VIS
ciation, ce qui doit faire penser qu'elle est d'avîg que ce mot se prononce comme il s'écrit.
ViRGnAL, Virginale. Adj. 11 ne se met ffuère qu'après son subst. : Pudeur virginale, itïodestie virginale, air virginal.
ViRGCLE. Subst. (.'\oYtz Ponctuation.
ViKiL, Virile. Adj. On prononce le l final du masculin sans le mouiller.
Virilement. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe: Il s'est comporté virihment.
Virtuose. Subst. m. et f. Ce mot est exclu du style noble.
ViiîULENT, Virdleste. Adj. On peut le mettre avant son subst. quand il est pris dans un sens figuré, et en consultant l'oreille et l'analogie : Un ulcère virulent. — Une satire virulente, une virulente satire.
Virus. Subst. m. On fait sentir les.
Vis. Subst. m. Prononcez vw«.
Vis-A-vis. Expression que l'on emploie en guise de préposition, cl qui doit être suivie de la préposition de : Fis-à-vis de moi, vis-à-vis de mes fenêtres. Dans le discours familier, on supprime quelquefois le de, et l'on dit vis-à-vis l'église, pour vis-à-vis de l'église; vis-à-vis la porté Saint-Denis, vis-à-vis le marché.
Plusieurs personnes emploient cette expression dans le sens é'envers, à l'égard de, etc. Voltaire s'est élevé fortement contre ces acceptions vicieuses. Aujourd'hui, dit-il, que la langue semble commencer à se corrompre, et qu'on s'étudie à parler un jargon ridicule, on se sert du mot impropre vis-à-vis après ingrat ; plusieurs gens de lettres ont été ingrats vis-à-vis de moi, au lieu ^'envers moi. — Y a-t-il un seul des écrivains du grand siècle de Louis XIV qui ait dit ingrat vis-à-vis de moi, au lieu de ingrat envers mni; il se ménageait vis-à-vis ses rivaux, au lieu de dire avec ses rivaux ; il était fier vis-à-vis de ses supérieurs, pour fier avec ses supérieurs, etc. ? Dés qu'une expression vicieuse s'introduit, la foule s'en empare. {Lettre à M. d'Olivet.) Voyez Langue française.
Visage. Subst. m.
Si je l'entretins hier, et loi fis bon viiage.
Corn., Uor., act. I, se. m, 29.)
Faire bon visage, dit Voltaire, est du Style le plus familier. {Remarques sur Corneille.)
Viser. V. u. delà l"conj., qui signifie wiir^r, regarder un but pour y adresser un coup de pierre, de trait, d'arme à feu, etc. : friser à u« but. — Figurcmcnt, avoir en vue une certaine fin, une certaine affaire : Il ne visait point à cette place. — Ce verbe se prend activement dans certains cas que l'usage autorise, et il est permis de dire on a visé cet homme au cœur, on a visé cet (inimal à la tête.
Visible. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subsl. : Une chose visible. — Une fausseté visible, une imposture visible.
Visiblement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // vous a trompévisiblement, ou il vous a visible ment trompe.
VisiTB. Subst. f.
.K ma seule prière il rend celte tii»rt».
CoRW., Pol., «et. IV, »c. IT, 4.;
Voltaire a dit au sujet de ce vers : F^isite ne doit jamais être employé dans la tragédie. [R»marques sur Corneille.) — On dit sans ailicte, faire visite, ei recevoir visite.
VisQDEM, VisQL'EcsE. Adj. qui suit toujours son Subst. : Humeur visqueuse, liqueur visqueuse.
Vital, Vitale. Adj. qui suit toujours son subsl. Ou dil au pluriel uiasculiii vitaux : Les parties vitales, les esprits vitaux.
ViTK. Adj. des deux genres. 11 ne se met qu'aprés son subsl. : Un cheval vite, un mimveiuent vite.
File se prend aussi adverbialement, et alors il se met tantôt après le verbe, tanlôl entre l'auxiliaire et le participe : Aller vite, il a vite couva chez lui.
ViTEMENT. .\dv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est mis vilement à l'ouvrage, ou il s'est vitement mis à l'ouvrage.
VivàCE. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst. : Animal vivace, plantes vivaces.
VivAST, Vivante. Adj. verbal tiré du v. vivre. 11 se met ordinairement après son subst. : Un homme vivant, une femme vivante, des enfants (rivants. — On dit «pi'i//» hoimne est le portrait vivant, est la rivante image de sonpère.
Vivement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parli('i|ie : Il l'a attaqué vivement, ou il l'a vivement attaqué.
Vivifiant, Vivifiante. Adj. verbal tire du v. vivifier. 11 suit toujours son subst. : Un élixir vivifiant, vne chaleur vivifiante.
Vivn::. V. n. et incgulier de la 4* conj. Voici comment il se conjugue :
Indicatif. — Présent. Je vis, tu vis, il vit ; nous vivons, vous vivez, ils vivent. — Imparfait. Je vivais, tu vivais, il vivait ; nous vivions, vous viviez, ils vivaient. — Passé simple. Je vécus, lu vécus, il vécut; nous vécûmes, vous vécûtes, ils vécurent. — Futur. Je vivrai, lu vivras, il A'ivra; nous vivrons, vous vivrez, ils vivront.
