‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 54 sur 453 · BAL · texte numérisé non relu

BAL

Baignoire, Bvigneui;, Baignelsc. Dans ces trois mots 011 inouillc^H.

Bail. Sulist. m. Il fait au pluriel baux.

Bâillement. Subsl. m. Ternie de gramm. 11 y a bàilleuiciil toutes les fois ([u'uii mol terminé jiar UDCvoyclle esi suivi d'un aiiire iiiotcuiiconimenee par une voyelle, eomme dans il m'vbliffCà à y aller. Alore la bouelie demeure ouverte entre ces deux voyelles, par la nécessilé de donner passage à l'air (]ui forme l'une, puis l'auire, sans aucune consonne inlcrmédiaire. Ce concours de voyelles est plus pénible à exécuter pour celui qui parle, et par conséquent moins agréable à entendre pour celui qui écoule; au lieu qu'une consonne faciliterait le passage d'une voyelle a l'autre. C'est ce qui a fait que, dans toutes les langues, le mécanisme de la |)arolc a introduit ou l'élision de la voyelle du premier mol, ou une consonne euphonique entre les deux mots. En français, excc|)té dans quelques monosyllabes, on ne fait usage de l'élision que lorscjue le mot suivi d'une voyelle est terminé par un c muet : Une sincère amiliè, i)rononcez une sincer-aviitié- Dans siil, on clide \'i, on écrit et on prononce s'il. On dit aussi m'amie, dans le style familier, au lieu de vta mie, ou mon amie. Is'os pères disaient ?«'«viour.

Nos voyelles sont quelquefois suivies d'un son nasal, qui fait qu'on les appelle alors voyelles nasales Ce son nasal est un son qui peut élrc continué, ce qui est le caractère disiinclif de toute voyelle. Ce son nasal laisse donc la bouche ou- Verle, etquoiiiu'ilsoil marqué dans l'écriture par un n, il est une vériudjie voyelle; et les poètes doivent éviter dcle faire suivre par un mot qui commence par une voyelle, à moins que ce ne soit dans les occasions ou l'usage a introduit un n euphonique entre la voyelle nasale et celle du mol qui suit; [)ar exemple, un enfant. Ion homme, on a, se prononcent comme unn-enfunt , lon-n- Tiojnme, on-n-a, elc. Mais si le sulistantif précède, il y a ordinairement un bâillement : U/i tyran odieux, un entretien honnête , cic. On nodii pas un tyran-n-odieux , un entretien-n-ltr.jinêle, etc. (Dumarsais.) Voyez Hiatus, Jpostriphe.

Baille!!. V. a. de la J" conj. Respirer en ouvrant la bouche involontairement.

Bailler. V. a. de la 1" conj. Il est vieux, et on ne s'en sert plus guère qu'au barreau. 11 se disait autrefois pour donner : Baillera ferme.

Bailleur. Subst. m. Qui baille fréquemment. Au féminin, bâilleuse.

Bailleur, Bailleresse. Substantifs, l'un masculin, l'autre féminin. Qui baille à ferme. Ou dit bailleur de fonds, bailleresse de fonds.

*Bain-Marie. Subsl. m. Il fait au pluriel des bains-Marie. Voyez Composé.

Baisecr. Subsl. m. Baisedse. Subsl. f. L'Académie l'indique adjectif, et donne pour exemple tm grand baiseur, où il est substantif.

Bal. Subsl. m. 11 fait au pluriel bals et non pas baux.

Voltaire l'a employé figurcmenl dans les vers suivants [Premier Discours sur l'homme, k ) :

Ce monde est un grand hal où des fous d(>guisés Sous les risibles noms d'éminence et d'allesse. Pensent entier leur être et hausser leur bassesse.

Balance. Subst. f. Ce mot s'emploie souvent au figuré :

B.Ul 89

Ma gloire inléressce emporte la haXantt.

(Rac, Ifhig., a,-l. IV, se. Tll, 6.)

.... Le dieu vengeur de l'innocence, Toulprél i le juger, lient déjà U 6a<anc..

(lUc, Eilh., acl. V, ic. II, 15.)

Penses-lu qu'un instant m» vertu démentie Eût mis dans la balance un homme ot la patrie?

(Volt., Mort dà Citar, acl. lit, se. ii, 40.)

Balayer. V. a. de la !"■ conj. Dan-, la conjugaison de ce verbe on conserve toujours Vy qui se trouve dans l'infinitif, excepté av.mt e, es, ent où l'on fait usage do Vi sinqiie : Je balaie, tu balaies, il balaie, ils balaient; je balaierai, Je balaierais.

Ballade, Ballant, Balle, Baller , Ballet, Ballon, Ballot, Ballottage, Ballotte, Bal-^ LOTTER. Dans tous ces mots on ne prononce qu'un l.

Balsamine. Subst. L On prononce balzamine.

Balsamique. Adj. des deux genres On prononce bulzamique. Cet adj. suU ordinairement son subst. : Odeur balsamique, vertu balsamique.

Banal, Banale. Adj. U se met ordinairement après son substantif. L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel masculin; mais je (lense (lu'on peut dire cl qu'on dit des funrs banaux des vtovlins banaux. — Dans sa dernière édition, l'Académie admet ce pluriel.

Banc. Subsl. m. Le c ne se prononce pas.

Bandit. Subst. m. Le t ne se prononce pas. Il ne sedil point au féminin.

Banne, Bander, Banneret, Ban\eton, Bannù-.re, Bannir, Bannissable, Bannissement. Dans tous ces mots on ne prononce qu'un n.

Baptême, Baptiser. Dans ces deux mots on ne prononce [loinl le p.

Baptismal, Baptismale. Adj. I.cp se prononce. — L'Académie, dans sa dernière édition, dit qu'il ne se prononce pas. Il se inel après son subsl., et fait baptismaux au pluriel masculin : Fonts baptismaux.

Baptistairi:. Adj. (jui se met toujours après son subst. '.Extrait baptistaire, registre baptislaire. On ne prononce pasleju.

B\PTisTi;RE. Subst. m. Le ju ne se prononce, point.

Barbare. Adj. des deux genres. 11 peut se mettre avant son subsl , lorsqu'il a avec ce substantif une analogie clroile. On ne dit pas un barbare homme, mais on pourrait dire, dans un cas con\ enabie, cette barbare conduite \'oyez .adjectif.

Cet adjectif se dit en grammaire des termes et des constructions inusitées; et en lilléralure, des ou\rages où l'on ne remarque, d'un bouta l'autre, ni art, ni goùl, ni génie. 11 ne faut donc pas prendre à la lelire ce que dit Boileau (//. P., 111, 243);

D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Ecnd un poème entier ou burlesque ou barbare^

Il y a des poèmes où l'on trouve quelques mots durs ou bizarres, et qui ne sont pas pour cela des poèmes barbares.

B,iRBAREMENT. Adv. II uc sc met guère qu'après le verlie. // a été traité barbaremenl. H est peu usité.

Barbarisme. Sulist. m. Faute contre la pureté de la langue. On fait un bariiarisinc, 1" en se servant d'un mot qui n'est pas du dictionnair'î de la

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