VOI
A noire liberté le ciel ouvre une voie.
Voila. Voyez f^oici.
Voir.E. Subsl. m. L'Académie ne dit point au figuréj le voile de la mort, le voile du mystère.
Le voile de la mort se répand sur sa rue.
(Volt., Henr., Vni,273.)
De la religion le prétexte ordinaire
Fut un voile honorable d cet affreux mystère.
[Idem, III, 119.)
Voir. V. a. et irrégulier de la 3"= conj. H se conjugue de la manière suivante :
Indicatif. — Présent. Je vois, tu vois, il voit; nous voyons, vous voyez, ils voient. — Imparfait. Je voyais, tu voyais, il voyait ; nous voyions, vous voyiez, ils voyaient. — Passé simple. Je vis, tu vis, il vit; nous vîmes, vous vîtes, ils virent. — Futur. Je verrai, tu verras, il verra; nous verrons, vous verrez, ils verront.
Conditionnel. — Présent. Je verrais, tu verrais, il verrait ; nous verrions, vous verriez, ils verraient.
Impératif. — Présent. Vois, qu'il voie; voyons, voyez, ([u'ils voient.
Subjonctif. — Présent. Que je voie, que lu voies, (lu'il voie; que nous voyions, que vous voyiez, qu'ils voient. — Imparfait. Que je visse, que tu visses, (ju'il vît; que nous vissions, que vous vissiez, qu'ils vissent.
Participe. — Présent. Voyant. — Passé. \\i, vue.
Il prend l'auxiliaire avoir dans les temps composés.
A'oîV régit l'infinitif sans préposition : F air venir quelqu'un, je l'ai vu venir ; OU la conjonction que suivie de l'indicatif : Tai vu quil venait; ou l'adjectif conjonctif(?!/ï, aussi avecTindicatif : Je l'ai vu qui venait. Dans les phrases négatives ou inlerrogatives, il demande le subjonctif à la proposition subordonnée : Je ne vois pas qu'il s'en mette fort en peine. Foyez-vous qu'il s'en mette /br< en /)eiHe?Massillon a dit : Les peuples voient assez souvent que les souverains peuvent se tromper; mais ils voient assez rarement qu'ils sachent se désabuser et convenir de leurs méprises. Dans cette phrase, rarement équivaut à une négative; voir rarement, c'est ne pas voir souvent. — Quand la phrase est tout à la fois négative et interiogative, on doit mettre l'indicatif : Ne voyez-vous pas que je le puis par ce ■iioyen? La raison en est que la négation, jointe .. rinlerrogalion, équivaut à l'affirmation. — Avec comment, on met toujours l'indicatif, quoique la phrase soit négative : Je ne vois pas comment on peut s'en défendre.
Quelques poêles ont écrit je voi pour la commodité de la rime; mais en prose on écrit toujours je vi'is. L'Académie laisse le choix d'écrire à l'impératif voi ou vois.
L'imparfait de l'indicatif et le présent du subjonctif sont, comme les verbes terminés en oyer «ju j/yer, etc., distingués dans les premières et les secondes personnes du pluriel, par un i ajouté à l'y .• Nous voyions, vous voyiez ; que nous voyions, que vous voyiez. La prononciation de ces personnes est si dure, qu'il faut toujours les éviter. En effet, l'y ayant le son de deux i, il faudrait donc prononcer trois i de suite : Il faut que vous voiiions. Cette prononciation est insui)poriable.
Corneille a dit {Horaces, act. I, se. i, 128) :