Condilioiri.ol.— /'/•f.çffyii. Je vivrais, tu vivrais, il vivrait; nous vivrions, vous vivriez, ils vivraient.
Impératif. — Présent. Vis, qu'ilvive; vivons, vivez, qu'ils vivent.
Subjonctif. — Présent. Que je vive, que lu vives, qu'il vive; que nous vivions, que vous viviez, qu'ils vivent. — Imparfait. Que je vécusse, que tu vécusses, qu'il vécût; que nous vécussions, que vous vécussiez, qu'ils vécussent.
Participe. — Présent. Vivant. — Passé. Vécu. Point de féminin.
Les temps composés se forment avec l'auxiliaire avoir.
T'ous les hommes qui vivent sur la terre. Il civait au douzième siècle. — Il ne vit que de lait. — Vivre de son bien, de ses rentes, etc. — yivre de régime, de ménage, lïinduslrie. — Poivre en grand seigneur, en prince. — Poivre dans le célibat, dans sa famille, dans le grand monde. — f^ivre bien, vivre, mal t\vec quelqu'un. — yivre sous les lois d'un pays. — Poivre sous vn bon, sous un mauvais gouvernement. — f^ivre un temps. Le regret qu'ont les hommes du mauvais emploi du temps qu'ûs ont vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage. ( La Bruyère, ch. XI. De l'homme.) Le temps qu'ils ont vécu, c'est-a-dire pendant lequel ils ont vécu.
Les poètes emploient ce mol au propre, mais plus souvent au figuré:
Quoi '. tu crois, cher Osir.in, t|ue m'a gloire passée Flatte encor leur Tileur, et vit dans leur pensée?
vRac, Baj., act. I, se. l, 49.)
VOl v«5
Croyez que vos boutés lùent dans sa mémoire.
ibidem, act. I, se. m, it.}
Sa haine bravée Fit au fond de son cœur profondcuicnt gravée.
^L)ELIL., £ncid., I, 45.)
f^ive le roi! Acclamation pour témoigner qu'on souhaite longue vie et prospérité au roi. Le peuple cria Vive le roi ! On dil de inéine : rive la liberté! Vive la charte! f^ivent les braves ! Vivent nos libérateurs ! etc.
Vive est aussi un terme familier dont on se sort pour marquer qu'on eslime quelqu'un, qu'on lait grand cas de (juelque chose : Vire un tel! c'est un galant homme ; vivent les arts! (Acad.)
iUa foi, vive Mignot et tout ca qu'il apprête!
(DoiL., Sat. m, (,5.)
Vocal, Vocale. Adj. Il suit toujours son subsl. : Oraison vocale, musique vocale.
Vogue, Voguer, VoGCEur,. Dans ces trois mots, Vu est muet; il n'est là que pour donner au ç un son fort qu'il n'a pas devant l'c.
Voici, Voila. Vréposiiions. La première sert à désigner, à monirer un objet plus proche; cl la seconde, un objet plus éloigné : Voici mon livre, voilà le vôtre. — Voici et voilà se disent aussi des choses qui ne s'aperçoivent pas par les sens; et alors voici se dil pour indiquer ce qu'on va dire, cl voilà, ce qu'on vient de dire : La droiture du cœur, la vérité, l'innocence et la règle des mœurs, l'empire sur les passions, voilà la véri^ table grandeur et la seule gloire réelle que persuniie ne peut nous disputer. (Mass., Petit Carême. Sur la fausseté de la gloire humaine. 3"^ pari.) Voici la cause de cet événement, je vais vous lu faire connaître en peu de mots. — Voilà donne plus de mouvement et de force à la pensée, lorsqu'on veut plutôt marquer l'effet que produit l'objet (juc l'objet même, quoique cet objet soit proche :
Du côté du levant bientôt Bourbon s'avance; Le voilà qui s'approche, et la moil le devance.
^VOLT., Ucur., \l, 183.)
Voilà qu'au fond d'un bois se présente sa more.
Delil., Éneid., I, 4i5.)
Voici, voilà, sont des mots formés de l'impératif du verbe voir et des adverbes ci et là. C'est par celle raison qu'ils peuvent avoir, comme les verbes, les pronoms pour régiuic : Me voici, te voici, le voici, le voila, nous voici, nous voilà, les voici, les voilà; ce qui ne peut convenir aux prépositions. — C'est par la même raison qu'on ilil, le voilà qui vient, le voi/ez-vous qui vient? et non pas, le voilà qu'il vient, le voyez-vous qu'il vient? Car il est certain que dans les deux premières phrases, qui est relatif a le el a la, qui est devant, quoiqu'on ne puisse pas l'exprimer par lequel ni par laquelle; el en effet, c'est la même chose que si l'on disait : Voilà lui qui vient, ou voilà lui lequel vient. Voyez-vous lui qui vient? OU Voyez-vous lui lequel vient? Mais (juand voici et voilà sont employés sans article, on met après la conjonction i?î/e ; Voilà qu'Uar' rive ; voilà qu'il se jette à ses pieds. — On met aussi la conjonction que entre des noms et voici ou voilà : Monsieur que voici, madame que voilà. — Quelquefois voîià régit la préposition de -.Voilà de vos soupçons.
Voie. Subst. f. Il s'emploie souvent au figure. Voltaire a dil, ouvrir une voie(Tancrède, oCt. ï, se. I, 26) :