‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 453 sur 453 · VUE · texte numérisé non relu

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pose. Il est nécessaire, en indiquant la liaison de l'un avec l'autre, de conserver à chacun sa signification propre. Or, c'est ce qu'on ne fait pas dans la prononciation proposée. Certai ne signifie rien, et wai//e«r est absurde, quand le n par où il commence n'indique pas une liaison avec le mot précèdent. Or, dans certai nauteur, nauteur n'indique point de liaison avec le mot certai, qui ne finit pas par un n. En voila peutêtre trop SIM- un système dont l'absurdité est évidenle. Mais il n'y a point d'erreur qui ne trouve «luelqucs partisans, surtout dans les questions où l'on est porié à suivre sans examen les opinions des autres. Voyez les articles, Un, A, E, I, O, U, Y, Diphtkongue, Lettres, Nasal, Apostrophe.

VnAi, Vr.AiE. Adj. Quand il signifie, qui est tel qu'il doit être, cpii a toutes les qualités essentielles de sa nature, il se met toujours avant son subst. : Le vraiDieu, du vrai marbre, de vrais amis, un vrai philosophe, un vrai savant. — On dil aussi la vraie cause, le vrai sujet, le vrai motif, pour dire l'unique ou la principale cause, l'unique ou le principal sujet, etc. — D'auires fois, cet adj. se met après son subst. Un homme vrai est un homme sincère, qui aime et qui dil la vérité. Celle expression parait avoir été hasardée par madame de Sèvigné : Il y a longtemps que je dis que vous êtes vraie. Cette louange me plaît, elle est nouvelle.... Ah! quUl y a peu de personnes vraies! Rêvez un peu sur ce mot, vous l'aimerez. J'y trouve, comme je l'entends, une force au delà de sa signification o^diiiaire. (Sévigné.)

Vraiment. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le itarticipe : Il a vraiment souffert, il est vraiment affligé.

Vraisemblable. Adj. des deux genres. Conune ce mot est composé de vrai et de semblable, le s se prononce durement, comme s'il était initial. Col adj. ne se met guère qu'après son subst. : Chose vraisemblable, opinion vraisemblable.

Vraisemblablement. Adv. Le s se prononce durement, comme dans semblablemcnt. Cet adverbe peut se mettre ou au commencement île la phrase, vraisemblablement il arrivera demain; ou après le verbo, il arrivera vraisemblablement demain; ou entre l'auxiliaire et le participe, il a vraisemblablement éprouvé qiielque accident ; il est vraiscmblablevient arrivé. *

Vraisemblance. Subst. f. Comme ce mol est composé des deux mots vi'ai et semblancv, le 5 de ce dernier a conservé sa prononciation naturelle, comme s'il était initial.

Vue, Subst. f.

Elle a jeté sur moi sa vue cpouTantée.

(Volt., Oreste, act. III, se. I, 15.)

La Harpe dit au sujet de ce vers : On dit bien jeter la vue sur quelqu'un, maison ne peut y joindre aucune epithèlc, comme on en donne aux yeux et aux regards. C'est que jeter la vue, tourner la vue, porter la vue, sont ce qu'on appelle des phrases' faites qui n'admettent aucune idée d'attribution ; aussi n'y en a-t-il point d'exemples. {Cours de littérature.)

La Harpe a faii la même observation sur cet autre vers de "Voltaire [Oreste, act. IV, se. ii, 1) •

Le perfide ! il échappe ,\ ma vue indignée.

Quand ce mot signifie en général la faculté dft voir, sans application à un sujet particulier, ii i>ft

prend point de pluriel. Il en prend un dans tous les autres sens.

VcLGAir.E. Adj. des deux genres. On pont ijuclqucfois le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Préjugé vulgaire . croyarice vulgaire , cette vulgaire croyance; opinion vulgaire, ces vulgaires opinions ; expression vulgaire, ces vulgaires expressions.

Asiei et trop longtemps de vulgairti merreillei Ont des peuples oisifs fatigué les oreilles.

(Delil.. Gèorg., III, 5.)

Voyez Adjectif.

VoLGMnEMENT. Adv. Il ne se met tiu'aprés le verbe, ou au commencement de la phrase : On dit vulgairement que... f^ulgairement on dit que.. . Vulgairement parlant.

