TAO
nonciation a dénaturé". Uonomatopée s*est conservée dans le langage du peuple qui dit ta^on ou tauan. Je ne doute pas que la même aphérèse ne nous ait fait perdre Feflet imitatif du mot paxin y formé du pat^o des Latins , qui Tétoit du cri naturel de cet oiseau.
Ce qu'il y a de certain , c*est qu'on a dit autrefois tahon j qui se lit dans ces vers de Christian de Troyes :
Toâjours doit li fumier puir »
Et tahons poindre , et maloz braire,
Envioiis , enyier et nuire.
Ménage Êiit hanneton de tahanus , qui est le nom latin du taon , par un procédé bien bizarre. De tahanus j tavanus y tav^anettus , vanettus , vanetto j ^anetonne , nanettone , hanneton» Je crois qu'on peut établir y sans insulter à la mémoire de ce savant laborieux , qu'il n'y a rien de plus ridicule que ces étymologies arbitraires dont la filiatioii ne repose que sur des intermédiai-
^ Aujourd'hui on prononce tan, comme pour le mot qui précède. En 177I9 les éditeurs de l'inappréciable Dictionnaire, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, disoient que l'usage étoit de prononcer ton. Rien ne démontre mieux la capricieuse mobilité de notre prononciation, qui est presque toujours déterminée par l'incertitude de notre orthographe.