LUTH
« Al sief 6 ala comme jonglere « Si fainst que il estoit harpere ; « Il avoit apris à chanter, « Et lais et notes à harper.
(( Por aler parler à son frere^ t Se flst par mi la barbe rere, « £t le cief par mi enscment « Et un des gênons seulement ; « Bien sambla lécéor et fol, cf Une harpe prist à son col '. »
Les Irlandais et les Bretons passaient pour les meilleurs harpeurs :
« Grans fii la joie, se saichiés de verlé, « Harpcnt Bretons et viellent jongler '-2. »
Dans le journal de la dépense du roi Jean, en Angleterre, nous voyons qu'il est payé pour le roy des ménestereu/x, « une harpe, 2 nobles, valant 13 s. 4 d. ' >.
La forme des harpes ne subit pas de graves modifications pendant le cours des xiV* et W siècles. Au \\f siècle, cet instrument est presque abandonné en France ; on ne le voit reparaître que beaucoup plus tard, mais avec d'importants perfectionnements.
LUTH, s. m. {lou, leil, luz). Instrument à cordes pincées, garni d'un manche, avec cheviller renversé, sans cordieret sans chevalet. Les cordes du luth étaient habituellement de métal, de cuivre, d'argent. Ces cordes étaient au nombre de huit, et de neuf à la fin du XV* siècle (voyez GurrERNE). Le luth servait, comme la gui terne, d'accompagnement à la voix, et était pince de la môme manière. Il existe encore quelques-uns de ces instruments qui datent du xvi*' siècle, notamment dans la belle collection du Conservatoire de mu-
> Lï Romans de Brut, vers 9336 et suiv.
' Lt Honmm de Haoul de Cambrai, éàii. Tecliener, p. 320 (xni* siècle). * Journai de la dépense du roi Jean en Angleterre {Comptes de T argenterie des rois de France^ publ. par M. Douët-d'Arcq, p. 243).