W. Subst. m. Cette lettre n'est pas proprement de l'alphabet français. C'est la nécessite de conformer notre écriture à celle des étrangers qui en a donné l'usage. Si l'on eût consulté l'oreille et la prononciation, on l'aurait rendue par ou. W est la marque de la monnaie frappée à Lille.

Whig. Subst. m. On prononce Ouigue.

WuisT. Subst m. Ce mot est tiré de l'interjec-

tion anglaise whist, qui signifie silence! parce que ce jeu exige en effet beaucoup de silence et d'attention. C'est par corruption que certaines personnes écrivent wisk.

WisKEï. Subst. m. On prononce ouiski. Sorte d'eau-de-vie de grains.

"WisKi. Subst. m. On prononce ota's/îi. Sorte de cabriolet léger.

X. Subît, m. C'est la vingt-troisième lettre, et la dix-huitième consonne de notre alphabet. On prononce j:e.

Cette lettre a différentes valeurs, et pour les déterminer, nous allons la considérer au commencement, au milieu et à la fin des mots.

Elle ne se trouve au commencement que d'un très-petit nombre de noms propres empruntés des langues étrangères, et il faut l'y prononcer avec sa valeur primitive es, excepté quelquesuns devenus plus communs et adoucis parl'usage, comme Xavier, que l'on prononce Gzavier; Xénrphon, que l'on prononce quelquefois Gzénoplion ; Ximenès, qui se prononce Gzimenez ou Chimenez.

Si celte lettre x est au miheu d'un mot, elle y a différentes valeurs, selon ses diverses positions. — Elle tient lieu de es entre deux voyelles, lorsque la première n'est pas un e initial, comme axe , maxime , Alexandre , Mexique , sexe , flexible, vexation, fixer, Ixion, oxycrat, paradoxe, luxe, luxation, fluxion, clc. On en excepte soixante et ses dérivés, Bruxelles, Auxonne, Auxerre,i\\iQ\'oîi^TOli0^cesoissante,Brusselles, Aussonne, Ausserre ; ainsi que sixain, sixième, deuxième, dixain, dixaine, dixainier, dixième, où X se prononce comme un z. — La lettre x tient encore lieu de es, lorsqu'elle a après elle un son guttural suivi d'une des trois voyelles a, o, u, ou d'une consonne, ou lorsqu'elle est suivie d'une consonne autre que la lettre /;; comme excavation., excommunié, excuse, exclusion, excrément, exfolier, expédient, mixtion, exploit, extrait, etc. — X tient lieu de ^s lorsque éiant entre deux voyelles, la première est un e initial; et dans ce cas, la lettre h qui précéderait une des deux voyelles est réputée nulle ; comme dans examen, hexamètre, exécution, exhérédation,

exil, exhiber, exorde, exhorter, exaltali"n, exhumer. — A" tient lieu de c guttural quand il est suivi d'un c sifflant, à cause de la voyelle e ou i; comme dans excès, exciter, qui se prononcent eccès, ecciter.

Jï"à la fin des mots a différentes valeurs, selon les occurrences. Il vaut autant que es à la fin des noms propres, Palafox, Pollux, Styx (ex^'epté Aix en Provence, ou x se prononce toujours avec le son de s); à la fin des noms appellatifs borax, index, larynx, lynx, sphynx, phénix, storax, thorax, onyx, et de l'adjoctifpce'^x. — Lorsque les deux adjectifs numéraux six, dix, ne sont point suivis du nom de l'espèce noml)rée, on y prononce x comme un sifflement fort : J'en ai dix, prenez-en six. — Deux, six, dix, étant suivis du nom de l'espèce nombrée commençant par une voyelle ou par un h muet, ou bien dix n'étant qu'une partie élémentaire du nombre numéral composé , et se trouvant suivi d'une autre partie de même nature, on prononce x avec un sifllemenl faible, ou comme un s : Deux hommes, six aunes, dixans. dix-huit, dix-neuvième. — A la fin de tout autre mut, x ne se prononce pas, ou se prononce comme z. Voici les cas où l'on prononce x comme ^ à la fin des mots, le mot suivant commençant par une voyelle ou par un h non aspiré ; 1° Dans aux, aux amis, aux hommes. 2" A la fin d'un nom suivi de son adjectif, quand ce nom n'a pas de x au singulier ; Chevaux alertes, cheveux épars, travaux utiles, feux ardents, vœux indiscrets. 3» A la fin d'un adjectif suivi du nom avec lequel il s'accorde : heureux amant, faux accords, affreux état, séditieux insulaires. 4» Après les verbes vaus, veux et peux, comme je vaux autant, je veux y aller, tu peux écrire, je peux attendre, tu en veux une. — La lettre x n'est jamais redoublée.

