OLIFANT
OLIFANT, s. m. Corne d'une grande dimension, faite habituellement d'une dent d'éléphant, garnie de viroles de métal pour la suspendre au côté droit. L'olifant était une corne de guerre et de chasse ; il servait à donner des signaux, à rallier les troupes, à annoncer l'approche d'un ennemi :
« Ung olifant sona, ses gens vers li ralie
n Et leur dit : « Segués moi, je vous ferai aïe *• »
« Les grans oompaignes lors veissiez venir^
« Bruir banières, dont il i out sis mil.
(f Là oïssiex ces olifans tcntir,
« Ces cors sonner. . . . ^. »
fc Guenes, ce dist li rois, preus estes et genlis ; c Faites sonner nos cors, l'olifant soit bondis. » « Richars prinsl rdifant, à la bouce l'a mis ; « Rollans en a les vois entendus et oïs, c( Ses compaignons le dist, moult en est esjoïs '. »
L'olifant était donc un instrument que portaient les chefs et qu'ils embouchaient, à la guerre, pour réunir leur monde ou pour prévenir de leur approche. Le guetteur du château n'a qu'une corne ou un cor, pour .donner des signaux; l'olifant était la trompe du noble, du seigneur ayant des barons sous ses ordres. Tout le monde connaît la légende de Roland. Lorsqu'il combat dans les défilés de Ronce vaux et qu'il voit ses compagnons morts pour la plupart :
0 Rollans ad mis Tolifan à sa bûche,
« Empeint le ben, par grant vertut le sunet.
« fiait sunt li pui e la voiz est mull lunge,
« Granz .xxx. liwes loïrent-il respundre.
« Karles l'oïst e ses cumpaignes tûtes ;
« Ço dit li reis : « Bataille funt nostre hume ^. a
1 Gérart de Raussi/hn, vers 4613 (xiii<> siècle).
* ia Romans de Garin le Loherain (xiii* siècle), t. II, p. 185, édit. Techencr.
* Fierahras^ vers 5567 el suiv. (xiii* siècle). ^ Chamion de Roland, cxxxi.