‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 65 sur 453 · BOT · texte numérisé non relu

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Borax. Subsl. m. A" se prononce comiucVs, biiracs .

Bord. Subsl. m. Le <f nese prononce pas.

Boréal, Boréale. A<lj. qui ne se met qu'après son subsl. : Pôle boréal; aurore boréale. Ce mol n'a point (Je pluriel au masculin ; mais on dil forl bien des aurores boréales.

"^RONi;. Adj. des doux genres el subsl. Fcraud prétend qu'en parlant des personnes, il ne se dit que subslantivenienl. On dit pourtant bien, ce me semble, cet homme est borgne; cette femme est borgne; et je crois qu'on dit aussi, en parlant d'une femine, elle a un mari borgne, et d'une mère, elle a un enfant borgne. — Subslantivenienl, ce mol ne se dil point des animaux. Un cheval borgne, un chien borgne. — Cet adj. suit toujours son su bst .

Borgnesse. Subsl. f. C'est, dit rAcadémie, un terme bas cl injurieux. 11 fallait donc le laisser au Dictionnaire des halles.

Borne. Subsl. f. Voltaire a pris ce mot dans un sens fi^'uré, lorsqu'il a dil dans j)/a7io?ne/ (act. I,

se. I, e'y) :

Ce n'est pas qu'à mon âge aux bornes de \\ vie.

^t dans 0;es/e (act. I, se. m, 11) :

Peut-élre que je touclie aux bornes de nia vie.

Borné, BoRNÉi.. Adj. Il suit toujours son subst. : f/îi esprit borné, une fortune bornée.

BoRNOïER. V. n. de la 1"^ conj. Dans la conjugaison de ce verbe, on conserve l'y qui est dans l'inOnilif, exccpto avant e, es, ent: Je bomoie, tu bornoies, ils bornaient, je bornoierai, etc.

Bosquet. Subst. m. Le i ne se prononce pas.

Bosseler. V. a. de la i'" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, on double la lettre l toutes les l'ois qu'elle est suivie d'un e muet ou du son d'un e iQuel : Je bosselle, tu bosselles, ilbosselle, ils bossellent ; je bossellerai, etc. — L'Académie dil que bosseler se dil des bosses qui se l'ont par accident a une pièce d'arijenierie. C'est une erreur. Elle confond bossuer i\ycc bosseler. Bosseler, c'est travailler en bosse sur de la vaisselle d'or pu d'argent. Bossuer, c'est faire des bosses à de la vaisselle d'or, d argent, d'clain, en la laissant tomber, ou de quclipie autre manière. — Dans son édition de 1835, rAcad»''mie s'exprime ainsi : « Bosseler ie dil (piebpicfois dans le sens de bossuer, cl dors on l'emploie surtout avec le pronom |)ersonlel : Cette écuelle s'est bosselée en tombant. »

BossD, Bossue. .4dj Fèraud prétend qu'en pariant des personnes, on ne l'emploie guère adjcc- Uvemcnl. Cependant on dil cet homnw est bossu, fette femme est bossue , elle a un enfant bossu.

Bossuer. V.a. delà l^conj. \oyez Bosseler.

Bot. Adj qui n'a point de féminin. Le i ne se prononce pas. Jvoir un pied bot. On dil aussi i'une personne qui a celle difformité, c'est un pied-bot.

Botteler. 'V. a. de la i" conj. Dans la conjuçaison de ce verbe, on double la lettre l toutes les fuis qu'elle est suivie d'une muet ou du son d'un e inucl : Je bottelle, tu bottellcs, il bottelle, ils bottellent; je bottellerai, etc.

Botter. V. a. de la l'"' conj. L'Académie dit que c'est faire des bottes; el elle donne pour exemple, quel est le cordonnier qui vous botte? Le Sens propre du mot botter, c'est chausser des boites. On dil par extension, quel est le cordon-

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nier qui vous botte comme on dit quel est la tailleur qui vous habille? .Mais il ne s'ensuit pas de là i]Ue fai.-e des bottes et botter, faire des habits et habiller, soient des expressions synonymes.

Bouc. Subst. m. On prononce le c. L'Académie dit qu'on appelle barbe de bouc la barbe d'un homme qui n'en a (ju'au menton; et elle donne pour exemple, il a une barbe de bouc, une vraie barbe de bouc. On a remanpic, avec raison, qiï'une vraie barbe de bouc e^l la barbe d'un vrai bouc.

L'adjoclif rrai, vraie, ne peut être donné pour épithéleà un substantif employé métaphoriquement, sans détruire la métaphore même.