Y. Snbst. m. C'est la vingt-quatrième lettre de l'alphalict. Cette lettre est appelée « grec, parce qu'elle réjwnd à l'upsilon des Grec?, et parce qu'en général nous en faisons usage par raison d'étymologie, dans les mots dérivés du grec, tels que annnymo, cacnchyme, dijssenterie, myope, sW-réotype, elc. — Toutefois l'Académie a adopté 1';: voyelle au lieu de l'y pour quelques mots (|ui sont cependant dérivés du grec, et elle écrit asile, abîme, cristal, elc.

Cette lettre a le son de Xi simple quand elle fait seule le mot, ou qu'elle est à la tête de la syllabe, immédiatement avant une autre voyelle: Il y a, yeux, yacht. Elle a le même son entre deux consonnes dans les mots qui viennent du grec : Acolyte, mystère, syntaxe, style, physique, etc. — Mais, placée entre deux voyelles, elle a le son de deux i; essayer, abbaye, payer, se prononcent comme s'il y avait essai-ier, abhai-ic, pai-ier.

On ne sait trop pourquoi l'Académie, qui conserve l'y étymologique dans la plupart des mots tirés du grec, le supprime dans d'autres, et le remplace par un i simple. Pourquoi écrit-elle asile, ?^\x lieu d'asylc ; abîme, au lieu d'abymf'* S'il est nécessaire de conserver ces lettres étymologiques, il n'y a point de raison pour faire des exceptions; si cela n'est pas nécessaire, il faut les retrancher partout, comme ont fait les Italiens. Il serait bien plus simple d'écrire tous ces mots avec un i, ce serait un embarras de moins.

M. Boissonade remarque avec raison qu'une foule de gens se trompent sur l'emploi de l'y grec. Personne ne se tromperait si l'on substituait Vi simple à l'y grec, toutes les fois que ce derniei n'équivaut pas a deux i. On écrirait payer, v.i ieux, annlise, viistère, aiionime. Mais un ne se défait que très-difficilement d'une vieille habitude. \ oici une règle du même M. Boissonade qui pourra paraître de quelque utilité, en attendant que la vieille méthode soit abolie.

Une foule de gens, dit-il, écrivent Hyppoliie, Hyppocrate. Voici une règle pour les personnes qiJi ne savent ni le latin," ni le grec. Toutes les fois qu'il y a deux p à /t*p, il ne faut pas d'y grec ;

au contraire, il en faut un «juand il n'y a qu'un p : Hippolyte, Hippocrute, Hippius; et hypothèse, hyperbole, hypothèque. — Y est la marque de la monnaie frappée à Bourges.

Y. Pronom de la troisième personne qui se dit des choses et quelquefois des personnes, et s'emploie à la place d'un nom précédé de la préposition à : ^liez-vous à Paris, j'y vais ; y, c'est -' à-dire à Paris.

F s'emploie dans les phrases où l'usage rejette le pronom lui. Ainsi il faut dire d'une maison, vous y avez ajovté nn pavillon. Voyez Lui. Dans ia phrase suivante, il se rapporte aux personnes : Avez-vous pensé à nous? je ?i'Y ai pas pensé; y, C'est-à-dire à îjow*.

Quand le verbe qui suit le pronom y commence par un i, on supprime ce pronom pour éviter la rencontre des deux i, qui formeraient un son désagréable. Ainsi, au lieu de dire, il m'a dit qu'il y irait, on dit il m'a dit qu'il irait. Voyez Moi.

Un grammairien moderne, tout en avouant que cette suppression serait nécessaire pour l'euphonie, ne croit pas qu'elle puisse être tolérée dans le discours soutenu, ni même dans l'écriture. 11 appuie cette opinion sur cette phrase de Fénelon {Télémaqiie, liv. VII, t. i, p. 239) : Il ne me êP.rt donc de rien d'avoir voulu troubler ces deux amants, en déclarant que je veux être de cette chassa! En serais-je?., O malheureu.^e, qu'ai-jefait'^ non, je n'y irai pas, ils n'y iront pas eux-même.'t, je saurai les en empêcher.

