DUR
Brut, Brute. Adj. On prononce le t tlnal. Plusieurs auteurs, et ciiiic autres I.a Bruyère ot Massillon. ont écrit brute au masculin. Il ne faut pas suivre leur exemple en <cla. Cet adj. suit toujours son subsl. : Du sucre brut, un diamant brut.
Brutal, Brutale. Adj. II peut se mettre avant son subsl., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent. On dit un homme brutal, une femme brutale, et non pas un brutal liomme, une brutale femme. Mais ou peut dire celte brutale passion, cette brutale ignorance. \ oyez Adjectif.
Brutalement. Adv. On i)eul le meiire entre l'auxiliaire et le parlicipe : // s'est comporté brutalement, ou il s'est brutalement comporté.
BRUYA^T, B;'.UYANTE. Adj. vcrbal tiré du v bruire. On peut quchpicfois le mellre avant son subst. : Sa bruyante voix, ses cris bruyants ; un homme bruyant.
Bucolique. Adj. des deux genres tpii suit toujours son subsl. : Poème bucolique, poésie bucolique, genre bucolique.
Bucolique signilie la même chose que pastoral, et se dit des poésies (pii regardent les bergers et les troupeaux. — H se prend aussi subslantivement, mais seulement au pluriel. L'Académie dit qu'en cette acception il ne se dit guère que dans celle phrase : les Bucoliques de f^irgile, pour dire les Églogues de Airgilc. C'est une erreur; on dit les bucoliques, pour signifier les poésies pastorales. Les bucoli(iues ont quelque conformité avec la comédie; elles sont, comme celle-ci, une image, une imilation delà vie commune et ordinaire; avec celle différence toutefois, (jue la comédie représente les mœurs des lialiilanis de la ville, et les bucoliques les occupations des gens de la campagne. Taiiiôl ce [>ociiie n'est qu'un m ■ nologue, tantôt il a la forme de dialogue; qui quefois il est en action, quelquefois eu récii ; Oi enfin mêlé de récils ou d'actions. Dans la poésie française, toute mesure est admise pour ce poème.
Buissonneux, Buissonneuse. Adj. qui ne se mei qu'après son subsl. : Pays buissonneux, campagne buissonneuse.
Burlesque. Adj. des deux genres. On peut le iiîctlre avant son subsl., en consultant l'oreille et l'analogie : Une figure burlesque, une burlesque figure. — Il se dit particulièremenl d'une sorte de poésie triviale et plaisante qu'on emploie pour je ter du ridicule sur les choses et sur les |)ersof»nes -.Style burlesque, expressions burlesques, vers burlesques, le genre burlesque, un poème burlesque.
—La principale différence entre le style marolique et le style burlescjuc, c'est que le marotique fait un choix, et que le burlesque s'accommode de tout. Le premier est le |)lussim|)le, mais celle simplicité a sa noblesse, et lorsque son siècle ne lui fournit iioint d'expressions naturelles, il les emprunte des siècles passés. Le dernier est 'tas et rampant, et va chercher dans le langage de la populace des expressions iiroscriles par la décence et i)ar le bon goût. L'un se dévoue à la nature; mais il commence i)ar examiner si les objets qu'elle lui présente sont propres à entier dans ses tableaux, n'y en admettant aucun «jui n'a[)porte avec soi (luclque délicale.'^se et ipieiquc enjouement. L'autre donne, pour ainsi dire, léie baissée dans la bouffonnerie, cl adopte par firéference tout ce qu'il y a de plus extravagant et de plus ridicule
La parodie et \e burlesque sont aussi des genres
CAIi
trés-difiï'rpnls, cl le firgile travexti «le Scnrron n'csl lien iimins qu'une |>;iroilic de l'Éncide. La bonne iiMimlic esl une pkiisjniieiic line, ra|)iiblc d';nnusi'r cl il'iuslriiire les esprits les plus Si'iiscs et les jiliis p.ilis. le burlesque esi une IjoulTonncrie mi ~ei aille <pii ne pc;il plaire (]u'a la populace.
BuKLKSQUKMEXT. Adv. Oii poul Ic uieUic enlre l'auxiliaire ci le parlic'po : // x'esl exprimé biirleafuemeiil, mi il s'est burlesqucmciit exprimé.
Bu'SAi., IkRSAi.K. Ad|. Il fait i///.s(/i/x au |iluricl ^la^culiu : Un édit bursiil, des édits biirsaux.
Buse. Sul>sl. ni. On i)rononrei(/57i'c.
Bit. Siilisi. m. On prononce le / ImimI quand ce mol Irrminc la plnasi-, riser au but; ou (piaml il esl dcviiiil une voyelle ou un /; non aspiic; c'est le but aiir/vel, iiroiioncc/. le bu-t-aiiquel; on ne prunonce piiuil le / devaui une consoime : Le hut que vous Vous proposez.
c.vc
Bdtin. Subst. m. On dil remporter la victoire, et emporter le butin.
*Bltireux, Butirfxse. Adj. (jui ne se met qu'après son subsl. : Les parties butireuses du lait.