^'ollaire a dit dans ses Remarques sur Corneille : Les termes les plus bas emi)|i)yés à propos s'ennoblissent. Racine, à:ms Aihalie, se sert des mots de bouc et ûe chien avec succès. — Il faut remarquer ici que, par termes bas. Voltaire n'entend pas les termes obscènes et malhonnêtes, mais seulement ceux qui ne paraissent pas propres à être employés dans la poésie et le discours oratoire. Bouc el chien ne sont des termes bas qu'en ce sens; ce ne soni pas des ternies populaires, car les gens les plus instruits et les mieux élevés sont souvent obligés de s'en servir.

Bouche. Subsl. f. \o\C7. Parties des animaux. — Dans les mois bouche, bouchée, boucher, bouchère, boucherie, la syllabe bou e>l brève, au lieu qu'elle est longue dans boucher, verbe.

Bouche-trou. Subst. m. 11 fait au pluriel des bouche-trous. [Giammaire des Grammaires, p. 491.)

Bougon. Subst. m. Morceau empoisonné. — Donner le boucon, dit l'Académie, n'est autre chose qu'empoisonner. — C'est un vieux mot qui n'est plus usité aujourd'hui. On disait autrefois mystérieusement, et en parlant des gens qu'on ne voulait pas traiter ouvertement d'empoisonneurs: // lui a dor.r.é le boucon, ils lui ont donné le boucon. On parle plus franchement aujourd'hui; et, (luelle que soit la dignité de la personne, on dit : Jl l'a empoisonné, OU il Vu fait empoisonner .

Boudeur, Boudeuse. Adj. En prose il ne se met qu'après son suhsl. : Un enfant boudeur, humeur boudeuse. En vers, on pourrait dire, cette boudeuse humeur.

Boue. Subsl. f. L'Académie dit que c'est la fange des rues el des chemins; or on sait que la fange est de la boue presque liquide. Donc, selon l'Académie, quand la boue n'est pas presque liquide, ce n'est plus delà bouc; l'Académie ne nous dil pas ce que c'est.

Selon l'Académie, payer les boues et les lanternes signifiait autrefois payer la taxe qui esl imposée pour renlévemenl des boues el l'entretien des lanternes. On a remarque avec raison que celte expression pouvait s'être introduite dans les bureaux de la ville; mais que les académiciens devaient dire payer pour les boues et les lanternes.

Boueux, Boueuse. Adj. Il suit toujours son subst. : Chemin boueux, rue boueuse; écriture boueuse, estampe boueuse.

Bouffant, Bouffante. Adj. verbal, tiré du v. bouffer. Il se met toujours après son subst. : Une étoffe bouffante, une garniture bouffante.

Bouffissure. Subsl. f. La bouffissure du style est le défaut du style ampoulé.

Bouffon, Bouffonne. Adj. Il peut se mstCre

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avant sonsubst. On AU c'est vn bouffon personnage, dans sa hiuffonne humeur; cl en vers :

Aux accents insolents d'une boufj'onne joie La sagesse, l'esprit, l'Uonnenr, furent en proie.

(BoiL., A. P., 111, 339.)

On l'emploie aussi subslanlivemciit. L'Académie déliiiil irés-mal ce mol; c'esl, dil-cllc, un personnage de tliéâlrc dont l'emploi est de faire rire. — Tous les actcui-sde comédie dont l'emploi est de faire rite ne sont pas |)Our cela des bouffons. Celui qui joue le rôle de Tartufe fait rire, sans faire de bouffonneries. — On entend par ce mot un farceur, un jongleur, tout hoiinnc (]ui fait inélier d'amuser la populace par des plaisanteries basses et grossières.

BooGEi;. \. n. de la l" conj. Dans ce verbe, le ç doit toujours avoir la prononciation duj; el, pour lui conserver celle prononciation (!?,:is les temps où il est suivi d'un a ou d'un o, il faut ineUre un e muet avant cet a ou cet o : Je hfntgcais, nous bougeons, et non pas je hougais, nous bougons. L'Académie dit qu'on s'en sert plus ordinairement avec la négaiive; elle aurait dû ajouter que dans les phrases négatives où il est employé, on supprime pas. Je ne bougerai de là. Il ne bouge de cette jnaison. — Dans son édition de 'J83o, l'Académie admel il ne bouge de cette maison, mais elle donne aussi les exemples suivants : Il ne b ivge pas du cabaret; il ne bouge pas d'auprès de cette femme. Girault-Duvivior dit que c'esl dans le style familier qu'on supprime pas après le verbe bouger.