Je ne saurais croire que Féneloo, dont le style est partout si harmonieux, ait pu employer une expression si dure, et la répéter deux fois de '■?ite sans interruption. Deux hiatus si désa- 1,,'éables ont dû naturellement le choquer, et il aurait cherché un autre tour, plutôt que de les admettre. J'aime mieux mettre celte faute sur le compte de ses imprimeurs, qui sans doute n'avaient pas l'oreille aussi délicate. — Cependant l'édition qui a été publiée récemment d'après les manuscrits originaux n'indique aucune variante pour ce passage.

On dit il y a et il est. Voyez II. Voyez aussi l'arlicle Foir.

Z. Subst. m. C'est la vinst-cinquième lettre de l'alphabet. On prononce ze ; le son propre de celte lettre est comme dans Zacharie, zèle, zizanie, zodiaque. Elle a un son fort doux, le mévne que le s entre deux voyelles. Le z, à la lin des mots, donne à Ve qui le précède le son de l'e fermé : Le nez, chantez, lisez ; el il ne se prononce point, à moins que le mot suivant ne commence par une voyelle ou un h non aspiré.

On dit dans la Grammaire des Grammaire.<:, que, dans la conversation, cette lettre, lorsqu'elle est à la fin d'un mot, peut ne pas se faire entendre, même devant une voyelle; ainsi, aimez avec respect et servez avec wiiour votre père et votre mère, pourra très-bien se prononcer, aimé avec respect et .ser-vé avec amour votre père et votre

mère. — Nous ne sommes point de l'avis de la Grammaire des Gramumires. Cette prononciation peut s'élre introduite dans le langage populaire, mais les gens instruits qui pensent que la douceur et l'harmonie ne doivent point être exclues du langage de la conversation, évitent avec soin ces hiatus qui choquent les oreilles délicates.

D'ailleurs la clarté est la première qualité de la langue française; et, surtout au commcnceinent des phrases, il faut que les mots aient un sens fixe, qui frappe tellement l'esprit de l'auditeur, qu'il ne puisse pas leur en soupçonner un autre. Or, si vous dites aimé avec respect, au lieu de aim»z avec respect, ces mots m'offrent un sens équivoque; car vous pourriez dire aimé avec

ZIS

respect de ses enfants. — Mais si vous dites aimes arec respect, la liaison m'indique positivement la seconde personne de l'impératif, il n'y a plus d'équivoque, et dès le premier mol vous me faites sentir clairement ce que vous voulez dire.

On m'objectera peut-être qu'il y a la même équivoque lorsque le motames, étant suivi d'un mot qui commence par une consonne, n'est pas susceptible de la liaison. On dit sans liaison, aimez votre père, aimez sans cesse la vertu. Mais je ré|X)ndrai que, dans la première phrase, l'équivoque est levée dés le second mot, et tpie si elle ne l'est pas entièrement dans la seconde, c'est la faute de celui qui parle, qui aurait été beaucoup plus clair s'il eût trouvé le moyen de placer le régime immédiatement après le verbe. Mais quand même, dans ce dernier cas, la langue ne fournirait aucun moyen d'éviter l'équivoque, ce ne serait pas une raison pour l'admettre dans "•escasoù on peut la faire disparaître entièrement.

— Les jiièces de monnaie frappées à Grenoble portent un Z.

Zélé, Zélée. Adj. On peut le mettre avant son subst. : Un homjne zélé, une femme zélée; un serviteur zélé, un zélé serviteur. Voyez Adjectif.

Zénith. Subsl. m. On ne prononce point le h, et l'on fait sentir le t.

Zéphire. Subst. m. Nom que les anciens donnaient au vent d'occident : Le souffle du zéphire. Il se dit aussi du vent d'occident personnifié et (lualifié de dieu par la Fable. Dans ce sens il ne prend jamais l'article : Les amours de Flore et de Zéphire. (Acad.)

Zéphyr. Subst. m. On appelle ainsi toute sorte de vents doux et agréables : Les doux zéphyrs, un agréable zéphyr. (Acad.)

Zéro. Subst. m. qui ne prend point de s au pluriel. — L'Académie écrit des zéros.

ZiST, Zest. Subst. m. Le t final se prononce dans ces deux mots.

FIN

CODLOMMIERS. — TYPOGRAPHIE PAUL URODARQ,

PC La veaux, Jean Charles

2105 Thibault

L^ Dictionnaire raisonné des

1873 difficultés grammaticales et

litéraires de la langue française 4-. éd. Rev.

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