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Volage. Adj. des deux genres. On peut le mellre avant son subst., en consullanl rorcillc et l'analogie : Un cœur volaye, xin esprit volage, vn amant volage, un volage amant. Voyez Adjectif.
Volant, Volante. Adj. verbal tiré du v. voler. 11 ne.se met qu'après son subst. : Dragon volant, poisso?i volant. — Feuille volante.
Qaand tu verras nos cœurs, juslemcnl enclianlés, Au-devant de tes pas volants de tous cotés.
(Volt., Épttre XII, 21.)
Voler. V. n. de la l"conj. Dans le sens de courir avec grande vitesse, il est souventemployc par les poètes, surtout au figuré :
Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi. (Rac, /p/iiff., ad. II, se. m, 2S.)
Sur ce lit malheureux la mort voie au hasard.
(YoLT., llonr., II, 312.)
Un vain peuple qui vole après la nouveauté.
(Volt., Mér., acl. IV, se. v, 2.)
Le fer avec le feu vole de toutes parts. Des mains des assiégeants et du haut des remparts. (Volt., Henr., VI, 185.)
Que notre âme épurée Vole à ces vérités dont elle est éclairée.
(Volt., Épftrc XLIV, 69.)
Voler. V. a. de la l"conj. Prendre le bien d'autrui. Ce terme est exclu du style noble au propre et au figuré.
Et loin de lui voler son bien en son absence.
(Corn., A'icom., acl. I, se. ii, 94.)
Le mol voler est bas, dit Voltaire au sujet de ce vers. On emploie dans le style noble , ravir, enlever, arracher, oter, priver, dépouiller , etc. [Remarques sur Corneille .)
Vous suivrez un époui avoué par lui-même; C'est un titre qu'en vain il prétend me voler.
(RiC, Iphig., act. V, SC. H, 62.)
On peut appliquer la remarque précédente de Voltaire à ces vers de Racine.
Volontaire. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Actioji volontaire, mouvement volontaire, accord volontaire, traité volontaire.
Volontairement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Je l'ai fuit volontairement; il a avoué volontairement sa faute, OU il a volontairement avové sa faute.
Volontiers. Adv. On pnut le mettre entre l'auxiliaire et le participe: // a consenti volontiers; il aurait consenti volontiers, ou il aurait volontiers consenti à ce que vous désirez.
VoLCME. Subst. m. Voyez Tome.
Volumineux, Volumineuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un ouvrage volumineux, un volumineux ouvrage ; une compilation volumineuse, une volumineuse compilation.YoyQZ Adjectif.
Aolcptceusement. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe : Il a toujours vécu voluptueusement.
Voluptueux, Voluptueuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et
vou
l'analogie : Un séjour voluptueux, ce voluptueux séjour; ttne vie voluptueuse.
Vomir. V. a. de la 2" conj. On dit au figuré vomir des injures , vomir des blasphèmes. Ces expressions choquèrent au commencement, et Vaugelas conseille de s'en abstenir devant les daines. Aujourd'hui elles sont généralement adoptées.
L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeui Parmi des Ilots d'écume un monstre furieux.
(Rac, Phid., act. V, se. Ti, 28.)
Là, l'Achcron bouillonne, et, roulant à grand bruit. Dans le Cocyte affreux t'omit sa fange immonde.
(Delil., Énéid., VI, 536.)
Vomissement. Subst. m. Quoique vomir au figuré soit admis dans le style noble, vomissement en est exclu. Ce mot ne se dit qu'au propre, si ce n'est dans cette expression de l'Écriture Sainte, retourner à son vomissement, qui signifie retomber dans ses erreurs ou dans son péché.
Vorace. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'harmonie et l'analogie le permettent : Animal vorace, vorace animal, un homme vorace, un estomac vorace. Voyez Adjectif.
Votif, Votive. Adj. qui suit toujours son subst. : Tableau votif , messe votive.
