‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 428 sur 453 · TE M · texte numérisé non relu

TE M

deux passés, j'eui eu fait c\ j'avais eu fait, n'expriment que ce qu'on aurait pu dire avec les passés j'eu* fait et j'avais fait, ils sont au moins tout à fait uiutilcs, et on doit les rejeter.

Comme nous avons plusieurs passés, nous avons aussi plusieurs futurs.

Je ferai a un rapport de simultanéité avec une époque postérieure. C'est donc un futur. Il a cela de particulier que l'époque [)eut, a notre choix, être déterminée ou ne l'être pas. Je puis dire, je ferai, sans ajouter quand; et je puis dire, je ferai demain. C'est cc (]U(ï h^s grammairiens ai>pellent futur absolu ou simple.

y'a!/?fa' /"«!^< est un futur dont il faut que l'époque soit déterminée. Ou dira, par exemple, j'aurai fait quand vous arriverez. Or, quand vous arriverez détermine l'époque. J'aurai fait diffère de je ferai, en cc qu'il renferme deux rapports: un rapport de postériorité à l'époque actuelle et un rapport d'antériorité à une époque qui n'est pas encore. En cUcl, j'aurai fait est postérieur à l'acte de la parole, antérieur à quand vous arriverez. On donne à ce futur le nom de futur composé.

Je vais faire signifie, je ferai dans un moment. C'est un temps adopté |)ar plusieurs grammairiens, ctque l'on nomme futur prochain.

Il y a des grammairiens (\m mettent parmi les futurs les expressions suivantes: Je dois faire, j'ai à faire; mais cette innovation n'a pas été accueillie. En effet, si j'e dois faire signifiait il est de mon devoir, je suis dans l'ohligation, il est évident que ce serait un présent. Si, au contraire, je voulais dire qu'il est arrêté que je ferai, ou que je ferai, parce que je l'ai arrêté, il paraîtrait plus naturel de regarder cette exjH'ession comme l'équivalent de deux phrases, dont l'une marque un futur, et l'autre un présent ou un passé. Il est vrai que je dois faire parait quelquefois l'expression du futur. Par exemple, si je dis, je crains le jugement que vous devez porter de mon ouvrage, devez porter est pour porterez. Mais observons les accessoires qui distinguent ces deux tours. Si je ne doute pas que vous ne portiez un jugement, je préférerai de dire, je crains le jugement que vous porterez de mon ouvrage ; et je dirai, au contraire, je crains le jugement que vous devez porter, si je présume que votre jugement ne me sera pas favorable. Porterez a donc pour accessoire la persuasion où je suis que vous jugerez mon ouvrage ; et l'accessuire de devez porter est la présomption où je suis que vous n'en jugerez pas favorablement. Or, serait-on fondé, d'après ces accessoires, à regarder ces expressions comme deux futurs différents? En effst, qu'estce qui constitue le futur ? C'est un rapport de simultanéité avec une époque postérieure. On n'en peut donc admettre de plusieurs espèces qu'autant que les époques avec lesquelles ils ont un rapport de simultanéité ne sont pas les mêmes. On les multiplierait à l'infini, si on les distinguait d'après tous les accessoires qui les peuvent accompagner. J'at à faire signifie je /"e/ar, parce qu'il faut, parce qu'il convient que je fasse, parce que je me suis propose de faire. Le rapport de simultanéité est donc le même avec cette expression (|u'avec je ferai, et l'époijue est la même encore J'ai à faire, quoiqu'il soit accompagné d'accessoires qui lui sont particuliers, n'est donc pas un futur différent de je ferai. Il se i)ourrait même que cette expression ne fût pas un futur; et c'est ce qui arrive

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