‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 76 sur 169 · MIA · texte numérisé non relu

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sait, au reste, que la manière d* exprimer ces cris y avec des signes tirés de notre alphabet , est , comme celle de les entendre y extrêmement arbitraire. Il y a très-peu d'onomatopées universelles.

MIAULEMENT, MIAULER. Du cri ordif naire des chats, de ces éclats désagréables de leur

voix, dont Boileau se plaint dans sa satire des Embarras de Paris :

Qui frappe Tair , bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Ihiris ? Et quel fâcheux démon , durant les nuits entières , Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ? Tai beau sauter du lit, plein de trouble et d*effi*oi , Je pense qu'avec eux tout Feafer est chez moi. L'un miaule en grondant comme un tigre en furie. L'autre roule sa voix comme un enfant qui crie.

Quoique Nicod ait écrit miauler, il semble (ju on disoit autrefois miaouler, et certains grammairiens regrettent cette manière de prononcer qui leur paroit plus imita tive. Elle Test peut-être / trop, et j'ai déjà dit que cette recherche excessive

d'imitation étoit fort ridicule quand elle choquoit l'harmonie , et qu'elle ne se fondoit que sur un cliquetis de sons bizarres et forcés.

MOUE. Il est impossible de prononcer ce mot, sans que la bouche figure ce qu'il signifie^ c'est-à-

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dire, cette espèce de grimace qui est âimilière aux gens tristes et colères. «Qu est-ce que tu fais quand tu dis uhi dit M. Jourdain. «Tu fais la moue. » Il n'y a rien de plus vrai , et , pour être fort plaisant dans une comédie y cela n'en est pas moins exact en fait , dans le mécanisme du langage. Le mœrens j le mœstus des Latins , le mesto des Italiens , et surtout le mustio des Espagnols , doivent appartenir k cette espèce d'onomatopée. Il résulte d'ailleurs de l'émission du soufle par les narines , quand les lèvres sont closes, comme cela se remarque dans les gens qui font la moue^ un petit bruit que les Grecs ont appelé imitativement yivyiioç (jnugmos) , et les Latins mussatio,

MuFFLE , qui est le nom de la bouche de certains animaux à lèvres alongées et proéminentes,

BouDEB., faire la moue par mécontentement ,

Bouderie , habitude de mauvaise humeur,

BouoEXTRy homme âcheux, esprit contrariant et ehagrin , sont de la même famille et du même efiFet d'imitation , les initiales de ces trois derniers mots se prononçant sur la même touche.

La langue celtique employoit rnoua^ pour, se (acher, et bouda, pour, chuchoter, bourdoniuir entre les dents. Je n'ai pas besoin d'insister sur ces analogies.

MUGIR, MUGISSEMENT. Belles onomato-

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