Votre. Adj. possessif des deux genres qui répond au pronom personnel vous.
Quand il modifie un subst. exprimé, il se met toujours avant ce subst., exclut l'article, et fait vos au pluriel : F'otrc maison, vos frères, vos sœurs. — Quand il modifie lin subst. sous-entendu, il prend l'accent circonflexe sur \'ô, est toujours précédé de l'article, et fait vôti-e au pluriel : ÀIo7i frère et le vôtre, ma maison et la vôtre, 7nes sœurs et les vôtres.
Vouloir. V. a. de la 3' conj. Voici comment il se conjugue :
Indicatif. — Présetit. Je veux, tu veux, il veut; nous voulons, vous voulez, ils veulent. — Imparfait. Je voulais, tu voulais, il voulait; nous voulions, vous vouliez, ils voulaient. — Passé simple. Je voulus, tu voulus, il voulut; nous voulîimes, vous voulûtes, ils voulurent. Futur. 3e voudrai, tu voudras, il voudra; nous voudrons, vous voudrez, ils voudront.
Conditionnel. — Présent. Je voudrais, tu voudrais, il voudrait; nous voudrions, vous voudriez, ils voudraient. — Il n'est pas usité, dit-on, à Vimpératif.
Subjonctif. — Présent. Que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille; que nous voulions, que vous vouliez, qu'ils veuillent. Imparfait. Que je voulusse, que tu voulusses, qu'il voulût; que nous voulussions, que vous voulussiez, qu'ils voulussent.
Participe. — Présent. Voulant. — Passé.
Voulu, voulue.
Il prend l'auxiliaire avoiraux temps composés
L'impératif veux, voulons, voulez, n'est usité que dans cerlaincs occasions très-rares où l'on engage à s'armer d'une ferme volonté. Mais l'usage a établi le mot veuillez, pour seconde personne de ce mode; on le trouve dans plusieurs écrivains distingués, et «m le dit journellemeDt dans la conversation.
Veuillez vous souvenir Que les événements régleront l'avenir.
(COBN., Pompée, act. II, ic. IV, ^ib.)
m voY
Vnitthi être discret.
Et n'ïilei paj. de grica, éreiiter mon secrut.
(UoL., BeoUdes Femmea, acl. I, se. vi, 105.)
Veuillez doue que votre Dieu soit juste. (Marinonlci.) \cu\\\cz auparavant examiner comment cet article s'est introduit dans la langue Utline et dans la notre. (Diderol.; Veuillez du vioins nous dire qui nous derons suivre. (Voliiey.) \euillez, monsieur, rendre homviage au mérite. (Voltaire. )
11 régil l'infinitif sans iiréi)0Sitiun,i7 rei/<p«WtV; ou qxie awc Icsubjonclil', ou veut que mus obéissiez. I.c premier se dit quand le second verbe se rapporte au sujet du verbe vouloir; le second, quand il se rapporte à une autre personne. Quand je dis, mon frère veut partir, partir se rapporte à mon frère, qui est le sujet du verbe vouloir. Quand je dis 7noii père veut que j'obéisse, obéisse a rapport à moi, et non à mon père, qui est le sujet du verbe vouloir.
On dit eji vouloir à quelqu'un, pour dire, vouloir du mal à quelqu'un ; et celte expression est admise dans le style noble.
Va, César est bien loin d'en vouloir à ta vie.
(Volt., Mort de César, act. I, se. ni, 92.)
..... Si ma colère en voulait à tes jours, etc.
[Idem, acl. II, se. v, 4.)
Voulu, Voulue. Participe passé du v. vouloir, et adj. On dit être bien voulu, être mal voulu dans une maison. Il parait que nous ne sommes pas extrêmement bien voulus da7is les pays étrangers. (Voltaire, Correspondance) — L'Académie remarque que ces phrases vieillissent.
