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\'io!letLe^Duc del
r'/HonlAO*I<iiteur
XV* Siècle
A LcvjtJith.
séquenl, entre le point A et le nez de Thomnie d'armes, 0'",08 de vide au moins. La tète, entourée d'une coifle épaisse qui laissait les oreilles découvertes et s'attachait par derrière, pouvait se mouvoir dans ce cylindre de fer en tous sons. Le jouteur pouvait ouvrir le
volet de droite pour voir et respirer à l'aise. Ce licaume portait sur le houiTelet du gorp^orin et revêtait la fraise élevée au-dessus de ce bourrelet, comme le couvercle d'une boîte. On voit les courroies antérieure et postérieure qui attachent solidement le heaume et le rendent solidaire du corselet. Le gorgerin est en doublure sur le plastron et le renforce au point où les chocs sont le plus à redouter. On voit comme le faulre F est vissé à la partie latérale et plane du plastron, parfaitement isolé de la poitrine et ne touchant au cavalier que sur les épaules et à la braconnière. Tout le poids de
Tarmure est ainsi reporté en avant, et contribue à garantir d'autant le jouteur, à lui donner plus de résistance contre le choc, et à augmenter la puissance du coup de lance qu'il fournit à l'adversaire.
La figure 15 montre le heaume ouvert *. Ce heaume est l'orgé de quatre pièces : le timbre rivé avec le couvre-nuque, les rivets limés pour ne présenter aucune aspérité au rochet; le couvre-nuque ; la
pièce formant la vue, avec patlcs rivées au timbre; la ventaille à charnière. Le volet est maintenu au bord du couvre nuque latéral droit par une forte charnière. Quand la ventaille est en place, le crochet antérieur du volet la fixe solidement. Les trous percés dans le timbre et le couvre-nuque servaient à lixer le cimier de cuir bouilli el le lambrequin. A la braconniére B (fig. 14) sont rivées les tasseltes articulées avec les deux plates qui flottent sur les gardecuisses suspendus à la selle (voy. pi. LV).
Le faulie est terminé par une portion de spirale qui maintient la bascule de la lance. Ce fautre fixe.(fig. 14) doit être à peu près parallèle à la vue du heaume, relevant un peu la lance couchée sur Tarrét, de telle sorte que, quand le jouteur se dresse sur ses étriers et porte le corps incliné en avant pour voir fécu de son adversaire, — et il
I Du musée d'artillerie de Paris.
^ n'est pas nécessaire qu*il voie au-dessous de ce niveau, — le rochet de sa lance soit exaclemenl à la hauteur du milieu de cet écu. Ainsi le jouteur n'a-t-il qu'à se préoccuper de diriger son cheval et à tourner le corps quelque peu à droite ou à gauche pour que le rochet frappe en plein la large du jouteur opposé. Une large rondelle triangulaire, allongée du bas, garantit la main qui empoigne la lance. La selle est munie d'une arçonnière haute, mais sans hourds latéraux ; les garde-cuisses d'acier en tiennent Ueu avec avantage. La large n'est plus échancrée du haut ou latéralement pour laisser passer le bois
de la lance ; elle est rectiligne au sommet, quelque peu courbe dans sa partie inférieure ; convexe en section horizontale et concave en section verticale ; plaquée d'os de couronne de cerf. Elle est maintenue par une guige autour du cou et par les tresses à l'anneau rivé au plastron. La figure J6 présente la rondelle couvre-main droite. Celle rondelle est habituellement doublée vers la partie qui est sujette à recevoir le plus directement le choc du rochet.
Cet équipement, tout particulier aux joutes, ne fut guère adopté en France qu'après 1450, car Olivier de la Marche, en ses Mémoires, a le soin de dire : < Et certes les pompes et pareures de lors (1438) € n'étoient pas celles de présent; car les princes jousloycnt en pacc rures de drap de laine, de bougran ou de toille, garnis et cnjohvcs € d'or clinquant, ou de peinture seulement, et si n'en laissoyenl « point à rompre grosses lances et d'endurer la rudesse de la jouste
< des armes, comme font aujourd*huy les plus jolis *.... » Il faul considérer que les armes de joutes françaises atteignirent leur poids le plus fort vers la lîn de la première moitié du xv' siècle. De l'autre côté du Rhin on renchérit encore, s'il est possible, sur ces pesantes armes de joute ; elles sont façonnées à peu près comme celle présentée figure 11, mais avec grand fautre, rondelles aux aisselles, et heaume d'un poids considérable, non plus attaché par des courroies au corselet et à la dossière, mais par de larges pattes de fer avec broches. Le musée d'artillerie possède une de ces armures allemandes, le musée de Pierrefonds trois, M. le comte de Nieuwerkerke une cinquième, et le musée de Saint-Pétersbourg une sixième, munie de ses garde-cuisses analogues à ceux figurés planche LV.
