BON
quand on dit d'une personne : Il est bon de l'entendre, c'esl-à-dire, il est convenable de 1 entendre.
Tout de bon ! nu commencement d'une phrase, est une espèce d'inlcrjculion : 7 ont de bon.' vous lui avez n pondu cela? c'est-à-dire, est-il liicn vrai que vous lui avez repondu cclaf Dans le cours de la phrase, tout de bon est adverbe, et signilie rcellemeiil, il se fâcha tout de bon. Bon s'emploie aussi comme adverbe dans un autre sens ; Ces /leurs sentent bon.
BoNACE. Subst. m. 11 n'est plus du style noble.
Bonasse. Adj. dos deux genres. 11 se dit des personnes qui ont une bonté dont la simplicité ou la bclise est le principe. Il est familier, et se met toujours après son subst.
BOiN-cHi-.r:TiEN. Sulist. m. Sorte de poire. Je ne pense pas (pi'on doive dire au pluriel, des bonschrétiens, ne rCil-ce qu'a cause de rOipiivoipie. On dit abusivement au singulier, dans queNpies cas seuiciiieni, du bon-chrétien, c"esl-à-(liie, des poires de re>pcee dile bon-chrétien ; mais \\ faut dire au |iluriel des poires de bon-chrétien. C'est l'espèce (lui a le nom de bon-chrétien, et non pas les individus. On m'objectera ])eut-élre que Tondit au pluriel des reinettes, quoique ce nom soit destiné à sigiiilicr une espèce. Mais, outre qu'ici il n'y a point d'équivoipic, il faut observer ([ue ?-ej//ci/e est une dénomination positive et absolue, au lieu queio« chrétien n'est qu'une signification tirée d'un autre objet. On dit proprement uuc poire de bon chrétien: cc n'est ([ue par abus qu'on dit du bon-chrétien ; et , l'on ne peut jamais dire en ce sens tin bon-chrétien comme on dit une reinette. 11 serait ridicule de dire : J'ai mangé un bon-chrttien, ou j'ai manyé des bonschrétiens. On dit U7ie prune de vionsieur, et si quelques personnes disent par abus c/« monsieur, il n'en faut pas conc)"re qu'on puisse dire, pour désigner ces p.-iuies, un monsieur, ou des monsieiirs, ou des messieurs. On ne dit p.is p\usj'ai manyé des hons-chretiens, pour dire j'tn mangé des poires de bon-chrétien, qu'on ne dit /'«;.' mangé des messieurs, pour dire j'ai yn ange des prunes de monsieur. Voyez Composé.
Bond. Subst. m. le d ne se prononce pas.
BoNDin. Y. n. de la 2' conj. Dclillc a appliqué ce mot à la danse.
Tantôt leurs pieds légers, sur de riants gazons. Bondissent en cadence au doux bruit des cliansons. [Éniidc, YI, 861.)
Bondissant, Bondissante. Adj. verbal, tiré du V. bondir. En prose, il suit toujours son subst.
Bonheur. Subst. m. On ])rononcc bo-neur. Dans Je sens d'état heurei/.v, il n'a point de pluriel. On ne dit pas;'e/a"/<? vos bonheurs, niaisj'e/;r/c vtlre bonheur. Dans le sens d'événement heurcu.v, il a un pluriel : Il nous est arrivé plusieurs bonheurs en un jour. On ne dit pas par bonheur que. L'Acad(îmie donne pour exeuqile : Il arriva par bonheur pour lui que...; mais, dans celte phrase, que est régi par il arriva, et non par bonheur.
Le bonheur vient du dehors, dit Voltaire, c'est originairement une bonne heure ; la fvlicité csl l'état permanent, du mi uns pour (iuelque temps, d'une âme conlenie, et cet état est bien rare ; un bonheur vient, on a un bonheur ; mais on ne penl dire il m'est venu une félicité, j'ai eu une félicité ; et <luandon dit cet homme jouit d'une félicité par-
noo
faite, une alors n'est |)as pris nnm.«rJquon,. i,t et siginhe seulement qu'on croit (pic sa félicit.1 est parfaite. On peut avoir un b„nl,cur sans élriheureux; un homme a en le ImnI.enr dVrham>er a un piégc, cl n'eu est quelqmfui. ,,„o plus malheureux ;on ne peut pas dirc.le lui ,|,i-,l '.oprouvo la tvhcitc. Il y a encore de la dirrérem-e ei'iic «. bonheur Cl le bonheur, (liiïeience que le mol filicite n'admet |)oinl. Un bnnhcr csl un événement heureux, l.c bonheur, pris indrlinimciu signilieunc suite de ces événemcnls. l.p phiisir est un sentiment agréable et p;issaL'cr; le bonlieiir, consiilcré comme senlimenl, est une suite de plaisirs, la prospérité une .suite d'heureux événemenis, la l'éliciié une jouissance intime de la |irospérilè. On a dit cpie le bonheur csl pour les riches, la félicité pour les sases, la bealimde pour les pauvres d'esprit ; inaisîe bonheur parait plulôi le pariage des riches .pi'il ne l'est en effet, ella /"e/iW/t/esi unélal doiil on parle jibis (|u'on ne l'éprouve. Ce mot ne se dit L-uére en jirose au l)luriel, par la raison <pie c'est un ctai de l'âme comme Irampiilliie, sagesse, repos; cependant la poésie, <pii s'élève au-ilcssus de la prose, permet que l'on dise ddn^Polyeucte (act. IV, se. v, 11)
Ou leurs félicitét doircut être iaCnies. . .
Et dans Zaïre (act. I, se. i, 77) :
Que vos félicités, s'il se peut, soient parfaites.
Bonhomme. Subsl. m. On prononce bo-nhomioe. Il se dit d'un homme dont la bonlé semble avuir pour i>i'incipe la rimplieilé ou la faiblesse 11 n"a lioint de pluriel. On dit (pichpiefois en parlant d'un enfant : Un petit bonhomme, le petit bonhomme.
Bonhomie. Subst. f. On prononce bo-nnmie II est familier, et ne se prend pas toujours en mauvaise part comme bonhomme. On dit j'aime .ia bonh(>mie. On dit cette femme a beaucoup de bonhomie, et je crois <iu'on dit mal; car le mot bonhomie n'a aucun rapport au sexe.
Bonnement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il est convenu bonnement, ou il est bonnement conrenu du fuit.
Bonnetade Subst. f. l.'Acadeinie le définit, coup de bonnet, révérence. Je doute qu'on fût entendu aujourd'hui si Ton scser\ait de ce mot. Il faut en dire autant du verbe bonneler, cpii, selon l'Académie, signifie rendre d(;s resjx'Cts et des devoirs assidus à des [lersonncs dont on a besoin Il faudrait ôler de nos Diclioniiaiies ces sortes de mois, (|ui peuvent induire les étrangers en erreui et leur faire dire et écrire des phrases ridicules. — Kégnier a dit (sat. VIII, 173) :
Voyant un président, je lui parle d'.ifrdirc; S'il avait des procès, qu'il était nécessiiro D'être toujours après ces messieurs bonncttr.
Bonté. Subst. f. Dans le sens do qnalilé bonne ou mauvaise d'une personne ou d'une elio.se, il ne s'emploie qu'au singulier; mais lorsqu'il exprime les actions particulières que l'on fait pi)iir obliger il se met très-souvent au pluriel : Je suis bien rer connaissant de toutes vos bonti'S.
BoQuiLLON. Subst. m. Vieux mol qui signifie bûcheron, et qui a encore été agréablement eiTV ployé par La Fontaine. (Cli. iNodicr, Exumt^ critique des Dict )