Vous. Pronom de la seconde personne. Il est des deux genres, et se dit des personnes et des choses personnifiées. Il est singulier quand on parle à une seule personne, et pluriel quand on adresse la parole à plusieurs. Il s'emploie comme sujet des verbes : f^ous voulez, monsieur; vous nouiez, messieurs.
f^ous s'emploie aussi comme régime direct, il vous aime, ou comme régime indirect, il vous a dit; et dans ces deux cas il est le pluriel de te. Il s'emploie aussi comme complément des prépositions, et alors il est le pluriel de toi .- // se moque de vous, j'irai avec vous, je ferai cela pour vous. Pour la construction, il suit les règles des pronoms dont il est le y)luriel. — » Remarquez que (pinnd , ])ar politesse, on emploie le pronom plmicl vous au lieu du pronom tu, le itarticipe prend bien la terminaison féminine lorsqu'il est question d'une femme, m.iis il ne prend pas le s qui est la marque du pluriel, et l'on dit : Madame, vous êtes estiu:ce, et non |ias estimées, i)arre (jifalors on emploie le participe par rapport a la [)crsonne à laquelle on parle, et non par rapport au pronom vous, ni au verbe auxiliaire pluriel dont on se sert. La syntaxe est la même pour les adjectifs et pour les pronoms. [Grammaire des Grammaires, p. 322.) Voyez Pronom.
Voyelle. Snbst. f. La voix humaine comprend deux sortes d'éléments, le son et l'articulation. Le son est une simple émission de la voix, dont les différences essentielles dépendent de la forme du passage (pio la bouche prête à l'air qui en est la matière. L'articulation est le degré d'explosion que reçoivent les sons, par le mouvement subit
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et instantané de quelqu'une des parties mobilos de l'organe.
L'écriture, qui peint la i)arole en représentant les éléments dans leur ordre naturel, par des signes d'une valeur arbitraire et constatée par l'usage, que l'on nomme lettres, doit donc comprendre pareillement deux sortes de lettres; les unes doivent être les signes représentatifs des sons, les autres les signes représentatifs des articulations : ce sont les vo^/elles et les consonnes.
Les voyelles sont des lettres consacrées par l'usage nali'^nal a la représentation des sons. Elles sont ainsi appelées du mot voix , parce qu'elles se font entendre par elles-inèines ; elles forment toutes seules un son, une voix, c'est-àdire qu'elles représentent des sons qui peuven' se faire entendre sans le secours des articulations; au lieu (.XMaXa consonnes, q\ii S(jnt destinées par l'usage national à la représentation des articulations, ne représentent, en conséquence, rien qui puisse se faire entendre seul, parce que l'explosion d'un son ne peut exister sans ce son, de même (pi'aucuue modification ne peut exister sans l'être qui est modifié. De là vient le nom de consoîine (<iui sonne avec), parce que l'articulation représentée ne devient sensible qu'avec le son (pi'elie modifie.
On compte dans l'alphabet français six voyelles, a, e, i, o, u, y. Ces voyelles ne sont cependant pas les seules que nous ayons dans notre langue, car, outre que chacune d'elles peut être brève ou longue, ce qui cause une variété assez considérable dans le son, il semble qu'à consulter la différence des sons sim|)les , selon les diverses ouvertures de la iiouche, on aurait pu en ajoDtcr encore d'autres. Mais, au lieu d'imaginer des caractères particuliers pour exprimer ces divers sons, on a donné plusieurs sons différents a un même caractère, ou bien on a joint d'autres lettres aux voyelles ordiQ?\res , parce que , comme l'observe Duinarsais, ' " n'est pas la manière d'écrire qui fait la voyeli. 'est la simplicité du son, qui ne dé|)ond que d'une situation d'oiganes, et qui peut être continue. Aussi l'.Xcadémie a- 1- elle décidé que c'est s'expliquer improprement (jue de donner le nom de diphthongues aux combinaisons de voyelles qui rendent un son simple. C'est pour avoir confondu ces combinaisons avec celles qui rendent un double son, qu'on trouve dans beaucoup de grammaires tant de confusion dans la théorie des sons. Pour èclaircir cette matière, il est nécessaire de distinguer les voyelles jmres et simples, Aqs voyelles nasales et desdiphthongues.
