‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 79 sur 453 · CAS · texte numérisé non relu

CAS

entière d'une arme à feu, ou un congé donné à ui* militaire.

Cas. Subst. m. Terme de grammaire. Il y a des langues, telles que la française, où les relations des noms entre eux sonl manpiécs par l'ordre dans letiuel ils sonl énoncés, ou la place qu'on leur donne. Par exemple, (|uand je dis Pierre aime Paul, on comprend ipie Pierre est le sujet ou la personne qui fait l'action exprimée par le verbe aime, parce que ce mun est placé avant ce verbe; cl l'un comprend que Paul est l'objet où vient se leiininer celle action, parce tpie ce nom est placé après ce même verbe. 11 y a d'autres langues où les relalions respectives des mois ne sonl pas mditpiées par leur i)la(c, mais par des terminaisons différcnlcs. Ainsi en lalin, on dirait Petrus antul Pavlum, pourcxpriiiier Pierre aime Paul. La lermiiiaison us de Petrus indiquerait le snjcl, la tcrininaisun um do Puulum indiquerait l'objet; cl l'on dirait (jne Petrus est à un cas que l'on appelle iiomiiialit', el Paulum à un autre cas que l'on nomme accusatif. Lorsipie les relations des noms sont marquées par la place qu'ils occupent dans la phrase, on ne saurait les faire changer de place sans détruire l'ordre qui faii tju'ils formenl le! ou tel sens. Ainsi Paul aime Pierre voudrait dire aiiirc chose tpie Pierre aime Paul, et aime Pierre Paul ne sérail pas com[)ris.

Au contraire, dans les langues (pii ont des cas, quelcjuc place que l'on donne aux noms, leurs terminaisons indiquent loiijotirs leurs relations. Soit que je dise en lalin Petrus amat Paulum, ou Paulum amat Petrus, ou amat Petrus Paulum, les terminaisons vs et um feront toujours connailrc que Pierre est le sujet, cl Paul l'objet.

La langue française n'ayant |)oint de cas, il est inutile de nous étendre sur cet article. Nous renianpierons scnlemcnl {]uc les anciens grammairiens français, ayant voulu former la grammaire française sur le modèle de la grammaire latine, ont donné des cas à la première, parce que la seconde en a. Ils ont dit, par exemple, à l'occasion de la phrase cilée ci-dessus, que Pierre est au nominatif parce qu'il répond au latin Petrus, el que Paul est à l'accusatif parce qu'il répond à Pavlum ■

La philosophie ayant étendu ses influences sur la grammaire comme sur les autres scit^nces, les graimnairicns modernes ont banni de la grammaire française ces dénominations tpii causaient de rembarras sans iirodnirc aucune utilité. Cependant l'ancien système n'est pas encore telleincnl aboli, qu'il ne se retrouve plus ou moins dans quehiucs grammaires el dans quelques dictioimaires. Delà résultent souvent luie confusion el un désordre ijui dérotitenl ou rebutent les pcisonnesqui veulent étudier notre langue. Féraud, en convenant (jne la suppression des cas et de.s déclinaisons est tuie chose raisonnable, ne les conserve pas moins en faveur des jeunes gens et des étrangers tjui sont accoutumés à l'ancien système: comme si on facilitait l'élude d'une science en y laissant des dénominations sans objet, el des règles sans fondement. Nous avons lâché d'é\iter dans notre ouvrage les inconvénienlsel les embarras qui résultent nécessairement de l'amalgame de l'ancien el du nouveau système. La grammaire y est traitée d'une manière uniforme, suivant les l)rincipesdes grammairiens modernes, (jui, depuis un demi-sicde, ont répandu tant do lumière sur colle science. En rappariant les oi»inions ou les décisions dos auteurs, nous avons accommodé leurs expressions au système général de l'ou-

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