teindre. V. a. de la 4'' conj. Les poètes emploient souvent ce moi au figuré :
Obi-issez, frappez; teint du sang d'un impie, Méritez par sa mort unu cternelle vie.
(Volt., ilahom., act. III, se. yi, 49.)
Mon bras n'est encor teint que du sang des Français. (Volt., Henr., III, 222.)
Ils teignent de leur sang ce palais odieux.
En implorant leur roi qui lus trahit tous deux.
[Idim, II, 283.)
TtiSTCRiER. Subst m. Teiktcrière. Subst f.
TÉM
Ouvrier, ouvrière dont le métier est de teindre.
Ce mot s'emploie figuréimnt en sîyle de plaisanterie, pour désigner celui qui relouche ot refailles ouvrages des auteurs médiocres : f^oltairc était le teinturier de Frédéric II.
Tel, Telle. Adj. démonstratif ou comparatif. Il est adjectif démonstratif dans la phrase suivante: Tel homme ou telle femme s'enorgueillit des qualités de son esprit, qui devrait rougir de la turpitude de son cœur. QueUjuefois le nom auquel se rapporte tel est sous-entendu : Tel rit aujourd'hui qui pleurera demain. Dansla phrase suivante, tel est un adjectif comparatif : Un homme tel que lui. Dans ces phrases comparatives, on indique bien la comparaison d'une personne ou d'une chose avec une autre, mais on n'exprime pas à quoi la personne ou la chose est comparée. A'oycz (}uel.
Tel est quelquefois substanlif, comme dans le; exemples suivants :
Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne; La façon de donner vaut mieux que ce qu'on d>':i:;c. (COBN., ilenteur, act. I, se. I, 89.)
Tel repousse aujourd'hui la misère importune Qui tombera demain dans la même infortune.
(La Harpe, Philoctéte, act. I, se. iv, 268.)
En ce sens , il tient lieu de homme , ne se dit que des personnes, et ne se met jamais au pluriel.
Tel s'emploie en poésie, tant au commence inenl du premier membre qui établit une comparaison, qu'au commencement de celui où elle est appliquée : Tel qu'un lion rugissant met en fuite les bergers épouvantés, tel Achille, etc. (Académie.)
Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête. De superbes rubis ne charge point sa tète.
Telle aimable en son air, mais 'humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle.
(BoiL., A. P., II, 1.)
Il ne faut pas oublier la différence qu'il y a entrerez quec\. quelque. yoye/. Quel.
Tellement. Adv. Il est toujours suivi de que : Il est telleineiU préoccupé, qu'il ne vous entend pas. 11 se met queUiuefois au commencement d'une phrase, avec ra[)port à la phrase précédente, et alors il signilie de .forte que : Tellement donc que vous ne voulez pnnt consentir à cet arrangement.
Téméraire. Adj. des deux genres. On peut le mettre avec son subst., lors<iue l'oreille et l'analogie le permettent : Un homme téméraire, vn$ action téméraire; une entreprise téméraire, cette téméraire entreprise; une démarche ténié~ ruire , cette téméraire démarche. Voyez Adjectif.
TÉMÉr.AiREaiENT. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire el le participe : // a avancé témérairement cette priiposition, OU il a témérairement avancé cette proposition.
Téjiérité. Subst. f. Voltaire a ditdansTawc/èJe (act. I,sc. IV, 91) :
Est peu respectueuse
CeUe te m .lit.'
Il est trop sur, dit la Harpe au sujet de ce vers, que jamais la témériténc peut être respectueuse; ces deux idées s'excluent. C'est tomber dans