On doit regarder comme des voyelles eu, mi, ai, an, etc., lorsque la réunion des lettres qui les composent se prononce de manière à ne former qu'un son simple, comme les voyelles u, e, i, 0, u.
Les combinaisons des voyelles a, e, i, o, u, avec les lettres vi et n finales, forment ce qu'on appelle voyelles nasales, lorsqu'elles sont suivies de quelque autre consonne, ou qu'elles terminent le mot. Ces combinaisons sont, am,an, ean, evi, en, i'ii, aim, ein, on, eon, um, vn et eun, auxquelles on donne la prononciation nasale de an, en, in, on, un, et que l'on appelle par cette raison voyelles nasales. Dans ambassadeur, eniraiH's, insulte, ontologie, am, en, in on, sont des voyelles nasales.
11 y a quelques exceptions à celte règle. Quelques mots empruntés des langues érrangères, comme amen , J'èrusalem , hymen , abdom»n.
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Éden, etc., ne prennent point le son na?;il; et dans ennui et emmener, la première syllabe garde le son nnsnl, (luoique la consonne y soit redoublée. 1. es trois lettres en<, qni sont à ia fin des troisièmes personnes plurielles des verbes, ne fonnenl point un son nasal, mais seulement celui d'un e muet.
Quelquefois les mots qui finissent par une voyelle nasale se joignent dans la prononciation au'mot suivant, lorsque ce mot commence ])ar une voyelle ou par un h muet, comme dans ancien ami, certain aiitevr, vilain homme, en plein air, que l'on prononce ancien-n-ami , certain-n-auteitr,vilain-n-homme, en plein-nair. D'autres l'ois celte liaison ne s'opère point, comme dans passion aveugle, question importante, bon à monter, cela est certain et indubitable. Mais dans quels cas faut-il former cette liaison? dans quels cas faut-il l'omettre? C'est une difficulté sur laquelle les grammairiens ne sont pas parfaitement d'accord. I.a Grammaire des Grammaires, t]ui s'efforce de l'expliquer, ne fait que l'embrouiller, au lieu de ia résoudre.
Cette grammaire donne pour i)rincipe général, qu'on ne doit faire sonner les finales que quand le mot où elles se trouvent et le mot qui les suit sont immédiatement, nécessairement et inséparablement unis, et que quand le sens ne permet pas une petite pause après la syllabe nasale. ("c principe général, qui contient quelque chose de vrai, est exposé d'une manière obscure et incomplète, et il serait très-difficile d'en faire l'application. Dans certain auiavr, certain n'est pas 'p\\l?' immédiatement, \\\\\s nécessairement, plus inséparablement uni avec auteur, que, dans passion aveugle, le premier mot ne l'est avec le second; et on ne peut pas plus faire de pause après certain qu'après joasswn, ou, si l'on veut, on peut en faire également une après l'un etaprès l'autre. Dans l'une et dans l'autre phrase, c'est un adjectif et un substantif, ou un substantif et un adjectif, immédiatement, nécessairement et inséparablement imis dans la pensée de l'auteur, comme dans renonciation de cette i)ensée. Ainsi, après l'exposition du principe général de la Grammaire des Grammaires, on peut se demander encore pourquoi dans la première phrase, on prononce certain-ji-auteur, et dans la seconde, passion areuple.
Voici une règle qui me semble plus claire, plus sûre et plus précise que le principe de la Grammaire des Grammaires :
11 faut faire sonner le ?j de la voyelle nasale avant un mot qui commence par une voyelle ou un h muet, toutes les fois que ce mol est, dans l'ordie grammatical, un complément nécessaire du premier mot.