Vers 1460, on faisait encore des joutes libres, sans barrières, sans toiles^ ainsi qu'on disait alors ; mais ce genre de combats devenait de plu5 en plus rare, et les joutes à la barrière étaient moins un exercice militaire qu'une occasion de déployer un luxe prodigieux en harnais. Cependant on rompait force lances, mais elles étaient moins pesantes qu'au temps passé. Olivier de la iMarche décrit les joutes qui se firent à l'occasion du mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite d'York, sœur du roi d'Angleterre (1474). Ces joutes durèrent neuf jours. C'était ce qu'on appelait alors un pas, d'où est venue la locution passe d'armes. Elles furent organisées sur la place du marché de Bruges, avec enceinte, deux entrées seulement, et barrière couverte de toiles peintes. Le pas était, comme dit le texte des Mémoires, fondé sur un géant prisonnier, conduit par un nain; le poursuivant était nommé Arbre-d'or*. « Au regard de « la place ordonnée pour la jouste, à l'entrée, devers la chapelle « Saint-Christofle, estoit une grande porte peinte à un arbre d'or, t et y pendoit un marteau doré, et à l'aulre bout à l'opposite, contre t rhostel de ville, avoit une grande porte pareillement à Tarbre € d'or; et cette porte estoit faicte à tournelles moult gentement; « et sur icelle estoyent des clairons de mondict seigneur le bastard c (de Bourgogne, qui tenait le pas) à grandes bannières de ses « armes, et vestus de sa livrée (qui fut pour celuy jour robes rouges, « petits arbres d'or mis sur la manche, en signe du pas) ; et sur les « deux tours de la dicte porte avoit deux bannières blanches à deux a arbres d'or. A l'opposite des dames, du costé des grandes halles, e fut l'arbre d'or planté, qui fut un moult grand pin tout doré d'or,
» Mém, d'Olivier de la Marche, livr. I, chap. VI. 'i loid., livr. n, chap. iv.
« exceptées les feuilles; et d'emprès iceliiy pin avoit un perron à trois € pilliers moult gentement faict, ou se tenoit le nain, le géant, et € Arbre-d*or le poursuivant, par qui se conduisoit le pas et le mistére € de la jouste; et à rencontre dudict pillier avoit escript quatre
< lignes, qui disoyent ainsi :
« De ce perron nul ne prenne merveille ;
u C'est une emprise qui nobles cueurs réveille,
(( Au service de la tant honnorée
« Dame d'honneur, et de risle-Célée.
« Au plus près dudict perron avoit un hourd tapicé, ou estoyent c les juges commis de par Monsieur pour garder ledict pas on « justice et en raison... Devant le hourd des juges se ferroyent et c mesuroyent toutes les lances; ne de tout le pas ne fut lance tenue
< pour rompue, qu'elle ne fus! mesurée à la mesure par lesdicts f juges ordonnés, ne lance courue sans mesure... Les maisons, les « tours, et tout à l'entour desdictes lices, tant loing comme prés, € tout estoit si plein de gens que c'estoit belle chose à voir... »
Tout cela demande quelques explications.
Un pas ou passage était une entreprise à tenter. C'était une habitude de la chevalerie errante de se poster sur un passage, un pont,un croisement de routes, en armes et à cheval, et de ne laisser franchir le pas à tout chevalier qu'autant qu'il aurait admis sans conteste la proposition faite par le tenant. Ainsi ce tenant sommait le chevalier qui voulait franchir le passage, de déclarer, par exemple, que telle dame était entre toutes la plus belle et la plus honorée. Si le survenant se refusait à faire cette déclaration — et il y avait beaucoup à parier qu'il s'y refuserait — il fallail, pour passer, qu'il vainquît à la lance le chevalier qui tenait le pas. Si le survenant était vaincu, il devait, toutes affaires cessantes, aller se mettre à la discrétion de la dame en lui disant que tel chevalier T avait forcé par armes à cette démarche. Cela ne contribuait pas à faciliter les voyages et se passait plus souvent dans les romans que dans la vie ordinaire; mais le fait se présentait parfois, surtout à l'époque où la chevalerie errante était fort en honneur.
