CRI
grelots, dont il n*e$t parlé que dans les Fâcheux de Molière :
Monsieur , ce sont des masques Qui portent des crincrins et des tambours de basques.
Ménage, <pii rapporte ce terme et cette autorité, n hésite pas k le regarder comme formé par onomatopée.
]tf . de Roujoux pense que le peuple donne au violon le nom de crincrin par allusion aux crins qui ferment Tarchet ; il croit qu'il pourroit bien en être de même de cet instrument qu'il présume être celui dont se servent encore les enfants pour imiter la grenouille, et qui est formé d'un petit cylindre de carton fermé k une de ses extrémités, et attaché par un crin k un bâton autour duquel on le fait tourner pour produire du bruit. Le mot alors, selon M. de Roujoux, ne seroit pas une onomatopée, puisque l'instrument auroit pris son nom de sa principale partie. Toutefeis, dans le violon, ce n'est pas l'archetqui résonne, etses cordes sonores ne sont pas faites de crins. Ce seroit une catachrèse.
CRISSEMENT , CRISSER. Expressions hors d'usage. C'est l'action de grincer fortement les dents , et de tirer de leur frottement un son aigre et strident qui offense l'oreille.
Crisser y selon Borel et Monnet, c'est faire un bruit aigu et âpre , comme les roues mal ointes.
CRO i09
CROASSEMENT, CROASSER. Du cri lugubre et dîscord des corbeaux.
Le nom même du corbeau dérive de loin du même son primitif. Du xôpa^ (korax) des Grecs qui est une onomatopée y les Latins ont fait corvusj et d'après eux les Espagnols cuervo, et les Italiens coTvo. La dénomination que nous avons adoptée est encore moins naturelle , quoiqu'on puisse remonter sans efibrt à son étymologie ; mais il n'y en a point de plus singulièrement corrompues que celles que la langue allemande et la langue anglaise ont substituées au corvus des Latins, en retranchant bizarrement de ce mot la consonne initiale, et en faisant du reste par une métamorphose capricieuse les noms insignifiants de robe et de rai^en.
Boileau écrit (juelcpe part :
Sitôt que d'Apolloii un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent; Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent.
Ce mot rauque tombe à la fin du vers d'une manière singulière et inusitée qui rend son efiet très-énergique.
CROC. Ce mot ne fut probablement d'abord que le signe fiictice du déchirement d'un corps saisi par un instrument aigu ; et puis il devint ,