‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 98 sur 169 · RACINE SAG · texte numérisé non relu

RACINE SAG

Seiïs propre.

Les Latins en ont fait sko-itta, une Jlèchcj une sagette; et immédiatement, par le procédé comparatif, ce nom est devenu commun k une plante dont il est question dans Pline , et qui ressemble a une Jlèchcj au bout d'un rejeton de vigne qui a la forme dLuneyièche barbelée, et k une constellation composée de cinq étoiles qui représente une/lèche.

Sens dérivé.

Sag — ittarius a signifié un homme qui lance des JlècheSj et ensuite un signe du zodiaque. Puis, par une extension commune dans les langues , on a nommé sag — ittarius j une monnoie de Perse qui avoit un sag — ittaire pour empreinte.

Sag — ittifer a été le nom du porc-épîc , parce que les pointes dont il est couvert ont quelque ressemblance avec àes flèches.

Jusqu'ici l'opération de l'esprit est simple et sans complication.

Sens relatif.

L'imagination commence k saisir des rapports

plus éloignés y mais elle n*a point encore perdu de vue le sens propre.

Sag — aris signifie d'abord un faisceau dejlh" cheSj un carquois; il se dit bientôt d'une bâche d'armes.

Sag — ma exprime en premier lieu ce qui sert k cacher la pointe de la Jlèchcj a la garantir en temps de paix. Ensuite , il se dit généralement d'un fourreau , et finalement de la selle d'un homme d'armes on les Jlèches sont fixées.

Sag — men est pris dans un sens plus hardiment figuré, quoiqu'il appartienne encore au sens primitif. On appelle ainsi la verveine par opposition ou contre-vérité , parce que les ambassadeurs proposant la paix ou la guerre portoient dans leurs mains une verveine et un e^ècAe.

Sag — a signifie premièrement les armes d'un soldat. Ire ad sag — a^ c'est s'emparer de ses javelots et de ses/lèches. On en fait sag — um ou SAG — ulum qui est l'habit d'un soldat en guerre.

Une fois que ce pas est fait , on va beaucoup plus loin. On appelle sag — itzale pillage d'une ville, l'extermination de ses habitants , parce que les vainqueurs les renversent à coups dépêches; et notre langue en emprunte les mots sac et skc-^cager qui conservent encore toute la racine, avec une simple modification dç. la guttu- ^^ gj prononcée sur une touche plus éclatante.

Enfin, il suffit de nasaler cette racine sag, pour en former sang — uis, qui s'emploie par une extension du même genre^ parce que le sang coule sous \esjleches,

N. B. En vieux François, sàg — he a signifié un fourreau, sac — heVj tirer du fourreau, et ensuite poursuivre le gibier et le renverser sous les^tè^ ckeSj d*où il semble que dhassera été Ëiit par métatbèse.

Seks figuré ou métaphorique.

Ici Tesprit de Tbomme s^élance Hardiment à des objets très-éloignés , pour peu qu'il y puisse saisir quelque affinité avec le sens originaire du mot inventé.

Une erreur populaire lui persuade qu'une espèce de pierre précieuse attire le bois comme l'aimant attire le fer , et que le bois y vole avec la rapidité de la flèche. Il nomme cette pierre SAG — da,

U a observé que \ai flèche j en s' enfonçant dans un corps dur, y frémit long-temps encore. Il appelle sAG — acioj id esty saq — ittœ actioj tous les genres de palpitation et de tremblement.

Il essaie de trouver un objet de comparaison k l'action de regarder. Le regard parcourt l'espace avec la vitesse de lafllèche^ et le son radical SAG devieA^ le nom du regard dans presque toutes les langues de TOrient. Les Latins cependant nt

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