Bouillant, Bouillame. Adj. verbal, tiré du v. bouillir. On mouille les l. Au propre, il suit son subst. Au ligure, il peut le précéder dans certains cas : La bouillante jeunesse, dans sa bouillante colère; el en vers :

La bouillante jeunesse est facile à séduire.

fVoLT., Brut., act. I, se. IV, 68.)

On dit bouillant de colère.

Guise était à leur tête, et, bouillant de colère. Vengeait sur tous les miens les mânes de son père. (H«ir., II, Ï53.)

Bouilli, Bouillie. Adj. Il se met toujours après son subsl.

Booillir. V. n et irrégulier de la 2* conj.

Indicatif. — Présent. Je bous, tu bous, il bout; Lous bouillons, vous bouillez, ils bouillent. Imparfait. Je bouillais, tu bouillais, il bouillait; nous bouillions, vous bouilliez, ils bouillaient. Passt': simple. Je bouillis, lu bouillis, il bouillit; nous bouillimes, vous bouillîtes, ils bouillirent. Futur. Je bouillirai, tu bouilliras, il bouillira; nous bouillirons, vous bouillirez, ils bouilliront.

Condilionnel. — Présent. Je bouillirais, tu bouillirais, il bouillirait; nous bouillirions, vous bouilliriez, ils bouilliraient.

\wp(mV\^.— Présent. Bous, qu'il bouille; bouillons, bouillez, qu'ils bouillent.

Subjonctif.— P/tscH^ Que je bouille, que lu bouilles, qu'il bouille; que nous bouillions, que vous bouilliez, qu'ils bouillent. Imparfait. Que je bouillisse, que tu bouillisses, qu'il bouillit; que nous bouillissions, que vous bouillissiez , qu'ils bouillissent.

Parlicipe. — Présent. Bouillant. — Passé. Bouilli.

Ce verbe s'emploie ordinairement aux troisièmes personnes. Pour le rendre actif el l'employer à toutes les personnes, on se sert des temps du

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verbe faire joints à l'inlinitif iouj//;;- : Je fui.i bouillir, tu faisais bouillir ; nous ferons bouillir, etc. On dil aussi l'eau, lo lait commence a bouillir.

Condillac el M. de Wailly mellenl au futur je bouillirai ou je louillcrai ; et au conditionnel je bouillirais ou je bouillerais ; mais le dernier n'est pas usité.

Bouilloire. Subsl. f. On mouille les Z.

BoDiLLON. Subst. m. On mouille les Z.

Déjà leurs nefs, perù.\nl l'aspect de la Sicile, Voguaient à pleine voile, cl de Ponde docile Fendaient d'un cours heureux les 6our!(on« écumanti. [Delil., Ènéiâ., I, 57.)

Bouillonnant, BoriLLO>iNANTE. Adj. verbal , lire du V. bouillir. Un sang bouillonnant.

Aux sables bouillonnant» l'onde livre la guerre.

(Dblil., Ênéid., I, 158.)

Bouillonner. V. n. de la \" conj II s'emploie figurément. En voici des exemples:

La lionle, la colère,

La fureur d'un héros, le désespoir d'un père, El la vengeance avongle, et la folle douleur, CouiI(onnen( à la fois dans le fond de son coeur.

(Deul., Ênrtd., X, 12U.)

Bocledx. Subsl. m. L'Académie dil qu'on l'emploie pour signilior un cheval trapu et qui n'est propre qu'à des ouvrages de fatigue. Celte explication n'est pas exacte. On dit d'un cheval qui chemine bien, (]u'z7 est bon bouleux, el il n'est pas nécessaire, pour qu'on se serve de cette expression, que ce cheval soit irapu; de môme qu'on dit d'un homme qui est bon piolon, qu'il chemine bien, sans égard à sa taille et a sa grosseur.

BouQUER. V. a. de la l'^conj. C'esl un terme populaire. — Regnard a dil dans le Légataire (acl. II, se. XI, 39) :

Moi seul j'ai fait bouquer toute la Faculté.

Bouquet. Subst. m. Terme de belles-lcl'res. On nomme ainsi une pelilc pièce de vers ad "î-ssôc à une personne le jour de sa fête. C'e-t le plus souvent un madrigal ou une chanson. Lecaraiière de cette sorte de jioésie est la délicatesse ou la gaieté. La fadeur en esl le défaut le plus ordinaire, comme de toute espèce de louange. (Marmontel.)

Bourbeux, Bourbeise. Adj. Il ne se met guère qu'après son subst. : Eau bourbeuse, rivière bourbeuse.

Bourde. Subst. f On lit dans /e Menteur un Corneille (acl. lil, se. v, 78) :

Appelez-moi grand fourbe et grand douneur de bourdc:>.

