‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 48 sur 169 · ETE · texte numérisé non relu

ETE

la bouche y quand on frappe sur les joues gonflées

d'air :

Nec sclopo tumidas iniendis rumpere huocas.

De là le diminutif macaronique schiopettus et le françois escopette y qui sont des onomatopées formées sur un son de la même espèce. C'est l'opinion de Paradin et de Polydore Virgile.

ÉTERNUEMENT, ÉTERNUER. « Vester- « nuement, qui vient de la tète, étant sans blâme, « dit Montaigne^ nous lui faisons un bonneste « accueil. Ne vous mocquez pas de cette subtilité; fc elle est d'Aristote. »

Nous disions beaucoup mieux estemuer, de stemutarej parce que ce mot ainsi prononcé conservoit le son radical dans toute sa valeur, et s'écartoit moins des analogues qu'on lui connolt dans d'autres langues.

FANFARE. La plupart des instruments a vent sont caractérisés par la lettre F, parce que cette consonne , produite par Témission de l'air chassé entre les dents, est l'expression du soufflement ou du sifflement. Delà , fanfare, qui est un chant de trompette.

Fanfare eifanfarer ont été transportés au style figuré , pour exprimer l'importance présomptueuse d'un homme de peu de valeur, qui cherche à surprendre l'opinion en l'étourdissant d'un vain bruit. Ces mots , souvent employés par Rabelais, ne sont pas rares dans les écrivains d'une époque postérieure. Il existe un livre, fort difficile à trouver, qui a été imprimé a Chambéry, en i6i3, în-8% et qui est intitulé : Les Fanferes et contées ahbadesques des roule-bon-'temps de la Haute et Basse^Coquaigne et dépendances.

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FAirFARoii€tFAiiFAiiOBr»ADE sout Icssculs déiivés du sens propre j qui se prennent aujourd'hui dans cette seconde acception.

FI. Onomatopéedu souffle spontané d'un homme dont quelque exhalaison fétide a saisi Todorat. Cétoit déjà une interjection latine qui exprimoit le dégoût. Elle se trouve dans Plante. Je ne suis pas éloigné de croire qu elle est radicale dans foteo j et ses dérivés.

FIFRE. La voyelle resserrée entre deux lettres sifflantes y donne une idée très-juste du bruit aigu de cet instrument, et la déainence roulante marque son éclat un peu rauque.

Les Allemands font nommé pfeifer par analo«> gie 11 ronomatopée pfeift^, qui simplifie siffler. Cette dénominatiom a été exaciemtfiit tranapOirt^ dans notre langue et dans la plupart des amires : en anglais y^/e exfifsr; en italien, piff^r^, Nous avons aussi dit pifre j, comme en ce passage de U traduction HAmadis^ parGabrielChdpuia^ « Pluf< sieurs sont des piJTe$ et aulres ii|sirumfint«. » Et en cet autre de Rabelais : « Puis soubdain ro^ <c tourne, et noua aaséure avoir à gansohe dea^ ce couvert une embu&oade d'andouiUes farltluës , <( et du cousté droict à demi^lieiie loing de là , ung <i gros bataillon d'aultres puissantes et QÎgantalaa « andottilles , le long d'une petite ooUine furîfia- « sèment en batailki, marobastea v^ca noua au

FLA <ÔT

or son des rézts et pibolès^ des guôgnes et des « vessies , des joyeux pifres et tabours y des « trompette^ et cUiroos. ^

FLACON. Du bruit de la liqueur yersée hors àajlaeon^ ^ qui tombe de quelque hauteur dans un Vase sonore. Il est du moins certain qu'on n'a déc6uTert aucune autre étymologie raisonnable de ce mot, et que Funanimité avec laquelle tant d'idiomes Font admis , donne lieu de penser qu'il n'a pas été formé au hasard. Les Espagnols ont Atjlasùon, les Italiens^yîaicone^ les Allemands^ Jlasche^ les Flamands , flesche, les Polonois , Jlasha, ks Bohémiens yjlasscy les Hon(|;rois , pa*lassk ^ et les Anglais yjlagon.

Une observation qui donne du poids a cette conjecture , c'est qaejlacquer s'est dit autrefois pour, vider son verre , en jetant les liqueurs qu'il contient. La Bruyère en fournit un exemple daûs ce passage. « S'il trouve qu'on lui a donné trop dé (c vin , il enfiaoque plus de la moitié au visage de (c celui qui est k sa droite y et boit le reste trancc quillement. » De la ,

Flàc^ le bruit que fait la liqueur que l'on Jlacque;

Flacquée d eàxt, le liquide 9iême que Yonjlac^ que, ou que Von jette contre qaelque chose ;

Ftàc^tTB n'sAU, mare croupissante et de si peu

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