* BuTORDERiE. Subst. f. VoUairc a employé ce mol inusilé, mais personne ne 1 a imilé. f^ous me parlez, dil-il, de l'Histnire uitirersdlc, nu plutôt de l'Essai sur les sottises de ce plt,bc ; je ferais vn gros vUume des miennes, mais je me console I en parcourant les bulordcries de cet unirers. i BuvAHLE. Adj. m. C'esl un Icrme familier que I l'on cm|)loic qncliiucfois au lieu ûi: potable en parlant (lu vin : Ce vin n'est pus btirnblc. I Buveur. Subsl. m. Buvi;use. Suhsl. f. 1,'Aca- I demie ne mel |)aslc dernier; cepcmlnnl on dil uiie j burcuse d'eau, comme on dil vn buveur d'eau. — j Kn ^833 l'Académie l'admcl, mais seulement dans celle loculion.
C. Subsl. m. On l'appelle ce divanl e cl i, cl he devant H, n, u.
Quoique nnus ayons un caraolère pour le c, et un autre pour b; g, cepeuilanl lorsipic la prononciation du c a clc clian^'co en celle du g, par exemple druisle mol second G\ ses dérives, utuis y avons coiisi-rvc le c parce (pie les yeux s'claient accoulumcsa ly voir. Ainsi nmis éciivons toujours secind, seciindemcnt , seconder, cpioique nous iirohonc tins, surloul dans la coiivcrsaliuii, segond, scgiindemeiit, segnndcr.
C initial, i»u d.ins le curps d'un mol, conserve le son qui lui est propi'e devant n, o, u, l, n, r, i; néanmoins devant u, il rend un son moins dur.
11 ne se pnmonce pas au milieu des mots quand il e>t suivi d'un q ou de ca, co, cu,cl, cr. On prononce iiquérir,ticréditer, etc., quoiqu'on écrive acquérir, accréditer, etc.
Avant e <'l i, il itiend le son accidentel de se, ceinture, dire ; il en est de même avant a, o, u, quand <»n mel une cédille dessous : Façade, garçon, reçu.
On ne f.iit (tas sonner le c final sur la vi.yelle initiale du mol suivanl, si ce n'est d.ins ipielipics occasions assez rares qui scronl indiiiuces dans ce Dictionnaire.
Dans le redmiblemcnl, les deux ce ne se prononcent <pi avant e ou i. l.e premier c |irend le son propre, el br jccond, le son accidenlel. Ainsi accepter, accideut, se prunonccnt akcepter, ukcidciit.
C, a la fin des mois, ne se prononce point dans estomac, crue, accruC, mure, échecs (jcn), tabac, jonc, lacs (lileis , arsenic, escroc, tronc, clerc, cric, porc, eu-. Mais on le prononce dans bec, échec (perle), estoc, aqueduc agaric, syndic, trictrac, arec, clc.
C, dans le ctiminerce, est destiné à remplacer le mol C'iuipte; c. c, compte cvrant; c. c, compte ouvert. Il reniplace all^si le mol centime. — l-iimu-upie, celle Ici tree-l l'exiiression abréiiee du mol ctinto. — C esl la inanpic distinclive d'un des hôiels dc^ monnaies de 1 rame, celui (|ui a ététransf re de Saini-I.ô à Caen. CC. esl la marque de la monnaie de Besancon.
* (,ABAH>T, l'.ACALANTF.. Adj. vcrbal tiré du v. cabalcr. Une secte cabalante. L'Académie ne le
I mel pas. Peut-être n'esl-il pas assez généralement
I adopte.
Cabalelr. Subsl. m. L'Académie ne lui donne point de féminin. Féraiid rcmaniuc, avec rai.son, qu'il y a bien des femmes tpii cabalenl, et il |)ense, en conscipience, «pi'on peut dire une ca-
I balcuse. INous soumies de son avis.
i Cabane. Subst. f. Voliairc a remarque que cobnne est agréable et du baul si y le, el que taudis esl une expression du |)ciiple. Celle différence est sensible dans les deux tradiiclions de la strophe d'Horace, Pallida mors, la première par Racan, la seconde par iMallierbe. Bacan dil {Ode bachique à M. Ménars, 37) :
Les lois de la mort .<iont fatales Aussi bien aux maisons royales Qu'aux taudis couverts de roseaux.
Malherbe dil bien mieux [Consolation à M. du Périer, 77) :
Le pauvre en sa cabant, où le cliaume le couvre, Est sujet à ses lois.
Cabanon. Subsl. m. On donne ce nom dans rpichpies prisons, cl parliculièrement à Bicélre, à des cachots très-obscurs dans le.^ipiels on enfermait certains prisonniers. — Le peuple dit par corruption galbunon.
(iABRKR (se). V. pronom, de la 1" conj. L'Académie dil (ju'il signifie fi.'urémenl s'einporler de dépit ou de colère, se révolter contre un conseil, une remontrance. On a remar(pié que se cabrer ne se dit liçuréinent que d'un inférieur à l'égard de son supérieur.
Cacade. Subst. f. Au figuré, faire une cacade esl une expression liès-famibcre.
Caciiectioue. Adj. des deux genres. Il ne se mel qu'après son subsl. : Sang cachectique.
Cachet. Subst. m. On ne prononce point le t final.
Cacheter. V. a. de la 4" conj. On double le t dans les temps de ce verbe où celle lelire esl suivie d'un e muet : Je cachette, il cachette ; on ne met |)lus qu'un t lorsque celle lettre isl suivie de toute autre lettre : N"us cachetons, j'ai cacheté
Cacochyme. Adj. des deux genres. Il suit tou-