‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 16 sur 169 · BOURDON , BOURDONNEMENT , BOUR^ DONNER · texte numérisé non relu

BOURDON , BOURDONNEMENT , BOUR^ DONNER

<c BoiriiDOif , dit Nicod , est une espèce de grosse « mouche, tavelée comme mouche à miel, n'ayant « point de picquon ou aiguillon , plus grosse de « corsage que la mouche a miel nommée abeille ,

« et ne fait ni ne sert à faire le miel ni la cire; « ains dévore l'aliment et la provision que les « mouches a miel se sont pourchassés^ seule]^ent « de sa chaleur conserve les petits abeillons , qui « est la cause que Virgile , au quatrième des « Géorgiques ^ l'appelle ignauum pecus , fainéant « et couard. Pline, en son livre onzième , leuratcc tribue partie de l'opifice des mouches k miel , « ce que Varron son devancier ne fiait -çsls^Jucus. le Le François lui a donné ce nom par onomatopée, (c a cause du brifit qu'il fait quand il volé te. »

Nicod fait ici allusion à ce vers de Virgile qu'il vient de citer :

^riapum tiicos f)ecus à prœsepïbus arceni.

Cestprobablement sur une mauvaise interprétation de son texte qu'est fondée la singulière erreur dulexicographcy et des commentateurs qui ont fait de ce mot fucus un des noms an bourdon. Jamais fucus ^ qui signifie , en cet exemple , une tenture ou un ornement, par une extension fort élégante, n'a été pris pour bourdon que par des savants préoccupés d'une multitude d'idées , comme M. Noël, ou comme Volpi qui l'appelle insectigenus. Ylignauum pecus de Virgile n'est pas un hour-dott^ mais une tribu d'abeilles ouvrières, depuis long-temps reconnue par les observateurs , et , comme on voit, fort calomniée par les poètes.

BRA er

Bt>ud a signifié le bourdonnement du frelon , dans la langue celtique.

Bourdon , cloche très-sonore , qui produit un bruit analogue au bourdonnement des abeilles et des boutdonSy a été ain^i nommée par analogie.

BouRDER est un vieux mot qui vouloit dire res* ter court en chaire , parce que le prédicateur, en cet état, ne forme plus qu'un murmure et un tourdonnement confus. Cétoit une expression trèsoriginale et très-pittoresque.

Bourbe , cbose vague et confuse , mensonge qu'on articule k demi, en est clairement dérivé. On a pu dire allusivement qu'un menteur , pris sur le Élit , se tire d'afiaire , en murmurant des mots sans suite , comme un prédicateur qui a per* du le fil de son sermon. Régnier se sert de ce terme dans cette hypothèse même :

Ils baillent pour raisoe des chansons et des bourdes.

Quand un orateur interloqué prétend qu'il a oublié ce qu'il vouloit dire, le peuple dit que c'étoitun mensonge.

BRAILLER. Crier d'une manière insupportablew Onomatopée du cri du paon , et du bavardage étourdissant d'un homme qui parle toujours.

BRAIRE. « L'âne brait ^ dit M. de Bufibn ,

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