Au xv^ siècle, les pas d'armes étaient donc un souvenir de cet usage.
Le jouteur qui voulait tenter l'aventure faisait frapper à la porte du pas par un héraut. Après de nombreuses formalités racontées par le menu dans les Mémoires d'Olivier de la Marche, le chevalier
de l'Arbre-d'or et le nouveau venu s armaient et la joute commençait. Elle durait une demi-heure, au sablon, c'est-à-dire tout le temps que mettait à s'écouler le sablon d'une horloge tenue par le nain. Celui des deux jouteurs qui, pendant ce temps, avait rompii le plus de lances, était vainqueur de la course. On courait ainsi plusieurs joutes dans une après-dînée, et le vainqueur de l'entreprise était celui qui, au total, avait rompu le plus de lances. Olivier de la Marche décrit en détail les harnais des nobles jouteurs et des chevaliers, écuyers, pages, etc., qui les accompagnent. Or, chaque jouteur changeait de costume à chaque joute, et ne reparaissait pas deux fois avec le même. On peut se faire une idée du luxe de ces fêtes et de ce qu'elles devaient coûter.
Parmi un grand nombre, nous prenons l'équipement du sire Jacques de Luxembourg, seigneur de Rîquebourg, frère de monsieur de Saint-Pol, connétable de France. « Devant luy aloyent, pour c l'accompagner, le comte d'Escalles et raessire Jehan d'Oudevile,
< tous deux frères de la royne d'Angleterre; monsieur de Roussi, « monsieur de Fiennes, et messire de Jehan de Luxembourç et tous « cinq neveux dudict messire Jaques. Pareillement l'accompagnoyent « monsieur de Renty, et le marquis de Ferrare , tous richement c vestus et montés. Son cheval (de Jacques de Luxembourg) esloit c housse de drap bleu, à une grande bordure de drap d'argent cra- « moisi, et son escu de mesme. Ilavoit six chevaux de pareure après « luy, dont le premier estoit couvert de velours cramoisy, à une € grande bordure d'hermines, et par-dessus le cramoisy avoit gros f chardons d'orfèvrerie dorée, élevés moult bien apparens sur la « housseure. Le second fut couvert de velours bleu, à grandes lettres € de brodure de sa devise, et fut frangé d'or. Le tiers estoit couvert « de velours noir, à grandes lettres de brodure comme le premier « et semé de grandes campanes d'argent. Le quart de satin violet € semé de grans chardons d'orfèvrerie à grandes feuilles de mesme ; « et estoit celle couverture bordée de velours noir, la dicte bordure « semée de larmes d*or. Ses pages estoyent vestus de satin blanc, « à lettres de brodure de sa devise; et après iceux pages venoit un « varlet vestu de mesme, sur un cheval couvert de damas blanc, c violet et noir semé de brodures de lettres d'or à sa devise, et par « dessus semé de grosses campanes d'argent. Ledict varlet menoit
< un destrier en main, couvert de drap d'or violet; et en celuy « estât fit son tour devant les dames, par-devant l'Arbre-d'or et par- « devant les juges, puis prit son rang au bout de la toile. »
Après les joules à la lance où les jouteurs se frappaient en plein
et rompaient le bois, on faisait des joutes à la large futée ou à la bavière. Il ne s'agissait plus alors de pousser là lance en plein écu,
mais d'enlever une pièce de l'armure rapportée. Cette sorte de joute parait avoir été surtout fort prisée de l'autre côté du Rhin et dans les Flandres.
Pour ce genre de course, le harnais du jouteur différait de ceux précédemment donnés. L'iiabillemeni de tête consistait en une salade forgée d*une seule pièce, avec vue. Devant le plastron était fixée une doublure épaisse qui couvrait la poitrine, partie du ventre et s'élevait jusqu'au-dessous de la vue. Sur cette doublure ou ba-
vière était rapportée une seconde doublure composée de pièces minces d'acier retenues légèrement entre elles. Le cavalier n'avait pas d'écu. Il s'agissait de frapper cette doublure en plein à la hauteur de l'estomac. Un ressort disposé sur la bavière décliquail sous le choc, et faisait sauter la doublure de lames d'acier en plusieurs morceaux, comme si elle se fût brisée.
