TYMBRE
d rivière si près d'icellui village que, toute nuyt, les dits François tf et Angloiz ouyoient parler Tun l'autre et les menestrez les ungz « des autres*. »
TTHBRE, s. m. {cembel, cembre). Il s'agit d'un tournoi :
•I Là ouissiés souvent tabours, X Tymbres et cors et trompeours ; •< Hiraus gairons crient et braient '. *
Plus loin Tauteur décrit une fête; on danse, on banqueté:
a Maint jonijçleour pour leur mestier
" Faire y vindrent i\e toules pars,
« Et on ne lor fu mie eschars
« De donner robes et garnemens.
« Si ol de divers instrumens,
« De cors, de tymbres, de tabours.
« De divers gieus de singes, d'ours ', »
Ces tymbres, ou cembels, qui faisaient partie des instruments do guerre et de fête, n'étaient autres que nos cymbales, mais d'une dimension plus petite et avec des bords moins larges. Des danseuses s'accompagnent souvent de cet instrument dans les représentations peintes ou sculptées des xi'' et xir siècles (fig. 1). Un manuscrit de la Bibliothèque impériale * montre une de ces femmes tenant une paire de cymbales enchaînées : ce sont deux capsules assez profondes, sans rebords, ressemblant assez aux campanelles des troupeaux. Plus tard ces capsules de métal sont moins profondes et munies d'un petit rebord qui permet de frapper deux surfaces planes, ainsi que le montre noire figure*. Deux manches sont attachés à la sommité convexe de chaque demi -sphère.
Au XV* siècle, on voit des cembels presque plans, très-petits, munis de manches assez longs, et qui ne pouvaient guère servir qu'à appuyer la mesure (fig. 2 •).
ï Jean Chartier, Chron. de Charles Vil, 1432, édit. de Jannet, t. I, p. 167. 2 Li Houmansdou chastelain de Couci, vers 1237 (xni® siècle). » Ibid,, vers 3896 et suiv.
* Àntiphonaire provenant de Saint-Marlial de Limoges (xi' siècle), Biblioth. impér. ^ Vêtement copié sur THérodiade d'un chapiteau du musée de Toulouse (xn^ siècle). ^ Fragment des sculptures du xv* siècle, provenant du tour du chœur de réglise abbatiale d'Eu.