Un adjectif n'a qu'un sens vagtie et incertain, tant iiu'il n'est i>as joint au substantif qu'il doit modifier; une préposition, quand elle n'est jws joint à un complément. L'adjectif prononcé le premier fait donc attendre un substantif, la préposition un complément, et le passage de l'un à l'autre doit être aussi simple dans renonciation qu'il 1 est dans l'esprit de celui qui parle. Or, ce passage serait dur, lorsque le dernier mol commence par une voyelle, et l'hiatus séparerait en quelque sorte ce qui est uni dans la pensée, si l'on ne faisait disparaître cette séparation par la prolongation du sim nasal. Si l'on prononçait certain auteur, la liaison du premier mot qui appelle le second ne serait point marquée, et le passage de l'un à l'autre ne serait pas sensible.
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Ce passage devient sensible lorsqu'on i)rononce certain-n-auteur. 11 en est de même de cev phrases, en Allemagne, en Espagne, qu'il faut prononcer, cn-n-AUemafine. cn-n-Espagne. Kn est une préposition t]ui ajjpellc nécessairemen un complément; et le son nasal manjue l'union entre cette préposition et ce complément, et forme le passage de l'une à l'autre. Lorsque le second mot commence par une consonne , ce passage se fait naturellement, parce qu'il n'y a point de choc dans la prononciation, point d'hiatus qui opère séparation. Certain poète , en France.
Mais lorsque la première expression n'appelle pas nécessairement la seconde dans l'ordre grammatical, les deux expressions ne sont pas nécessairement liées, et il ne faut pas manjuer par le son nasal une liaison qui n'existe point. Dans passion aveugle, le mol passitm n'ap[)elle nécessairement ni l'adjectif aveugle, ni aucun autre adjectif. Le sens de ce mol est par lui-même complet et absolu. La liaison existe bien dans l'idée, mais elle n'existe pas dans renonciation grammaticale, ^'oilà pourquoi on [)rononce passiim aveugle, et non passion-n-avcugle .
On prononce on-n-a dit, et non pas, f/« a dit, parce que on est un mot vague et incomplet (jui exige nécessairement un verbe auquel il doit être lié; el on prononcera a-<-o« eu soin? arrive-t-on aujourd'hui^ et non pas a-t-on-n-eu siiin? arrive-t-on-n-aujovrd'hui? parce que on n'exige ni eu, ni aujourd'hui, et que les verbes a et arrivé, qu'il exige grammaticalement, sont déjà exprimés.
On prononce bon à savoir, et non pas, bo7i-à savoir, parce qu'ici l'adjectif ôoh, qui appelle naturellement un substantif, est suivi d'un autre mot; mais on prononce bon-n-ami, parce que bon est suivi du mot qu'il appelle naturellement, c'est-à-dire d'un substantif. Par la même raison, on prononce un-n-homme, un-n-arbre.
Dans les exemples que nous venons de donner, où la voyelle nasale se fait sentir, on laisse à cette syllabe sa nasalité entière, et on en prolonge le son par l'addition d'un n euphonique, que l'on prononce au commencement du second mnl : certain nauteur. Quelques grammairiens, s'ci'?vant contre cet usage général dont les meilleurs grammairiens ont fait une règle, veulent (jue l'on retranche le n delà voyelle nasale, qu'on le transporte au commencement du mot suivant, et qu'on prononce pai" exemple, ccrtai nauteur, au lieu de certain-n-auteur ; o na dit, au lieu ([a on-n-a dit. Cette innovation est d'autant plus absurde qu'elle déBatursrait le premier mot do chacune de ces phrases, pour en faire des mots barbares. Certai, >', ne sont pas des mots français, et la lettre 71 i]uc l'on mettrait au commencement des mots qui les suivent ne suffirait pas pour leur donner un sens raisonnable, jmisquedans la prononciation elle n'affeclc que le mot au commencement duquel elle est placée.