Celle expression, dil Voltaire, esl aujourd'hui un peu basse. Flic vient de l'ancien mot bourdeler, bordeler, qui signifiait se réjouir.-

BouuDER. y. a. de la \" conj. L'Acîidànie a mis ce mot dans son Dictionnaire; mais il n'est plus usité, même parmi le peuple, li en esl de même de bourdeur.

Bourgeois. Subsl. m Corneille a dil dans Nicffmède (acl I, se. n, 47) :

Et ne savcî-vons plu5 qu'il n'est princes ni rois Qu'elle daigD* égaler à «es moindres bourgeoit •

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L'c\']UCS6ion de hmirqeois, dil ^■ollaire, est bfinnio (In slyli^ iiolilc D:ms vin Él;il monarchique vn bvrgenis est un homme du commun. (Jicmarqiies sur Curncille.)

Boiiigenis so |ii('hii aussi adjectivement, et alors il ne so met iin'après son subst. : Un air bourgeois, ihs riinnièrps b xirgcoiscs.

Bour.OF.oisKMi NT. Adv. Une se met guère qu'après le vcrhc : Il II tni'jmirs vi'cvhnurijeniscmciit.

Bour.nviMK. Sulisl. 1". L'Acadcmie dit que c'est une pianio poiaiière propieà tempérer i'àcrclé du sansj 01 delà liilc. I. 'Académie aurait dû substituer vièdiciile à pntaqcic.

Bocnr.Ki K.n. \ .i\. «le la 1" conj. Il ne s'emploie qu'au (i;:uié. 1 oi-S(p:o dans ce \ erl)e la lettre / est suivie d'un c muei,on met un accent grave sur l'e qui la précède : La conscience bourrelé les 7néchants (Acad.)

BoinRo, BuLT.ncF.. Adj. 11 se met toujours après son sulist. : Un homme bourru, v?i esprit bourru, une Innneur bmirruc

Bour.SE. Stiiisl. f. L'Académie dit qu'on donne le nom de bourse à deux sacs de cuir, qui se mettent des deux côlés, au-devant delà selle du cheval. Ce «pic l'Académ e indique par cette description se woimwc saciche.

BoDr.fOL'FFi É , Boc!;soi;fflée. Adj. Il se met aprcsson subst.au propre et au figuré : Unvisage boursovfflè.

On appelle style boursovfflè, un style formé de grands mots vides de sens.

BocsiLLEUR. Subst. m. On dil bousilleuse au féminin.

BooT. Subst. m. Le t ne se prononce que devant une voyelle ou un h non aspiré.

Mais je sens que bient&t ma doacenr est à bout.

(Rac, Ath,, acl. II, se. V, 159.)

Être à bout, expression familière, mais qui n'est iK)int déplacée ici .

Parii est plein de ces pellls houti d'homme, Yiins, fiers, fous, sols, dont le caquet m'assomme. (Volt., A'av., acl. II, se. xii, 21.)

Voyez Fin.

BooTATST. Adj. m. Selon l'Académie, c'est un terme qui a le même sens que butant, et (jui n'est d'usage «pravec le mot arc. — On a icinaripié au sujet de cet article que boutant était auliefois le participe du vcrlie bovter; cl (juc i(/<a/i/ était le participe du verbe buter; (]uc l'un de ces mots ne se <lil |)as jjour l'autre, comme l'avance rAcadéuiio, et que chacun dcics vcibes a sa signification propre. Ce «pii est boutant appuie |>ar un bout; ce qui est butant ajipuie par sa masse.

BooTE-EN-rr.AiN. Subst. m. Ce mot ne pioiul point de s au pluriel : Des bnute-en-train. 11 signifie dos Iiumuics qui l)oulcnt, c'csl-a-dire cpii mettent les autres en train; cl dans cctlc plira-e, ni le vcriiC Ixtutn, ni l'expression en train, ne peuvent prcnilrc un s On dit mettre les autres en train, et non pas en trains.

Boi;te-fi;u. Subsi. m. L'Académie met au pluriel </<?s bt'ulc-fcux. Mais ce mol, coinjiosé du verbe bouter cl du subsiaulif /i7^^ ne iicut admettre le signe du iduricl. On ne peut mcitieun i à boute, qui est un verbe; on ne peut [las mettre Un j à f:-u; car des boute-feu signifie de gens qui, de des>ein prémédité, boutent, ou mettent le feu, et non jias \cf.feux.

BocTF.-uoRs. Subst. m., composé du verbe bouter et ae la préjiosition hors, prise adverbia

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