‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 55 sur 169 · FRU U · texte numérisé non relu

FRU U

nément en plaçant entre les lèvres une feuille ployée qui étouffe le son , et qui le module , k la manière du cliuintement frémissant de la plupart

des oiseaux de nuit.

FRUSTE. Ce mot se dit d'une médaille, d'une monnoie ou d'une inscription usée et comme rompue par le frottement, et quia perdu son empreinte. Il est fait du verbe latin frastare, briser, dont il reproduit exactement le son radical , et ce son radical est une onomatopée. Les Latins ont ait frustum j frustulum y un morceau, une pièce, un fragment, parce que l'action de frotter , aboutit a détacher d'un corps frotté avec force des morceaux , des pièces , des fragments , et a le réduire à la longue à l'état des corps Jhistes , Ici la liaison des idées est aussi frappante que celle des consonnances.

Frustrée , en eA une acception figurée , accidentellement modifiée dans la racine. L'action de frustrer quelqu'un de ses droits et de ses espérances ne se peut accomplir sans une sorte de percussion et de brisement moral.

GALOP, GALOPER. Nicod conjecture trèsplausiblement que ces mots sont faits par onomatopée du bruit des chevaux qui galopent; mais je ne saurois convenir avec lui et avec certains étymologistes, qui ont partagé son opinion, que le mot haguenée ait été immédiatement formé sur une racine naturelle de la même espèce. Le haca des Castillans , et X^faca des Aragonois dont on le Esiit dériver, descendent probablement comme lui du latin equus, qui a produit equina^ et en vieux françois hctquet et haquenée. Goquillard a dit :

Sus, sus, aOez vous-en, Jaquet, Et pansez le petit hoquet, Et lui faites bien sa litière.

Cette étymologie, reconnue par Ménage, a fourni

iU GAR

une jolie épigramme au chevalierde Cailly; mais

rétymologie restera comme l'épigramme \

GARGARISER , GARGARISME. Cette onomatopée est purement grecque, yapyapLZcù {gargor rizd),yapyapi(Tiio<;(gargarismos).EHe est fbrméedu bruit d'un remède liquide dont on se lave la bouche et rentrée du gosier. Les Grecs disoient aussi, dans un sens assez analogue, yapy oXiÇetv (gargalizein), et yapyahŒyioç (gargalismos), titillare, titillatio.

Elle est d'ailleurs commune a la plupart des langues. En hébreu, garghera signifioit le gosier; il se dit yapyapem {gargareôn) en grec , et gorzaillen en celto-breton : la même initiale caractérise encore assez universellement , et avec peu de modifications, les noms qu'on a donnés à cette partie, soit chezles Latins quil'appellentyu^/u/n^soitchezles Italiens qui l'appellent golla , soit chez les Allemands qui l'appellent khéle ou gJiéle , soit chez les Espagnols qui l'ont appelée garganta. Rabelais n'a fait que transporter en espagnol le nom de son Grangousier, pour en foire celui de Gargantua j qu'il s'amuse a expliquer autrement par un quolibet. Le nom même de Gargamelle se prend pour la gorge ou le gosier, dans la langue du peuple , et Hauteroche l'a employé à cet usage.

Voyez VExarnen critique des Dictionnaires de la langue française, article BAQUET.

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