Voici (Ug. 17) un jouteur ainsi armé. Pour ces passes, le rochet de la lance était à une seule pointe émoussée, afin de frapper le
milieu du plastron. Examinons d'abord la salade (fig. 18) *. Forgée d'une seule pièce, ainsi que nous l'avons dit, elle porte sur le sommet du timbre un cimier bas, dont le profil est tracé en A, percé d'un trou B en 6, pour attacher un lambrequin ou un ornement. La coiffe intérieure était fixée par des rivets en c, et des courroies d rivées latéralement maintenaient la salade sous le menton. En e est une boule d'acier roulant sur un axe (voyez le détail E et le profil F moitié d'exécution), qui permettait au bas du mézail, lorsque le jouteur baissait la tête, de rouler à l'intérieur de la bavière sans l'accrocher. Ici cette boule est accompagnée de deux branches se retournant d'équerre et quelque peu en saillie sur le nu de la salade. Nous verrons tout à l'heure à quoi servaient ces branches.
La ligure 19 donne l'habillement de corps et de tête ensemble. La cuirasse, avec Tarrêt de la lance et le fautre comme dans les exemples précédents, est doublée d'une pièce en deux parties, la bavière A et le plastron B. Sur le plastron est disposé un mécanisme qui, lorsqu'on appuie fortement sur le bouton A, fait saillir vive-
' Collection de M. le comte de Nieuwerkerke.
menl deux tampons c, lescjuels jettent en avant la doublure D, composée de plusieurs pièces que le choc fait disjoindre et qui semblent ainsi voler en éclats. Le mécanisme est noyé dans un fort coussin de peau rembourrée, afin de rendre le choc moins rude. La figure 20 présente le détail du mécanisme. En A, on voit comme les deux tampons /, montés sur ressorts à boudin, sont maintenus par la bascule à ressort b. Lorsqu'un choc violent agit sur le boulon d, la bascule double b se renverse et les deux ressorts à boudin agissent, ainsi
qu'on le voit en B. En C, le mécanisme est présenté do face en perspective. Il faut se rendre compte de la structure des pièces de doublure volante de la bavière. La ligure 21 les montre assemblées du côté intérieur. Ces pièces sont au nombre de huit: six à la partie supérieure, deux à la parlie inférieure, plus une petite rondelle médiane extérieurement conique. La ligure 19 montre en a, à la partie supérieure de la bavière, une .pièce saillante qui laisse entre elle et la pièce de dessous une rainure. Dans cette rainure enlrcnl les cramponnets c figurés à Tinlcrieur de chacune des six pières supérieures (fig. 21). L'extrémité inférieure de ces six pièces vient s'engager dans des rainures formées a Tintérieur des deux pièces inférieures par deux bandelettes de fer d rivées. Ces deux bandelettes, terminées chacune par un crochet, se réunissent ainsi dans un œil pratiqué dessous la rondelle conique. Deux crochets e rivés aux pièces intérieures s'agrafent entre les deux bascules qui relien-
nent les deux tampons b (iig. 20). Deux autres crochets mousses/ entrent dans deux pitons rivés au bas du corselet en g (fig. 19).
Ainsi les six plaques supérieures bridées entre la pièce a de la figure 19 et les bandelettes rf de la figure 21 forment elles-mêmes ressorts. Si un choc se produit au-dessous de la rondelle conique ou même sur cette rondelle, le bouton a de la figure 20 fait décliquer les deux tampons /. Les six pièces supérieures de la doublure volante
s'échappent des deux rainures, sautent en Tair, et les deux pièces inférieures elles-mêmes se décrochent et sont projetées en avant. Pour courir cette joute, les cavaliers prenaient, comme il est dit ci-dessus, des lances ferrées de rochets à une seule pointe mousse, et il fallait toucher Tadversaire juste au-dessous de la rondelle conique, en G (lig. 19); alors toute la doublure de la baviére volait en éclats. Ces sortes de joutes étaient fort en vogue vers la seconde moitié du xv'' siècle * . D'autres consistaient à enlever une bavière
