MONOCORDE
« Mult poïssiés oïr chaaçons,
V Rolruanges et noviax sons.
« Vieleures, lais et noies,
f< Lais de vieles, lais de notes ;
f( Lais de harpe et de freliax ;
(c Lyre, tympres et chalenoiax,
« Symphonies, psallérions,
a Monacordes, cymbres, chorons ^ »
Le psaltérion semble avoir remplacé, à dater du xiii* siècle, ces instruments à cordes, qui tenaient plus encore de la cithare que de la lyre antique '.
iî::^o
HOINEL, s. m. Petite flûte simple, pipeau.
« Sonnent timbre, sonnent tabor ;
« Muses, saltères et fretel,
(f Et buissines et moï'nel,
M Cascuns ovre de son mestier \ »
MONOCORDE, S. m. On désignait ainsi, au moyen âge, deux sortes d'instruments : Tun qui semble n'avoir été qu'un diapason, un moyen de donner le ton ; l'autre fort grand, monté d'une seule corde,
sorte de tympanon qu'on jouait en pinçant cette unique corde ou à Taide d'un archet. Alors il tenait lieu de l'instrument que nous appelons aujourd'hui contre-basse. Les derniers monocordes, ceux
1 Vers 10823 et suiv.
^ Voyez la copie d'une miniature d'un manuscrit de la Biblioth. impér. (x" siècle), dans lc« Arts somptuaires (Ch. Louandre, Paris, 1858). 3 U Biaus desconneus, vers 2873 et suiv. (xui^ siècle )
[ MONOCOHDE ] — 292 —
qui (lalent du xvi'' siècle, sont parfois montés, en dedans du corps sonore, de plusieurs cordes métalliques donnant un accord par leur vibration*. Le manuscrit de Saint-Biaise ^ donne un petit monocorde (fig. 1), touché par une femme assise. Cet instrument se compose d'une boite sonore oblongue, aux extrémités de laquelle sont posés deux petits arcs métalliques formant chevalets. Une corde est tendue d'un arc à l'autre et arrêtée sur un petit cordier latéral A. 11 est évident que cet instrument ne pouvait donner qu'une seule note, et remplacer ainsi le diapason métallique actuel.
La vignette au trait qui est placée en tête du manuscrit de la bibliothèque de Reims intitulé Liber ponti/icalis* montre les neuf Muses, Orphée, Arion et Pythagore.Ce dernier personnage tient sur ses genoux un monocorde (fig. 2) qui semble aussi n'être qu'un diapason. Il se compose d'une table d'harmonie percée de quatre
1 On voit un de ces grands instruments, qui n*a pas moins de 2 mètres de hauteur, dans la collection de M. Fau*
^ Voyez l'abbé Martin Gerbert, De canfu et musica, lib. 111, cap. m. ' xiu® siècle.
-IQ?» —