‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 88 sur 453 · CHE · texte numérisé non relu

CHE

Chêmer (se).V. pronominal. On disait autrefois chômer, pour maigrir, tomber en étisie. Ce mot n'est plus usité.

CuEMiM. Subst. m. Ce mol s'emploie souvenl au figuré :

L'oreille est le chemin du cniir.

(Voit., Èpttrt ÏLVII, 41. J

Aricie a trouTé le cA;niin de son cœur.

(Rlc, Phèd., ad. IV, se. Ti, 11.)

Se peut-il qu'un soldai de ce monstre inipostenr Ait Ironvé malgré lui le chemin do mon cœur!

(Volt., Mahom., acl. Hl, se. viil, 38.)

Cheminer. "V. n. de lal/' conj. Faire du chemin. Féraud reproche à l'Académie de n'avoir pasremaïqué que ce mol esl vieux. 11 a tort; quchpie vieux ((u'il soit, il est néiessaire. et nous n'avons rien pour le remplacer. ïl y a do la différence entre un himmc qui chemine bien, et un homme qui marche bien ; d'ailleurs te dernier esl équivoque. Les chameaux d'Arabie, dit Buffon, cheminent quatre jiurs sans buire.

Si ce mot est vieux, je crois que c'est au figuré. On ne dit plus cet homme chemine bien, pour dire cet homme sait aller à ses fins, fait ce (ju'il faut pour s'avancer. On dit cet homme va son chemin, va bien son chemin; et l'on ne dit pas, comme le prétend l'Académie, qu'un poè'me, qu'une oraison chemine bien, pour due que l'ouvrage est bien suivi, que les parties en sont bien disposées. On dit ce discours, ce poé'me est bien su ivi.

Chenil. Subst. m. Le l ne se prononce pas.

Chenu, Chenue. Adj. Ce mot est Tieux prose. Ou l'emploie encora en vers :

Ce TÎeillard chenu qui s'avance, Le Temps, dont je sul)is les lois

(Volt., Épitre XLV, 19.)

Cheptel. Subst. m. Le p ne se prononce pas.

Cher, CHi;RE. Adj. Dans le sens de tendrement aimé, cet adjectif, lorsqu'il est employé sans régime, précède toujours son subst. :]Uon cherami, ma chère amie, mon cher oncle, ina chère nièce. Mais quand il est suivi d'un régime, il suit son subst. : Un homme cher à sq famille. Dans les autres sens de cet adjectif, il suit toujours son subst. : Une marchandise chère, ce marchand est cher. Il faut en excepter l'expression chère annce, que l'on emploie quebiuefois pour dire une année pendant laquelle le ble a été beaucoup plus cher qu'à l'ordmaire.

Cher se prend adverbialement : Prendre cher, acheter cher.

Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains.

(Rac, Baj., act. V, se. I, 15.)

Chercher. V. a. de la 1"conj. Ce verbe ne se dit point au passif. On ne dit pas/? suis cherché, vous êtes cherchés. On dit sans article chercher querelle, chercher noise, chercher malheur, chercher fortune, et ces expressions sont exclues du style noble, comme l'a remarqué "V'olUiire.

Le verbe cherchera des acceptions très-diverses. En voici quelques exemples :

Hélas ! quand son cpée alloil chercher mon sein.

(Rac , Phéd., acl. 111, se. i, 12.)

Il tombe alteinl d'un trait qui ne le cherchait pa«. (DiHL., Ènéii , X, 1070.)

CFIE

J'écarte des soupçons peut-être légitimes, Et je n'ai pu besoin de lui clirrclifT des crinic!. (\'0LT., Uenr., II, 169.)

Maintenant je me eherehe et ne me troiiTe plus.

(lUc, Phéd., act. II, se. Il, 86.)

Clierchcr devant un infiiiilif régit la préposition à : // cherche à mus tromper.

Chebchkur. Subst. m. Il n'est guère employé queil;m-le slyleioniitiuc ou fainilicr. En parlant d'une rcninic, on dit chercheuse.

CiiÈRKME>T. Adv. OniKjullcincltrc entre l'auxiliaire et le parlici|)C-: // a payé chèrement sa faute, ou il u chèrement payé sa faute.

Chéri, Chêuik. Adj. 11 se met après son subst., et rciiit (|Ui'lipicfuis la |>ri'posilion de : Chéri de sa famille, de ses raisins.

Chkhissarle. Adj. des deux genres qui ne se met (prajuès son subst.

Chkrso.nksf., Subst. f On jjrononcc kerso/ièse

Chétif, CiiÉiivK. Adj. On i)runonee le /'du masculin 11 est du style fainiliei-, et peut se mettre avant son subst., quand l'analogie et l'iiaruiunielc perinetienl : U/ie mine chélivc, une chétive créature, faire une chétive récolte.

Et moi, ehélif, de vos suivants le moindre. Combien de fois, las ! me suis-je vu poindre De traiti pareils.

(J.-B. Rooss., liv. I, épit. III, 49.)

Cbétivchent. Adv On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a toujours vécu chétivement, bu il a toujours chétivement vécu.

Chevaleresque Adj. des deux genres. On peut quchpicfoisle meure avant son subsl. : Courage chevaleresque , enthousiasme chevaleresque , ce chevaleresque enthousiasme.

CuEVAU-LÉGEr.s. Subst. m. pi. 11 se disait autrefois de cerlaines compagnies de cavalerie légère, qui faisaient pariie de la maison du roi. On disait aussi, au singulier, unchevau-léger, un des cavaliers dont ces compagnies étaient composées. {Dict. de l'Acad.)

Chevelu, Cheviclue. Adj. qui se met toujours après Sun subst. : Bucinc chevelue.

Chevelure. Subst. f. L'Académie le delinit les cheveux. On a ol>scrvé que celte dclinilion est fautive, et qu'il fallait dire tous les cheveux de la tête d'une personne.

Chicville. Subsl. f. En poésie, on appelle cheville tout mut (jui n'ajuulc rien a une pensée, cl qui n'est mis dans un vers ijue |)our la mesure ou pour la rime, tt en général on apiielle chcri/le, soit en vers, soit en prose, toui ce qui est de pur remplissage. Corneille a dit {Pol., act. 11, se. u, 58):

C'est une impiété qui n'eut jamais d'exemple ; Je ne puis y penser sans frémir à l'instant, Et crains de faire un crime en vous la racontant.

San* frémir dit tout; à l'instant est ce qu'on appelle uneclieville. {\ o\l. , Jiemarques .sur Cotneille) — On remarque encore des chevilles dans les vers suivants du même auteur [Hor., act. U, se. VI, 5) :

JVon, non, mon frère, non ; jo ne viens en ee lieu Que pour vous embrasser et pour vous dire adieu.

Ces trois non, et en ce lieu, font un mauvais effet. On sent (jue le mut lieu esi pour la rime, cl les no;» redoublés pour lu mesure. Ces négligen-

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