V. 19. Gaccabat hînc Perdîx, hinc gratîtat improbus Anser
Gagcabat. — De Kaxxdëoc {kakkaba), qui est lui-même Êdt du son naturel.^ Contre l'autorité de
Tétymologie , la plupart des éditeurs et des lexicographes écrivent cacahat. Gacabo, proprium est vocis perdicurriy suivant Robert Etienne ; ratio cur "voci ejus a cacando nomen fecerint , ajoute-t-il , ea est, quod vox hujus apis cacantium et crepitum ^entris emittentium référât sanum. Cette opinion n'est guère probable. Elle est cependant adoptée par Charleton, sur Iç verbe factice caccissarCj formé pour représenter le cri de l'oiseau nommé bistarda, que je crois être l'outarde; bistarda et caccissare sont généralement omis dans les Dictionnaires.
Les Latins ont appelé cacahus cette espèce de vase in quo pulmentarium coquiturj le pot au feu. Robert Etienne le regarde aussi comme une onomatopée : dicitur autem a sono quem facit aqua diimjeruet,
TertuUien contre Hermogène se sert de caca- Aûcei/^ pour désigner adjectivement un bruit moins éclatant qu'importun, ce que nous appelons trivialement un cancan. Il affectionnoit au reste cette famille de mots , car c'est lui qui a fait de ca^abus le diminutif caca^u/ui*.
On ne doit pas oublier sur ce mot que xixxaSov^ xixxaëau ( kikkabau, kikkahau )^ est un des cris Éactices des oiseaux d'Aristophane.
Ibid. Gratitat. — Goldast écrit gracitat^ et Scbott graccitat. Festus ne rapporte pas ce mot ; il dit : Anser gingrit, et regarde ce dernier voca-
ble comme formé par onomatopée. C'est le gingritus Anserum d'Arnobe. Gasaubon exprime autrement ce cri : Anseres qualitanz; mais il l'a probablement écrit sur une mauvaise copie ; la véritable leçon doit être quatitant qui est fort imitatif , et qui tient du verbe quatio que je n'hésiterois pas k ranger parmi les onomatopées latines. C'est de ce dernier mot que nous avons maladroitement composé, suivant notre usage , le verbe casser^ qui ne représente plus rien.