Voici comment l'auteur de cette singulière innovation tâche de justifier son système. « Celte manière, dit-il, de lier les voyelles, sauve tes principes, et ne jetlc pas dans l'insoutenable <'or.tradiction du douidi; emploi de ce son qui est simple et indivisible par essence. Le caractère grammatical de ces sons est renversé, à la vérité, dans leur liaison; mais c'est pour en faire résulter un ordre naturel de prononciation, un ordre qui est tellement dans le géiiic de noire langue, que nous l'exécutons dans 'an ircs-grand nombre de
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mots, par un principe de pronontialion universel et reconnu. En effet, que l'on observe notre manière do prononcer les mots inatle/ilif, inahov iable, inhumain, c\.c., (liielqu'iMi s"avise-t-il de dire in-atlentif, in-ahordahie, in-humain? iSon, sans doute; et cependant qui ignore ([ue ces mots sont composes de la particule/H, qui repond à la préposition latine no/i, parlicule que l'on rend toujours nasale dans les mots où elle est suivie d'une consonne, comme dans indtceut, intempérant ? Que fait-on donc dans le premier cas? On prononce \i pur, dont on forme la première syllabe du mot, tandis que le w ijui lui appartient naturellement va se réunir comme une pure consonne à la voyelle suivante, cl l'on dit i-nattentif, i-nuhordahle, i-nhumain. C'est d'après ce même principe que nous prononçons encore bo-nheur, formé de Ion et de heur; nonobstant, qui résulte de non et à'obslant; vi-naigre, évidemment formé des mots vin et aigre. »
J'observe d'abord que la manière établie de prononcer les syllabes nasales avant les voyelles, ne jette pas dans l insoutenable contradiction du double emploi de ce son. Dans certain- n-auteur , le son de la voyelle nasale n'est point double, il est affecté au mot auquel il appartient, et nauteur ne donne point ce son nasal, mais le son naturel d'un n joint à une voyelle. — D'ailleurs, si, comme le dit l'auteur de l'innovation, la voyelle nasale est simple et indivisible par essence, pourquoi donc la divisez-vous, ou plutôt pourquoi la détruisez-vous? car dans votre prononciation de certai nauteur, non-seulement on ne trouve plus aucune trace de nasalité, mais même on cherche en vain le premier mol qui est réduit à des syllabes barbares et inintelligibles.
La proîîonciation des mots composés où l'on a formé un seul mol d'une parlicule et d'un autre mot, ne peut èlre mise en comparaison avec celle de deux mois qui, dans le discours, doivent conserver chacun leur caractère distinct. Dans la composition des premiers, l'usage ne laisse plus de distinction entre les éléments dont elle les forme. Le résultat n'est plus qu'un seul mot dont les éléments sont inséparables et dont l'orthographe et la prononciation suivent les inspirations de l'euphonie. Ainsi dans les mots aguerrir, adapter, accumuler, agréger, allaiter, arranger, arrondir, assaillir, attribut, c'est toujours la parlicule a changée en ad, ac, ag, al, as, at, suivant le besoin de l'euphonie, et dans ces variations, cette particule ne conserve ni son orthographe ni sa prononciation primitive; elle ne forme point un mot à part, mais elle est tellement unie au mot dans la composition duquel on l'a fait entrer, qu'elle en est devenue une partie inséparable. — Il en est de même de in dans les mots inaitentif, inabordable, indécent; ce n'est pas pro[iremenl un mol qui ait par lui-même un sens individuel ; c'est une parlicule qui n'a de sens que lorsqu'elle fait partie de quelque autre mot; et qui, par raison d'euphonie, prend deux sons différents avant une voyelle ou avant une consonne. On ne prononce pas innabordable, parce que i?i n'est pas un mot dont il faille distinguer le sens et le caractère, mais une parlicule inséparable (jui serl à déterminer le sens du mot inabordable.
Il n'en est fias de même des mots dont il est question ici. Certain est un mot distinct, auteur est un autre mot distinct, et ces deux mots ne sont pas des parties inséparables d'un motcom-