‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 10 sur 165 · BOUSSOLE · texte numérisé non relu

BOUSSOLE

Quand les bidons étaient de petites dimensions et qu'ils pouvaient

ainsi faire partie de Téquipement d'un homme, on les appelait des fnberœis (voyez ce mot) .

BOITE, s. f. {boiste, liette). Petit coffret (voyez Coffret, Dict. du mobilier^ t. P'). On fabriquait des boîtes d'orfèvrerie (voyez Orfèvrerie).

€ Pour 1 bolste de cristal, garnie d'argent, à mettre pain à € chanter * »

BOUGETTE, s. f. Petite valise.

BOUSSOLE, s. f. {marinière^ marinette). La propriété de l'aiguille aimantée de diriger l'un de ses pôles vers le nord était connue dès la

* Invent, de fnrgpnl. des rois rie Frnnrej 1353.

[ BROCHE ] — âO —

fin (lu \\f siècle, ainsi que le prouve le texte de Guyot de Provins ' . Ces premières boussoles consistaient en une aiguille aimantée couchée en un fétu de paille que Ton laissait flotter sur l'eau remplissant un bassin.

BOUTEILLE, s. f. On ne se servait point de bouteilles de verre pendant le moyen âge pour conserver le vin. Cette liqueur était enfermée dans des fûts ou dans des vases de terre appelés boutiaux, boutilleSy bouties. Les Anglais fabriquaient des bouteilles de cuir qui étaient fort estimées :

« Pour 2 boteilles de cuir achetées à Londres pour monseigneur « Philippe, 9 s. 8 d. * >

Les bouteilles de verre étaient plutôt des flacons destinés à contenir des liqueurs précieuses :

« Pour 2 petites boteilles de voirre grinellé garnies d'argent, à tout « les tissuz de soye senz ferrure * >

Cependant des vignettes de manuscrits des ix* et x" siècles figurent des repas pendant lesquels des convives boivent à même des bouteilles en forme de ballons * . Nous ne saurions dire si ces bouteilles étaient de terre cuite ou de verre.

BROCHE, s. f. (kastier). L'usage des broches pour faire cuire les viandes remonte à la plus haute antiquité. Les héros de \' Iliade rôtissaient les viandes à l'aide de broches de bois ou de métal. Les peuples venus du nord-est dans les Gaules, au v* siècle, étaient grands mangeurs de viandes rôties, comme le sont tous les descendants des races aryennes. Eginhard * rapporte que le repas de Charlemagne se composait de quatre mets, sans compter le rôti, qui lui était ordinairement apporté en broche par les chasseurs, et dont il mangeait avec plus de plaisir que de toute autre chose.

La tapisserie de Bayeux nous montre l'armée de Guillaume le Bâtard festinant aussitôt qu'elle a mis le pied sur le sol anglo-saxon. Des serviteurs apportent quantité de viandes embrochées aux chevaliers, qui mangent devant leurs boucliers disposés en guise de tables. Dans le camp, les chevaliers prennent ces viandes à même

• Bible. Voyez Fabliaux ou contes du %n* et du xiii" siècle. Legrand d'Âussy, édit. 1779, t. n, p. 27 (note).

2 Journal de dépense du roi Jean en Angleterre.

' Invent, de l'argent, des rois de France dressé en 1353.

< Voye* le Dict, du mobilier^ t. !•% à Tari. Table.

* Vita Karoli imperatoris, XXIV.

— ât — [ BROUETTE ]

les broches. A table, on les présentait devant chaque convive sur des tranches de pain. Nos aïeux tenaient fort à manger chaud, et les pièces rôties étaient désembrochées juste au moment d'être portées sur table. Les broches étaient tournées par des garçons devant le brasier, et Fusage des tournebroches mécaniques à poids ne remonte pas au delà de la fin du xiV' siècle. Elles étaient posées sur des crochets tenant aux landiers *.

BROUETTE, s. f. Petit véhicule à une roue, muni de deux bras qui servent à maintenir en équilibre et à pousser le fardeau placé sur un plateau garni de rebords. Nous ne savons qui le premier a dit que la brouette avait été inventée par un sieur Dupin, en 1669*. Beaucoup de manuscrits des xiii% xiV et xv* siècles mentionnent cepen-

dant des brouettes. On pourrait croire peut-être que ce mot ne signifiait pas exactement ce que nous entendons aujourd'hui par une brouette. Or voici (fig. 1) la copie d'une vignette d'un manuscrit de la fin du xiii* siècle*, qui donne une brouette absolument semblable à celles que l'on emploie aujourd'hui, et cet exemple n'est pas le seul ; c^ qui n'empêchera certainement pas de répéter longtemps encore que la brouette, ce petit véhicule, est une de ces découvertes aussi simples qu'utiles, due au grand siècle. C'est une question d'ordre public dans un certain monde, que tout, depuis l'art de penser jus-

' Voyes le Dict du mobilier, t. I«% art. Landieb.

^ Baos son excellent Dictionnaire de la langue française, M. Litué reproduit cette erreur. Cela peut paraître d'autant plus étrange^ qu'il cite des documents des Xlii® et xif* siècles, dans lesquels la brouelle est mentionnée.

• Hùti. du saint Grnâ/y Biblioth. impér., n" 6769.

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