‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 105 sur 165 · LYRE J · texte numérisé non relu

LYRE J

sont attachées quatre cordes. Ces cordes passent par des trous dans un large cheviller qui remplace la simple traverse des anciennes lyres. Deux potences qui font suite au cheviller permettent de porter la lyre sur Tépaule droite, soit d'un côté, soit de l'autre. Une courroie attachée derrière la table d'harmonie devait en outre permettre de fixer solidement l'instrument le long du corps; à moins d'admettre qu'on touchait les cordes de la main gauche, et que la main droite maintenait la table d'harmonie, ce qui n'est guère probable : cet instrument devait êlre touché des deux mains, comme la harpe. La figure 3 fera mieux comprendre la composition de celte lyre*, qui devait avoir environ 0'",65 de hauteur. Il est à croire que les deux octaves étaient montées de manière a former un accord, dessus et alto, par exemple. L'abbé Gerbert donne, dans

son traité De la musique * une lyra montée de cinq cordes et copiée sur le manuscrit de Saint-Biaise (lig. 4). Les cinq cordes sont relevées par un chevalet et étaient touchées avec un plectrum suspendu en A. On observera que les cinq cordes ne sont pas tendues dans l'axe de l'instrument, mais un peu de côté, afin, probablement, de donner plus de facilité pour tenir la lyre, soit du pied, soit par le montant B. Il n'est pas question de la lyre à dater du xiii'' siècle, et ce mot n'est employé qu'avant cette époque :

Et ailleurs :

(( Et mult sot de lais et de note,

« De viele sot et de rôle,

« De lire et de ialtérion 3. »

« Mult ot à ia cort jugleors,

« Chanteors, estrumanteors ;

1 Restituée à l'aide des vignettes de manuscrits des V^ et \i^ siècles (Vézelay, Moissac, ivoires).

^ De cantuet musica, lib. lll, cap. m. Li Romans de Brut (xii« siècle), vers 3765 et suiv.

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