DIXIEME REMARQUE
Y. 17. Dom Turdas trutilaty Stumustunc fnsîtat ore.
TauTiLAT. — Quelques éditeurs, et notamment Wernsdorf , écrivent truculat ; le choix est assez indiffèrent entre deux mots factices qui n ont pas de meilleure autorité que la Philomèle; mais trutilare est celui qui se compose le mieux de Turdus et de leur racine conunune. Cest ainsi que le gloussement rauque de l'autruche doit avoir donné l'idée de son nom latin struthioj si analogue à trudlQj et qu'une extension bien commune dans les langues a fait passer dans la désignation de quelques autres sensations violentes et âpres qu'éprouvent les autres organes r struthea mala^ les coings. Les Grecs nommoient au reste le passereau orpuSoç {struihos), et jamais le moineau ne s'est trouvé si près de l'autruche ; mais toutes les onomatopées se touchent.
Ibid. PisiTAT. — Ce mot peut donner une idée des difficultés que les premiers éditeurs ont ren*
contrées dans le clioix de leurs leçons. Celle-ci appartient à Bersmanny kGoldast, a Baerius^ à Duret f à une foule d'autres, Schott écrit pusitaty le manuscrit de hç^de pulsitat^ l'édition de 149^ piscitatf Burmann parsitatj et on trouve passitat dans le vocabulaire de Papias. Robert Etienne regarde pisito comme un diminutif de/? i/t^o^ qui se trouve dans Golumelle au sens de broyer. Végèce a dit : in pild ligned pistabis. On arriveroit par de telles dérivations a de longues familles de mots , plus ou moins naturellement rattacbés a celui dont on parle. En ne cherchant ici que l'étymologie la plus miatérielle du mot, que son expression mécanique , soit qu elle provienne du tintement du mortier sous le pilon, soit qu elle ait été empruntée au psit psit des oiseaux parleurs, il est impossible d'y méconnoltre l'origine du ^ixi:dy.f\ (psittake) des Grecs, du psittacus des Latins. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce mimologisme étoit fort connu des premiers , qui exprimoient par ^ttra (psittà) notre onomatopée psit. M. Planche définit ^j/tr (psit) « mot des bergera pour faire marcher leurs troupeaux. »