‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 62 sur 169 · GRÔ · texte numérisé non relu

GRÔ

te étoit bien la vieillela plus grognon fjOLÛ éia coq^ <c nue de sa vie. »

GROMMELER. Ce mot a rapport à l'action de gronder sourdement et entre les dents. Il est frit d'un certain grognement des chiens hargneux , et des sangliers. Les Anglois expriment admirablement ce bruit par le mot grumble.

La Philomèle dit du porc :

^Sordida sus paseens ruris per gramina gnmiiît.

Mais elle représente le grommellement du sanglier par une. autre onomatopée qui n'est pas moins caractéristique :

. Flraodet agrestes upef.

Grumeler^ s*est pris dans le même seps en vieux langage , comme dans ces vers de la force de Gringore :

Je me dis mère sainte église , Je Teux bien qn*un chacun le note :

Je mauldis , anathématise ; Hais soDS l*habit pom* ma devise Forte lliabit de mère sole.

Bien soay qu'on dit que je radote j Et que suis folle en ma vieillesse ; Mais gntmeler juàl k ma porte Mon fils le prince, en telle sorte -Qii*i dimiirae sa foiStiU

OHO Ksa

GRONDEMENT , GRONDER , GRONDE- RIE , GRONDEUR. La racine de tes mots est prise dans un murmure plus noble que celle des précédents , et ou les admet dans un style plus élevé.

Le suhslaniit gronderie ne s'est jamais employé que dans un usage figuré. Grondement j qui exprime si bien le bruit d'uue mer lointaine , et le retentissement de la foudre , ne se trouve pas dans les anciens dictionnaires ; mais il n^en est pas moins François y puisqu'^on le lit dans BufFon , dans Bernardin de Saint-Pierre , dans M. de Châteaubrianty les classiques de notre prose.

GROIN. Du cri ordinaire du porc: :*

Voltaire regrette qu'on ait perdu le vieux yeJri>ë grouiner j qui exprlmoit le mêrtie bruit. Cestiè grunnire ou le gnindire latin , niais ce mot ne pa^ roit pas bien utile , et je ne l'ai jamais lii qufe danS Voltaire , qui auroit pu envier k notre ancien lattgage , s'il l'avoît bien connu , des expressions plus heureuses.

GRUE. Cet oiseau y dont le ui>m est fermé d'après son cri, est leyépavoç (gheranos)des Grees^ et le grus des Latins. Les Italiens l'appellent gns, et grua^ les Espagnols grulla et gruz, les Allé-» mands krane et kranich ^ les Anglois crâne > les Anglo-Saxons crâne ou croene, les Suisses krie j les Suédois tranaj les Danois trane-f les lltyriens

i6* GRU

gerjsaà; fn Gallois ,' c'est gamnj et en Celtique gru.Bochart jpense que c'est l'^^^r de Jérémie ; et ia ressemblance, de ce su^m.avec presque tous leç noins de la grue, semble confirmer cette idée^ quoiqu'il soit exprimé autreii[ient dans la Vulgate. . L'excellent traducteur Legros a partagé l'opinioji, 4^ Boçhart. « La cigogne, dit-il, connoit if. dans le ciel quand son temps est venu* La tource t^reile , l'hirondelle et la grue savent discerner « la saison de leur passage , mais mon peuple n'a (c point, connu le temps du jugement du Seî- « gneujp.^» Or, la^rae de tiCgros est Vagur des livres saints.

Une observation pleine d'intérêt, et qui prouve que les articulations de la voix de la grue ont tppjrours passé pour avoir quelques rapports arec celle de la.. voix:, humaine , c est que les philolpgjiieS)^t.le£v gr^ammairiens pensent que, si certains poètes ont; appelé cet oiseau l'oiseau de Palanjijède, cela vient de ce qu'outre l'ordre de bataille et le mot du guet, Palamède en avoit appris quatre lettres grecques.

Au reste, de ce gallois garan (et le gallois est, ôcanoie.cm sait^ dialecte du celtique ) descendent ^atts.diifieuUé) pour ceux qui croient le celtique piimitif^ et le yépmfoq (ghemnos) gret , et le gri^ la* tiii^.De ^r^y les >Latiti» aut^oient ikit ctns «ir la toiicliefopte^ d'est'^à^dire le nma de ia euissé^ par xetensitNi^' la ^u« étant, selon l'expres^on àt M* SohbiHitttauy^i a afiierâu eètm 4ti^niologie^ ad

fi RU H65

oUeaa tout tfnjamkes^. De là pracéderoiei^t flM^ilemeai le$ mots fr^vç^ia jartfit et se^ cQngàpèir«(9l d'autant mieu3& quagoren i^Uoil» aigtiifi^Tipp/fl^^ jarret, «t qwe nous appelons encore y^^wr lfc3 p^il» 4e Voie et de la grue, et eo général > de» oi9€^«ix à longues jambes qui iréquentent le bord des eaux; a eette étymologie je rAttaohe garbm^ gamba, gahhare, et chez nous une iunoinJbesIde famille de mots qui en dérivent au propre et au figuré.

Les Latins ont exprimé le chant des grues par le verbe gnio.

GauE signifie aussi un instrument fort usité en xnéoanjique pour élever les pierres a hâtir , et dont le nom vient figurément de sa longue jambe , s'il ne vient pas du bruit des poulies qui les hissent. Cest un^e double onomatopée.

G^RULLER. M. Court de Gébelin prend cette expression peu usitée dans deux sens sous les* quel^ il la ti»ouve également imitative* Dans le premier 7 elle signifie trem£2er <iayro»J; dans'le second , ébranler un arbre pour en faire tomber les fruits. Il e^t vrai que le peuple remploie ainsi^ mais elle n'étoit pas digne détreymnoûé^. Sous le premier de ces râppoi^, elleii'est qaeil'a«,giii«a^ tatif ou la contraction -du vethe grelotter ; Mm» lé le second , elle n'est que le verbe crouler, corrompu. * *

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