1 On les appelait courses à lu targe futée.
d^étofle posée en avant de la buviére lixe. L'Iiabillenienl du cavalier était le même que celui présenté lr<;ure 10; mais a la place des pièces de doublure D était attaché un voile appelé queue, maintenu à une bandelette de fer légère, qui entrait dans les deux vides
laissés entre le mézail de la salade et les deux cramponnets verticaux indiqués dans le détail E de la figure 18. Ce voile descendait jusqu'au milieu du ventre. Quand le crochet de Tadversaire le piquait en plein plastron ou au sommet de la bavière, il le décrochait, l'enlevait et le faisait voler au-dessus de la tête du joulenr. La fipure 22
DlCnONNAlRE DU MOBILIER FRANÇAIS
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— hOi — [ JOUTE ]
indique ce coup \ Le cavalier est monte sur un clieval housse et dont les yeux sont masqués. 11 arrivait souvent que, pendant les joutes, les chevaux, au moment de Talteinle des lances, se dérobaient et faisaient ainsi manquer la passe. Or, pour la course à la queue, représentée dans notre figure, il fallait que les lances frappassent le voile sur un point déferminé sans déviation; le moindre écart du cheval pouvait faire manquer Tatleinte. Pour éviter cet inconvénient, la housse couvrait les yeux de la monture. De plus, on observera que le jouteur a la jambe gauche couverte d'un large garde-cuisse de fer qui était destiné à parer le froissement du cheval contre la barrière à finstant où les deux jouteurs croisaient leurs lances. Le musée d'artillerie possède une très-belle pièce de ce genre, que représente la planche LVI. Elle est de fer repoussé, avec incrustations de cuivre jaune très-habilement rivées. On l'attachait par une courroie au-dessus du genou, et dans l'échancrure inférieure passaient l'extrémité des grèves, les étrivières et le soleret.
11 y avait encore la course à la poêle. La poêle * consistait en une sorte de targe carrée ou de gril d'acier fixé sur la poitrine, et que l'adversaire devait enlever avec le rochet. Les jouteurs, dans cette sorte de course, n'avaient pas la tète armée, aussi était-elle considérée comme très-dangereuse et n'était engagée qu'entre jouteurç expérimentés *.
Les salades de joule étaient aussi pourvues de doublures mobiles qu'un adroit jouteur pouvait faire sauter. Il existe de belles salades de ce genre dans le musée d'artillerie, dans celui de Pierrefonds et dans la collection de M. le comte de Nieuvverkerke. Voici l'une de ces salades (fig. 23) *.
Cetle salade est composée de trois pièces : la bombe, forgée d'un seul morceau; le mézail, qui fait le tour de la bombe et laisse un intervalle devant pour la vue; le couvre-nuque. Ces pièces sont soigneusement rivées les unes sur les autres, ainsi qu'on le voit en a. En B, sur l'arête antérieure et aplatie du cimier, est vissé fortement un ressort à deux branches détaillé en C. Les deux griffes de ce ressort maintiennent contre le frontal de la bombe deux doublures, c'est-à-dire deux plaques d'acier qui sont en oulre fixées par deux
1 C'était la course à la queue.
2 U rost,
' L'annotateur français du Triomphe de P empereur Mnximilien prétend que, pendant ces sortes de courses, il était d'usage de placer un cercueil ouvert dans les lices au moment où les champions s'apprêtaient à jouter.
^ Du musée de Pierrefonds (1470 environ).
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arrêts placés de chaque côté de la vue. Lorsque le rochet prenait
l'une de ces plaques prés de Tarrêt, il la faisait sauter en Tair. C'était là un 6eau coup de jouteur. En D, est figurée la salade de profil. Les trous percés vers la partie postérieure de la salade sont pour l'ouïe, et au sommet de la bombe sont disposés deux ventilateurs. Un couvre-chef^ c'est-à-dire un voile long, était attaché à la partie culminante du cimier. En E, est tracé un des rivets grandeur d'exécution. Cette pièce est fort belle et bien forgée. La bombe et le mézail sont d'une forte épaisseur sur le devant.
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Les jouteurs à la queue pouvaient avoir la tête armée de ces salades avec doublures frontales.
Ainsi on enlevait le voile, puis les plaques de doublures par le chocdurochel. La figure 2A montre l'habillement supérieur d'un de ces jouteurs. La salade * est finement côtelée. Son couvre-nuque est
^ Très-belle pièce faisant partie de la collection de M. le comte de Nieuwerkerke (fin du XV* siècle).