‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 426 sur 453 · TEM · texte numérisé non relu

TEM

ce qu'on appelle le stylo niais. (Cours de Littérature.)

C'est ;ipparemment dans quc-lquoédilion fautive que la Harpe a trouvé ce vers. On lit dans les éditions de Beauuiarcliais :

CeUe téviérité Vous offenss peul-êlrc «t vous semble une injure.

El il n'y a rien en cela de niais.

TÉsioiN-. Subst. m. Il s'emploie toujours au masculin, même en parlant d'une femme : Ma iœur fut témoin de ce que je vous dis.

.... Te semblc-l-il que la Irisle Êriphile Doive élie de leur joie un témoin si tranquille?

(Bic, Jphig., act. Il, se. i, 23.)

Ce substantif place au commencement d'un membre de phrase est toujours invariable : Témoin les victoires qu'il a remportées. ( Acad. ) La diction dépend de la grammaire, témoin les beaux vet's de Coi'nedle. (A'ollaire.)

11 y a une grande dilïérence entre je vous prends à témoin et je mus prends pour témoin. La première locution siçnilie, j'invoque votre témoignage; et la seconde, j'accepte ou je présente votre témoignage. On [tcui prejidr» à témoin les grands, les princes, Dieu même; mais on ne les prend pas pour témoins.

Dans celte phrase, jevous prendstotcs à témoin, on ne met pas ténmin au pluriel, parce que témoin se prend là adverbialement, comme nous en avons |)lusieurs exemides dans notre langue, tels que, je vous prends tous à partie, et je vous prends a témoin, vous tous qui m'écoutez et qui voyez mes larmes. (Massillor..)

Tempérakt, TEMPÉR.A.NTE. A(lj. Verbal tiré duv. tempérer. 11 ne se met qu'après son subst. : Un homme tempérant, une femme tempérante , — Poudre tempérante.

Tkmpètek. V. n. de la 1" conj. Ce mot est exclu du style noble. Corneille a dit dans Polyeucte (act. V, se. 1,15.):

C'est en vain qu'il tempête. . . .

Ce mot n'est que burloijuc, a dit Toltaire.

Temporal, Tempor.\le. Adj. 11 fait temporaux au pluriel masculin, et ne se met qu'après son subst. : Fosses temporales, viuscles temporaux.

Temporel, Temporelle. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Biens temporels, puissance temporelle.

Te.mporellement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe ; Les méchants ne sont heureux que temporellameiit.

Temps. Subst. m. Lepne se prononce point. Voltaire a dit dans Sémiramis (act. II, se. n, 1) :

. . . .Vois enGn si les temps sont vanus De lui porter des coups, etc.

Phrase vicieuse, dit La Harpe. On dit, le temps de faire quelque chose. On ne peut pas dire, les temps de faire. La raison en est sensible ; c'est que le temps de faire marque un point défini du temps, qui revient à occasion ; les temps offrent une idée indéfinie. C'est donc une contradiction dans les termes, une faute grave et d'autant plus choquante, qu'elle est visiblement arrivée par la rime, qui seule s'est opposée à l'expression juste, si le temps est venu. 11 est d'autant plus blâmable cians un bon versiiicaleur de se montrer dépendant de la rime, qu'il est plus beau d'en paraître îoujours indépendant. [Cours de Littérature.)

TE.\f

On appelle temps dans la déclamation les pauses, les silences qu'df^vut observer entre certaines phrases, entre certains mots. Scureucz-vous. écrit Voltaire à mademoiselle Gaussin (décembre 1730), souvenez-vous de ne rien précipiter, d'animer tout, de vicier des soupirs à votre déclamation, de mettre de grands temps... Mettez de la terreur, des sanglots et de grands temps.

Temps. Terme de grammaire. Nous avons dit au mol f^erbe, (ju'cn formant des propositions, nous désignons des sujets comme coexistant avec des attributs, et que cette coexistence peut cire représentée comme présente, comme passée, ou comme future. Les diverses époques du temps se lient donc avec les verbes, ou, pour mieux dire, l'expression des verbes doit donc marquer les différentes époques du temps. Les formes dont on se sert dans les verbes pour marquer ces épo- ([ues se nomment aussi temps.

Le moment où nous parlons est comme un point fixe par rapport auquel nous divisons le teiTips en différentes parties iiue l'on nomme époques ; et les verbes prennent des formes différentes, selon qu'ils onl rapport à l'une ou à l'autre de ces époques.

Quand je dis j'aime, j'exprime l'action d'aimer coiiime simultanée à l'époque où je parle; et l'on dit alors que ce verbe est au présent. Quand je dis/'oi aivté, j'exprime l'action d'aimer comme simultanée à une cpociue antérieure à celle où je l)arle, et l'on dit que le verbe est au passé. Quand je dis j'aimerai, j'exprime l'action comme simultanée à une époque postérieure à celle où je parle, et l'on dit que le verbe est au futur. Ainsi, comme l'idée d'actualité constitue le présent, l'idée d'antériorité constitue le passé, et l'idée de postériorité constitue le futur. .Mnsi, un verbe est au passé, au présent ou au futur, suivant que l'époque avec laquelle il exprime un rapport de simultanéité est antérieure, actuelle ou postérieure.

L'époque actuelle ne saurait être plus ou moins présente; car, ou elle est simultanée avec le moment où je parle, ou elle ne l'est pas. Si elle l'est elle est présente ; si elle ne l'est pas, elle est antérieure ou i)ostérieure, et par conséquent passée ou future. H n'y a donc qu'une manière d'envisager le présent dans chaque verbe, j'aime, je fais.

Il n'en est pas de même du passé et du futur. Nous pouvons les considérer l'un et l'autre sous différents points de vue. Aussi avons-nous des passés plus ou moins (lassés, des futurs ])lus ou moins futurs, suivant (jue les époques sont ellesmêmes plus ou moins antérieures, plus ou moins postérieures.

Je viens de faire, je faisais, je fis, fai fait, j'avais fait, j'eus fait, j'ai eu fait, sont autant de passés différents.

Je viens de faire est un passé prochain ; il signifie, il n'y a qu'un moment que j'ai fait.

Je faisais n'est ni prochain ni éloigné; mai il devient l'un et l'autre par la suite du discours : Il n'y a qu'un moment qu'il faisait beau; il faisait chaud l'été dernier. Cette forme peut même devenir l'expression du présent, conuTie lorscju'on dit à une personne qu'on rencontre, j'a/Zuj;, chez vous. L'époque avec laquelle je faisais a un rapport de simultanéité peut être considérée comme une période où l'on n'est plus. Si l'on dit, je travaillais aujourd'huià cet ouvrage, l'action du verbe se rapporte à une période où l'on est encore ; et elle se rapporte à une période où l'on

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