TEM
n'est plus, si l'on «lit, je travaillais hier. Quand je (lis, je soiipais lorsqu'il est entré, l'action du verbe se liijip'irle à une circonstance qui n'est plus. I.cs i:i';iminairiens ont nommé ce temps pritérit imparfait , ou seulement imparfait, [wrce (lu'il n'exprime pas prcciscmenl une action intérieure a l'cpoquc où l'on parle, mais une action présente a l'égard d'une |)ériode où l'on n'est plus, ou d'une période où l'on est encore, ou enfin a l'ésard d'une circonstance qui n'est plus.
Je fis se dit d'une période où l'on n'est plus, je /is hier. 11 diffère de je faisais, C\\ ce qu'il su|)pose une antériorité plus ou moins éloignce. C'est le temps que les grammairiens appellent passé ou prétérit simple.
J'ai fait, que les grammairiens appellent passé ouprétént composé, se dit d'une période où l'on est enciire : j ai fait aujourd'hui, j'ai fait cette année. Il diffère de je faisais en ce (ju'il suppose une antériorité plus ou moins éloignée. Le passé composé peut s'employer au lieu du passé simple, cl l'on peui dire, j'ai fait hier; mais le passé simple ne peut s'employer au lieu du passé comjjosé ; et l'on ne peut pas dire, je fis aujourd'hui. Je fis hier est antérieur à la période acluejle qui est le jour où nous sommes ; j'ai fait aujourd'hui est antérieur à l'époque actuelle qui est l'acte de la parole.
J'avais fait est antérieur à une époque qui est elle-Uicme antérieure. J'avais fait lorsqu'il arriva, l'action de faire est exprimée non-seulement comme passée en soi, mais aussi comme passée à l'égard d'une autre chose qui est aussi jiassée. Les grammairiens, voyant dans ce temps 'expression d'une chose doublement passée, lui "Ut donné le nom i^c plus-que-par fait .
Nous avons remarqué que j'«i fait se dit égali'ment dune période dans laquelle on n'est plus, <•; d'une période dans laquelle on est encore. Il i:'en est pas de même du passé /'at eu fait. On liarlerait mal si l'on disait, y'flt eu fait hier; il faut dire, j'eus fait Le passé j'ai eu fait ne s'emploie donc qu'en parlant d'une période qui n'est pas finie: Aujourd'hui, dès que j'ai eu soupe, je suis sorti; hier, dès que j'eus soupe, je sortis. Quand on dit je fis ou j'ai fait, on indique l'épociue où la chose se faisait; quand, au contraire, on û\l j'eus fait ou j'ai eu fait, on indique l'époque où la chose était faite. On dislingue donc ces deux passés par les époques différentes auxquelles on les rapporte.
Les grammairiens sppçWcul j'eus fait, prétérit ou passé antérieur composé, parce qu'il marque unechuse faite avant une autre, dans un temps passé et dont il ne reste plus de partie à écouler ; et ils appellent j'ai eu fait, prétérit ou passé antérieur sur-composé, parce «lu'il marque une ciiose faite avant une autre, dans un temps qui n'c.-t pas encore entièrement écoulé.
Quelques graunnairiens ont encore imaginé deux autres i>assés. Comme on dit j'ai eu fait, ils disent par analogie, j'e?/* eu fait, cl j'avais eu fait; m:iis il serait diflicile de, trouver des cxenq)les de ces passés ailleurs cpie dans les grammaires. On a ete fondé à distinguer /'«i /ai7 de fai eu fuit, puisque ces deux passés se rapportent a des é|)0(jues différentes : l'un se dit du temps où l'on agissait, et l'autre du temps ou l'on a fini d'agir. Si l'on disait, aussitôt que j'eus eu soupe, je sortis ; ou jurais eu soupe quand il ryr/rrt, le sens serait exactement le même que si Ion avait iWi.aussiiôt que j'eus soupe, je sortis; j'avais soupe quand il arriva. Or, dés que ces